RAPPORTS AVEC LES AUTRES GROUPEMENTS
tative qui, venue à une autre heure, eût pu donner des résultats, aujourd’hui elle vient tard, trop tard... (1). »
Entre le parti socialiste à droite et les groupements anarchistes à gauche, le syndicalisme affirme sa personnalité et son autonomie.
« .… le double mouvement de négation du présent et de préparation de l'avenir, les deux formes extrêmes du socialisme traditionnel, le socialisme parlementaire et le socialisme anarchiste ont été impuissants à le réaliser (2)». Visà-vis des socialistes classiques il proclame que « la classe est apparue comme radicalement différente du parti.» Il oppose à l’action indirecte qui est le principe de la démocratie et de son succédané le socialisme parlementaire... « l’action directe qui est le principe du syndicalisme (3)... (Pour le parti socialiste) le syndicat est l’organe qui balbutie les aspirations des ouvriers, c’est le parti qui les formule les traduit, les défend... le parti serait ainsi l’organe qui s’interpose pour régler les différends entre les deux facteurs de la production et pour intercéder ou intervenir auprès de l’État dont la fonction est pour nos socialistes de tout contrôler, de tout régenter (4)... le syndicalisme ne saurait coopérer à une besogne (sous l’inspiration) du Gouvernement comme le proclament les politiciens de tous les partis également avides du pouvoir à l'effet de gouverner et de diriger la classe ouvrière (5)... »
Le syndicalisme est distinct de l’anarchisme. « L’extraparlementarisme de la G. G. T. n’est pas identique à l’antiparlementarisme de l’anarchisme.. le syndicalisme est antisubventionniste… il se préoccupe de l'agitation absten-
(1) Les objectifs de nos lutles de classe, p. 16 et 17. (2-3-4) Syndicalisme et socialisme, M. Lagardelle, p. 4, 45, 16.
(5) Syndicalisme el socialisme, p. 18, voir dans la Balaille syndicaliste du 19 septembre 1912, le résumé des violentes discussions qui eurent lieu à ce sujet au congrès du Havre,
tionniste (en matière d'élections). les anarchistes tiennent à se distinguer des syndicalistes; 19 les principaux d’entre eux préconisent la reconstitution des groupes anarchistes parce qu'ils trouvent que l’action syndicaliste est trop limitée par sa nature; 2 l’antipatriotisme qui fait partie intégrante du syndicalisme est blâmé par Kropotkine et par d’autres anarchistes au passé ou aux tendances patriotiques; 3 un anarchiste syndicaliste Ch. Benoît, a écrit : « N’est-il pas évident que le syndicalisme ne peut pas être tout et que les anarchistes peuvent et doivent agir hors de lui après avoir agi en lui? Soyons autre chose que des militants syndicalistes (1) ».
La C. G. T. n’a pas changé le principe de son attitude tel qu’il fut défini par le Congrès d'Amiens en 1906 :
« En ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l’entiè:e liberté pour le syndiqué de participer en dehors du groupement corporatif à telles. formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors. (2) « En ce qui concerne les organisations le Congrès déclare qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d'effet, l’action économique doit s'exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre, en toute liberté, la transformation sociale. »
Cela vise en même temps le parti socialiste et le mouvement anarchiste (3).
Ainsi « le syndicalisme se suffit à lui-même... c’est une théorie sociale nouvelle. doctrine indépendante et du socialisme et de l’anarchisme (4).»
Néanmoins les trois actions socialiste, syndicaliste, anarchiste convergent vers le même but.
(1 et 2?) Syndicalisme et socialisme, p. 62, 63.
(3 et 4) Syndicalisme eï socialisme, p. 62, déclaration d’Amiens, reprise
par le Congrès du Havre, (16 au 23 septembre 1912), V. Baiaille syndicaliste du 19 septembre 1912.
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