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»scribes royaux d'Éthiopie (A C2 4 = 7 .) qui savent les levers de Sothis, qui con-
> naissent les éclipses (les manquements de faire lumière)5 du soleil et de la lune quand elles
1 Pour ces inscriptions voir pl. 9 et suivantes traduites par moi à mon cours de 1886—7.
? Un peu plus tard, après la chute des seconds Antonins, un roi des Blemmyes (peut-être celui que vainquit Probus et qui possédait Coptos ct Ptolémaïs, voir mes « Blemmyes», 8 3), semble même s'être proclamé empereur (comme le roi de Palmyre) et avoir dominé jusque dans la Haute-Thébaïde. Les repré-
sentations de l’eautocrate César, Psilaan [a = | | PR | Auguste» aux grosses lèvres, viennent, en effet, après celles de Décius à Esné. Terercrmen pensa-t-il à ce précédent?
3 C’est la scule fois, à ma connaissance, que le dieu Horus, vengeur de son père (comme dit le décret de Rosette), ait été appelé Ilorneytatef (Horus la force de son père) dans les proscynèmes. Mais il était tout naturel que lo vaniteux Horneytatef donnât au dieu son propre nom.
* Lorsqu'ils reconnaissaient pleinement la suzeraincté romaine, les chefs Blemmyes prenaient seulement le nom de chefs du peuple et en même temps d'agents du roi, de représentants du roi, c’est-à-dire de vice-rois (voir notre précédent article). Quelquefois cependant ces chefs du peuple dataient de leur règne, comme nous l'avons vu pour Aousoun, sans prendre d'ailleurs le titre de rois. Quand ils prenaient ce titre’ de rois, c'étaient leurs ministres qui se nommaient représentants, agents du roi.
5 Pour le mot cd {+2 resplendissement, voir Kouf, XI, 23, 24. Rer., IV, 2, p. 79: c. JR.
»se présentent dans la terre des nègres /A 2 NPATAL Z qu par année. Qu'ils servent, Isis, > les grands Éthiopiens 22// «127 de la terre entière. Nous prions devant toi (ô Isis) pour > que tu nous conduises, et que nous t’adorions et te servions par toute joyeuse libation.»
A ce moment encore on se sert pour qualifier le roi de T'ihimti d’un synonyme et non du titre que portaient Sévère et Antonin, ainsi que plus tard le roi Tererermen, etc. Mais ce nom même de l'Éthiopie 24 <d Z nous le retrouvons dans notre inscription comme étant celui des sujets du roi de Tonekhes et de Kes.
Quel était alors ce roi? Nous ne pouvons le dire. Mentu et Horneytatef ne sont que ses ministres et cependant ils s'appellent princes de l'étranger. Ce mot €/A Zn &2— LS CA (voir Bruasca, Dict. géogr., p. 629 et suiv.), signifiant pays étranger, désigne aussi plus particulièrement une région du midi co): dans les listes des peuples vaincus par Thoutmès III. C'était sans doute un quatrième nom de la Nubie. Les princes héréditaires en question avaient assurément l'autorité effective, et c’est pour cela qu'ils ne nomment pas leur souverain. Cette autorité leur venait peut-être d’ailleurs, au moins la partie des connaissances astronomiques et astrologiques qu'ils s’attribuaient. C'est comme musicien inspiré que le roi David est parvenu au trône des Juifs. C’est comme astronome connaissant les secrets des dieux qu'Horneztatef, le plus savant ou le plus habile des deux ministres, s’est emparé définitivement de la couronne de Nubie.
Écoutons en effet notre seconde inscription, rédigée par son fils? :
« Adoration d'Uikeri, fils d'Horneytatef qu’a enfanté la vénérables Mautueri — devant > Isis de l’'Abbaton de Philée et tous les grands dieux!
«À Isis qui repose avec eux! Que je bénisse devant toi, étant prosterné vers toi, cou- »ronne en tête. Sauve par des chants divins ma bouche de la destruction. Je te crains. Je »loue ta force. Écoute mes prières, ô régente du monde de l'étranger. Ouvre-moi, quand tous > les dieux, que tu fais aller en ta face, se prosternent devant toi et se réjouissent de la » voir. Écoute mes requêtes, 6 toi qui es toujours ma dame, 6 Isis! Donne-moi de soumettre > l'hostilité de mes frères aînés. Accorde-moi de chanter devant toi victoire et triomphe sur »l'orgueil suprême des rois. Moi, ton serviteur, je te sers de tout mon cœur. Écoute les prières » de ceux qui ont atteint l’Abbaton, de ceux qui ont navigué vers celle qui donne la force, »la régente. Elle (me) donnera son ennemi par l'amour qu’elle a de moi.
«lls se sont révoltés contre moi, en l’an 7, de Sévère Alexandre.’ Le roi des habitants » de Nubie, Horneytatef, ordonna ma venue vers Isis. Nous avons fait la dédicace de l’année
1 C'est ainsi qu'il faut lire ce nom géographique ct non {ln Xeszet comme le propose M. Beucscx.
Le déterminatif @ a ici remplacé MM. Notons que le titre «prince de yes» se retrouve (ainsi, d'ailleurs, que la plupart de ceux que nous avons reproduits ci-dessus), dans un autre proscynème démotique dont M. Carraur a rapporté l’estampage ct qui est adressé par Horncytatef à Horsiési feic) de l'Abbaton de Philée et dans le n° 166 de Lersics où il est question de Mentu, le collègue d'Horneytatef.
