‹ Les parvenusChapitre 3 sur 24 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Julien Jait une rencontre singulière. — Belle conduite de la marquise de Pahnis.

JLe touchant journal d'Edélie me rendit toute la première vivacité de ma douleur et des craintes mortelles que les entretiens et les promesses de Durand et de

(1) L'abbé Dejfoiges.

T. III. s

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Ledru avaient affaiblies dans mon imagination. Cependant je complais toujours sur leur zèle , et le journal même m'offrait une grande consolation , puisque j'y voyais que Ledru avait dit à Edelie qu'il avait des moyens certains de déjouer la méchanceté de Landry ; mais comme Ledru ne m'avait fait sur Ede'lie que des promesses vagues , j'allai lui demander quels étaient ses moyens. Ils sont très-simples , me répondit-il , et les voici :

Landry , méchant et féroce , est enragé contre les nobles , et moi je crois qu'on peut être un fort bon re'publicain sans vouloir les envoyer tou5 a la guillotine. Mais Landry est vraiment sanguinaire; je l'ai entendu se vanter qu'au tribunal il condamne toujours à mort , parce que cest le plus sûr. Je sais que Robespierre vient de le charger de faire un mémoire détaillé sur les détenus de la maison d'arrêt dont naus sommes commissaires ; ceux dont il rendra un mauvais compte seront sûrement dans un grand danger , et il ne parlera pas favorablement de la citoyenne de Velmas qu'il n'appelle jamais que la petite

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bégueule. Je suis en fort bonne intelligence avec ce mauvais homme , je ne le contrecarre en rien ; il vient souvent manger notre soupe; ma femme lui fait boire force lampëes de Champagne , et il nous aime beaucoup. Il écrit très-difficilement , il lui faudra du temps pour faire ce mémoire , d'autant qu'on ne lui a pas fixe' d'époque et qu'il est ivrogne et paresseux. Je l'ai déjà empêche' plusieurs fois de le commencer en l'entrainant au cabaret. Nous sommes tous deux du comile' révolutionnaire delà sec! ion", où chaque membre , dans^ne salle commune , a son bureau particulier. Le tiroir de celui de Landry , ainsi que presque tous les autres, n'a point de clef(i). Je le guette; et lorsqu'enfin il commence à écrire, comme il laissera, ainsi que cela se pratique, son travail dans le tiroir, je lui préparerai de nouvelle besogne , en m'eraparant furtivement de son gribouillage avant qu'il soit tout-à-fait fini; il faudra qu'il recommence , tout cela nous donnera au moins six semaines ; pendant ce temps

( i) Cela était ainsi.

nous pourrons agir , et les choses peuvent changer... Mais , repris-je , s'il te soupçonne d'avoir fait celte bonne action ?... Non, non, ne t'inquiète pas, repartit Ledru; il croit que, comme lui, on ne peut voler que de l'or et des diamans , car il en a fièrement pris dans les églises et aux ci-deçanten mettant des scelles; d'ailleurs il ne se défie pas de moi , et puis il est brouillon et presque loujours ivre ; il croira avoir égaré ce papier : ne l'embarrasse pas , c'est un vrai butor , j'en jouerais sous jambe dix comme lui. Ce t^e je te conseille , c'est de tâcher de te rapatrier un peu avec lui... — Mais comment faire ? — Par le moven de sa femme. — Elle ne me pardonnera jamais d'avoir été servante de ma mère... — Ce n'est pas l'embarras, c'est une diablesse qui a encore plus de malice que son mari. Elle ne peut pas sentir mon épouse, parce qu'elle sait qu'elle a été princesse, quoique pourtant ça fusse honneur aux sans-cU" lotteSy puisqu'elle m'a épousé — — Comment veux-tu donc que j'espère quelque chose de cette créature?... — Bah l elle est intéressée, et elle aime les jolis garçons;

avec nés cadeaux et quelques douceurs , tu pourrais fort bien la rendre Iraitable... — Comment diantre ! à son âge?

car elle a bien trente-sept ou trente-huit ans!.., — Ca n'y fait rien, elle en prend toujours où elle en trouve. Il faut la voir, comme elle est pimjjanle et comme ella fait danser les brigandages de son mari!... — Et il trouve cela bon! — Elle le mène comme un oison qu'il est. Elle se farde de la té(e aux pieds , en rouge , en blanc , en noir, et puis elle est toute dépoiraillés et toute parëe cC ajjicjueîs en perles , en oripeaux , en diamans. Son mari croit qu'elle a l'air d'une duchesse. Mon épouse dit qu'elle ressemble à une poissarde d'autrefois , travestie pour le dimanche gras.

