‹ Les parvenusChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Une soirée délicieuse.

A.PRÈS tant d'inquiétudes déchirantes et d'anxie'tés, je goûtai enfin l'inexprimable bonheur d'aller , avec l'abbé Desforges , Casilde , Ledru et Sophie Durand , retirer de prison Edéiie et madame de Palmis qui sortit en même temps , et qui monta avec nous dans la même berline où nous nous trouvâmes sept !... Il y avait à la porte de la prison une quinzaine de pauvres, auxquels nous distribuâmes l'aumône largement et de grand cœur ! Quand ils virent paraître les deux jeunes et belles prisonnières, ils témoignèrent d'une manière naïve et touchante leur attendrissement et leur joie ! Edc'lie , qui n'avait point d'argent , détacha une chaîne d'or qu'elle portait à son cou et la donna à une vieille femme , en disant : Partagez-la , et re-

merciez Dieu pour moi ! Toutes les

voix de ces mendians s'élevèrent à la fois pour le promettre et pour nous bénir tous!.... Aussitôt que lious fûmes établis

dans la voiture , nous baissâmes les stores pour nous embrasser les uns les autres !...., Nous pleurions , nous nous serrions les mains, nous nous regardions avec délices, et notre émotion ëlait si vive, que nous ne pouvions articuler que des monosyllabes ou quelques mots sans suite. Tout à coup , au milieu de cette effusion ge'ne'rale des plus doux et des plus tendres seniimens , Ledru nous fit sourire par Texcès de ses transports. J'étais place' sur le devant de la voilure, entre Tabbé et lui , et il me tenait embrasse' avec une telle force , que j'en perdais la respiration ; en même temps il sanglotait et criait comme un enfant, et j'eus beaucoup de peine à le calmer et à l'empêcher de m'êtouffer. Il n'exagérait rien de ce qu'il ressentait. Mais j'ai toujours remarque' que , lorsque les gens sans e'ducation de la classe du peuple dont le caractère n'a pu être mode'rë par l'usage du monde , éprou- Tent de vives sensations , ils les expriment par des démonstrations et une ve'héraence qu'on ne trouve jamais parmi les personnes bien élevées, toujours contenues par la raison et par un sentiment

délicat des convenances. La civilisation étend, raffine, perfectionne la sensibilité', elle lui donne une infinité' de nuances et une délicatesse qui font tour à tour le charme ou le tourment de la vie. Le peuple est rarement sensible en détail^ il ne l'est qu'en masse et par élans; ses affections et ses passions sont concentrées ou tumultueuses : une femme du peuple est-elle en colère , elle jette les hauts cris ; son coeur est-il touché , ses sangloîs la suffoquent ; admire - t - elle , l'enthousiasme

l'enivre ! et c'est ce que je vis encore

en arrivant à l'iiôtel de Velmas. La femme de chambre et un fidèle domestique d'Edéh'e firent éclater , à son aspect , une joie si bruyanie , que nous en fûmes nonseulement étourdis , mais effrayés. La femme de chambre finit par tomber en convulsion; nous passâmes plus de trois quarts d'heure auprès d'elle , uniquement occupés du soin de la secourir et de rappeler sa raison égarée. Cette scène n'a pas peu contribué à fortifier l'aversion naturelle que j'ai toujours eue pour Va" handon et les mouvemens désordonnés

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dans les afFeclions de Tàme , surtout dans les femmes (i). Enfin , après cette nouvelle secousse , nous allâmes nous e'tablir et nous reposer dans le cabinet d'Ecle'iie. Comme elle n'avait point ëte jugée , elle y retrouva tous ses meubles, et même ses portraits de famille que la fidèle Victoire avait soustraits à Tinquisilioa destructive des commissaires ; son valet de chambre avait dc'robe à leur rapacité' toute son argenterie; ainsi, elle n'avait rien perdu.

