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RAPPORTS AVEC LES AUTRES GROUPEMENTS

. [n’y en a pas de meilleure (action) … il n’y en a que d’utiles les syndicalistes luttent le plus directement possible contre le mal patronal et orientent leur action vers la réalisation de la propriété sociale. Les socialistes luttent sur un autre terrain contre le mal du salariat et orientent leur action vers la réalisation de la propriété collective.Les anarchistes luttent avec d’autres armes et par d’autres moyens, contre ce mal hideux qui est l'exploitation de l’homme par l’homme et orientent leur action vers la réalisation de la propriété commune... quelques-uns dépensent leur activité de combat simultanément dans plusieurs de ces diverses actions (1)», mais tous ont ceci de commun... qu'ils résistent comme ils peuvent contre une aggravation d'exploitation et qu'ils préparent par une transformation de la propriété plus de bien être et plus de liberté (2).»

Quel est le degré d’homogénéité du mouvement syndicaliste? L'on pourrait distinguer trois tendances très nettes : 10 la tendance guesdiste. (Celle de la Fédération du textile défendue par Renard au Congrès du Havre.) « Se grouper et s'organiser d’abord, user d’une part de l’action législative et de l’autre de l’action sur le terrain économique, collaborer avec le parti socialiste (3).»

2° La tendance réformiste qui pose en principe que le syndicalisme, mouvement essentiellement corporatif, ne doit pas s’aventurer en dehors du terrain économique. L. Niel, Guérard, Clouet. « Lutte par ses seules forces, ses seuls moyens, la seule action directe pour conquérir les améliorations nécessaires au prolétariat (4).»

30 La tendance révolutionnaire qui, voyant dans le syndicalisme un mouvement d'ensemble de rénovation mondiale, assure qu'il se suffit à lui-même et doit apporter sa solution propre dans toutes les grandes questions actuelles.

En 1912, au Havre après un vif débat, le plus important

(1) La guerre sociale, par exemple. Depuis le début de l’année 1912 une campagne est activement menée pour rapprocher socialistes, syndicalistes et libertaires, pour « désarmer les haines ».

(2) Les Objectifs de nos luttes de classes, p. 45. (3 et 4) Congrès du Havre. La balaille syndicaliste, 19 PPPIMERTS 1912.

de tout le Congrès, le principe de l’autonomie et de l’indépendance de la C. G. T. fut adopté.

.« Les syndicats ouvriers prirent en France une grande extension vers la fin du x1x® siècle. des facteurs de division et de déviation se remarquèrent parmi eux... les mutualistes tentaient de faire des syndicats des instruments de paix sociale. Les politiciens voulaient les faire servir à leurs intérêts électoraux. c’eût été la fin du principe syndical s’il ne s'était trouvé des hommes pour arracher le prolétariat à ces dangers (1)... « Nul n’ignore que dans la société actuelle, les hommes sont divisés en classes distinctes et antagoniques (2)... pour obtenir le maximum d’avantages matériels et moraux, rien ne vaut le syndicat ouvrier vis-à-vis du patronat (3)... Certainement le syndicat ne doit pas faire de politique et le meilleur moyen de l’en empêcher c’est d’être de ce syndicat pour s’opposer à sa déviation (4)... Le syndicat rassemble les exploités sans s’occuper de leurs origines politiques, de leurs convictions religieuses ou philosophiques... en règle générale l’argent lorsqu'il ne corrompt pas avachit ses possesseurs (les caisses les mieux alimentées sont celles des syndicats qui font le moins d’action) s’il en faut, point trop n’en faut. ...Le syndicat ne doit pas étreunrouage bureaucratique... mais un stimulant, une coopération d'initiatives, un foyer d’action….. il doit assurer l’existence d’un permanent vieux camarade, s’il s’agit simplement du placement syndical, secrétaire s’il est nécessaire qu’il y ait un militant en permanence)... ce qui donne de la vitalité... aux syndicats c’est la valeur, le dévouement et l’esprit de sacrifice de leurs militants, la solidarité et l’accord de tous leurs membres. »

(1-2-3-4) A. B. C. syndicaliste 1911, p. 7-s 9-14-15.