Je remerciai mille fois Lediu de ses bonnes intentions , de son zèle et de ses conseils dont je me promis bien de profiter. Les jours suivans, mes inquiétudes devinrent extrêmes par celles que je vis à Durand qui était bien informé; il me dit qu'on l'avait assuré que Robespierre formait de nouvelles listes de proscrits, sue lesquelles se trouvaient le peu d'bonnètcs

sa LES PARVENUS.

gens qui restaient à Paris dans leurs maisons. II ajouta que si cela était vrai , il éiait à l'abri de toule crainte pendant cinq semaines au moins , parce qu'il e'tait absolument nécessaire à la conclusion d'une ope'ration de finance à laquelle Robespierre attachait une importance extrême ., et qui ne pouvait être termine'e avant ce temps. Ainsi, poursuit-il , je vais arranger tout le plan de ma fuite, en montrant la plus grande sécurité'; nous partirons, et il le faut , ma femme, mes deux enfans , toi et moi , sous quinze jours. A cei paroles je lui déclarai que rien dans le monde ne me ferait quitter Paris tant qu'Edélie serait en prison , et que seulement je lui demandais de se charger de ma sœur. Je m'en chargerai avec toi, reprit-il; songe qu'en restant, lu ne sauveras point madame de Velmas , et que tu périras infailliblement. Eh bien, répondis-je, ne suis-je pas venu pour la sauver ou pour partager son sort ?... Durand savait depuis long-temps qu'au fond de l'âme j'avais pour Edélie un sentiment plus vif que l'aiiiilié, mais il ne me croyait pas susceptible d'une

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passion ; je n'avais jamais osé lui parler franchement d'un attachement que non-sealement je condamnais moi-même , mars ) dont l'aveu positif et détaillé n'aurait pas manqué de m'attirer , avant la révolution , des représentations qui eussent blessé ma vanité. J'aurais entendu avec peine , mémo dans la bouche d'un ami , des réflexions humiliantes sur ma naissance ^ sur mon état , et sur la folie d'aimer une personne que la fortune avait placée dans un rang si au-dessus du mien ; et , pour me faire supporter, en me parlant d'elle, ces idées désespérantes d'inégalité , il avait fallu jadii toute la délicatesse et toute l'effusion d'amitié d'Eusèbe. Maintenant tout était changé; il n'y avait plus de noblesse, plus de distinction. Edéiie était veuve; ma passion n'était plus extravagante ou coupable. J'eus donc un grand plaisir à l'avouer , à la peindre ; c'était en même temps jouir de ma nouvelle existence. Il me semblait qu'en parlant ainsi de mon amour , je sortais pour la première fois de cet état subalterne où j'ayai« reçu dqjuis ma naissance.

J'affligeai profondément Durand qui vit bien que rien au monde ne pourrait m'engager à partii* sans Edélie. Tu as quinze jours pour y re'fiëcbir, me dit-il; d'ici là, de grands événeraens peuvent arriver...

On est las de voir verser tant de flots de sang; le tyran , enivré de crimes , ne garde plus de mesures; sa politique n'est plus qu'une rage insensée ; la terreur , parvenue à son comble , peut donner à la fin «n désir véhément de sortir de cet horrible état de stupeur... On parle d'une conjuration. Si elle existe, j'en connaîtrai les détails; et si elle est raisonnablement conçue j il faut en être ! une telle entreprise est préférable à la fuite la plus sûre.

J'approuvai du fond de l'âme cette courageuse résolution , et Durand me promit de m'avertir aussitôt qu'il aurait acquis quelques lumières à cet égard.

La tête successivement remplie d'espérances , de craintes sinistres et de projets confus , j'étais hors d'état de me livrer à la moindre occupation. Florbel vint me proposer d'aller voir à la Comédie française Misajiîropiç et JicpcfUir , qui faisait

verser des torrens de larmes à toutes nos re'publlcaines , et même à tous les jacobins. Il savait que je ne connaissais pas cette scandaleuse pièce; je n'avais n'.lle envie d'aller au spectacle. Viens , me dit-il , rien ne te mettra mieux au fait des mœurs actuelles ; il est reçu maintenant , dans notre nouvelle poétique , que la vertu n'est pas dans la nature , que l'innocence est insipide, et que l'amour est fade, s'il n'est pas , même dans une femme, une passion furieuse et efftëne'e; aussi toutes nos héroïnes de romans et de théâtres sont des filles-mères^ des e'pouses adultères et des amantes forcenées. Ce n'est plus de la tendresse qu'il nous faut, c'est de la rage.— Cela est tout simple. Quand , sur la place de la re'volution , on voit tous les jours les plus e'pouvantables trage'Jies , comment veux-tu que l'on soit attendri par les sentîmens délicats et les douces plaintes de Bérénice ou de Zaïre ! . .. — Ta réflexion est juste , et fait frémir en montrant toute l'influence des ève'nemens publics sur la littérature !... Mon cher Florbel; repris-je en souriant, tu ne vois en

