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LES GROUPEMENTS POLITICO-SOCIAUX

; Q . : 4 ae n'est pas mauvais, semble-t-il, que d’une part les problèmes de nature spéciale et secondaire, soient étudiés, approfondis et présentés pour ainsi dire, tout prêts à la consécration du législateur par des associations de spécialistes éprouvés ou de dévouements désintéressés, et que d’autre part les plus graves questions, précisément à cause de leur gravité même, soient préalablement discutées et examinées sous toutes leurs faces dans des groupements d’origine de tendances et de caractère très différents. Il paraît y avoir là plutôt une heureuse division du travail, un contact plus intime des Représentants du peuple avec les divers éléments qui concourent à la formation, en même temps qu’à l’expression, de l’opinion publique nationale. D'ailleurs de telles enquêtes et discussions ne se résument que dans des vœux destinés à éclairer le Parlement, et non pas à le lier. Celui-ci reste seul juge de la suite qu’il importe de leur donner.

Le même caractère de cercles d’études, réunissant sans acception de parti les sénateurs et députés de toutes nuances qui s'intéressent plus spécialement à un sujet déterminé, peut être donné aux groupes parlementaires non politiques. (1)

(1) C’est ainsi qu’en 1911 il y avait au Sénat, les groupes : agricole, (128 membres) colonial (91) hippique (45) oléïcole, sucrier, antialcoolique (108) les groupes de l’aviation (183) du commerce et de l’industrie (100) d’études algériennes (40) de la mutualité (110) du sucre et de l'alcool. — A la Chambre des députés, 36 groupes : agricole, antialcoolique, colonial et des affaires extérieures, républicain de défense paysanne, viticole, des libertés locales, d'éducation physique et de préparation militaire, d’études douanières, des médecins, de la prévoyance sociale, de l’enfance et de l’adolescence, des sénateurs et députés des villes de plus de 100.000 habitants, des stations thermales, de l'alimentation, de l’armée coloniale, de l’art, de l’art populaire, de défense du personnel des chemins de fer, de défense du personnel de la Compagnie P. L. M., de la coopération ouvrière, d’étude pour la protection contre la criminalité, de défense des intérêts bretons, des députés maires, de défense de l’école laïque et d'encouragement à l’enseignement primaire, de défense forestière et pastorale, de défense du personnel forestier, d'éducation populaire et d’action républicaine, du mono-

pole d’enseignement, des expositions et manifestations extérieures du commerce et de l’industrie, des inscrits maritimes, des intérêts économiques de

Ces groupes n’ont rien de politique et réunissent des parlementaires de toutes nuances et opinions; mais en rapprochant précisément des membres des partis les plus opposés en leur permettant de se mieux connaître, et par suite de s’estimer et s’apprécier davantage, ils peuvent exercer une influence heureuse sur le travail législatif. Ils constituent d’ailleurs, nous l’avons dit, des cercles d’études et des centres de formation de l’opinion publique. A ce titre ils devaient figurer dans l’énumération des groupements auxiliaires qui secondent, sur les terrains les plus divers sous des formes très variables et à des degrés fort différents, sinon les vues particulières et les desseins précis des partis, du moins leur action et leur influence.

Les partis d'opposition comptent, le cas échéant, sur l'intervention des troupes pour faire prévaloir leur système et leur solution. « Quelque coup d’État militaire renversera la République et refera la Monarchie... le nouveau gouvernement s’appuiera nécessairement sur l’armée et cela suffit bien.» (1) Les impérialistes ne sont pas aussi catégoriques et ne disent pas tout haut ce qu’ils pensent tout bas, mais au fond leur souhait d’une complicité éventuelle de certains grands chefs militaires est peut-être analogue à celui