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Le second échelon de l’organisation syndicaliste est double

« Un des premiers soucis du secrétaire du nouveau syndicat sera de lier des relations avec les autres syndicats de la localité ou de la région (Union locale, départementale (1) ou régionale). et avec la Fédération de métier ou d'industrie à laquelle peut se rattacher son syndicat. ...Aussitôt que dans une ville se sont formés deux ou trois syndicats, il est bien rare qu'il ne leur vienne pas à chacun l’idée de s'unir pour travailler, étudier, se loger, faire de la propagande en commun (2). D'où l'éclosion de l'Union locale de syndicats ou Bourse du travail... aujourd’hui les unions de syndicats se sont substituées aux Bourses du Travail dans un but d'autonomie syndicale. les ouvriers essaient d’édifier les Bourses du travail par leurs propres sacrifices et ils sauront éviter le piège législatif de déviation syndicale révolutionniare où ils tomberaient en rendant leur syndicat ou leur union de syndicats possesseur d'immeubles. (Le plus sûr, le plus facile et le meilleur moyen est de constituer avec tous les syndiqués d’une localité une coopérative syndicale de consommation. Les bénéfices sont en grande partie versés dans une caisse spéciale et affectés à l'achat ou à l’amortissement de l'immeuble de la coopérative qui devient ainsi une maison du peuple en accueillant chez elle la Bourse du travail ou union locale de syndicats). (3) La Bourse du travail n’est rien autre chose qu’un immeuble. C’est l’union locale qu’elle abrite qui est tout. c’est elle qui adhère à la C. G. T. (section des Bourses).

L'Union locale rassemble tous les syndicats de la localité... Tout y dépasse les questions strictement corporatives... Ce n’est plus les menuisiers ou les typos se réunissant pour discuter rabot ou composteur, mais c’est la délégation de chaque syndicat, c'est-à-dire la représentation de touslesouvriers de l’endroit se mettant d'accord... même pour conjecturer sur l’organisation future de la production basée sur les besoins de la consommation.

Le troisième degré est :

« La Fédération nationale qui groupe tous les syndicats de la même corporation préalablement affiliés aux Fédérations locales, départementales ou régionales « La Fédération d’industrie (métallurgistes, bâtiments, livre, alimentation, agricoles, etc.) l'emporte sur la Fédération de métiers (menuisiers, mouleurs, maçons, peintres, couvreurs, etc.) Ceci tuera cela nécessairement (4)... Il serait

(1) L'union départementale des syndicats avec un délégué par département au Comité confédéral sera obligatoire dès le 1er septembre 1913. (décision du Congrès du Havre. V. Bataille syndicaliste, du 22 septembre 1912.)

(2-3-4) À. B. C. syndicaliste. 1911, p. 18-21-23-25.

absurde de voir aujourd’hui autant de syndicats que de corporations... (1).

Le quatrième degré est constitué par «la Confédération Générale du Travail, composée de deux sections, celle des Fédérations et celle des Bourses du travail (ou des unions de syndicats locales, départementales ou régionales)... (2). Chacune dirigée par un comité. « Les deux comités unis forment le comité confédéral ou la C. G. T. Il est nécessaire de bien connaître les statuts de la C. G. T. et de les avoir sérieusement discutés avant de les adopter pour adhérer à la C. G. T. dont le principe est : tendre à la suppression du patronat et du salariat (3).

Quels sont les rapports du syndicalisme français avec les mouvements syndicalistes des pays étrangers ?

Art. 36 des statuts : « Dans le but de favoriser la création d’une entente internationale du travail, la Confédération entretiendra des relations avec les organisations ouvrières et Bourses du travail des

autres pays. La Confédération est adhérente au secrétariat international corporatif. »

En 1908, la C. G. T.avait momentanément rompu avec cet organisme, parce que celui-ci avait refusé de mettre à l’ordre du jour de la Conférence internationale de Christania la question de l’antimilitarisme, du mouvement des 8 heures, de la grève générale, estimant que c’étaient là des « questions dont la solution incombe exclusivement à la représentation intégrale du prolétariat international... (Congrès socialistes internationaux), ces deux questions ont été résolues à Amsterdam (1904) et à Stuttgart (1907), conformément aux circonstances » (4).

En août 1909, se tint à Paris, la conférence internationale des secrétaires d'organisations centrales. La proposition de la C. G. T. de transformer ces conférences en « Congrès internationaux avec représentation effective des Fédérations», afin de créer une « Confédération internationale souple et

(1-2) À. B. C. syndicalisie, p. 26-27-29.

