LES DIVERSES CATÉGORIES DE PRESSE
tivité humaine : Presse économique, coloniale, judiciaire, financière, littéraire, scientifique, médicale, religieuse, sportive, militaire, maritime (1), etc.
Rien qu’à Paris il existe 39 journaux d'administration, 76 d’agriculture, 45 d'annonces, 63 de commerce, 48 d'économie politique, 256 de finance, 4 de franc-maçonnerie et de libre-pensée, 99 illustrés. 79 d’instruction, 96 de droit et de jurisprudence, 247 de médecine, chirurgie hygiène et thérapeutique, 136 de modes, 78 mutualistes, 153 politiques, 137 de province et d'étrangers à Paris, 96 de religion catholique, 18 protestants, 4 israélite:, 183 revues littéraires politiques et scientifiques, 64 de sciences, 123 de sports, 61 de chambres syndicales et de syndicats (2).
Les sociétés commerciales auxquels appartiennent ces différents périodiques défendent leurs intérêts, dans ce qu’ils peuvent avoir de commun, en formant de vastes groupements autonomes (3). À noter qu’à côté de ces organes spéciaux et techniques, il y a dans les grands journaux des rubriques particulières qui correspondent chacune aux plus notables des matières précitées.
Il y a une seconde division de caractère territorial; les différents organes d’une même cité, département ou région s’assemblent en autant d'organisations indépendantes :
Syndicat de la presse parisienne, de la presse de Seine-et-Marne, de la presse marseillaise, de la presse périodique de Marseille et du sud-est, association de la presse de l'Est, etc., ete. Les grandes villes et les régions ont chacune leur association ou leur syndicat de presse locale, départementale ou régionale.
D’autres groupements s'étendent même sur l’ensemble du territoire (la capitale exceptée).
Association (et aussi syndicat) de la presse républicaine départe-
(1-2) Annuaire de la Presse et du Monde politique 1911.
(3) Association de la presse économique et financière, syndicat de la presse commerciale et industrielle, syndicat de la presse financière indépendante, syndicat des journaux et publications périodiques, syndicat de la presse sportive, des journaux politiques, syndicat de la presse coloniale française, syndicat de la presse périodique, etc.…., etc,.,
mentale de France, association de la presse monarchique et catholique des départements, association de la presse plébiscitaire départementale, syndicat de la presse socialiste, l’association de la presse régionale (créée par l'A. L. P.)
Parfois, seuls les journaux d’une même spécialité s’unissent.
Syndicat de la presse parlementaire départementale, syndicat de la presse municipale parisienne, syndicat des journaux de langue française paraissant à l'étranger, syndicat de la critique parisienne, association de la presse coloniale marseillaise, etc., etc.
A citer :
l'Association internationale de la presse, l'union internationale des associations de presse, la Fédération internationale de la presse périodique.
Il y a une troisième division qui se combine avec les deux précédentes, celle des journalistes professionnels (1) et des journalistes plus ou moins amateurs. Ces diverses organisations sont groupées, telles celles qui forment le comité général des associations de la presse française et qui sont au nombre de six; 1° le syndicat de la presse parisienne (Directeurs de journaux); 2° l’association syndicale professionnelle des journalistes républicains français ; 3° l’association des journalistes parisiens; 4° l'association et le syndicat de la presse républicaine départementale; 5° l’association de la presse monarchique et catholique des départements; 60 l’association de la presse départementale plébiscitaire. Ce groupement représente, dit-il, le journalisme français, tant vis-à-vis des pouvoirs publics que de la presse étrangère. « Il veille au respect des droits de la presse et à la défense des intérêts moraux et matériels de la profession de journaliste. »
Dans l’ordre purement politique il est des groupements
(1) Association des secrétaires de rédaction des journaux et revues, association syndicale professionnelle des journalistes commerciaux, industriels et agricoles, parisienne des journalistes parlementaires, association confraternelle et mutuelle de la Presse judiciaire parisienne, association des informateurs judiciaires parisiens, association générale des publicistes français, ete tele
qui servent plus spécialement de lien à un certain nombre de journaux auxquels ils fournissent à un moment donné les mêmes articles et documents. Tels le Bullelin correspondance de l'association nationale républicaine (organe républicain de défense sociale qui accorde entièrement le droit de reproduire ses informations et ses études à tous les journaux qui consentent l’échange). L’Informateur parlementaire qui sur 2.000 exemplaires en adresse 1.500 à la presse départementale. De pareils moyens d'action sur l'opinion publique peuvent constituer pour les partis des forces importantes sans compter les agences qui centralisent puis répartissent les nouvelles, Havas, Fournier, L'Information, etc.
Comment les journaux politiques de Paris se répartissent-ils entre les grandes tendances que nous avons précédemment exposées ?
