LE NÉO-ROYALISME : PROGRAMME
résider sur leurs terres et la présence permanente auprès du prince servirait parfois de punition (l’exil à la Cour !) Cela contribuerait à arrêter l’exode des ruraux vers les villes et à donner plus de travail aux ouvriers agricoles.
« Le roi apparaît surtout aujourd’hui comme le roi du travail, le roi de la production; son intérêt est que l’organisation ouvrière alteigne son plus haut développement, en faisant appel à ce qui lui donne son caractère rigoureusement ouvrier l'esprit de classe, pour que la bourgeoisie capitaliste accomplisse sa fonction historique. Le roi tend à maintenir les chefs d'industrie entre deux murailles, d’une part un pouvoir central absolument indépendant des capitalistes, d'autre part, une classe ouvrière fortement organisée pour avoir toute son efficacité... l’organisation de classe doit être constituée dans le métier. On forme par là la corporation c’est-à-dire
l'organe le mieux fait pour préserver les producteurs des crises économiques ».
Dans l’ordre social, le roi s’attacherait à créer une aristocratie héréditaire à fortifier l’autorité du chef de fanulle en lui permettant de léguer à un seul de ses enfants son droit sur la terre et en laissant à lui seul le soin de demander la fin de l’indivision. «Il s’attachcrait à reformer de puissants patrimoines industriels et fonciers » (1). Le souverain s’empresserait de nationaliser le gouvernement. Les registres de l’état civil et les décrets de naturalisation seraient soigneusement revisés. :
pa, (ANS, le prince serait le chef suprême, l'arbitre, le protecteur de toutes les Républiques qui se pénétreraient mutuellement, le roi des associations syndiquées, le roi des métiers le roi des provinces-unies.
« De libres communes, des assemblées nationales réduites à un rôle de contrôle, un État le plus fort possible, parce que pourvu d’un chef héréditaire, tel est le triple élément de la royauté française » (2).
Comment est organisée l’Action française qui a assumé
la tâche de vulgariser la doctrine néo-royaliste ?
(1) Gazelie de France. citée, Enquêle, p.23.
(2) Enquêle, p. 21.
Elle constitue une ligue politique qui a son siège à Paris, et quelques sections en province. Elle dispose d’un journal quotidien, qui porte son nom. Elle édite des brochures, des tracts, des affiches. Elle a créé un institut où sont données des conférences.
Elle sert de lien entre diverses organisations auxiliaires «les Camelots du Roy», par exemple.
« Nous n’avons pas à nous soucier de rallier les majorités. De toutes façons, elles se rallieront elles-mêmes. Ou les fléaux naturels qui sont menaçants vont disposer automatiquement comme en 1871, comme en 1849, la majorité nationale à former le souhait d’une Restauration (1) (et le ralliement de la majorité se trouve accompli par définition), ou une élite s'étant déclarée pour la monarchie, une sage et savante minorité faisant sentir dans les hauts lieux son influence directrice, quelque coup d’état militaire renversera la République et refera la monarchie{le ralliement s’impose au moyen de la force appuyée par la persuasion). Le nouveau gouvernement s’appuiera nécessairement sur l’armée. Et cela suffit bien »(?). «Un petit groupe s’il est actif, intelligent, résolu, peut déterminer et emporter du moins le consentement de l’armée française». «Il faudrait profiter pour l’imposer (la monarchie), de la première occasion «La France est au plus audacieux.»(3)«1Il faut faire la monarchie par la force, une solution vigoureuse et même violente ne serait pas impopulaire ».
Les néo-royalistes déclarent qu’ils ont un plan d’action immédiate et la formule signée par tout ligueur qui entre dans l’Action française, se termine par ces mots :
« Je m'associe à l’œuvre de la restauration monarchique. Je m'engage à la servir par tous les moyens ».
Ce qui frappe le plus dans la doctrine néo-royaliste, c’est l’idée fixe sur laquelle elle repose, idée quelque peu
(1) Il est exact qu'après chacune des révolutions de 1848 et 1871, l’assemblée nationale réunie par des Républicains ( ce que ne feraient pas les royalistes) a eu une majorité conservatrice, mais les élections complémentaires n’ont pas tardé à renforcer la minorité et ce sont elles qui ont déterminé le mouvement qui aboutit en 1875 au vote de lois constitutionnelles actuelles,
(2-3) Enquête, p. 139, 140, 407,