(3) Voir les statuts de la C. G. T., Documents annexes.

(4) Compte rendu du Congrès. 1908, p. 20.

Le siège social de la C. G. T. se trouve à Paris, 33, rue de la Grange-aux- Belles (Maison des Fédérations).

puissante » ne fut pas accueillie par les délégués étrangers qui craignaient, s’ils l’acceptaient, de voir les Congrès internationaux socialistes diminuer d’importance. En général en Europe, à l'étranger, les organismes syndicaux, loin d’être libres et autonomes comme en France, sont sous l’étroite dépendance des partis socialistes (1).

Les moyens d'action du syndicalisme révolutionnaire sont : l’action directe (propagande, boycottage, sabotage, grèves partielles), la grève générale, l’antimilitarisme. (2)

« L'organisation syndicale outre qu’elle facilite les versements de fonds de la solidarité ouvrière a encore innové la superbe organisation des soupes communistes... l’exode des enfants des grévistes chez les travailleurs de différentes localités... la grève partielle est (malgré tout) un entraînement, une gymnastique salutaire qui aguerrit le prolétariat en vue d’une lutte suprême qui sera la grève générale révolutionnaire... (il y a aussi) la grève des bras croisés... on peut alors distinguer à l’atelier les faibles d’esprit susceptibles de devenir des jaunes... (3) s’ils sont trop têtus ou trop vils pour comprendre quel tort ils font à la classe ouvrière en ne se solidarisant pas dans la lutte on leur apprend qu’il y aura des moyens plus touchants de les attendrir... (4) la grève générale ne peut pas être pacifique... le principal obstacle à la Révolution c’est l’armée, aussi les syndicats ouvriers n’ont pas négligé la propagande antimilitariste…. ils organisèrent des caisses du Sou du Soldat...» (5)

La C. G. T. dispose en outre du label ou marque confédérale (qui est un) excellent moyen de reconnaissance des syndicats confédérés «entre eux». C’est un cachet représentant sur un globe terrestre deux mains unies avec en

(1) Congrès de 1910. Compte rendu, p. 26 et 27.

(2-3-5) À. B. C du syndicalisme, p. 30 à 45, p. 40-41-42-43. (4) « La chaussette à clous » et « la machine à bosseler »?

exergue CG. G. T. et ces deux mots «bien-être et liberté ». Quelques organisations ouvrières ont, en outre, du label confédéral leur label corporatif particulier, telle la Fédération des travailleurs du Livre. Ce label indique aux clients que le produit est confectionné par les ouvriers syndiqués. ou que le personnel est payé au tarif syndical. Il est question de créer un label international. Le viaticum est le subside alloué à un ouvrier syndiqué pour se rendre, en vue d'y trouver du travail, dans une localité autre que celle qu’il habite. Le journal officiel de la C. G. T. est La Voix du Peuple hebdomadaire. Son organe officieux, La Balaille syndicaliste. La C. G. T. distribue de nombreux tracts, brochures, fait apposer de multiples affiches et organise fréquemment des meetings. La section des Bourses réunit, tous les deux ans entre les Congrès, des délégués des diverses Unions locales en des conférences des Bourses; celle de 1910 «convaincue de l'efficacité que peuvent avoir les groupes de jeunes gens de la classe ouvrière sous le nom de Jeunesses syndicalistes encourage les Bourses qui les acceptent dans leur sein et engage les autres à en créer » (1). Les « jeunes gardes révolutionnaires» ou $S. $. R. ne semblent collaborer spécialement avec les syndicalistes.

Ainsi la puissance du syndicalisme provient de ses « forces d'éducation, d'organisation et d’action ».

Quelle est l'importance exacte du mouvement syndicaliste ?

L'on ne peut l’apprécier en tant qu'idée lancée dans le monde du travail «...nous sommes une force qui monte et qui en montant doit lutter contre une force installée sur un sommet !.. il nous faut faire effort sur nous-mêmes et faire effort contre les adversaires... sa ligne (du syndicalisme) monte, descend, tourne pour remonter et redescendre tout

(1) Compte rendu. Congrès 1910, p. 410.

