‹ Les Partis PolitiquesChapitre 58 sur 119 · IMPORTANCE ET VALEUR · texte numérisé non relu

IMPORTANCE ET VALEUR

par ailleurs leurs préférences politiquesou religieuses (1)... le syndicalisme économique dans sa cause et sa forme de constitution l’est aussi dans son objet, c’est à dire dans son action... (2) il agit sur un terrain économique... son objet est d'obtenir d’abord une plus juste répartition de la production, des conditions de travail meilleures, tout en poursuivant comme fin la plus juste répartition de la production et les meilleures conditions de travail qu’il sera possible d'obtenir par la suppression du patronat, c’est-à-dire par la substitution de la propriété fraternelle et sociale à la propriété individuelle et capitaliste.

« Plus les ouvriers sont exigeants et plus les capitalistes perfectionnent leur technique, accroissent leur production... qu’il y ait un prolétariat hardi, animé de l’esprit de conquête, insatiable dans ses réclamations... et voilà le capitalisme marchant comme malgré lui de triomphe en triomphe... il est (le syndicalisme) au moment où je parle, l'agent essentiel dela civilisation dans le monde... c’estluiqui porte le progrès économique en jetant le capitalisme dans les voies du plus haut perfectionnement possible... non,ce n’est pasl’atmosphère débilitante de la paix sociale, mais l’air salubre de la lutte des classes qui peut surexciter l’ardeur des maîtres de la production.» (3).

Le syndicalisme a aussi une valeur morale, (4)

.…… On ne discute plus tant, entre militants sur le syndicalisme révolutionnaire et le syndicalisme réformiste (mais) on discute : beaucoup plus maintenant sur le point de savoir si le syndicalisme est ou n’est pas imprégné de sentimentalisme et d’idéologie ou si au contraire son action n’est pas produite par des causes et des préoccupations purement économiques, matérielles et amorales(5).….. à mon avis les unset les autres ont le tort d’être trop absolus.…. la réalité n’est pas si simple que cela.La vie n’est pas une ligne droite (6)... Je concède que les préoccupations matérielles : les « questions de ventre » comme on dit dans la langue expressive de nos milieux, de logement et de vêtement soient la source du syndicalisme et l’objet de ses premiers efforts (7)... mais nous avons la conscience et la volonté d’embellir notre vie toujours davantage dans toutes ses manifestations... les sentiments moraux sont donc nécessaires non seulement pour nous électriser.. mais aussi pour élever nos cœurs et nos esprits jusqu’à un idéal humain fait de justice et de raison, qui nous guidera à travers les difficultés de notre émancipation

(1) Il y a contradiction entre cette affirmation et celle qui attribue au syndicalisme un rôle destructeur de l’idée de Dieu et de celle de Patrie.

(2) Syndicalisme et socialisme, p. 52, M. Lagardelle.

(3-4-5-6-7) Les objeciifs de nos luttes de classe, cité, p. :6-58-59-60-61.

comme le phare lumineux guide le navire à travers les difficultés nocturnes de la mer.

Le syndicalisme provoque et développe les meilleurs des sentiments moraux... en forçant l’ouvrier. à se redresser contre le patron... il fait naître le sentiment de dignité. En élevant la conscience du salarié jusqu’à la conception d’une société sans patronat il provoque... l’amour de la liberté. En groupant les travailleurs ‘ pour lutter contre le mal commun il... développe en eux l’indispensable sentiment de solidarité enfin le syndicalisme épure et intensifie le sentiment de justice... sentiments (qu’il développe) au détriment de celui de résignation et au bénéfice d’un plus pur qui les résume tous, le sentiment de révolte (1)... Le syndicalisme est plus encore un agent de progrès moral... il fait appel aux forces vives de la personne humaine et donne un exemple permanent de courage et d'énergie (?)...

« La valeur sociale du syndicalisme est donc triple. Elle est politique par les répercussions de l’action syndicale... elle est économique d’essence par la source du syndicalisme, son terrain d’action, sa forme d’organisation et son but principal : Elle est morale par les sentiments que le syndicalisme développe. instrument de réforme immédiate, générateur de révolte, source de solidarité » (3)

Quels sont les rapports du syndicalisme avec les autres groupements politiques, économiques ou sociaux ?

Nous avons vu qu’il faisait appel à tous les travailleurs, à tous les salariés quelles que fussent leurs opinions politiques ou religieuses. Il entend n’avoir rien de commun avec les autres mouvements qui tendent eux aussi à l’amélioration de la condition de l’ouvrier.

« Le Sillon recommande au prolétaire l’organisation évoluant sous l’œil paternel et bienveillant de l’Église. il veut conserver et fortifier une autorité finissante, il prend un visage prolétaire et démocratique et fait ainsi illusion auprès de quelques travailleurs... le Sillon constitue une ten-

(1 et 2) Les objectifs de nos luites de classe, cité, p. 62, 63, (3) Syndicalisme et socialisme, p. 53. M. Lagardelle,

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