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Beija-Flor ou Pica-Flor, nom du eolibri en portugais

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semblait prête à prendre son vol^ tant ses formes étaient sveltes et légères.

Les autres dames de la princesse la suivirent sous la tente de dunette^ où les sièges étaient déjà disposés par les soins du commandant de la Clorinde.

A leur aspect^ nn murmure d'admiration porrcourut un groupe d'officiers et de passagers assemblés auprès du grand mât. Le lieutenant Rupert salua militairement^ passa du côté de bâbord, ne jeta plus un coup d'œil à tribord où s'asseyait la noble compagnie, et continua sa promenade; mais les autres lieutenants et enseignes n'imitèrent pas la réserve du vieux Spartiate : iis regardèrent franchement avec un vif plaisir.

Rien ne manquait en ce moment pour faire du gaillard d'arrière le plus délicieux tableau de genre ; rien, pas même un contraste; car du milieu de cette corbeille de fleurs blanches, brunes, blondes, roses, négligemment parées de leur jeunesse et de leur fraîcheur, sortait comme un coquelicot fané, la tête raide, rèche, rechignée, violacée, bourgeonnante, étiquetée (qu'on nous passe le mot!), de très-illustre dame d'atours dona Léonarda marquise de Viraçâo.

Le comte de Roqueterre était dans une élégante tenue de bord. Il s'avança respectueusement vers la duchesse en homme du monde, sans trouble apparent, d'un pas ferme et léger à la fois. Sa contenance ne trahissait pas le moindre embarras, mais la fièvre le minait, et son cœur battait / comme le cœur d'un brave au commencement d'une action, car il allait livrer un premier assaut. Sa démarche aisée émerveillait les plus hardis enseignes.

Il s'inclina profondément, s'informa de l'état de santé de la princesse> et montrant le ciel :

— Votre voyage, madame, s'annonce sous d'heureux auspices. Fière de vous porter, la frégate obéit à mes vœux. Si j'avais la baguette magique d'une fée, je ne pourrais

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VOUS faire hommage d'une brise préférable à celle qui nous entraîne.

La duchesse de Yiseu accueillit avec une satisfaction marquée ces propos du comte de Roqueterre, qui ajoute bientôt après : '

— La mer et les vents sont-ils donc^ comme nous> vos humbles esclaves?

— Je reconnais à sa courtoisie l'auteur des aimables surpris^ qui m'attendaie&t à bord de la Clorinde, répondit la princesse Félicia^ en faisant allusion au goût exquis et à la recherche de son ameublement. — L'on m'assuraât autrefois que les marins dédaignaient d'être galants et se bornaient à être gens de cœur. Je m'aperçois à présent qu'on leur faisait tort. On leur ôtait le double mérite de M grâce et de l'esprit.

— Madame^ murmura le jeune commandant^ vous aviez conçu de nous une opinion que je craindrais de détruire ; c'est le cœur seul qui nous a inspirés !

Le coipte de Roqueterre achevait à peine, lorsque des sons harmonieux se firent entendre dans la batterie de la frégate. La princesse écouta ; elle reconnut un air de son enfance et de son pays, un air qu'elle aimait.et dont elle avait parlé à Paris, en présence du jeune capitaine de vaisseau.

— Ah î monsieur le comte ! s'écria-t-elle, comment vous remercier dignement de cette nouvelle et délicate attention?

— En exigeant beaucoup de moi, madame f répondit le marin avec un regard qui fut trop éloquent peut-être.

La symphonie qui partait de l'intérieur du navire absorbait-elle entièrement l'attention de I» duchesse de Mseu? — Nous ne pouvons dire qu'une chose, c'est que la noble passagère baissa les yeux et se renferma dans un silence glacial.

Miis Miguéla Beijaflor, l'enfant rieuse, poussa un profond soupir en levant les siens sur Didier de, Roqueterre. ^

Quant |i la marquise de Yiraçâo, elle fronça ses sourcils

teints en noir^ et lança un coup d'œil des moins tendres à son frère le grand sénéchal.

Traduit en bon français^ ou plutôt en bon portugais^ ce coup d'oeil signifiait clairement :

— Mon très-cher frère, je suis outrée ; après la séance, venez me trouver; je compte sur vous ! il faut que je décharge ma mauvaise humeur.

L'honorable dom César Ghifaroté marquis das Pénilhas, n'était pas moins outré que Tirrascible duègne^ dont il accepta le rendez-vous fraternel par un signe de tête affirmatif.

— Allons 1 allons I pensa gaiement le docteur Martial Esturgeot, Tactioa s'engage à merveille! beau temps! belle mer ! jolie brise !... mais gardons-nous d'ajouter : rien de nouveau ! — Il y aura du nouveau bien au contraire, ou je veux y perdre mes titres et qualités de chef de gamelle, président perpétuel de la société du cancan maritime et colonial ou club des vieux garçons! etc., etc.

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