Les éléments conservateurs et oppositionnels diposent de puissants et nombreux organes. L’Action francaise, La Gazelle de France, (quotidien), L’Accord social et le Réveil francais (hebdomadaires) Le Panache (bimensuel) sont royalistes, Le Soleil et l’ Autorité s’intitulent monarchistes, Le Gaulois, conservateur monarchiste. Le petit Caporal est impérialiste, l’Appel au peuple et la Volonté nalionale (hebdomadaires) se disent plébiscitaires, La Patrie, se qualifie d’organe de la défense nationale. La Défense nalionale (hebdomadaire) s’accorde l’épithète de patriotique conservateur tandis que La Jeunesse française (bimensuelle) se déclare nationale et revisionniste.
Il importe de faire une place à part à la forte organisation des journaux catholiques. Nous avons vu que rien qu’à Paris, il en était publié 96. La plupart d’entre eux sont groupés sous le nom de « Maison de la Bonne Presse», dans la main de leur directeur-propriétaire, actuellement M, Paul Féron-Vrau. Au premier rang vient, La Croix, avec
ses 104 éditions locales ou régionales, puis les organes hebdomadaires Les Causeries du dimanche, La Chronique de la presse, Les Conférences, Les Contemporains, Cosmos, La Croisade de la presse, La Croix du dimanche, La Croix illustrée, La Croix des marins, L'Écho du Noël, Le Noël, Le Pèlerin, Les Questions actuelles, le Sanctuaire, Les Vies des Sainis, La Revue d'organisation et de défense religieuse(bimensuelle), enfin les publications mensuelles : L’Action Catholique, l’Eucharistie, Le Fascinaleur, Jérusalem, Le Mois piltoresque et litléraire, Notre-Dame de Rome, Échos d'Orient (bitrimestriel)
L’on peut citer en dehors de ce groupement, L'Univers, Le Globe, La Semaine religieuse de Paris (hebdomadaire), Le Correspondant et la Revue du monde catholique (bimensuels).
Un peu au delà, vers le centre, les deux bulletins l’un hebdomadaire, l’autre trimestriel de l'Action libérale populaire. L’Alerle, (libéral indépendant), La Libre Parole (antisémite indépendant) L'Écho de Paris, La Liberté, L’'Intransigeant, La Presse, La Démocratie (jadis organe du Sillon aujourd’hui journal de la ligue de la Jeune République), ces derniers périodiques étant sur la frontière des conservateurs et de l’aile droite du parti républicain.
Celle-ci inspire divers périodiques, Le Journal des Débals politiques el lilléraires (républicain libéral), Le Républicain de Paris (organe d’union démocratique et sociale), La République Française (organe officiel du parti républicain modéré) Le Progressisle (hebdomadaire, républicain libéral) La Petite Presse (républicain progressiste) Le Bulletin correspondance de l’associalion nationale républicaine (organe républicain de défense sociale.)
Puis divers journaux qui s’intitulent « Républicain » sans épithète, L’Avenir National, La Démocratie Rurale (hebdomadaire) Le Journal, Le Petit Parisien, Le Petit
Journal, La Gazelte du Village (hebdomadaire, républicain politique et agricole).
Plus près encore de la tendance juste milieu Le Bulletin de L'Alliance républicaine démocratique (hebdomadaire), et dirigée par son secrétaire général La Correspondance politique el agricole; Le Drapeau (bimensuel, républicain démocratique). Le Courrier des Deux Mondes (hebdomadaire, républicain de gouvernement). Diverses revues s’intitulent nettement républicaines L’'Énergie Française (hebdomadaire), La Nouvelle Revue (bimensuelle).
En dehors de toute classification apparaissent des journaux qui se déclarent « indépendants», encore que leurs lecteurs respectifs puissent sans doute déterminer celui des divers partis avec lequel leur ligne politique a le plus d’affinités : Le Figaro, L'Éclair, L'Époque, L'Événement, La France, Le Gil Blas, Le Matin, Paris-Journal, Le Temps, Le Soir, etc., et les feuilles hebdomadaires : Les Droits de l'Homme, La France contemporaine, La France parlementaire, L’Opinion, La Paix sociale, Le Parlement et L’'Opinion, Le Tribun de Paris, etc. Ces journaux affirment n’être inféodés à aucun groupement, ne faire ni de l’opposition systématique, ni de l'approbation gouvernementale automatique, conserver intact leur droit de libre critique, se borner à attendre et à juger chaque homme politique à ses actes. En fait, s'ils n’affichent pas des préférences pour tel ou tel parti ou encore pour telle ou telle personnalité marquante de chaque parti, ils ont, du moins, une couleur politique, suivent une directrice générale, et envisagent faits et gens dans un certain état d'esprit, tous éléments qui constituent autant de liens menus et imperceptibles par lesquels ils se rattachent chacun au fonds de principes et au corps de doctrines plutôt de tel parti que de tel autre.
De même, la plupart des revues politiques et littéraires qui sont indépendantes dans la pratique, mais s’inspirent
d’un ensemble d'opinions qui lesrapprochent chacune plutôt de l'idéal qui anime tel groupement que de celui qui vivifie le système d'idées de tel autre.
