VIII.—- Réformes sociales
Aj/irmalion d'u principe de la liberté individuelle sans eæceplion ni resiriclion autres que celles qui résultent des lois
existantes. —- Applicalion de la loi d'assistance aux vieillards, aux inirmes el aux incurables, en dehors de loute considération politique. — Législation ouvrière. —: Code du travail et de la
prévoyance sociale, etc.
Ainsi, ce qui caractérise le programme du parti républicain modéré, c’est le souci constant de défendre la liberté individuelle dans tous les domaines, celui de la conscience et des cultes, de l’association et de l’enseignement, celui des relations entre les municipalités et l'État, celui du commerce
(1) Compte rendu du Congrès de 1906, p. 13 et 10.
(2 et 3) Compte rendu du Congrès de 1907, p. 27, 24. (4) Compte rendu du Congrès de 1910, p. 22.
et de l’industrie. Il s'efforce de séparer nettement la politique de l'administration.
Très nettement antiétatiste, il s'applique à formuler une véritable doctrine du minimum de l'intervention de l’État compatible avec les exigences de l’humanitarisme et de la solidarité sociale d’aujourd’hui. Enfin, il propose un ensemble de réformes prudentes, sages, mesurées, limitées et immédiatement réalisables.
Ce n’est pas une série de mouvements dispersés en province et d’éléments locaux cherchant à Paris un point d'appui, ce sont les efforts des dirigeants du parti qui ont fait connaître celui-ci dans les départements, lui ont attiré des adhérents et l’ont organisé. Après 1906, c’est un noyau de quelques personnalités politiques qui l’a créé et le leadership dans le parti républicain modéré est particulièrement respecté, vénéré et sollicité.
L'ensemble des parlementaires affiliés au parti ne forment pas un rouage indépendant; la plupart en 1911 étaient inscrits au Sénat au groupe de la gauche républicaine, à la Chambre, les uns au groupe des républicains progressistes, les autres à celui de l’Union républicaine.
Dans les arrondissements ou dans les communes existe une section, dans les départements un comité, une fédération ou une union républicaine, dans quelques centres (à Lyon et à Toulouse) des fédérations ou unions régionales.
La Fédération républicaine est l’organisation de parti des républicains modérés ou progressistes (1). Elle est
(1) Son siège est établi à Paris, 36, rue de Varenne. Voir les statuts dans les Documents annexés à la fin de l’ouvrage.
LE , D adés:
« administrée et dirigée par un conseil général, composé de 50 membres au moins (1) et renouvelable par cinquième. Le conseil nomme lui-même, tous les deux ans, son bureau qui se compose d’un président, de 6 vice-présidents au plus, d’un secrétaire général et d’un trésorier» art. 9. Le président et le secrétaire général sont la cheville ouvrière de la Fédération.
« Le conseil peut déléguer tout ou partie de ses pouvoirs à 12 membres qui formeront avec son bureau un comité directeur» (article 10).
C'est bien le système anglais de « l’immer circle». Le conseil général de 100 personnes émet des avis; le comité directeur de 20 membres suggère des mesures; le bureau de 8 notabilités du parti exécute les décisions prises et en réalité ce sont le président et le secrétaire général qui dirigent l’activité extérieure de l’Association.
Comme la plupart des conseils très nombreux, le conseil général agit peu :
« Je profite de l’occasion qui m'est offerte pour exprimer le vœu que le Conseil général, qui se compose de tant d'hommes d'élite, et qui comprend toutes les compétences, devienne un rouage plus actif dans le fonctionnement de la Fédération. Je serai d’avis et c’est aussi, je le sais, l'avis de notre président de le réunir fréquemment et de demander à ses différents membres une collaboration très active; il faut qu’il soit autre chose qu’une parlote et, qu’à l'exemple du groupe de la R. P., il fasse sentir son action sur tous les points de la France et dans le Parlement » (2).
«L'association se réunit chaque année en assemblée générale» article 7. Ces congrès solennels groupent plusieurs centaines de délégués et sont clôturés par un grand banquet. « Les membres de l’assemblée générale se répartissent en sections dont le nombre et les attributions sont fixés par l'assemblée» article 8. Les sections étudient les vœux proposés par les organisations locales ou par leurs propres
(1) En 1912, il y en avait 100.
(2) Discours de M. Méline, Congrès 1912. Compte rendu, p. 27.
membres et les soumettent à la ratification de l’assemblée plénière, Un comité du contentieux donne de Paris des consultations, principalement aux maires en butte aux tracasseries des préfets.
