TD è EPS ANT {13 2-2 5mer
«Priez le roi du monde, qui est Osiris, pour l’âme d’Aneb.»
Notons que, comme nous l'avons remarqué déjà pour les planchettes bilingues, le grec supprime toujours tous les éléments mystiques, si abondants dans les textes démotiques. En revanche, nous le voyons par le n° 2 (C 130), il ajoute parfois des éléments biographiques, l'âge par exemple. Nous constatons souvent aussi, par exemple dans deux inscriptions bilingues de Nubie déjà publiées par nous, l'addition des formules chères à l'épigraphie grecque, comme
1 La fin de la première ligne et toute la seconde ligne du démotique (contenant sans doute le nom d'Arabas, le dédicateur de la stèle) nous manquent, sauf quelques traces.
? Un trait traversant, pour en faire un 8, la première lettre (qui autrement serait un t), de pbi, «l'âme », a été oublié dans le texte démotique par le graveur, bien que marqué sur notre copie.
LU A ee — —— ee
EVXAPICTIAC XAPIN qui n’a aucun correspondant en démotique et El AFAOUW qui, joint à ENOIHCEN, : n’a pas davantage de correspondant et ne pouvait pas en avoir. On sait combien laborieusement les Égyptiens ont traduit AFAOHI TVXHI dans les décrets trilingues où tout devait être traduit. Mais dans les inscriptions des particuliers on se gardait tout autant de traduire en démotique les expressions de pure épigraphie grecque que de traduire en grec les pieuses formules de mysticisme,? employées alors dans les textes démotiques.
Quand il s'agit de bilingues hiéroglyphico-démotiques, nous constaterons une autre différence. C'est que le démotique, toujours riche en mysticisme, l’est beaucoup moins que les hiéroglyphes pour tout ce qui concerne l'apparatus mythologique. La religion égyptienne se simplifiait pour les masses et s'épurait de plus en plus, de façon à se rapprocher en quelque sorte du christianisme qu’elle préparait. |
(La suite prochainement.)
S'il y a quelque chose de parfaitement connu en égyptien, c’est le nom démotique d’Apis f£{. On le retrouve à la fois dans les décrets de Rosette et de Canope, répondant en grec à AMEI (au datif) et en hiéroglyphes à AS On le possède également dans une multitude innombrable de stèles bilingues, parmi lesquelles je mentionnerai le bilingue 137 de Boulaq, les bilingues 7818, 117, 1, 184, 190, 72, 25, 17, 13, 12, 203, 194 du Louvre, etc. etc. Souvent dans ces bilingues la formule mythologique comprend plusieurs termes accouplés. Tel est le cas pour Hart Osiris yent ament J2 fo e 4 | — ta 1 & î 7 2
: O sl e
ou Osor hapi yent ament JÙ2f & lo = 1 i*, etc. dans les bilingues 194: 117, 25 (cf. bilingues 72, 43, 66, C 126, etc.). Souvent aussi (comme dans les bilingues n° 1,5 C 126, la stèle démotique n° 3, etc. etc.) au-dessus d’une représentation figurée d’Osiris Apis, on lit en démotique son nom Osor Hapi. Enfin ce nom d’Osorapis est des milliers de fois répété dans les stèles démotiques du Sérapéum qui sont conservées, soit au Louvre, soit à Boulaq, etc. Il en est de même d’ailleurs pour son équivalent, se rencontrant sans cesse dans les stèles hiéroglyphiques et hiératiques de semblable provenance.
1 En revanche dans cette inscription, keb «prier, prière» n’a pas plus d'équivalent que son synonyme lei, wAnA, dans notre n° 3 etc., etc. (Voir mon second mémoire sur les Blemmyes et l’article suivant.) C'est, pour cela aussi que quand, dans le texte grec des inscriptions, on voulait rendre cette idée égyptienne de prière, on se servait de l’idée parallèle d’adoration. Les Grecs savaient adorer les dieux, mais ils ne savaient pas les prier.
2 Les Grecs étaient peu mystiques de leur nature et la charge d'Orrensacu et Harévy sur la belle Hélène rend bien en définitive la façon dont ils comprenaient souvent le rôle des dieux et des déesses. Il n’y a qu'à lire Aristophane pour en être convaincu.
3 Voir ma Chrestomathie démotique, p. 33, 129, etc.
4 Je publie en ce moment cette très intéressante stèle bilingue dans les Proceedings de la Socièté d'Archéologie biblique.
5 Ce même nom se reproduit avec le même titre dans le corps de la stèle sous la forme la plus simple.
CHampoLzcion, d'abord,' et, après lui, notre illustre MarierTe ont parfaitement démontré que cet Osor-Apis était le dieu nommé par les Grecs Serapis. De son côté, mon cher maître Bruner DE PRresce a longuement insisté sur ce sujet (qu'avait déjà éclairé M. Guicnaur) dans son admirable mémoire sur le Sérapéum de Memphis. Il à cité particulièrement ce texte concluant de Clément d'Alexandrie, disant que le nom de Serapis est formé de ceux d'Osiris et d’Apis : Zivberoy armé te ‘Ooiptèos nat “Amos yerépevov ’Os'paric. ?
On peut affirmer qu’il n’est pas un homme s'étant occupé pendant quelques jours d’égyptien ou même seulement d'histoire et de mythologie qui ne sache ces choses. Il faut être d’une ignorance inénarrable pour ne pas connaître cette origine ou cette équivalence égyptienne constante du mot Serapis et n'être égyptologue à aucun degré pour ne pas pouvoir même distinguer en démotique le nom d’Apis.
