‹ Les pasteurs en Egypte (volume 2)Chapitre 50 sur 88 · AL · texte numérisé non relu

AL

celui qui a trois tête ou trois faces. C'est une nuance de l’idée fondamentale maître, dont il est très-utfile de tenir comptéans la traduction de certaines phrases.

Or, quelle pouvait être la femme qu’Ameni traitait comme celle qui possédait un marv? c'est évidemment /a veuve ; l'antithèse est parfaite et ne laisse plus la moindre place au doute. Il faut donc nécessairement traduire :

« J'ai donné à la femme veuve comme à celle qui possédait encore son » mari. » Nous retrouvons ici le sentiment pieux exprimé par Entef dans la précédente légende *. :

Je pense que cette déduction est de nature à satisfaire la critique la plus défiante ; dans la traduction des textes égyptiens on est assez souvent obligé d'accepter des sens moins bien prouvés, et les chances d'erreur sont assurément nombreuses ; mais l'investigation et l'analyse amènent sans cesse de nouvelles constatations , leS erreurs se corrigent et chaque mot acquis à la science vient en aide à des conquêtes ultérieures. Les résultats obtenus par cette méthode sont déjà assez importants pour démontrer à tous les esprits indépendants de toute rivalité d'école , que l’exhumation d’une langue ensevélie dans l'oubli depuis tant de siècles est un travail qui repose sur des bases sérieuses, et non une œuvre d'imagination et d’aveugle enthousiasme,

comme certaines gens affectent encore de le penser **.

#4 À quarante siècles d'intervalle , c'est encore un honneur de nos jours, de se proclamer le défenseur de la veuve et de l'orphelin.

3 Un article de cette nature s'adresse nécessairement aux personnes qui ne sont pas toutà-fait étrangères aux hiéroglyphes ; pour celles qui n'en ont aucune notion, il serait indispensable de justifier la prononciation et la valeur de tous les signes , et de revenir sur l'explication de groupes depuis longtemps reconnus. Un semblable travail est aussi inutile que difficile à réaliser, les difficultés matérielles que présente en province l'introduction des hiéroglyphes dans les textes, restreignant forcément le nombre des citations.

Je n'ai pas discuté le dernier membre de phrase de la légende empruntée à l'inscription d'Entef : neh en tefn que j'ai traduit : Asyle de l'orphelin. Cette interprétation attend des preuves. Je ferai observer cependant que le premier mot neh. est déterminé par les signes de l'idée

maison, demeure ; il est lié par la particule du cas oblique au dernier groupe , dont les déterminatifs sont : 1° l'oiseau du mal, symbole des idées funeste, malheur, mal, douleur; 9° l'Égyptien assis qui caractérise les noms d'homme ou les états d'être de l'homme. L'idée contenue dans cé membre de phrase est done forcément : Demeure de où pour un homme dans une situation malheureuse; et la question se borne à préciser plus exactement la nature de la demeure et le genre d'infortune auquel nous avons à faire. Entef vient de se proclamer : « Un mari pour la veuve » , il est fort probable qu'il ajoute : « Une maison, un asyle pour l'orphelin +, c'est une suite naturelle de l'image. Le mot fefn, pour

lequel le copte ne me fournit aucun équivalent ,

semble composé des éléments hiéroglyphiques du mot père, tef, et de la négation an; mais il est impossible de tirer de ce rapprochement une preuve suffisante de la signification que je propose.

Chalon S.8., imp de 3. Desvssiev.

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