AVANTAGES DE L'EXISTENCE DES-PARTIS
transforment en simples délégués et tyrannisent par mille petits moyens les électeurs qui ne partagent pas leurs Opinions; « comités maîtres du scrutin de liste » dans lesquels dominent toujours « les coureurs de places, ignares ou impudents (1)», qui oppriment les citoyens.
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Aïnsi nul publiciste, même ceux qui leur sont le plus hostiles, ne songe à nier la possibilité la fatalité même des partis politiques dans nos sociétés actuelles. Certains en préférant le régime représentatif admettent implicitement l'existence des partis en tant que systèmes politiques, théories économiques, thèses sociales.
Faut-il rigoureusement coordonner ces éléments en un corps de doctrine un et homogène, en dégager une méthode, un programme”? Faut-il ensuite grouper tous les citoyens qui adhèrent à ces idées en une association disciplinée, hiérarchisée et fermée ?
Le régime des partis a de chauds défenseurs.
c'est d’abord Bluntschli qui estime que (2) « les partis politiques se montrent partout où la vie politique se meut librement». Pour lui « c’est l’effort et la rivalité des partis qui mettent en lumière toute la richesse des forces latentes de la nation expression et manifestation naturelle des erands ressorts cachés ».
Pour M. Sembat (3)
« Entre l'individu et la nation il faut des intermédiaires. Cet intermédiaire est le groupe, l'être collectif, l'association est au point de vue politique le parti... et pourquoi? pour supporter les responsabilités. A cette heure la responsabilité est fictivé et verbale...
(1) La R. P, Casse-cou, M. E. Ollivier, Le Figaro 10 février 1910. L'auteur de l’Empire libéral a publié différents articles dans lesquels il préconise le vote plural et le referendum notamment, voir Le figaro, ? avril, 14 juillet, 15 décembre 1910, 5 juillet 1912.
(2) La politique, cité, p. 321.
(3) Les idées socialistes, M. Sembat, Revue hebdomadaire, 19 mars 1910, p.33els,
I faut, pour soutenir le châtiment ou cueillir la récompense, des êtres vastes et durables, des êtres collectifs tels qu’une dynastie ou un parti. Les conséquences politiques des actes politiques éclatent aux yeux vingt ans après... Un parti seul peut vivre assez pour être puni ou récompensé par là confiance ou l’aversion publique, seule sanction sérieuse, Au parti qui l’a mal servie la nation s’arrache au parti qui l’a sagement guidée, elle se confie, s'attache et remet le soin de ses destinées. Il faut organiser la République c’est une question de vie ou de mort ».
Pour M. Delpech (1) «les partis sont des procédés et des moyens, leur concurrence porte à sa suprême puissance le principe du débat public et contradictoire» et M. Miceli a ÉCrIt :
« Les partis, sont la cause et l’âme des changements politiques parce que chaque parti qui monte au pouvoir sent le besoin de changer et de réformer pour approprier la chose publique à ses principes » (2).
Pour M. de La Chesnais :
« Divers indices montrent les électeurs plus désireux d’exercer un peu plus réellement leur souveraineté théorique... les partis deviennent pour les électeurs des personnages collectifs, une première approximation pour comprendre la vie politique... Les partis doivent devenir la propriété de tous leurs électeurs... Ceuxci veulent comprendre la politique de leurs représentants et contrôler ceux-ci... Les partis fermés permettent une politique plus claire et plus facilement contrôlable » (3).
À ces divers avantages on en peut ajouter d’autres. En temps de conflit avec une puissance étrangère, si le gouvernement soucieux de saresponsabilité ne veut pas, d’une part faire complètement mystère des pourparlers ou des négociations engagées, mais d'autre part désireux de ne leur donner aucune publicité ne peut en saisir les assemblées délibérantes, il a la ressource, quand il existe des partis fortement constitués, d'entretenir de ces difficultés extérieures leurs chefs respectifs dont l’ensemble forme comme
(1) M. J, Delpech, cité, Revue de droit public et de la science politique, 17 juillet 1910, T. XXVII, p. 534ets.
(2) Miceli, cité, p. 211.
(3) Statistique électorale, M, de La Chesnais, Revue de Paris, 1e juin 1910, p.638ets,