TRAITS COMMUNS AUX ORGANISATIONS DE PARTI
3 Un trait commun à toutes les organisations, c’est qu'elles paraissent établies sur des bases quirappelleraient un peu celles de la société politique que chacun de ces partis propose au choix de la nation. L’Action libérale populaire est presque la propriété de M. Piou, son président, qui a des pouvoirs très étendus. L'Alliance républicaine démocratique, dont l’ordre est le grand souci, assure la stabilité de sa direction en confiant celle-ci à un président désigné à vie, M. À. Carnot, Le parti socialiste n’a pas de président, mais une Commission qui est un directoire exécutif et des secrétaires, etc...
49 À la tête de toutes ces organisations diverses se trouvent des conseils comprenant un grand nombre de personnalités, les unes de droit, les autres élues, d’autres encore choisies par celles déjà désignées : Comité central dans l'A, L. P., conseil général dans le parti modéré progressistes (100 membres), conseil supérieur de l'A. R. D., le comité exécutif chez les radicaux socialistes (600 membres), commission administrative chez les républicains socialistes, enfin le conseil national chez les unifiés. Ces assemblées émettent des avis et ce sont d’autres groupements aux membres moins nombreux qui assurent l'exécution des décisions des congrès périodiques. Le bureau du comité central (A. L. P., au moins 3 membres) et celui du comité exécutif (35 membres, radicaux socialistes), comité directeur (républicains modérés ou progressistes, 20 membres). La commission centrale exécutive (A. R. D.), comité exécutif (15 membres chez les républicains socialistes). La commission administrative permanente, 23 membres chez les unifiés.
En réalité, en allant au fond des choses, l’on verrait que le plus souvent, c’est le secrétaire général avec un ou deux collaborateurs qui constituent la véritable cheville ouvrière du parti. Nous retrouvons là tout à fait le mode anglais de l’inner circle, processus de sélection mi-naturelle
(circonstances et force même des choses) mi-volontaire (abandon par les dirigeants officiels à des subalternes compétents et dévoués d’une partie de leur propre tâche de direction et d'initiative).
5° Chaque parti semble tendre à imposer à ses élus au Parlement l’obligation de se réunir en groupes fermés et exclusifs portant son nom. Nous avons vu qu’il existait déjà à la Chambre un groupe des députés de l’Action libérale, un autre du parti socialiste unifié, un autre des radicaux socialistes, un autre des républicains socialistes. La liaison entre l’ensemble des élus dans les deux assemblées et l’organisation de parti dans le pays est obtenue, chez les socialistes en faisant siéger au conseil national du parti une délégation du groupe parlementaire, chez les radicaux socialistes en réservant de droit la moitié des 32 sièges de vice-présidents et de secrétaires du bureau du comité exécutif à des députés ou sénateurs appartenant au parti, chez les républicains socialistes en déclarant tous les élus du parti membres de droit de la commission administrative de celui-ci.
En fait l'influence des parlementaires est considérable. S'ils doivent rendre des comptes non seulement à leurs propres électeurs, mais encore le cas échéant, à l’organisation qui leur a donré l'investiture de candidat du parti, les demandes de contrôle ne sont guère formulées en pratique que chez les socialistes unifiés. C’est ‘d’ailleurs, de tous les groupements, celui qui es le plus fortement constitué et hiérarchisé. L’élu y appartient en principe complètement au parti et doit se soumettre à toutes ses injonctions. Les moyens dont disposent, pour se faire obéirles organisations de parti sontla radiation ou l'exclusion, lerefus de recommandation lors des élections. Cette arme se trouve en fait bien souvent inefficace, car malgré tous leurs efforts de persuasion et de tactique les partis n'arrivent pas tou-
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