Paris et de la Seine, de la locomotion aérienne, de la mutualité, des ports et établissements de la marine, pour la protection des animaux maltraités,pour l'amélioration des retraites ouvrières et paysannes, de la R. P. et de la réforme électorale, majoritaire ou antiproportionnelle, de l'administration pénitentiaire, de défense des receveurs buralistes, des voyageurs et représentants de commerce. Enfin huit groupes interparlementaires, ceux de l'arbitrage international, de la décentralisation et des libertés locales, d'éducation physique et de préparation militaire, d’études douanières, des médecins, de la prévoyance sociale, de l’enfance et de l’adolescence, des sénateurs et des députés des villes de plus de 100.000 habitants, des stations thermales,

(1) M. Ch. Maurras, Enquête sur la Monarchie, p. 139 et 140.

des néo-royalistes. L’Action libérale populaire a entendu, nous l’avons vu, dans son Congrès de 1911, l’un de ses membres parler du concours possible, si certains événements se produisaient, d’une ligue militaire qui, paraît-il, rien qu’à Paris réunirait 800 officiers. Les socialistes qu’inspire M. Hervé, après avoir prêché l’antipatriotisme l’antimilitarisme la désertion et l'insurrection en temps de guerre, semblent au contraire, depuis une date récente, préconiser la conquête progressive de l’armée et surtout du corps des sous-officiers rengagés par les éléments révolutionnaires. (1) Un syndicaliste révolutionnaire a dit : «Comment arriverez-vous à la suppression de l’exploitation si vous n’avez pas avec vous l’armée pour que l’insurrection soit victorieuse? » (2) La C. G. T. engage les jeunes syndicalistes à faire à la caserne une active propagande en faveur de ses idées et, pour ne pas leur laisser perdre tout contact avec leurs syndicats respectifs, a institué l’œuvre du Sou du Soldat.

Les partis de gouvernement désirent que la politique soit exclue de l’armée et que celle-ci soit consacrée uniquement à la défense du pays. Les radicaux socialistes demandent que le corps des officiers soit démocratisé et républicanisé. (3)

La Ligue de la Jeune République estime que l’armée doit être désintéressée, fraternelle, et démocratique. (4)

(1) Voir le compte rendu de la conférence faite le 25 septembre 1912 à la salle Wagram par M. G. Hervé. La guerre sociale n%5 du ? au 28 octobre 1912. L’orateur déclara que son plus grand tort était de s'être laissé traiter d’antipatriote alors qu’il n’avait jamais condamné que la forme actuelle de la patrie.

(2) Voir plus haut. p. 388.

(3) Voir notamment dans le compte rendu du Congrès de Tours (octobre 1912) la déclaration du parti par M. Dumesnil.

(4) Discours de M. Marc Sangnier le 3 octobre 1912. Salle des sociétés savantes. V. le journal La Démocralie, du 4 octobre 1912.

De même que les grands arbres vont puiser, par un système compliqué de racines et de radicelles de plus en plus ténues et ramifiées, dans des sols de nature variable et à des profondeurs inégales, la sève et la vie qui, en circulant le long de leur tronc, projettent dans l’air bleu et la lumière blonde l’abondance de leurs frondaisons et la vigueur de leurs branchages, de même les partis politiques par l’ensemble hétérogène et complexe des groupes, ligues, Comités, associations, unions, Fédérations qui gravitent autour d’eux, pénètrent à des degrès différents dans les milieux les plus divers, y propagent le suc de leurs principes et l’essence de leurs méthodes, créent des affinités, déterminent des courants qui leur apportent en retour des sympathies, des collaborations, des dévouements.

LE

Dans un pays de libre opinion où l’intense information est devenue, a-t-on pu dire, comme un sixième sens, le principal moyen d’action des partis politiques, celui par lequel ils manifestent même leur existence, ce sont les divers moyens d'expression de la pensée et ceux-ci vont de la feuille périodique au livre, en passant par les affiches, les tracts, les bulletins, les brochures, les revues.

Nous n’examinerons ici que les journaux et parmi eux que les organes politiques.

Il existe une extrême diversité de publications quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles trimestrielles, etc. Une première division apparaît, et il y a autant de presses différentes qu’il y a d'objets distincts dans le domaine de l’ac-

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