2? Je traduis également d’après un plâtre de M. Carraur cette inscription n° 10 de Lersrus.
3 Jepx. Ce titre est celui qu'on donne généralement à la déesse Isis. Il s'agissait sans doute d’une princesse, de sang royal éthiopien, qu'avait épousée Horneytatef, et qui lui avait donné ses droits à la couronne.
4 L'inscription n° 59 de M. Lepsrus, rédigée par un prêtre d’Isis nommé Pakemi qui a fait faire beaucoup d’autres proscynèmes, est de ce même an 7 de Sévère Alexandre.
Ȉ Isis de lAbaton par un service nouveau. Nous l'avons! fait sortir de lAbaton au nom > des rois de nos Nubiens.
« Les étoiles ont dit la vérité sur nous!
«A écrit Psensopti, fils d'Ubas.
«Que le soleil, la lune et pseptnaanyu? (Sothis) donnent force éternelle de vie à l'E » thiopic! (e RE
Nous voyons que les étoiles, si bien connues d’'Horneytatef, avaient annoncé accession au trône de leur fidèle sectateur cet sans doute aussi celle de son fils cadet Uïikeri.
Il est curieux de constater combien l’analogie entre Horneytatef et David se poursuit dans les détails. Ces deux pieux artistes, devenus les favoris de leurs prédécesseurs, puis parvenus au souverain pouvoir, ont senti également le désir d'en déposséder leurs fils aînés. Uïkeri est le Salomon du nouveau David et il a déployé aussi beaucoup d’ardeur dans ses luttes contre secs frères. Malheureusement nous ne savons pas quelle a été l’issue de cette guerre, mise sous les auspices de la grande déesse Isis par un devôt pèlerinage. Nous connaissons seulement, par l'inscription n° 20 de M. Lepsius, le nom d’un de ces frères ennemis; Pasan, fils d'Horneytatef, qui fait une adoration à Isis au nom de sa mère Tsetésé, fille d'un basilicogrammate d’Éthiopic Bt 7. On voit par ce texte qu'Horneztatef était sans doute arrivé au ministère en épousant la fille de son prédécesseur (dont il eut Pasan), de même qu'il arriva à la royauté en épousant une princesse (dont il eut Uïkeri). Mais si ces deux femmes furent en partie cause de sa fortune, elles furent aussi cause des rivalités de famille, qui troublèrent ses derniers jours. !
1 I} s'agit de la déesse que l’on emmenait chaque année en Nubie. Ce voyage sacré annuel s'appelait en nubien linat'ep, ainsi que nous l'avons vu par l'inscription de Xemi. Quant à l'expression t'ipeire «faire sortir» (avec le déterminatif de l’eau) elle est également appliquée à Isis dans le n° 156 (de Dakké) relative à une semblable panégyrie et aux fêtes données à cette occasion à Philée «au nom du roi de nos T'ihimtis par les ordres du ministre Mentu. Voir plus haut cette inscription très curieuse dans notre chapitre Sur les origines de l'hégémonie blemmye, p. 9, note.
2 Voir pour cette expression l'inscription précédente. IT paraît que l'étoile Sothis s'appelait sept-na-
anyu aussi bien que sepet. La lecture A Q sn ker (mot auquel M. Navnze donne le sens de sphère)
serait aussi possible pour 7]. Mais nous préférons y voir la lèvre (sept), /.
s Et les gendres. Le fait est du moins certain pour David, qui épousa une des filles de Saul, et i paraît probable pour Horne/tatef, qui épousa aussi uno princesse.
4 Nous avons donné aux planches, après les textes principaux d'Hornetatef et d'Uikeri, et à côté d'une inscription hiéroglyphique d'Horneyt (ou net’) atef, une autre inscription d'Uikeri, fils d'Horneytatef, et deux inscriptions de deux fils d'Uiïkeri venus pour adorer Thot de Dakké et qui demandent au dieu de les ramener sains ct saufs à Méroë — pour y chanter ses louanges devant le roi d'Éthiopie et son peuple. S'agissait-il de leur père ou encore de leur grand-père ?
UN EMPEREUR BLEMMYE.
Dans une note d’un des articles précédents nous avons brièvement signalé l'existence d'un empereur romain de race blemmye. Le fait est assez important pour qu’il nous semble bon d'insister un peu à ce sujet.
L'empereur en question est représenté dans la série des tableaux à légendes impériales d'Esné, immédiatement après l’empereur Décius, le dernier nommé. Son type diffère sensiblement, s’il faut en croire les reproductions de Lepsius, du type des souverains de race romaine qui l’environnent. Les lèvres, au lieu d’être fines, sont grosses et proéminentes, comme celles d'un des descendants des Blemmyes dont M. ne RocnemonTeIx m'a fait voir la photographie.
La légende n’est pas moins significative. Elle porte <autocrator César Pâilaan Auguste»
D MO << > en RRR