O quM m'e'lait doux de contempler Ede'lie rentre'e chez elle, assise tranquillement dans le fauteuil où je l'avais vue tant de fois ! Avec quel ravissement je recueillais ses tendres regards et ses soupirs, car elle soupirait encore , et la plus profonde mélancolie se peignait sur sa physionomie!...

Une heure avant le souper, Durand, Florbel et le baron d'IIermilli arrivèrent.

(i) L'auleur de cet ouvrage n élé presque témoin d*un exemple terrible et paihéiique de celle impétueuse violence de seotimens. Lorsqu''après l'éroigra* tien , son frère rentra à Paris , il y retrouva un ancien valet de cliambrc qui se livra à de tels transports en le revoyant, qu'il tomba mort à ses pieds!...

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Edëlie et madame de Palmis furent questionnées de nouveau sur ce qu'elles avaient souffert en prison, et j'entendis avec le même attendrissement Edelie re'pe'ter tout ce qu'elle nous avait de'jà dit.

Après le souper , M. d'Hermillifut questionné à son tour; il avait éîé successivement transféré dans presque toutes les prisons de Ptiris. Son récit ne fut pas long; mais il était rempli d'anecdotes si intéressantes, que je crois devoir le rapporter ici. Il le fit à peu près dans ces termes :

<c Je. suis vieux, j'ai beaucoup lu; et, » avant que les prétendus philosophes mo- » dernes fussent devenus assez puissans » pour bouleverser l'Etat , des ouvrages » sublimes d'une grande pureté m'avaient » fait mépriser la tyrannie, le pouvoir ar- » bitraire , et par conséquent aimer la li- » berté ; mais je ne la concevais solide , » véritable , que fondée sur la morale et i> les mœurs; j'étais persuadé que celte » noble conquête ne pouvait être faite par » l'impiété, qui, pour séduite el pour » entraîner , n'a d'autres moyens que » d'affranchir de toutes les contraintes, de

» fous les freins, et de dénouer tons Ips » liens que supportent à regret les passions. » Je suis encore conv^inci que, si les de- » pute's de 1789 eussent resprcfe' la reliî» i^ion , et puisé les plus grandes ide'es que » Tesprit humain puisse concevoir contre » l'oppression des peuples , la tyrannie, le » pouvoir arbitraire , dans les livres où se » trouvent, avec leur juste mesure , ces » princioes éternels, l'Ecritin e-Sainte , les » œuvres de Bossuet , de Mascaron , de » Massillon , Tëiëmaque , les (caractères » de La Bruyère ; si ces repre'senlans de la » nation française eussent cherclie' (comme » l'ont fait les pliilosophcs) quelques nouy> vclles lumières sur la politique et sur » l'administration dans les e'crits des éco- » nomistes qui formaient un parti à part » qui n'a jamais montre' d'irréligion ; s'ils » eussent pris de l'antique constitution » anglaise ce qui pouvait convenir à no- » tre gouvernement ; si enfin , sous wn » roi , ami de la justice et de la paix , V ils eussent suivi avec constance et fer- » mêle' un système si sage et si raajes- » lueux, rien n'eût manque à l'éclat, à

» la dignité de leur mission, à l'autorité » de leurs discours , à la solidité de » leur ouvrage et à la gloire de leurs

» succès (i). Je désirais la réforme des

(^i)ll est plaisant d'entendre certains écrivains répéter gravement que nous ne devons les idées libérales qu'aux philosophes, comme si ces grandes idées n'avaient pas été consignées avant eux dans d'exceilens ouvrages français et anglais, et comme si les Anglais n'eussent été que des esclaves avant la publicatiou des écrits phiiosophiqties 1 En supposant (ce qui n'est nullement) que les philosophes nous en eussent donné les premières notions, ils n'ont pas eu le talent de les inculquer fortement dans les esprits, car nous y avons bien promptement renoncé pour nous soumettre, sans résistance , au pouvoir le plus absolu qu'on ait jamais vu en France ; et si le chef de l'empire ne se fût pas reuversé lui-même, qu'il eût vécu âge d'honome, et que rien n'eût mis obstacle à ses succès guerriers , cela pouvait durer encore une quarantaine d'années ; nous n'aurions un peu repris haleine qu'après avoir conquis la Turquie , l'Europe entière, l'Egypte et la Chine. Alors que devenait /e pro^rèj rapide des lu~mières? que devenaient l'agriculture, les arts, la littérature!' Toutes les femmes privées de leurs pères, audessous de soixanieans, de leurs frères, de leurs maris, de leurs enfans , eussent été forcées (comme nous en avoiiS déjà vu beaucoup) de tailler la pierre et de la- Jîourer les champs. Il est vrai que les architectes u'au-

