PARURES
mées de talons detrois pouces de haut, qui faisaient de la marche un exercice des plus périlleux, et qu’elles inventèrent ces ridicules pin et incommodes paniers qui les obligeaient à se présenter de côté pour entrer dans un appartement par une porte ouverte à deux | battants.
| | L'art de la bijouterie ayant fait de véritables progrès sous le grand roi, on vit bientôt reprendre faveur au collier, cette char- | 1111 mante parure dont on peut dire que le goût est inné chez l'espèce
| humaine.
En effet, l’usage du collier se retrouve chez tous les peuples,
quel que soit le degré de civilisation qu’ils aient atteint.
UN Vous aurez donc ici, Mesdames, à nous pardonner une de ces excursions épisodiques et, en partie, rétrospectives, que nous vous avons annoncées plus haut, et dont l’érudition nous semble
|| | devoir concourir à sauvegarder notre dignité d’historien.
[I Lors de la découverte de l'Amérique, les naturels des diverses
nn contrées de cette vaste partie du monde portaient des colliers
faits de coquillages ou de petites graines rouges très dures.
Sur notre vieux continent, on porte, depuis quatre mille ans, des colliers d’or, d'argent, de diamants, de perles, de pierres
précieuses de toutes sortes.
Le collier était déjà en grande faveur au temps des patriarches.
Un peu plus tard, sans cesser d’être un objet de parure pour
les femmes, il devint une marque de distinction pour les hommes;
on en para même les statues des dieux et des déesses : l’histoire nous apprend que la déesse Isis en avait un orné de pierres précieuses, et on lit, dans une inscription de Gruter que Symphorus de Riez, en Provence, et sa femme Pocris, offrirent à Esculape, entre autres choses, un collier composé de petits serpents
en or.
Celui que portait la belle Laïs, plus remarquable encore, était, au rapport d'Aristenète, composé de pierres précieuses, dont les plus belles étaient arrangées de manière à former les lettres dont
se compose le nom de cette beauté célèbre.
Le collier fut aussi, dans l'antiquité, la récompense du courage
militaire.
Celui que l’on donnait aux soldats romains comme une marque d'honneur et une récompense de leur valeur s'appelait {orques, et ce fut pour avoir enlevé un collier à un soldat gaulois que Man-
lius reçut le surnom de Torquatus.
Au temps de la décadence romaine, alors que les ténèbres de la barbarie commençaient à s'étendre comme un voile funèbre sur la civilisation, et que les arts s’éteignaient, les plus belles, les plus délicieuses parures des femmes furent les premières atteintes par cette sorte de retour vers l’état sauvage : on avait toujours de l'or, des pierreries ; mais les ouvrages qu’on en faisait n’étaient plus que de grossières ébauches ; l’art de la bijouterie n’existait plus, et ce fut bien lentement qu'au temps de la renaissance, le
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