TACTIQUE 40t

en opérant une ascension continue. Telle est l’image de la vie ouvrière.» (1) Au point de vue numérique? Le numéro du 3 au 10 mars 1912 de La Voix du Peuple, l'organe officiel du Fi lisme révolutionnaire, indique que :

« la tactique de certaines Fédérations, telles que le textile payant pour 10,000 cotisants, alors qu’elle accuse 48.000 adhérents, n'empêche pas notre C. G. T. d’être forte de 450.000 cotisants, ce qui porte son effectif réel à sou de 600.000 affiliés. Elle est donc loin d’être en décroissance.

En octobre 1910 à Toulouse étaient représentés : 19 46 Fédérations et 6 syndicats isolés ;20 107 Bourses du travail et unions de. syndicats soit 1.382 syndicats votants. Le Congrès se composait de 559 délégués; En 1912 au Havre 39 Fédérations, 32 Bourses du travail et 1093 syndicats.

Le syndicalisme révolutionnaire semble se désintéresser des luttes électorales. Toutefois, l’un de ses adeptes, Jorris, a fait campagne dans l'Yonne en mai 1910.

De l'avis de plusieurs membres de la €. G. T. «ce ne sont pas les organismes qui manquent, ce sont les militants. La foi est en décroissance. »

Malgré leur désir d’attirer à eux la grande majorité des travailleurs manuels, y compris par exception les syndicats d’instituteurs, les dirigeants de la G. G. T. ne cachent nullement leurs tendances révolutionnaires antipatriotiques et antimilitaristes. Ils sont violemment hostiles aux groupements ouvriers non affiliés, neutres ou jaunes.

Vis-à-vis des partis politiques et du mouvement anarchiste ils entendent conserver leur indépendance et leur autonomie. La plupart d’entre eux ne dissimulent pas actuellement leur dédain pour le socialisme unifié.

(1) Les objectifs de nos luttes de classe, p. 39.

Lors de la première grève des Postiers en mars 1909 « Le Comité confédéral, quoique ne voulant pas s’immiscer dans cette lutte, suivit avec intérêt le conflit prêt à intervenir si les circonstances l’exigeaient. » (1) Lors de la seconde grève, la G. G. T!. fut priée d’intervenir par le syndicat des ouvriers des P.T.T.— adhérent à la C. G.T.—Pour ne pas «briser à jamais les liens qui s'étaient créés pendant ces deux grèves entre le prolétariat postal et le prolétariat de l’industrie privée! jusque-là restés indifférents l’un. à l’autre» la G. G. T. décida la grève générale. «Peu d’organisations y répondirent.» (2)

Le syndicalisme concentre actuellement ses efforts sur l’amoindrissement de l’autorité patronale dans l’atelier et du pouvoir étatique dans la société. |

I. — Il y a en ce moment dans l’air un curieux travail d'analyse des éléments du droit très complexe de l’employeur, une sorte de dissection de la notion traditionnelle de la propriété. « Etre maître chez soi» n’a peut-être plus tout à fait le même sens que jadis. C’est pour le patron qui dirige effectivement son usine. 1° Concevoir, créer et monter une affaire industrielle, passer des marchés pour acheter les matières premières. C’est chercher des séries de clients, se préoccuper de leurs goûts, deviner leurs besoins, prévenir leurs désirs ; c’est combattre contre les rivaux nationaux et les concurrents étrangers, en un mot diriger la production au point de vue économique. Et, soit dit en passant, ce sont plutôt les multiples exigences de la lutte commerciale et le souci de l'intérêt personnel que les réclamations des ouvriers qui stimulent, semble-t-il les industriels; 2° c’est être propriétaire des locaux et des machines, des outils, des combustibles et, avoir la

(1 et 2) Congrès de 1910. Compte rendu, p. 6-10-11.

faculté d'installer de nouveaux appareils... de répartir la besogne, d’aménager les diverses phases de la fabrication ; 3 c’est choisir les directeurs et les ingénieurs qui surveillent, sous la haute direction du patron, les détails techniques de la production, approuver la répartition qu’ils proposent des tâches entre les diverses catégories de travailleurs, régler les différends qui peuvent surgir entre eux du fait du conflit de leurs attributions, etc... ; 4° c’est avoir un pouvoir de discipline sur le personnel, choix des apprentis, ouvriers, contremaîtres et, dans les limites déterminées par les lois sur l’organisation du travail, le droit de fixer les heures d'ouverture et de fermeture des chantiers, les règlements d'ateliers, les amendes, les jours de paye, le travail de nuit, la proportion des femmes, des enfants, des ouvriers étrangers, etc.