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» abus; mais quand je vis la plus grande par- » tie de nos représentons transformes enror»- » jurés , je picvis de grands malheurs ; j'a- » vais soixante et dix ans, une mauvaise » santé'; je me relirai dans une terre, à » cinquante lieues de Paris. J'y fii du bien^ ^y j'y fus aime' , ce qui ne me préserva p; s

raient plus fait que des arcs de triomplie , el que ce f(eaie de nionunient est parmi nous si national , que dans nos villes ces briilaus édifices paraîtront toujours à des yeux français le plus beau de tous les ornecûtDS ; mais d'ailleurs quel désordre ! quelle ennuyeuse et fpielle désolante monolouie !... Legouveruemeot n'eût iJonno de prix qu'aux inventeurs de nouvelles uiacbities de giicrrc ; nos poètes , ainsi que ceux des anciens Scaudinaves, n'auraient célébré que les coi:qiiètes , c'est-àdire les dévastations et les massacres ^ les peintres n'auraient livré à l'expéditive lithcgraphie que des sujets reprcîeutant des soldats mouraus et des batailles , nos compositeurs de musique n'eussent plus fait que des ni arches guerrières ; nos jeunes gens n'auraient pu s'instruire que daus les camps , au bruit du canon , et le sabre à la main ; ils n'eussent éclairé les peuples qu'en biulaut leurs viiios. Cet ordre de choses, produit par les or3ges révolu lionnaires , nous etit plongé dans toute la barbarie des aniirues peuples du Nord. La civiligatifu ne peut se ptrieciioiiuer q;ie par la moi aie fondce sur sa véritjbîe base, par la paix , la ju '..i.€ , Tuniour de l'ordre , et ^jar Ici bcaues mœurs.

V d'êfre dénonce par des de'pulés en mis- » sion , comme e'tant aristocrate et fana-' » iigue. On m'enleva à mes bons paysans » pour me mener à Paris , où je fus en- » fermé à rAbbaye. Quelques jours après , » le massacre des prisons commença. Le. » 3 septembre 1792 , à dix heures du ma- » tin, nous éiions une grande quantité de » prisonniers réunis ensemble dans un lieu ï> consacré jadis , et qui était alors la cha- » pelle de cette abbave devenue une prison. » La tribune de cette chapelle formait un > grand balcon tournant autour du cintre

V de la voûte. Tout à coup , au-dessus de » nos têtes , nous entendîmes ouvrir brus- » quement une porte ; nous levâmes les » yeux, et nous vîmes paraître deux véné- » rables vieillards ; c^éf aient l'abbé de Rasti- » tignac et l'abbc Lenfant (i) ; le plus âgé » s'appuyant sur le balcon nous adressa ces y> paroles : Mes frères , nous sommes les mi- » nistres du Dieu de miséricorde , nous vous

(i) L'abbé de Raslignac , aussi distingué par son savoir et son esprit que par ses éaiinenies vertus i l'abbé Leafaut, vertueux et célèbre prédicateur, âgé è9 soixauie cl dix ans.

