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PRINCIPES ET THÉORIE

appel directement ou indirectement à la toute puissance de l'État. |

Un antagonisme irréductible existe donc entre les deux classes de la société actuelle et ne pourra cesser, que!s que soient les bouleversements sociaux et politiques, que le jour où, fait nouveau dans l’histoire du monde, le prolétariat ayant triomphé et pris la direction de la société, toute idée de classe et par suite toute lutte de classe aura disparu. L'État, qui n’est aujourd’hui qu’une organisation du pouvoir d’exploitation d’une classe par une autre classe, s’écroulera et sera remplacé par une vaste administration des choses.

Cet écrasement du régime capitaliste sera facilité par la catastrophe gigantesque qui ne manqueront pas de produire les excès de la libre concurrence, les vices et l’anarchie de la production, les crises alternatives de famine et de surproduction causées par le phénomène de sous-consommation de la classe ouvrière qui ne peut, par suite de la faiblesse de ses facultés d'acquisition, acheter tout ce qu’elle produit. Cette révolution économico-sociale sera hâtée par la conquête des pouvoirs publics, à laquelle aura procédé le prolétariat, et par l’entente des salariés organisés des différents pays.

De cette théorie sont déduits les principes essentiels du socialisme ;

« Socialisation des moyens de production et d'échange, union et action internationales des travailleurs, conquête socialiste des pouvoirs publics par le prolétariat organisé en parti de classe » (1). et sa définition en France,

« Le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste et communiste (2), et pour moyen l’organisation économique et poli-

(1) Congrès socialiste international de Stuttgart,1907. Compterendu, p.412.

(2) Le règlement du parti, art. 1e", porte «en une société collectiviste ou communiste ».

tique du prolétariat, Par son but, par son idéal, par les moyens qu’il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n’est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de révolution » (1).

Le parti est donc essentiellement un parti de classe, le parti de la classe des salariés.

« Le parti de la classe ouvrière, son parti d’aujourd’hui, son parti de demain, son parti de tous les jours. C’est pour elle qu'il vit et agit c’est par elle aussi qu’il existe, sans elle il ne serait rien; c’est pour la classe ouvrière que nous délibérons et c’est d’elle seule que nous nous occupons dans ce congrès (2) (nous jouons le rôle) d’éducateurs, de guides, d’entraîneurs du prolétariat, il faut le répéter toujours, car c’est là-dessus que tout s’appuie : le parti socialiste est le parti de la classe ouvrière (3), si nous vivons de sa vie, percevons et exprimons sa pensée, parlons son langage, conduisons notre activité en rapport autant avec ses besoins actuels qu'avec ses aspirations; alors nous serons compris par lui (le prolétariat) (4), avec le prolétariat nous devons triompher, sans lui, il ne peut y avoir que des discours et des formules vides (5). Ce parti est le parti de la classe ouvrière, il n’est ni à côté ni au-dessus du prolétariat, il doit être le prolétariat lui-même organisé pour l’action politique (6). Le jour où nous ne serions plus qu’un reflet impuissant de la C. G. T., que serait le parti socialiste? une petite collection de déclassés qui ne pouvant être syndiqués viendraient jouer dans la coulisse le rôle que la C. G. T. joue en plein air » (7).

Mais tout en étant le parti de la classe ouvrière, le parti socialiste entend transformer complètement la société actuelle et ne se désintéresser d’aucun de ses divers éléments.

«Nous avons le droit et aussi le devoir de regarder au delà de la classe ouvrière elle-même parce qu’au delà de ses limites, il y a des misères à guérir qui ont leur racine profonde dans le même capitalisme dont la classe ouvrière est victime. Nous allons aux petits commerçants non pas pour leur proposer des palliatifs, mais pour dénoncer le capitalisme; nous allons aux petits propriétaires paysans pour leur dire : ce n’est pas ta terre qui te nourrit, c’est toi qui nourris ta terre et à la perdre dans la collectivité, tu ne perdras que misère et labeur exténuant. Nous allons aussi aux hommes

(1) Congrès d’Unité, 1905. Compte rendu, p. 13 et 14. (2 à 5) Congrès 1908. Compte rendu, p. 125-129-158-168. (6-7) Congrès 1908. Compte rendu, p. 187. Constans. p. 164. Tanger,

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