Il y à en outre, une nuance particulière, la nuance gouvernementale. Divers journaux, qui semblent n’avoir pas de préférences politiques extrêmement précises et exclusives, suivent le cabinet quelle que soit la fraction de l’opinion qu'il représente. Il est juste de dire que les divers changements de personnes ne correspondent pas toujours à des modifications profondes dans l'orientation politique. Les républicains modérés sont restés au pouvoir (sauf de courts intervalles), de 1876 à 1898, les radicaux y sont depuis 1902. Néanmoins, certains journaux semblent toujours prêts à approuver le Gouvernement.
Par contre des questions personnelles le plus souvent, semble-t-il, poussent des organes dont les idées paraitraient devoir sympathiser avec celles des gouvernants du moment, dans une intransigeance partiale et une injuste hostilité. J
Inversement plusieurs membres de l’opposition déclarent hautement que sur certains terrains, celui de la politique étrangère notamment (1), ils approuvent pleinement le Gouvernement dont ils combattent les principes et les actes en d’autres matières, celle de la question religieuse en particulier. Les feuilles qu’ils inspirent exposent des vues analogues.
A côté des journaux qui se disent complètement indépendants il en est d’autres qui ne cachent nullement leurs opinions. |
(1) Les journaux ont publié la déclaration de plusieurs parlementaires, conservateurs notables aux conseils généraux dont ils sont respectivement membres, session d’été 1912. Marquis de Lanjuinais, comte de Mun, ete. Après le discours prononcé à Nantes le 27 octobre 1912, par le président du Conseil, presque toute la presse d'opposition a répondu, qu’en présence des
complications de la situation extérieure, tous les Français feraient pleinement confiance au Gouvernement,
Les partisans de la notion de réforme disposent de nombreux périodiques : Le Public (radical), La République Radicale (radical indépendant), La Petite République, Le Courrier Républicain (hebdomadaire, quise dit républicain radical et qui serait l’organe des grandes compagnies de chemin de fer), La Dépêche avec ses 15 éditions régionales (organe de la démocratie), Le Siècle (antimonarchiste, anticésarien et anticlérical), La Lanterne (anticléricale), La Nouvelle Presse (radicale socialiste qui s’attache à vulgariser les questions coloniales), L’ Action, L’ Action Nationale (mensuelle), Le Radical et Le Rappel (organes du radicalisme socialisme), La Démocratie Commerciale (mensuelle, radicale socialiste) ; L’ Aurore (républicain socialiste), L'Écho de l'Hôtel de Ville (hebdomadaire, républicain socialiste indépendant), les Paroles Républicaines (bimensuel, républicain socialiste), Le Prolétaireebdo (hmadaire, républicain socialiste), L’Aclif (hebdomadaire, socialiste indépendant), La France Socialiste (hebdomadaire). Citons en outre : La Revue Intellectuelle des Faits el des Œuvres (bimensuelle, organe nationaliste) et La Raison (bimensuelle, organe de propagande philosophique et anticléricale).
Enfin, parmi les journaux s'inspirant de l’idée de la novation, il. faut citer : L’Humanilé, Le Socialisme, Le Socialiste (hebdomadaire, organe du socialisme unifié), La Guerre Sociale (socialiste insurrectionnel hebdomadaire), La Bataille Syndicaliste (quotidien) et La Voix du Peuple (hebdomadaire), porte parole officiel du syndicalisme révolutionnaire, L’Effort Social (hebdomadaire), organe d’éducation coopérative syndicaliste et social, Le Libertaire (hebdomadaire anarchiste), mensuellement paraissent Le Mouvement Socialiste, et La Revue Socialiste Syndicaliste el Coopérative. .
Dans les départements, les plus grandes villes : Lyon, Marseille, Toulouse, etc., possèdent des journaux de diffé-
rentes nuances, qui rayonnent sur les départements avoisinants; La Dépêche de Toulouse qui publie quinze éditions régionales notamment.
Nous avons vu que les presses départementales républicaine, monarchique et catholique, plébiscitaire, formaient autant de vastes associations englobant tout le territoire (Paris excepté).
Néanmoins, la collaboration est constante entre les organes de la capitale et ceux de la province. Ce sont les mêmes agences d’information, les mêmes correspondants parlementaires qui les renseignent, les mêmes leaders qui inspirent leur doctrine et précisent leur ligne directrice.
Ainsi chaque parti, avec la masse d’idées et l’ensemble d'individus qui le constituent par essence et définition, avec les possibilités d’alliance positive ou négative que recèlent ses ressources tactiques, avec les groupements auxiliaires et les organisations de presse qui le prolongent dans les milieux les plus divers, chaque parti apparaît dans l’histoire nationale, qu’il contribue à écrire au jour le jour, comme une unité politique, complexe originale et vivante.
Quelles sont les forces respectives, tant dans le pays qu'au Parlement, des divers groupements en présence?
Il serait intéressant de suivre l’évolution de ceux-ci depuis 1876, de noter les gains et les pertes de chacun, de relever soit la disparition des anciens (le Centre droit, le Centre gauche, l’extrême gauche radicale, tels qu’on les entendait à l’Assemblée nationale) soit la naissance des nouveaux (radicaux socialistes, ralliés, socialistes indé-
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