LES BLEMMYES PAÏENS ET L’EMPIRE CHRÉTIEN, ETC
«Qu'il y ait eu en lui quelque chose de divin, cela resplendit à tous bientôt après, car »il était à peine mort que le culte de la divinité fut détruit à Alexandrie, ainsi que le temple » de Sérapis. Et ce ne fut pas seulement la piété des thérapeutes qui prit fin, mais tous les »édifices, comme dans les mythes poétiques, lors des victoires des géants. Il en arriva de » même pour les temples de Canope, Théodose étant empereur, Théophile préfet du prétoire, »...., Vénérius préfet civil et Romanus commandant les légions d'Égypte. Ces gens là, »accumulant toutes les haines contre les pierres et les lapicides, les assiégèrent — guerre » jusqu'alors inouïe — démolirent de fond en comble la maison de Sérapis, jetèrent des mains > hostiles sur les offrandes du temple, et, sans combat ni ennemis, ils remportèrent la victoire. ».... Il ne resta que les fondements du Sérapéum qu'ils ne purent emporter à cause du »poids des pierres . . . Et c’est ainsi que ces braves, ayant troublé toutes choses, se glori- »fiaient d’avoir combattu les pieux — cela avec des mains non sanglantes, mais qui certes » n'étaient pas pures du crime d’avarice — et assumaient pour eux comme une louange le > sacrilège et l’impiété. — Puis ce fut là, dans ces lieux sacrés, qu'ils introduisirent des hommes >» appelés moines, hommes par l'apparence, mais menant une vie de pourceaux, et y com- > mettant tous les crimes . . . . . Ils placèrent donc ces moines à Canope, pour y servir, par > des hommages divins, au lieu des dieux vus par l'esprit, des esclaves criminels . . .., car >ils y montrent, comme divines, les têtes, confites et salées, de ceux qui, pour leurs méfaits, »ont été condamnés par les juges au dernier supplice. Ils s’agenouillent devant eux, les »reçoivent au nombre des dieux et se souillent à leurs sépulcres . . . .»!
C'est à ce moment de luttes ardentes que plusieurs de nos inscriptions démotiques de Philée se rapportent. L'île sacrée était devenue une sorte d’oasis où se réunissaient et se réfugiaient tranquillement les païens — souvent pour comploter avec l'étranger une révolution religieuse.
Il en fut ainsi, par exemple, lors d’une mission dirigée par Pasan, envoyée par son parent, le roi de Nubie Tererermen, en lan 2 de Théodose [°° et d’Arcadius, son fils, les empereurs augustes.
Voici cette très intéressante inscription? :
funéraires démotiques commençant par les mots : «Vit son âme.> La plupart sont de très basse époque ‘et quelques-uns peuvent être attribués aux 5°, 6° et même peut-être au 7° siècles. L'un des plus récents est celui qui porte au Louvre le n° 2358. La prière démotique y a été écrite au revers d’un fragment de compte grec préalablement déchiré en carré pour donner au revers blanc un aspect convenable. L'écriture grecque du compte et l'écriture (postérieure) du document démotique ne peuvent pas avoir été tracées avant le 6° siècle. Voici comment s'exprime le texte funéraire démotique. «Vit son âme. Elle pousse (germe) »à jamais. Tséchons, enfantée par Nephthys(?). Que son âme serve Osiris! Qu'elle soit dans la présence » d'Osiris! Qu'elle chante, celle qui est ensevelie devant Osiris — à jamais! — Ses années de vie sur la »terre ont été de 75 ans. — Et maintenant elle fleurit à jamais, fleurit son âme à jamais!»
Cette bonne païenne avait toutes les pieuses croyances de celle dont nous avons donné les anathèmes contre son fils converti au christianisme, fils qu’elle menace, après sa mort, du châtiment d'Osiris, l'Être bon et le juge suprême, méprisé par lui.
1 Nous avons dit ailleurs que, d’après les documents coptes, le temple de Canope fut, en effet, confié à l'ordre religieux auquel appartenait Sénuti. Quant au Sérapéum d'Alexandrie, le patriarche Théophile en fit le toxos ou martyrium de S' Jean Baptiste, dont la bibliothèque est maintenant en partie au Musée égyptien de Turin.
2? Voir aux planches, pl. 1—9.
