‹ Les passagères: roman maritimeChapitre 13 sur 21 · TAOIS FACHEUX POUR UN · texte numérisé non relu

TAOIS FACHEUX POUR UN

Les intrigues d'un aventurier grec devenu premier ministre du roi de Siam^ donnèrent lieu à la plaisante ambassade de 1684^ qui fit tant de bruit à la cour de Versailles. Louis XIY fut flatté de recevoir les hommages d'un paissant monarque d'Orient. Dans son candide orgueil^ il s'attribua la conversion prochaine de la presqu'île Transgan gé tique : les bonnes âmes furent édifiées;, les poètes célébrèrent à l'envi^ par mille pompeux alexandrins^ les grandeurs du roi; le chevalier de Chaumont, capitaine de vaisseau^ l'abbé de Ghoisy et une foulé d'autres gentilshommes français, furent envoyés par devers Sa Majesté siamoise. On peut savoir comment cette longue mystification faillit avoir un dénoûmcnt tragique et priver prématurément la France des services du fameux Forbin.

Toujours est-il qu'en mémoire du passage à Brest des mandarins et de leur cortège en chapeaux pointus^ une rue à peines commencée alors^ mais, aujourd'hui fort longue et passablement bâtie^ porte le nom de rue de Siam.

La façade principale de Thôtel de la préfecture maritime y est située ; deux factionnaires y veillent nuit et jour au salut de Tempire et au maintien d'une pacifique consigne qui CDnsiste spécialement à défendre aux ivrognes de chanter après le couvre-feu.

Les solliciteurs à boutons ancrés voient d'ici une petite porte brune, ornée d'un marteau de bronze à tête de Gorgone qui leur sourit ironiquement, lorsqu'ils reparaissent dans la rue après ayoir fait leur cour au haut et puissant packa du deuxième arrondisseisent, pour parler en style de bord.

Vers la fin de mars 1838, deux personnages, dont l'un sortait è grands pas de l'hôtel du vice-amiral préfet, tandis que l'autre arrivait non moins vite du bureau des armement^, se rencontrèrent à cette petite porte.

*Le premier était en uniforme de lieutenant de vaisseau et portait un crêpe au bras; il 'avait déjà la main sur le marteau quand Iç second l'aperçut, le salua et lui dit d'un air étonne :

— Ah ! vous eAtrez ici, monsieur Montaiglon ?

— Comme vous voyez, commissaire, répondit froidement l'officier après avoir rendu politesse p(^r politesse.

— Il est déjà bien tard, reprit le commis de marine.

— Je sais qu'il est trois heures et que le dernier canot nous attend à quatre... Mais vous entrez aussi, ce me semble?

— Je viens prendre congé de M. et M"*' de Graincourt.

— J'ai donc le temps de faire comme vous, répliqua Montaiglon d'un ton sec qui mit fin à ce court dialogue.

Les figures des deux interlocuteurs s'étaient singulièrement rembrunies^ En montant l'escalier, chacun d'eux

15& LES PASSAOÈRES

traitait mentalement de Acheux son eompagnofii ée visite.

Ils farem introdiiits ensemble dans le s^alon où se troa- ^ Talent réunis M.^ M** de (rraincourt etMU« Geaeyiève^ leur fille unique.

Après les elvilités d'usage^ pendant que Montaîglon enfrait en matière par une pbrase banale sur le départ précipité de ta frégate la Daigné, à bord de laquelle il allait fiadre campagne> le commissaire se leva^ attira brusquement M. de Graincourt à quelques pas de la cheminée/ et lui dit:

— Vous me voyez au désespoir^ commandant. Depuis que j'ai en Fhonneur de vous voir, tous mes prc^s ont été renversés; ma vie est cbangée; j'ai à vous e(Hifier un secret duquel dépend tout mon «bonheur. Au nom de l'amitié qui vous unissait à mon père^ écoutez-moi avec indolr gence.