» annonçons que nous allons tous être immo' » lés; méritez, comme nous, par la rési^ » gnation , la palme du martyre ; mettez^

> vous tous à genoux , et recevez nos i> derniers vœux et notre bénédiction. A ces » mots , un mouvement électrique nous » pre'cipita tous à genoux , et tous , les

> mains jointes , les yeux fixes sur ces V deux anges visibles , nous reçûmes , avec 9 une égale ferveur, cette béné(3iciion si » sainte et si solennelle. Il est impossible » de décrire la sensation que produisit j> sur nous cet acte sublime de charité » chrétienne , dans ce moment où ces » deux respectables prêtres allaient se » livrer aux mains des meurtriers. Parmi » nous , les plus froids et les plus incré- 9 dules , ou les plus ardeiis et les plus sen- » sibles reçurent la même impression, y

» Un quart d'heure après , ces dignes i> ecclésiastiques fuient égorgés ; nous » entendîmes leurs cris (i); j'eus le bon- > heur , ainsi que le chevalier de Saint- » Méard , d''échapper à cet horrible mas-

(i) Voyez la lelaiion de M. le clievalier de Siinl- Méard , iuliluîOe : Mon agvtuc de tienU-six heurts^

LES PARVENUS. Sj

» sacre, Jj fus île mêcoe délivre de prison » et reconduit chez moi ; mais , au i^out » de quinze jours, dénof.cë de nouveau , » je fus arrêté et renfermé dans la prison » qui était jadis le collège du Piessis. J'y » avais été élevé, et je ne puis exprimer ce » que je ressentis en me retrouvant dans » cette enceinte, devenue si triste et si iugn- » bre , et où s'étaient écoulés les jours heu- » reux de mon ciifauce. Quand je meprome* » nais avec les autres prisonniers dans la » vaste cour de celte prison , quen'éprou- » vais-je pas en me rappelant les jeux , les » arausemens et les joies ingénues des » paisibles années de mon adolescence ! » Au lieu de ces plaisirs si purs, de cet!e » gaîté si franche , courbé sous le poids » de l'âge, j'avais perdu jusqu'à i'espé- » rance. Je ne voyais pour tout avenir » qu'une douloureuse captivité, des jvryei » sans pitié comme sans justice, une mort » inévitable bOus une forme ignominieuse; » je n'entendais que des soupirs et des )> gémissemens ; je n'avais pour compa- » i^nons que des infortunés qui , pres(pie i> tous , par leur jeunesse , leurs alFcc- » tioui et leurs liens , élaiuat encore

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V plus à plaindre que moi. Je fus te'moin , » dans ce lieu , d'une scène bien tou- » chante, Cetie he'roïne de tous les coeurs

V sensibles , mademoiselle de Sombreui! , » anrès avoir eu la gloire , au përil de sa » vie , d'arracher son père des mains des » assassins , eut la douleur de le voir en— » suite remettre dans la maison du Ples- » sis. Soutenant jusqu'au bout son admi- » rable caractère, elle s'y enferma volcn- » tairement pour l'y soigner; elle s'y lia » intimement avec la vertueuse madame de » Rosambo. Quand cette dernière fut coni> duite a l'ècliafaud avec son illustre père, » M. de MalesQcrbes, en fraversantla cour i> de la prison , elle aperçut mademoiselle » de Sombreuil qui pleurait; elle alla vers y elle, elle Tembrassa , et lui dit : T^oiis, » avez eu le bonheur de sauver votre père , » et fai la consolation de mourir avec le » mien (i). Je ne finirais pas , si je voulais

V rapporter toutes les scènes intéressantes » qui se sont passe'es sous mes yeux. Je ne » citerai que les traits les plus frappans.

» Au bout de quelque temps, je ne sais

(i) Historique.

» par quel caprice, on me transfera au Lu- » xerabourg. Sans l'affieuse consternation » qui re'gnait dans ce palais , j'aurais pu » croire que , rétrogradant vers le passe, » je me retrouvais à Versailles dans un jour X solennel , car presque toute l'ancierr.e » cour était rassemblée dans ce lieu ; c'est » là que j'ai vu la jeune et belle princesse j » Josèphe de Monaco , préfe'rer la plus tra- » gique mort à la hon(e de faire un men- » songe désbonorant (i). La duchesse de » Grammont qui , pour ne pas risquer de » compromettre son médecin (2) , ne vou-* » lut pas profiter de l'attestation d'une » prétendue maladie qu'il signa et lui » donna pour empêcher qu'elle ne fût mey née en prison.... Elle reçut et lut cet écrit » avec attendrissement; ensuite elle le jela