Que le syndicalisme essaie de partager sur ce dernier point l’autorité patronale et d’associer les travailleurs, par l’intermédiaire de leur syndicat, à cette besogne d’aménagement des conditions du travail et à celle très importante du contrôle de la stricte application des lois dites ouvrières, voilà qui paraîtrait dans leur rôle et dans leurs moyens. Notons que le syndicalisme le fait un peu pour réaliser un vague idéal inspiré de survivances du droit naturel (iniquité économique, mal patronal, justice sociale, etc.), mais surtout, et là est sa caractéristique, parce qu’il est le plus fort, parce qu’il met à profit les circonstances pour imposer sa volonté. S'il est vrai comme l’a dit un humoriste que «les droits sont des faits qui ont longtemps duré» les conquêtes pratiques des syndiqués, une fois reconnues et consacrées par la loi, deviennent des droits pour eux et des obligations pour les patrons. C’est en ce sens que l’on peut parler de force créatrice.

Mais que le syndicat soit apte, même dans un avenir encore lointain et, vraiment l'institution d’une commission

de la grève générale, rue dela Grange-aux-Belles, paraît pour le moins prématurée, à jouer le rôle de directeur de la production au point de vue économique (1) que remplit actuellement le patronat; que la Confédération générale des travailleurs (2?) puisse un jour remplacer l’ensemble des patrons, voilà qui n’est nullement démontré et qui d’ailleurs parait tenir un rang secondaire dans les préoccupations du syndicalisme actuel; or au point de vue social Ja fonction économique du patronat est plus importante que son pouvoir de discipline dans l'atelier (3).

IT. —- Le syndicalisme entend par producteurs les ouvriers seuls. Or, concourent également à la production, aussi indispensables les uns aux autres et les uns et les

NS

autres à la Nation : 10 les inventeurs, découvreurs, expérimentateurs qui créent vraiment soit des forces nouvelles (vapeur-électricité-gaz), soit des machines inconnues auparavant (métier Jacquard, locomotive, moteur à explosion) soit des procédés inédits de fabrication, soit des moyens d'employer des matières premières insoupconnées jadis (coton, caoutchouc, pétrole, etc.); 2 les capitalistes au sens large du mot, c’est-à-dire des gens qui offrent à ceux qui

(1) L'exemple de la grève ct du sabotage qui se sont produits à [a verrerie ouvrière d'Albi en septembre 1912, sans qu’on puisse en tirer une conclusion expresee ct générale, semble bien montrer que les masces ouvrières re sont pas prêtes encore à ce rôle de direction.

(2) Certains économistes ont suggéré la création d’associalions ouvrières qui loucraient la force travail de leurs adhérents. V. dans ce sens une brochure de M. Fernand Jacq L’Erreur syndicaliste, Paris, 1908,

(3) An Congrès socialiste de 1908, M. Jaurès ne put s'empêcher de le faire remarquer à M. Lagardelle, «Il n’y a pas dans le patronat qu’une puissance d'autorité imposant de haut à des salariés une discipline arbitraire, il y a une puissance d'exploitation absorbant au profit du capital une partie de la production du travail et Lagardelle m'a paru chercher uniquement à transférer à des collectivités ouvrières la puissance patrenale de disciplire et ne pas se préoccuper de transférer à la société de producteurs la puissance patronale de profit. Ce n’est que la moitié du socialisme, » Constans « ce n’est pas même le quart». Jaurès « Non, car je crois que la classe ouvrière souffre autant de la diminution de dignité que lui inflige un régime d'autorité que de la diminution de bien-être que lui inflige un régime d’exploitation; dans fous les cas ce n’est qu’une partie du socialieme 5. Compte rendu, p. 353.

veulent les utiliser dans une affaire industrielle ou commerciale, moyennant une rémunération fixe (obligations) ou variable avec les bénéfices (actions), les sommes d’argent qu'ils possèdent par héritage ou qu’ils ont amassées par leurs sacrifices, leurs sens de l’économie, leurs efforts d'épargne, un surcroît de travail parfois, etc; 30 les chefs d'entreprises, les entrepreneurs qui cherchent à utiliser les découvertes des inventeurs, l'argent des capitalistes et les efforts des autres agents de la production; 4°les ingénieurs, directeurs techniques, comptables, secrétaires, dessinateurs, voyageurs, représentants, etc.; 5° les contremaitres et les ouvriers ; 69 les auxiliaires et les apprentis.