La Fédération a affilié « sur la demande qu'il lui en a faite » un vaste groupement qui comprend toute l’île de la Réunion et compte plus de 3.000 membres ».
Quels sont ses moyens d’action ?
Pour la propagande par la presse et par les conférences, la Fédération peut compter sur le concours de l’association nationale républicaine qui compte 297 publicistes et dispose de 783 journaux, comme aussi sur la sympathie de l’association professionnelle des journalistes républicains.
Des efforts ont été tentés pour faire appel à la jeunesse et un vœu a été émIS :
« Qu'il soit formé des cercles d’études composés de jeunes gens où seront étudiés les moyens de répandre dans les milieux universitaires et ouvriers les idées de notre parti et d'y recruter des adhérents » (1).
À Paris existe une union ou fédération des étudiants républicains.
Quelle est l’importance du parti républicain modéré? Le nombre total de ses adhérents n’a pas été publié; certains l’estiment à 7 ou 8.000, mais leur influence paraît proportionnellement plus élevée. Le chiffre de ses élus a été contesté. Au Sénat, le groupe de la gauche républicaine en 1911, comptait 54 membres et à la Chambre, celui des républicains progressistes 70, celui de l’Union républicaine qui n’a été reconstitué qu’au mois de novembre 32.
« Nous avons (après les élections de mai 1910) gagné toutes pertes déduites, trente sièges. Ces élections ont été depuis 17 ans les meilleures que nous ayons connues (2). Cette victoire doit nous donner une conscience plus nette que jamais de notre identité,
(1-2) Compte rendu du Congrès de 1910, p. 21-13-11,
car elle nous dispense d’altérer notre homogénéité par des emprunts faits à des contingents voisins. Notre parti se suffit à lui-même » (1).
Le parti républicain modéré présente des candidats là où ils ont des chances sérieuses d’être élus, ailleurs il ne combat pas les candidats des partis ou groupements dont la doctrine diffère le moins de la sienne ; il travaille au contraire (2) pour ceux dont le programme présente des analogies avec le sien. Il se plaint amèrement, nous l’avons vu, que souvent ses idées sont appropriées par divers concurrents qui captent ainsi la confiance des électeurs et une fois élus votent avec les membres des autres partis. En 1910, la Fédéralion républicaine avait décidé que « dans toute circonscription où (son) candidat n'aurait plus au ballotage aucune chance d’être élu, il se désisterait en faveur d’un candidat proportionnaliste à charge de réciprocité dans le cas contraire.» La fédération sera peut-être appelée à contracter une alliance avec un autre groupement républicain. Elle doit se préparer à cette éventualité, du moins d’après le chef de la tendance modérée.
« Si les événements se transforment, si des phénomènes sociaux nouveaux se manifestent, savons-nous si notre groupe sera dans dix ans ce qu'il est aujourd’hui, si nous ne serons pas entrés en pourparlers avec telle ou telle autre nuance républicaine sous la pression d’un nouveau scrutin? Mais alors se feront d'autant mieux les négociations dont je parle que nous aurons mieux gardé le sentiment de notre fierté, de notre personnalité et que nous aurons mieux défendu notre bagage moral qui sera pour nous, non pas une monnaie d'échange, mais le signe de notre identité (3).
Le président de la Fédération républicaine en 1910, a nettement précisé la position de son parti, position qui lui
dicte son attitude dans le pays et sa tactique au Parlement.
(1) Compte rendu du Congrès de 1910, p. 11.
(2) Compte rendu du Congrès de 1912, p. f1.
(3) Compte rendu du Congrès de 1909, p. 30. Discours de M. Thierry.
« La politique serait trop facile si, pour l'améliorer, il suffisait de revenir aux errements de la veille; le problème est infiniment plus complexe, il exige la recherche incessante de la formule d’un meilleur lendemain. Aucun malentendu, aucune erreur, aucune méconnaissance ne nous détourneront jamais de notre devoir républicain. Nous y restons fermement attachés. Car, placés à une aïle du parti, nous ne sommes que trop exposés aux diverses équivoques avec lesquelles on tente de nous absorber ou de nous rejeter parmi les adversaires du régime.» (1)
Les républicains modérés ou progressistes ne cachent pas leur antipathie pour les radicaux qu’ils accusent de compromettre, en l’accaparant et en la déformant, la République et de la conduire à la ruine. Dès lors, il est humain que ceux-ci les confondent avec tous leurs ennemis de droite et ne leur ménagent pas les épithètes ordinaires telles que « conservateurs», et la suprême injure « réactionnaires ».
