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MODALITÉS ÉLECTORALES

peuvent s'imposer, sur une scène aussi exiguë, les soucis et les frais d’une campagne électorale. C’est pourquoi en Angleterre où les partis sont très peu nombreux et fortement constitués le fractionnement des circonscriptions n’a occasionné à chacun d’eux que peu de gêne. En France, les socialistes ont maintes fois décidé de présenter des candidats dans toutes les unités électorales pour compter leurs partisans. Mais ce vœu est souvent resté platonique.

Le scrutin de liste par département réduit bien les dépenses que s'imposent les organisations de parti et permet plus facilement à ce point de vue à toutes celles-ci d’affronter la lutte. Mais il élimine plus brutalement encore les opinions dont les tenants sont en notoire minorité.

Le système de la R. P. semble en principe le plus propice à un régime de parti. Il permet à-tous, même à ceux dont les adhérents sont les moins nombreux, de participer avec profit à la compétition électorale, chacun devant avoir un nombre de sièges proportionnel à son importance numérique. Il les encourage à multiplier leurs efforts et à intensifier leur action. En France où les groupements sont multiples et divers, où peu de gens ont le goût de l'effort stérile et des manifestations inutiles, ce mode de votation est peut-être nécessaire pour amener la création et surtout l’organisation méthodique de grands partis. Mais nous avons vu qu’en Angleterre les caucus se sont fort bien accommodés d’un régime électoral dépourvu de toute représentation proportionnelle,

Il est, nous l'avons vu, diverses causes de la difficulté qu’a rencontrée en France jusqu'ici la constitution des partis fortement disciplinés. Il en est peut-être encore un autre motif dans le génie même de la race qui préfère les improvisations hardies et rapides aux desseins lentement médités et patiemment exécutés. L’opportunisme a fleuri de longues années en France et il n’est pas bien sûr qu’il

soit tout à fait mort. Néanmoins, la gestion de la chose nationale est aujourd’hui trop complexe et trop considérable pour qu'il soit désirable de l’abandonner au jour le jour aux facultés inventives, si brillantes soient-elles, des dirigeants du pays. Politique fiscale, politique économique, politique sociale, politique étrangère, tout se tient. Il importe que les programmes proposés au Pays forment des ensembles complets et homogènes de mesures politiques proprement dites, de réformes économiques, d'innovations sociales solidaires les unes des autres et préalablement classées à la fois d’après leur importance propre et leur degré d'urgence respective.

C’est entre les différents corps de doctrine qui inspirent ces suggestions que les citoyens soucieux de leurs droits et jaloux de leurs devoirs doivent choisir et par cela même indiquer, à des époques déterminées, l'orientation qu'ils estiment conforme à l’intérêt national de donner tant à la gestion féconde de la chose publique qu’à la direction résolue des destinées de la patrie.

Le domaine de l’activité des partis ne comprend que la culture du sentiment de l'intérêt public et général. Son moyen d'action est la politique, c’est-à-dire l'invitation adressée aux citoyens d’user de leurs droits électoraux pour faire triompher celui des divers systèmes de gouvernement en présence qu’ils estiment le meilleur. L’intrusion des partis, et par suite de la politique, en dehors de ce champ d’action ne peut avoir que de fâcheux effets.

Certes de nos jours l’action de l'État apparaît jusque dans les villages les plus reculés (services de l'instruction publique, des P. T. T., de la police, ete...) et chaque commune a, vis-à-vis du pouvoir central, des droits et des obligations. Mais la commune n’en est pas moins essentiellement un

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