toutes choses que rinlérêt des lettres.... C'est , re'pondit-il , l'intérêt de ma vie entière et celui de mon avenir ; d'ailleurs il tient ■: tout. D'après les principes qui la fondent et la manière de la cultiver , qui assure son succès ge'ne'ral , la liftérature détruit ou affermit la morale. Oui, mon ami, le Français, ce peuple dont le goût était jadis si noble et si pur, aura long-temps besoin d'émotions violentes que de terribles souvenirs lui rendront nécessaires ! Les auteurs qui veulent plaire à tout prix, n'offriront plus , pendant cinquante ans , dans les ouvrages d'imagination , que des énergumèfies , des femmes brûlantes , des jeunes gens furibons , des caractères et des sentimens forcés , des conjurations atroces , des tableaux hideux , devant lesquels pâliront la coupe de sang offerte par Atfée, et l'urne renfermant le coeur de Raoul!... On ne sentira plus le charme (les nuances délicates et du développement des sentimens ; l'amour, affranchi de crainte , et sans retenue , deviendra même dramatiquement une passion effrayante «i grossière; l'amitié, dépouillée d'élan, de

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générosité , de de'vouement , fonde'e , non sur la sympathie, mais sur des convenances et des calculs , ne sera plus qu'une combinaison réciproque d'égoïsme et d'ambition. Quelles mœurs à peindre ! Au lieu de portraits , nous n'avons plus à faire que des caricatures. — Cela pourra s'adoucir un peu , mais ne changera qu'avec le temps , et après une longue paix î

— Les misérables ! dans quel gouffre ils nous précipitent !... Ils veulent détruire aussi le commerce et les arts ! Saint- Just, ces jours passés , disait à la Convention, avec son inepte arrogance et son érudition de cafés : ^ Ce n'est pas le bonheur de î> Persépolis , mais celui de Sparte que V nous voulons donner au peuple (i)...»

— Oui , il a pris le sens de celle phrase dans les ouvrages de J.-J. Rousseau. Au reste, rassure-toi à cet égard. La décadence des arts de luxe et d'industrie n'est nullement une conséquence de celle de la littérature. Tandis que la littérature décroît avec la morale , le luxe , au con-

(i) Historique.

traire , s'augmente avec la corruption* Quand les massacres cesseront , tout le monde sera avide de Jouissances ; et , comme les richesses auront passe dans les mains de ceux qui n'en ont jamais possède, tous ces parvenus ne mettront pas plus de frein que de goût à leur faste; tout individu voudra briller, et le luxe, surtout celui de la table, des ameublemens et de la parure , sera pousse' jusqu'au dernier degré' d'extravagance. Alors les arts d'industrie feront en peu de temps d'immenses progrès ; les fantaisies mulliplie'es des Epicuriens , toujours insatiables , et qui se blasent si facilement , feront éclore une infinité d'inventions extraordinaires ; et tout ce qui ne tient ni à l'âme ni à la morale, tout ce qui est purement mate'riel, sera rapidement porté à un point surprenant de perfection.

Nous fîmes encore, Florbel et moi, quelques prédiclions de ce genre, ensuite Florbel m'emmena de force à la comédie; mais il était si tard que nous n'arrivâmes qu'à l'avantdernière scène du spectacle. Nous trouvâmes cependant encore des places dans une des premières loges, dont deux femmes très-

LES PARVEr,US. 29 parées occupaient le premier rgng. Je ne les voyais que par derrière ; mais Tune des deux surtout fixa mon intention sur elle par la largeur et la nudité' de ses e'paules , dont la blancheur uiaîe me parut suspecte. Sa coiffure était remplie de clinquans et de pierreries, et elle prenait une tasse de glaces, ainsi que sa compagne; entendant passer dans le corridor un garçon limonadier , elle se retourna pour l'appeler , en lui demandant des marrons glaces, et je reconnus aussitôt, à sa voix aigre, l'heureuse rivale de ma mère , la nouvelle épouse du citoyen Landry! Je n'aurais certainement pas reconnu son visage masqué de i!)lanc , de rouge, et ombragé de faux cheveux blonds, bouclés à la Ninon, et chargés d'un diadème de pierres de toutes couleurs Cette rencontre me parut

un coup de la Providence , et je résolus de la mettre à profit. Je lui fis une révérence très-gracieuse. Tiens, dit-elle, c'est Delmours !... Dans ce moment, je saisis le cornet de marrons glacés ([u'on lui présentait , je le lui donnai , et galamment je le payai au garçon. Il est bon