(1) Elle était absente de sou mari depuis deux ans ; ceux qui voulaient la sauver déclarèrent faussement qu'elle était grosse : un délai de six mois fut accordé ; mais aussitôt , dans un écrit signé de sa main , elle désavoua ses officieux calomniateurs 3 elle fut sur-lechamp traînée à l'échafaud. Robespierre, périt trois semaines après !.,..

(2) Le docteur Couad.

go ■ LES PARVEIN'US:

» au feu , en disant : Pour sauver mes » jours , je iC exposerai point ceux d\m » ami (i). Ce fui elle encore qui , au fatal » tribunal, bravant avec fierté pour ellc- » naérne ses iniques juges , profita de Té- » tonnetcent que leur causait son intre'- » pidilé pour défendre , avec une éloquence

V héroïque, sa vertueuse arnie, madame » du Cbàlelet (2). Ce fut la ([ue je passai » aussi quelques mois avec i'angélique

V duchesse de Lauzun , à peine âgée de » quaranie ans, et si belle encore! qui, i> dans cetle eiïrayanle captivilé , nous j> faisait admirer , comme dans les jours » les plus brillans de sa jeunesse, la dou- » ceur , la modestie, la piélé qui for- » maient son touchant caractère , et qui » rendirent sa vie eniiere si pure et si » parfaile... Un jeu de mots aussi ingé- » nieux que spiiiluel, et rappelé au bout >; de plusieurs années , forma la princii> pale accusalion qui la fit condamner a i> la mort. Le voici : Long-temps avant le » règne de la terreur, dans les comraeii-

(i) Ilisloriijue.

(a) Hisloiiijue.

:^ cemens de la révolution , madame de » Lauzun éîant a la comédie française fut » remarquée , et quelques jacobins (plus » avancés que la majorité qui existait alors) » qui se trouvaient dans le parterre , en » apprenant que cette charmante personne » était une duchesse ^ voulurent saisir cette » occasion de faire éclater leur patrio- » tisme; en conséquence, avec des cris » insultans , ils jelèi ent des oranges dans » sa loge. Les sentinelles réprimèrent aussi- » tôt ce désordre. Quelques minutes après , » M. de la F****** entra dans la loge de » madame de Lauzun , qui lui ptésenfa » les oranges , en lui disant : Monsieur , » voici des fruits de la révolution.

« Ce mot 5 en 179^, parut digne de :> la mort (i) ! J'ai vu livrer aux bour- » reaux révolulionnaii es toutes ces person- » nés, et une foule d'autres nobles qui ont » mérité de laisser d'éternels regrets à » ceux qui leur survivent! Le coura- » geux intérêt et l'humanité des amis que

(i) Le leudeojaia , cette anecdote fut coatce à l''auteur de cet ouvrage par une personne qui !e leuait de madumc de Lauzun tL.èaie.

» je retrouve ici m'ont préserve' du même » sort ; la reconnaissance doit adoacir » rhorreur de mes souvenirs , et répandra » le& plus touchantes consolations sur ce » peu de jours qui m'ont ëîé miraculeuse- » ment conserves y et que je lui consacre. » Du moins j'ai la preuve que dans tous les » partis il existe des hommes humafns el » vertueux , et que si l'esprit de faction * leur permettait de se" distinguer et de se V reconnaître, la douce philanthropie les » réunirait bientôt pour rétablir Tordre , » la paix et le bonheur public, »

Tel fut le récit du citoyen d'Hermilli. Il ne termina pas la soirée. Chacun de nous avait encore tant de choses à conter, tani de détails à demander ! les plus minutieux avaient pour nous un tel intérêt , que nous ne nous séjiarâmes qu'à la pointe du jour, et en nous promettant de nous revoir le lendemain et de passer toute la journée ensemble.

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