— J'y suis tout disposé^ mon cher Ernest; vous n'ignorez point que j'ai reporté sur vous nia vieille affection pour Portandlc; parlez donc à cœur ouvert.

A ces mots^ l'ancien capitaine de vaisseau et le commis de marine se reculèrent encore; Ernest reprit à» voix basse :

— Le commissaire de la frégate la Laphnê a été débarqué d'office^ il y a huit jours; j'ai reçu l'ordre de le remplacer immédiatement, et vous le sauriez déjà si j'avais eu un seul instsint à moi; mai^mon collègue, appelé à Paris par dépêche ministérielle, avait à me rendre d'abord ses comptes d'armement; nous n^avons cessé de travailler ensemble nuit et jour, car, d'un autre c6té, la frégate était en partance. Hier au soir, enfin, je me suis trouvé en règle : je suis allé à bord ce matin, l'ordre de partir vient d'arriver; note appareillons avec la marée de cette après-midi.

— H. de Yanmorin, votre commandant, m^avàit appris tout cela en venant prendre mes commissions pour la Martinique, et déjà je vous ai annoncé à mon beau-frère, dans une lettre dont il est porteur.

IBS PASBAGÈREB 155

— Je 1KHI8 rai& griees, refiril te eommissahre, voqb saiàSÊGE tontes les oecanons de m*êire utile. ¥otre recooi- BUtndatim auprès âe M. Desgalets est «More un senriee q» Je irous dois.

— Pais de ecHBplimeiits^ Ernest^ et relies an feH; q«el est ce secret qui vous pèse tant?

— Ne l'aTez-Tous pas deviné? ne voyez-vous pwnt d'où vient ma tristesse? Il faut que je vons fasse un aveu auquel je voulais vous voir préparé ; il faut que je rompe 1« silimee mc^-même; je comptais rester à terre assez de temps pour vous faire instruire de mes plus chers désirs...

Ernest^ les yuux ]»aissés^ balbutiait et rougismt à cb^qfoa mot; H. 4^ Graincourt souriait en Técoutant et jouissait en quelque sorte de son embarras.

Le commissaire allait (air& im dernier effoirt ; peut-être eût-il enfin nettement déclaré ses intentions, si le vieux commandant ne lui eût pris, la main avec cordialité ^ l'interrompant :

— Je if ous y attendais, dit-il ; jamais propositiosi ne me fut plus agréable! Vous aiokez ma fille^ très-bien; vous me la demandez en mariage, encore mieux; vous partez pour une campagne un peu longue;i je n'y vois aucun mal; Geneviève est encore bien jeune, son éducation n'est pas tout à fait terminée. A votre retour, il faut espérer que le fils de mon meilleur ami deviendra le mien.

Le jeune commis de marine serrait avec reconnaissance la main de M. de Graincourt; sans la pressée de Montaiglon, il se fût laissé aller à une expansion plus grande*.

En ce moment^ Geneviève se leva comme pour sortir; elle passa tout près de son père et d'Emest, qui la salua tfi lui disant : n

— Je pars à bord de la Baphnéy mad^noiselle; qu'il xne soit permis de vous faire mes adieux.

Genenève s'indina gradeusement et souhaita un bon

156 LBS PAS&ÀOiRES

voyage au commis de marine; mais comme M. de Grain- ' court ne l'invita point à rester, elle se retira lentement^ non sans avoir i^usieurs fois détourné la tô(e, pour examiner successivement les deux visiteurs^ dont les conversations confidentielles avec ses parents ne laissaient pas que de rintriguer.

— Je vous prive de sa présence, mon cher Ernest, reprit le commandant dès qu'elle eut disparu; après les ouvertures que vous me faites, nous n'avons pas de temps à perdre en propos d'amoureux. Ainsi, causons raisonnablement.

— Vous savez, M. de Graincourt, que je suis sans fortune, murmura le commissaire en soupirant.