3q les parvenus.

la , reprit Lise ëlonnëe de ma ge'ne'rosite' : Quoi! citoyen, poursuivit-elle, tum^enfais cadeau ? — Oui, citoyenne , pour renouveler connaissance. Cette re'ponse lui parut si plaisante, qu'elle en rit aux éclats , en se penchant vers sa compagne en lui disant à Poreille plusieurs mots que je n'entendis pas. Pendant ce temps je satisfaisais tout bas la curiosité de Florbel sur celte e'trange dame. Le spectacle finit , la toile se baissa , les dames se levèrent. Florbel, d'un air très-respectueux , s'empara de la compagne de Liï,e , qui èlait jeune , rousse et laide, et j'oiFris mon bras à Lise, qui l'accepta en riant toujours. Je lui demandais si elle avait élè bien touchée de MisanirO" pie et Repentir. Elle me répondit que de son naturel elle n'était pas pleurnicheuse » mais que la pièce était superbe ; puis, en parlant de l'héroïne , qui , dans une scène pathétique , tombe à terre en s'évanouissanl, elle ajouta : Quand CLs^épalte cùm^em-^ hête. Celte jolie expression d'un vif attendrissement me fit d'autant plus de plaisir , que Florbel, qui était à côîé de nous l'en-

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tendit, et dit gravement qu'en effet cet épattement e'tait le plus bel endroit de la pièce. A ces mois , Lise le regarda en froa» çant le sourcil , soupçonnant qu'il se moquait d'elle ; car il est remarquable qu'une personne du peuple sent le ridicule d'un mauvais mot qu'elle vient de dire avec assurance , dès qu'elle l'entend dans la bouche de quelqu'un de bien élevé' , quelque sérieux qu'où puisse avoir en le répétant ; ainsi donc Lise regardant Florbel de tra«* vers , me demanda tout bas quel était ce mâtin-là. A cette douce parole , je me bâtai de l'assurer qu'il était un patriote enragé ^ menacé de paralysie , et atteint de douleurs qui le retenaient presque toujours dans sa chambre , et que je Ten avais arraché ce soir-là pour le distraire. Cette réponse apaisa un peu la pétulante Lise, qui trouva qu'en effet Florbel avait fort mauvais visage , et qui , les yeux toujours attachés sur lui , disait : Est-il maigre / est-il p aie î... Au milieu de ces exclamations, nous arrivâmes à la porte du spec-» tacle ; alors Lise se rengorgeant me dit &vec dignité ai appeler son équipage j quQ

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je trouvai cependant plus modeste que je ne m'y attendais , car ce n'était qu'une demi-fortune , et assure'raent Landry avait fait assez de crimes pour en avoir une toute entière; mais il eiait si libertin, que ses débauches absorbaient tous ses infâmes gains, et même le revenu de ses places; il avait beaucoup plus de dettes que de biens.

Lise , en montant en voiture , mit sa grosse main dans la mienne (je n'ai jamais touché de main de femme aussi singulièrement épaisse que la sienne ) , et elle m'invita à diner pour le lendemain , en me disant qu'elle serait seule et qu'elle me préparerait un excellent fricot et un bon gueuleton. Après cette agréable promesse , je proposai à Florbel d'aller passer le reste de la soirée chez la marquise de Palmis qu'il connaissait beaucoup. Florbel répondit qu'il y consentait volontiers, parce ce qu'il avait grand besoin de rafraîchir ses idées d'élégance. Arrivés chez madame de Palmis , nous trouvâmes toute sa maison consternée; on nous conta que madame de Palmis , ayant appris le

matin que son mari , malade depuis quelques jours, e'iait beaucoup plus mal et en danger , avait sur-le-champ demande' et obtenu la permission d'aller s'enfermer avec lui , et qu'elle était dans la prison : c'était exposer sa vie, car, une fois en prison , même volontairement , ou courait tous les risques de ceux qui s'y trouvaient retenus par la tyrannie. jNous déplorâmes le sort de celte femme si brillante , si spirituelle , dont l'àrae avait tant d'élévation et de sensibilité , qui s'était perdue , avant la révolution , par des égaremens inexcusables , surtout avec un caractère tel que le sien , et qui , aprè^ avoir sacriiîé sa réputation et ses principes , non à une passion véritable , mais seulement aux illuïions d'une folle et coupable vanité, maintenant basardait ses jours pour l'époux qu'elle avait trahi , et s'immolait avec enthousiasme à son devoir]...

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