Essentiellement traditionnaliste et individualiste, le parti républicain modéré ou progressiste par son attachement à toutes les libertés, notamment à celles des associations religieuses et à la notion du droit de propriété tel que Va défini la Déclaration de 1789 à pris figure, aux yeux de ses adversaires de défenseur du Conservatisme social. Ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir profité de son maintien au pouvoir durant vingt années consécutives (de 1876 à 1898) pour réaliser la plupart des réformes qu’il préconise aujourd’hui. |
Deux courants le traversent. Si celui qui l’entraîne résolument dans le sens de l’évolution générale du pays, arrive à prendre nettement la direction de ses destinées, il l’amènera sans doute à s’unir avec le plus voisin des groupements républicains qui l'entourent et lui permettra peut-être ainsi de revenir plus facilement à la tête du gouvernement.
(1) Compte rendu du Congrès de 1910, p. 14.
Ce parti évoque le souvenir lointain du groupe démocratique et populaire, sans culotte et patriote qui, après la proclamation de Ia République le 22 septembre 1792, devint le parti montagnard à la Convention, qu'il dirigea en fait, et eut, dans le pays comme organisation de parti, la société des Jacobins. Voilà comment A. Comte jugea sa méthode :
« Quoique constamment poussée par sa philosophie métaphysique (1) à des conceptions vagues et absolues, l’Assemblée républicaine, après avoir spontanément accordé à cette inévitable tendance générale les seules satisfactions qu’elle ne pouvait lui refuser, fut bientôt heureusement conduite, par les actives exigences de sa principale mission politique à écarter, sous un respectueux ajournement,une vaine constitution pour s'élever enfin à l’admirable conception du gouvernement révolutionnaire proprement dit directement envisagé comme un régime provisoire parfaitement adapté à la nature éminemment transitoire du milieu social. »(2)
Mais les Montagnards se divisèrent en trois groupes : Hébertistes (abandon à la Commune de Paris du mouvement révolutionnaire). Modérés (Desmoulins et Danton qui essayèrent d’apaiser la fureur populaire et de soustraire la Convention au despotisme des clubs), Jacobins (Robespierre, Couthon, Saint-Just, qui revendiquèrent pour les sociétés politiques la direction des affaires.) Ce serait plutôt, semble-t-il, la tendance représentée par Danton à laquelle ferait penser, dans son ensemble actuel, le parti radical.
Après 1815, le grand parti du drapeau tricolore, militaire et démocrate laïque et patriote, unit tous les adversaires de la Restauration de l'influence du clergé dela Sainte-Alliance. Sous la Monarchie de juillet se dessine et se nuance un
(1) L. Blanc a opposé « la doctrine qu’il prêtait aux Girondins : nationa-
lisme et individualisme, à celle des Montagnards : Philosophie du sentiment et fraternité». La république des Girondins, par Marc Fraissinet, p. 9.
(2) Cours de philosophie, L. VII, Leçon, cité, par M. Fraissinet.
groupe républicain avancé distinct des républicains bourgeois du National et des communistes de la Réforme. Ledru-Rollin notamment, en 1841, expose un programme qui propose l’avènement de la République pour arriver à l'amélioration de la société, Arago dépose un rapport tendant à confier la construction des réseaux ferrés non pas à l'État comme le demandait Louis Blanc, mais à de grandes compagnies surveillées et contrôlées par Les pouvoirs publics. En 1847, ces deux députés (Ledru-Rollin et Arago) préconisent le suffrage universel alors que les républicains modérés, se bornent à réclamer une large adjonction des capacités.
En 1848 Ledru-Rollin figure à la fois sur la liste des membres du Gouvernement provisoire dressée par les rédacteurs du National (République démocratique et drapeau tricolore) et sur celle élaborée par les journalistes de la Réforme (République sociale et drapeau rouge). Pour mieux traquer et persécuter les républicains avancés, La Nouvelle Montagne notamment, les conservateurs et les Elyséens les confondent, sous le nom de « Rouges » qu’ils s'efforcent de rendre synonyme de tous les désordres et de tous Les excès, avec les socialistes les révolutionnaires et les anarchistes. Après le coup d'État du 2? décembre, les républicains avancés sont proscrits et ceux qui rentrent en France après l’amnistie de 1858 se renferment dans une ardente et combative intransigeance. Vers la fin du Second Empire apparaît l’épithète de Radical et aux élections de 1869 celle d’Irréconciliables. Cette même année à Belleville Gambetta trace le programme du parti républicain avancé (1).