^ Ne parlons pas de cela, mon ami; sous le rapport des intérêts je n'ai pas à faire la moindre objection. Vous n'êtes point riche, il est vrai, mais vous avez quelque bien, une position honorable et de l'avenir dans votre carrière. Ma fille est notre unique enfant, par conséquent elle jouira d'une honnête aisance. Seulement, je ne croyais pasque votre proposition dût être si prochaine; je n'y ai pçint encore préparé M""" de Graincourt, et enfin il faudra aussi instruire ma fille de votre demande.

— Rien n'est plus juste, commandant, reprit le commissaire tout joyeux du succès de sa première démarche. Sans ce maudit, officier que j'ai rencontré à votre porte, je me serais adressé à M"^® de Graincourt, en même temps qu'à vous-même.

' — Sa visite ne peut se prolonger longtemps désormais, attendez son départ.

Le commissaire leva les jent. sur la pendule, raiguille marquait trois heures et demie.

— C'est qu'il «erait déjà temps de regagner" le canot^ pensa-t-il en se décidant à rester.

Quant à Montaiglon, il Tenait aussi de jeter sur le cadran un regard de dépit, car sa conversation avec M"** de Grain-

court n'était pas moins intéressante que celle du commissaire avec Tancien capitaine de vaisseau. ^ «

Dès qu'Ërnest eut attiré ce dernier à l*écart, le jeune officier de marine brusqua les transitions auprès de la mère de Geneviève. Du départ impromptu de la frégate à sa^ destination pour la Martinique et aux relations de parenté de la famille de Graincourt avec celle de M. Desgalets^ ancien ordonnateur de la colonie, établi à Fort-Royal, il n'y eut qu'une phrase.

Geneviève jugea à propos déparier de sa cousine Emma^ et de recommander à Montaiglon de lui dire combien elle serait chardlée de la connaître.

Min® de ^Graincourt n'avait pas tardé à remarquer que TofOcier était en grand deuil; elle lui fit à la fois une question et un compliment da condoléance.

— Madame, répondit-il avec l'accent d'une profonde tristesse^ je viens d éprouver le plus grand des malheurs; j'ai appris, il y a dix jours, la mort subite de ma mère...

Après quelques instants d'un pénible silence, Montaiglon reprit d'une voix plus ferme :

— Et je ne vous cacherai point, madame, que ma visite actuelle a un but tout confidentiel, qui n'est point sans rapports avec cette perte, la plus cruelle de toutes les afflictions.

A un signe de M""*^ de Graincourt, Geneviève se retira comme on l'a vu; Montaiglon poursuivit d'un ton vivement pénétré : ^

— Je vous demande pardon, madame, de vous entretenir de ma douleuc, j'aurais dû peut-être la renfermer en moi et attendre encore. Je le voulais. J'ai fait des démarches pour obtenir la permission de débarquer, et un congé que mes affaires de famille ne rendaient que trop nécessaire, mais je n'ai pas encore reçu de réponse du ministre et nous allons mettre sous voiles. Vous trouverez étrange^ sans doute, qu'en de semblables circonstances, j'ose vous déclarer un projet qui m'agite depuis plusieurs

mob. J'ai pu a|ipréeier œl birer les timftbles qoatttés éor mademoiselle votre fiUe; c'est vous âire^ madame, ^eils est l'olaiet de mes. tcbux les pins ardeiit& J'avais, ëerit à ms mère pour la prier de ve«s lalr» la demande de ut main... Si je ne partais, si je ne tenais, avant une abeenee gnipent se pralcHiger pendant des années,! v&us instraire de fêta t^ de mcm eoeror, je ne romprais pas si tôt un aôleaee dont ma tristesse mie ferait nn devoir.