Il y a là des catégories différentes de travailleurs, étroitement mêlées dans l'effort de la production, interdépendantes et solrdaires les unes des autres, ayant chacune leur tâche bien définie, morcelée, divisée, leurs responsabilités propres, leurs avantages et leurs charges particulières, leurs intérêts et leurs devoirs, leurs droits et leurs oblications; les uns sont des salariés, d’autres des « capitalistes ». D’autres sont à la fois salariés et capitalistes. Mais, il y à des salariés qui vivent en bourgeois, en riches bourœeois même (directeurs, ingénieurs) et des propriétaires, des bourgeois (paysans, patrons pêcheurs), qui vivent plus mal que des salariés.

III. — Le syndicalisme ne voit que l’usine et l'atelier, oublie la société en général, c’est-à-dire la vie dans sa multiple complexité et il veut bouleverser l’ensemble des rapports sociaux !

IV. — Le souci trop exclusif de détruire n’est guère compatible avec la préoccupation de reconstruire, et l'esprit permanent de révolte, le mécontentement érigé en système, le goût de la lutte, si c’étaient des armes efficaces pour saper et jetter bas l'édifice social actuel, cônstitueraient

peut-être des moyens inefficaces, sinon même opposés au but cherché, pour rebâtir une nouvelle cité.

V.— Internationaliste ne signifie nullement antipatriote, un pacifiste n’est pas un antimilitariste au sens absolu du mot. À vrai dire, l’antimilitarisme relève plutôt de la doctrine anarchiste idéale qui croit à la fraternité humaine complète et générale, à la possibilité de la « discipline volontaire » « de la libre contrainte ».

VI. — Enfin, la doctrine syndicaliste renferme de multiples contradictions : 19 Comment la classe ouvrière seule et par la seule transformation de l'atelier patronal, pourraitelle modifier toute la société, et en fonder une autre plus compliquée, plus civilisée, c’est-à-dire plus complexe encore que celle qui existe aujourd’hui? 2° bannir l’action indirecte et baser l’organisation syndicaliste sur la représentation et les délégations. 3 faire appel à tous les travailleurs sans distinction d’opinions politiques ou religieuses et leur imposer la mission d’abord de collaborer à un travail de destruction de l’idée d’État et de l’idée de Dieu (ou de Providence tout au moins) ensuite à une œuvre de préparation d’une société collectiviste ou communiste. On a beau arguer en termes subtils de la distinction entre le mouvement, l’action de la classe ouvrière (qu’est le syndicalisme) et la classe ouvrière elle-même (qu’il n’est pas) on ne rendra pas possible à un travailleur véritablement « conscient» catholique, patriote, militariste, légalitaire, radical ou progressiste, l’entrée dans un syndicat adhérent à la CG. G.T.

Quoi qu’elle dise, la CG. G. T. est une organisation politicoéconomique dans laquelle les préoccupations politiques, nous ne disons pas électorales —l’emportent sur les soucis économiques.

fé) dd on.

Il ÿ aurait lieu de parler de l’anarchisme auquel semblent en certaines parties de leur doctrine, confiner divers éléments extrêmes. Mais l’anarchisme classique a subi une éclipse et une nouvelle doctrine se trouve en voie d’élaboration (Négation abstraite de l’État, antiparlementarisme, communes indépendantes, commission des biens, etc.) et des groupement anarchistes sont en formation.

Ainsi entre chacun des partis politiques principaux se trouvent des groupements intermédiaires qui ménagent de l’un à l’autre les transitions. :

Si le parti républicain démocratique se rapproche tellement de la nuance juste milieu qu’il paraît à l’heure actuelle s'identifier avec elle le néo-syndicalisme, peut être considéré comme situé au delà du parti socialiste proprement dit. L’Action libérale populaire occupe entre les roya- Bistes et les bonapartistes d’une part, les républicains modérés et (à certains égards, en matière d'organisation corporative notamment) les radicaux d’autre part, une place qu’il est assez difficile de déterminer avec précision.

Nous essaierons plus loin de répartir tous les groupements politiques que nous avons rencontrés entre les quatre grandes formes, les tendances générales que nous avons essayé de définir.

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