(1) Voir plus haut page 163. De ec programme les Républicains modérés ont réalisé l'extension du suffrage, l'instruction obligatoire, la loi de 1884 sur les syndicats.
Les radicaux, la loi sur les associations, la séparation de l'Églice ct de l'État.
Les socialistes en ont adopté la suppression des armées permanentes, l'él:ction des fonctionnaires,
Le parti radical après 1871 va peu à peu se scinder en diverses nuances (1) : les plus modérés inclinent vers la gauche républicaine qui suit Thiers, d’autres suivent Gambetta dans son évolution et deviennent des opportunistes, d’autres se refusent à cette conversion et, sans adopter l'opposition farouche des «cinq» irréductibles de l'extrême gauche, protestent contre l’ajournement incessant du programme de 1869. De 1871 à 1873, l'extrême gauche radicale ne cesse de demander l’amnistie des condamnés de la Commune et plus d’une fois s'allie à l'extrême droite pour tenir en échec les deux centres unis (républicains modérés et orléanistes). De 1873 à 1876 au contraire, elle fait bloc avec les deux autres groupes républicains (centre gauche, gauche républicaine), contre la coalition des trois partis de droite.
De 1878 à 1898 les radicaux luttent contre les républicains modérés devenus successivement les opportunistes et les progressistes, ils s'associent notamment au mouvement révisionniste (d’où sortit le Boulangisme), pour demander en 1887 la suppression du droit du Sénat d'autoriser le Président à dissoudre la Chambre. Ils se rapprochent néanmoins, chaque fois que la République paraît menacée (1885 et 1889), des républicains modérés et ils participent, par l'entrée de quelques-uns de leurs chefs dans des ministères de concentration, à l'exercice du pouvoir, détiennent même pendant de courtes périodes la direction des affaires. En 1892, ils s’allient aux socialistes et deviennent, au moins un nombre grandissant d’entre eux, des «radicaux socialistes.» Dès 1898, ils prennent dans les cabinets successifs une place de plus en plus importante. En 1901, s'organise fortement par la fusion presque complète des anciens et des nouveaux éléments, le parti radical et radical socialiste.
(1) Voir Seignobos. Histoire politique de l’Europe, p. 168.
Il est admis que depuis 1902, ils exercent le pouvoir, à l’exclusion complète des républicains du parti modéré. De 1902 à 1905, ils constituent avec les socialistes et les radicaux modérés de l'Alliance démocratique le bloc des gauches. En 1906, ils gagnent aux élections générales de nombreux sièges, en 1910 un certain nombre de leurs députés ne sont pas réélus mais le parti ne perd en fait presque pas de sièges. Depuis, il semble que l’on retourne à des ministères de concentration et dans les derniers cabinets radicaux sont entrés des républicains de l'Alliance démocratique.
Quel est l'idéal du parti radical et radical socialiste ?
« Notre évolution démocratique est faite de l'effort continu et passionné des masses, autrefois confuses et résignées, pour arriver à un état social où l'individu conscient de lui-même, de ses droits et de ses devoirs, prêt à l'exercice des uns, préparé à l’accomplissement des autres, pourra mener sa vie dans des conditions de liberté véritable, de bien-être et de sécurité sans lesquelles la plénitude de sa dignité morale n’existerait pas. (1) Notre idéal est d’assurer le développement intégral de la personnalité en l’aidant à façonner un milieu propice à son plein épanouissement, c’est par une action incessante et vigilante que l’on transforme un état social: cette action variée s'exerce dans tous les domaines pour créer les conditions politiques, économiques et morales qui favorisent l'apparition et le développement de personnalités saines et fières dans un milieu social d’autant plus propre à seconder l'ascension de leurs efforts émancipateurs qu’il se trouve constamment purifié et ennobli. (2) Une démocratie n’est pas, selon nous, un régime de nivellement absolu, la démocratie vraie, celle que patiemment, longuement, nous travaillons à établir serait pour nous un régime où chaque citoyen, quelle que fut son origine, pourrait prétendre aux divers avantages sociaux, sans autres titres que son travail et son mérite.» (3)
(1) Déclaration du parti par M. Dessoye, Congrès 1909. Compte rendu p. 269 (2) Déclaration du parti par M. Steeg, Congrès 1910. Compte rendu, p. 208. (3) Déclaration du parti, M. Herriot, Congrès 1911. Compte rendu, p. 252.
Lidéal du parti est celui d’une République laïque solidaire, fraternelle et sociale.
Quels sont ses traits particuliers ?
Le parti radical socialiste est essentiellement démocratique et populaire.