Touchée de l'accent de ces paroles, M^^ de Graineoart sembla les accueillir favorablemmst, elle eneouragieft même par qnelqnes mots affables l'officier de marine,, qaï repris en ces termes :

— Aujourd'hui, phis que jamais, madame, je sens le besoin de me créer des affections vraies,, une famille ûovvelle. Je suis seul au monde, sans frères ni soeurs, »ss asile, sans patrie. Je viens vcnis demsnder de me renére tout ce qne le eiel m'a ravi dans la personne de ma mère.

— Mon mari sera instruit de Tbonnenr q»er vous nous faites , et j*ose espérer que se réponse perlera quelle adoucissement à vos légitimes donlenrs.

— Je suis désolé de n'avoir pu venir plus tôt; les de* voirs du service m'ont retenu à bord; j'hésitais à vous écrire; je n'ai pu obtenir que tout à l'heure la permission de m'absenter, et encore ai-je été retardé par l'obligation d'aller prendre les derniers p^is du préfet maritime, Sibs cela, madame, j'aurais devance M. dePortandic; j'awrais pu parier moi-même à M. de Grainceiurt. Je lui aurais dit quelles sopt mes espérances d'avenir et de fortune. Se-^ riez-vous assez bonne, madame, pour lui faire remarquer que f ai dix mille livres de rente et le grade de Meutenant de vaisseau à l'âge de vingt-buit ans? Ma conduite à Bouffe m'a valu la décoration et la protection spéciale de M» le vice-amiral Saint-Âmand; enfin, mes pères ont honorablement servi, et notre nom n'est pas sans quelque édat dans Farmée. Je sais, madame, que ee sont là de laildes

£18 PASBM^RIBr t59

titres pour mérita la maui d'urne personne âuin accooL* pUe que' M^ Geoeviève et l'homieur d'entrer dans votre lunille; ausei^ je regrette profondément d'être dans TnpesBiMBté &ea faire taloîr de plus dignes.

— Aec6rdez-nous quelques instants encore^ monsieur; notre ami Ernest de Portandic ne peut tarder à prendre congé de mon mari; vous aurez eaeore le temps de lui soumettre des propositioii& dont il ne peut être qu'extrômement flatté.

— J'attendrai, madame; mais l'heure fuit avec une vitesse affligeante. Puis-Je espérer que vous voudrez bien me faire connaître sa décision^ si le me vois forcé de partir avant de l'avoir entretenu?

— Vous pouvez y compter en toute assurance.

De part et d'autre on s'observait. M. de Graincourt et le commissaire se rapprochèrent de la cheminée; tous" les yeux se portaient alternativement sur la pendule.

— Messieurs, dit le vieux commandant, votre canot pousse^^ je crois, à quatre heures. Le service' avant tout. Je n'essayerai point de vous retenir. Rappelez-vous seuleuient que le frère de ma femme est fixé à la Martinique, et que vous serez les bienvenus chez lui comme chez moi.

En môme temps M. de Graincourt embrassa paternellemem Ernest de Portandic, et lui dit à voix basse :

— Remontez tout de suite, si vous pouvez, sinon je vous éerirai.

Il ajouta plus haut :

— Adieu, Ernest, bon voyage; donnez-npus de vos nou- Telles dès que vous serez arrivé.

— Madame, disait Montaiglon de son côté, si .vous vouiez bien le permettre, je vais remonter à rinstant.

Là-dessus, les deux jeunes gens sortirent ensemble, et, sans s^être dit un seul mot, ils se séparèrent au premier enkbraBcàiement de la rue. Le commissaire, tournant à droite, descendit rapidement un eseaiier à pie qui mène

dans le bas de la ville. L'officier feignit de remonter vers le haut quartier^ attendit un temps moral à la porte d'un café maritime^ 'et revint sur ses pas. Il allait ouvrir de nouveau la petite porte brune ^ quand il se retrouva face à face avec Ern^t, qui revenait en courant après avoir fait le tour de Tîlot.

' On se figure le double effet produit par cette rencontre^ plus fâcheuse encore que la première.

Ce furent deux exclamations, puis deux interrogations simultanées :

— Vous rentriez? Auriez- vous oublié quelque chose?