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me me = ——— —— — — ——— ——
« Adoration de Pasan, fils de Paésé, parent . . . . Kerni parfait du roi, le grand ju > de l'Herméion — à toujours, devant Isis de Philée, de l'Abaton, la grande déesse, la bonn > libation annuelle d’eau sainte ct offrandes des Éthivpiens du sud, du nord, de l'orient et à » l'occident.
«Il dit : Écoute les prières de ceux qui ont atteint les deux sanctuaires (les deux « sou abbaton) de l'Égypte. J'ai élevé ma voix à cette porte de la statue d'Isis, la grand > déesse. Elle écoutera nos prières. Elle nous amènera en Égypte. Nous sauverons les san »tuaires d'Égypte.
«J'ai fait les jugements dont mou roi, celui d'Éthiopie, m'a parlé. Je les ai fait fair
«Il n'a parlé aussi d'apporter l’argent de 10 talents et d'amener ces (10 talents) a » sanctuaire d'Isis pour les prophètes, les prêtres ct les enfants des prêtresses d'Égypte, ain »que pour les femmes des prêtres. Je les ai fait apporter au nom du roi de notre Éthiopk
«Il m'a dit de faire donner des charges nombreuses ere ou le pays entier à no » proches (d'Égypte) (mot-à-mot : nos oncles ou nos cousins & IR) ) Nous avon »fait cela en son nom et pour le dieu de l'Éternité (et nous "avons SN 1) ce qu'il avai »fixé pour le pays.
«Il a dit aussi à Psémin ct aux Kerni d’Isis de venir en Égypte avec moi. Nous avon » multiplié les réjouissances avec les dons que j'avais apportés au sanctuaire d’Isis (et qu » provenaicnt) du pays tout entier.
< En l'an 2, le 1° Choiak, nous nous présentâmes donc à Philée, les Kerni d’Isis étan »avec moi toujours. Les prophètes, les prêtres, le bourg entier me saluèrent de joyeuse » acclamations. Nous avons multiplié (les dons) au sanctuaire d’Isis, les offrant et les rassem »blant par la magnificence du roi Tererermen — celui d'Éthiopie — et les 10 talents a! > sujet desquels Tererermen, roi de notre Éthiopie, m'avait dit : — «Fais les apporter au sanctuain » d'Isis» — je les ai apportés ct les ai établis devant eux (devant les prêtres), en une fois » moi-même, encore. En dehors de ce que j'avais apporté au nom du roi de mon Éthiopie, je » donnai ma dîme, moi aussi — tout mon possible. Les grands aussi me donnèrent. Mon Éthiopie »entière fut devant la Mère — devant Isis! Nous offrimes (mot-à-mot : nous fîmes aller > pour eux, avec joie une libation au grand dieu, le suppliant, au nom de notre Éthiopie, pour >les grands sus-désignés. Liter, fille de Wuuinki, le chef des troupes, fit l’eau. Liter 2° fit > aussi apporter beaucoup de choses. On servit une nourriture abondante qui avait été apportée. »Je fus devant Isis pour la nourriture, avec Pasan et le Kerni son frère aussi Liter 1° * donna largement. Nous répandîmes une tonne en libations à Isis et à Ounnofré, le dieu grand, » depuis le premier du mois de Choiak jusqu'au premier du mois de Phaménoth, nous réjouis- » sant dans le sanctuaire d'Isis avec nos frères, les Kerni d’Isis, ct tous ceux qui reçoivent les ordres d'Isis. Nous nous fimes du bon temps (mot-à-mot : nous fimes jour beau). Nous pro- * diguâmes des dons sur le dromos d'Isis : du vin at, du vin ap, de la bière, de la viande. > Le peuple du bourg entier fut en joie. Ils adorèrent le roi, leur seigneur. Nous recûmes » semblables honneurs, nous aussi, avec joie, pour la conduite (des cadeaux) au nom du roi » de notre Éthiopie. Je donnai beaucoup de la part des 2 Liter, de Hépail, de Tertertum, > devant Isis, le 1°” Choiak. Kébérni, le grand fils du dieu (du roi), vint de Ptalké (Pselcis). » Nous passâmes, avec lui, un jour heureux dans le sanctuaire d’Isis. Il apporta aussi une