« Parti passionément attaché à la cause du peuple; aujourd’hui les masses pauvres et laborieuses ont, dans toutes leurs fractions, conscience de leur solidarité et de leurs droits. C'est d’elles que viennent les sèves fécondes. Tout parti qui s’en sépare se tue et a mérité sa mort. Tant que notre parti sera digne de son nom, il restera avec les masses profondes des déshérités contre les abus et les privilèges; ce serait pour notre parti la suprême déchéance que de s’isoler (après la victoire) de cette foule immense qui attend encore sa légitime place au soleil. C’est l'honneur et la bonne fortune de ce pays, que la collaboration des favorisés du sort y fut souvent glorieusement acquise à l'abolition des iniquités dont leur naissance les fait profiter.» (1)
Il est réaliste et positif.
Le parti s’efforce de « faire descendre la République dans les faits et dans les mœurs »; il veut que « les nobles idées de liberté et de fraternité deviennent de plus en plus des réalités précises et concrètes.» « Il faut encore que l’on sente dans la gestion des affaires quotidiennes cet esprit de profonde sympathie pour les humbles qui fait comprendre à tous que la République est vraiment le gouvernement du peuple; si le malheur veut que des répressions doivent être exercées il importe qu'elles le soient avec assez de mesure, pour ne jamais donner aux déshérités et aux souffrants l'impression que la Société dans laquelle ils vivent est pour eux une ennemie. » (2)
Il est vivant et évolutionniste,
« En politique, le sommeil c’est la mort. Plus que jamais nous devons montrer que nous sommes un parti resté jeune, un parti de combats et de conquêtes: contre nos adversaires avoués ou masqués, nous mènerons demain par tout le pays, dans la discipline et dans l'union, la bataille ardente de la probité politique et de la clarté des idées pour la République sociale; notre parti, qui émane du peuple et qui lutte pour lui, fera triompher l'idéal de justice et de liberté qui flambe au cœur de la démocratie frangaise. » (3)
(1-2) Déclaration du parti. M. Pelletan, Congrès 1908, compte rendu p. 282-284-283.
(3) Déclaration du parti. M. Dumesnil, Congrès 1912. (Journaux).
IL est surtout épris d'égalité. Pour lui, l’indépendance consiste avant tout à être préservé des diverses influences morales ou matérielles qui tendent à dominer et à asservir l'individu. C’est pourquoi il est laïque et étatiste et par suite hardiment réformateur, Il a disséqué les notions traditionnelles sur lesquelles repose la société (la famille, la propriété, la religion) et en a éliminé certains des éléments constitutifs.
Quels sont ses principes fondamentaux ?
« Nos principes sont simples et peu nombreux : isoler l’action civile de tout contact avec les dogmes, placer dans la nation l’oricine de la souveraineté, donner à la politique une morale en lui proposant comme but une plus juste répartition du bien-être, mettre au-dessus de toute discussion l’idée nationale. Si l’on accepte ces notions, les contestations d'opinions peuvent et doivent librement se produire. » (1*
Comme dans tout groupement « de libre discussion qui refuse tout credo», il existe plusieurs courants dans le parti radical socialiste.
« IL y a chez nous des lendances aiverses, cela est nécessaire à la vie d’un parti qui ne vit que de la libre discussion, il y a une gauche et une droite; il en est qui souhaitent une alliance avec les modérés, d’autres avec les collectivistes. »(2)... Aveugle qui se flatterait de faire durer tel quel le radicalisme d’hier. Celui de demain devra répondre aux questions qui se posent et non plus à celles qui sont résolues. Sommes-nous sûrs d’avoir tous ensemble une pensée profonde qui nous soit vraiment commune, qui puisse être pour le nouveau parti radical ce qu'était pour l’ancien, par exemple la séparation de l'Église et de l’État? Il y eut un moment où il semblait à quelques-uns que nous étions deux partis en un seul, que la même étiquette verbale couvrait deux radicalismes, l’un évoluant à gauche, l’autre à droite... que chacun suive sa voie.Puisque certains radicaux veulent tout ce que veut le socialisme, sauf à le poursuivre par évolution légale progressive et pacifique, qu'ils le disent tout haut et s’avouent socialisants. Puisque d’autres sentent davantage la nécessité d'un frein qui, sans enrayer le progrès social, en règle l'allure, qu'ils n'hésitent pas à s’avouer non socialisants. Mieux NE Déclaration du parti par M. Herriot, Congrès 1911, compte rendu, p.
(2) Lettre de L. M, Bourgeois, Congrès 1909, Compte rendu p. 136 et 136.