— Non, rien ! Je ne rentrais pas !

— Ëh I eh ! messieurs, s'écria un troisième interlocuteur^ qui n'était autre que le docteur Ësturgeot , seriez-vous en peine de trouver votre chemin ? Vous tournez le dos au canot, à quatre heures moins un quart, au beau milieu de la rue de Siam I En route 1 Tenez, voici le coup de canon de partance !

Le signal du ralliement à bord venait en effet de retentir.

— Plus d'espérance I pensèrent en même temps les deux rivaux que le nouveau venu déterminait enfin à se diôger d'un bon pas vers la cale d'embarquement. * '

— En vérité, les amis, sans moi vous restiez à la traîne. Convenez que je suis une Providence... Du reste, c'est un fait avéré, on l'a mis dans les gazettes de l'arrondissement. Si je n'étais pas arrivé ici à point nommé, vous auriez été bien reçus par le père Yaumorin. Je vous évite là un fameux suif! Allons ! allons! vous me brûlerez une couple de chandelles; et qu'il n'en soit plus question. En route pour la patrie des maringouins, du tafia et des banaùes î Mais écoutez donc que je vous conte une drôle d'histoire.

Nous ferons grâce à nos lecteurs de la longue et plaisante aventure dont il donna, chemin faisant, la première édition à Montaiglon et à Ernest de Portandic, qui, pion-

gés dans leurs pensées^ ne l'écoutaient ni l'un ni Tauire.

— Excellent! parfait t d'un comique achevé ! s'écria-t-il en finissant.

— Oh! ouil en effet! murmurèrent ses deux ^^amarades^ qui descendirent à ces mots dans le dernier canot de

la Daphné.

L'inépuisable verve du chirurgien-major ne languît point après qu'on se fut embarqué. Plusieurs officiers et élèves de la frégate remplissaient la chambre de l'embarcation ; celui-ci laissait à terre une sœur mourante^ celui-là venait de se séparer d'un père octogénaire; tous étaient encore plus ou moins émus des derniers adieux. Le docteur Estur* geot dissertait en riant.

A côté du commissaire se trouvait assis le .maître canonnier de la frégate, rude figure basanée, couturée, grainée de pulvérin bleuâtre, et sillonnée de cicatrices, l'ami de Baraquette, Mathieu surnommé 6rain-de-Beauté.

Notre vieille connaissance de la Clorinde était d'autant plus fier de ce sobriquet, qu'il avait assez récemment perdu un œil en Afrique dans la même affaire de Bougie où Montaiglon avait gagné la croix d'honneur.

Il passait encore pour un joiyeux compère, mais ne l'était plus qu'en temps et lieu.

— Trou de balle ! commissaire, dit-il en s'adressant à Ernest, m'est avis que le major n'a ni femme, ni enfants. Il choisit bien son quart d'heure pour bavarder. Quand on part, c'est permis de rire, mais on devrait rire tout seul. Je ne quitte à Br^st qu'une vieille hôtesse édentée, et pourtant je ne puis m'empêcher de penser que c'est peutêtre la dernière fois qu'elle m'a servi la goutte cette aprèsmidi.

Maître Mathieu se contenta d'un signe approbateur d'Ernest ; puis il regarda Montaiglon qui, les yeux baissés, s'abandonnait à ses rêveries.

Le digne canonnier fit ses remarquas sur tes préoccupations évidentes de i'ofâcier^ mais il ne jugea pas convenable d'interrompre^ pour la seconde lois> les réflexions du commissaire.

Deux ou trois jeunes élèves de marine écoutaient seuls le loquace docteur. Leurs sourires lui suffisaient pour stimuler sa faconde.

Ce fut ainsi qu'on arriva jusqu'à la Daphné; déjà chacun y était au poste d'appareillage ; le canot fut déchargé, hissé à bord et amarré pour la mer»

Page 1