Or M. Bruascu ne sait rien de tout cela, et, tranquillement, comme si c'était la chose du monde la plus naturelle, il ose traduire dans une stèle bilingue portant en grec :
CEPANEI SEUWI MEMEICTUI KAI TOIC CVNNAOIC &EOIC VMEP etc.
Et en démotique :
ss sg onlz 422 AT On soif ee,
«(Proscynème) devant Osiris de Raket(!!!), le grand dieu, et devant les dieux qui sont réunis avec lui.»
Et qu’on ne ceroie pas que c’est là un lapsus échappé pendant que Bruasca était pré:occupé d’une autre question, non! il a consacré à cette insanité un article spécial dans son Dictionnaire géographique, p. 1348, où il assimile gravement le Raket en question à le (qui s'écrit en démotique d’une façon très différente), et ne nous épargne même pas
e savants commentaires remplissant une page entière!
C'est avec la même gravité du reste :
1° que dans le même Dictionnaire géographique, p. 1344, il nous parle d’un texte bilingue déjà connu à (sic) Caampozrion», et dont il avait fait un extrait dans la Zeitschrift de 1879, p. 17, alors que le prétendu bilingue en question n’a jamais existé que dans son imagination et que les deux inscriptions qui le composent sont absolument différentes l’une de l’autre et faites par deux personnages différents. 3
2° que dans le même dictionnaire géographique, p. 725, il nous dit qu’cil est du reste
«Tr À 1 CrAMPoOLLION, Dict. égypt., p. 61:< Ÿ A orcapani, Osorapi, noms combinés d'Osiris et d'A pis,
nom d'Osiris qui est l'origine évidente du Zacarç des Grecs et du Serapis des Latins.»
? I] faut noter qu'en grec même le temple d'Osorapis de Memphis est nommé Sérapéum et que les papyrus grecs qui lui donnent ce nom, mentionnent aussi, comme l'a remarqué Breuner DE PresLe, l’ensevelisseur en chef d'Osorapis et d'Osormnevis, dieux éternels, o apyevragraotne Ooopartos xat Ocopguveutos Bees «eKwtwv (sic) et leur pasteur o Bouxolos tou Usopartos, ce qui est entièrement d'accord avec les textes hiéroglyphiques et démotiques, ainsi qu'avec l’assertion de Clément. Beuner pe Preszx ajoute : «Les Latins ont écrit le nom de ce dieu Serapis, les Grecs Sapariç et Xoparuç. Cette dernière orthographe est la plus fréquente sur les papyrus. Il est probable que la forme la plus ancienne empruntée aux Égyptiens était ’Ocopaztç. Les Grecs auront pris le premier omicron pour l'article et au lieu de dire : o "Ooéparté, 705 "Ocopärtos, ils auront dit : © Yôparts, toù Lopartoc. »
3 Voir dans mon second mémoire sur les Blemmyes les planches 18 et suivantes, et dans ma leçon d'ouverture de l'année dernière, que nous allons publier immédiatement après ceci, la traduction des deux inscriptions dont Beuasca a voulu faire ainsi un bilingue.
très possible que la a qualification de 5 11) 5 AL S renferme simplement la transcription démotique du titre St de Ptah memphitique d’après le grand texte géographique d’Edfou », alors que, nous l’avons démontré dans un article spécial, S 7 4 est sans cesse séparé de 4 <qui fait» ou «qu'a fait», dont il est grammaticalement absolument distinct, et, soit sous la forme citée plus haut, soit sous la forme fréquente S DTA 1E, correspond dans une mul titude de textes (entre autres dans le bilingue 134 du Louvre, stèle 431, etc.) à NE e ou I o!
3° que, dans son supplément au lexique, p. 565, il assimile B D? (traduit par lui Vorrath <provision») à fo7/ b30 qu'il dit devoir être traduit remedium (!!??) dans le pap. gnostique XIV, 10, alors que dans cet amatorium du scarabée (déjà traduit par moi alors) répondant à une rédaction grecque analogue de cet <amatorium du scarabée »3 f, V/4 73 répond à xavBasoç <scarabæus», et que dans le bilingue Rhind, je l'ai déjà remarqué dans le précédent numéro de la Revue, p. 169, note 2, le même mot démotique correspond à Q —
e) traduit <scarabée» par Bruesca lui-même.
4 que, dans ses divagations sur le Poëme satirique, il traduit € ,} > ver < chose»!
1 Le mot sa se retrouve aussi sous la forme Ÿ dans Pianchi, dans les textes d'Edfou, de
Dendera, etc. C’est, à cette époque, la vraie prononciation de la muraille, qu'il ne faut pas lire aneb, comme le fait Bruasca. Remarquons à ce propos qu'également dans le Dictionnaire géographique, p. 57 et passim,
Bauesca fait de xS 7 1 la transcription dif] e’ qui a partout dans les bilingues un correspondant tout différent, qu'ailleurs (p. 725), il traduit 4, ar « par aneb, p. 57, alors que les décrets TT de Rosette, de Canope, et une multitude innombrable de
aus», comme s'il y avait yen{, comme il transcrit /AI >2Z
= sepon, sanctuaire. Autant d’absurdités que de mots!
bilingues l’assimilent à ou Ajoutons d'ailleurs que Bruascu ne peut pas toucher les stèles du Sérapéum (dont il parle sans cesse) sans multiplier à l'infini les insanités de tout genre. ü 2 Mot formé, Dict., p. 613, 1122) sur / ot formé, ainsi que le savait autrefois Bruasca ( p. ) ŒD = VV y/8 =
4 K/ è / 6 = #pe, cibus, à l'aide de la préformante ma, dont Beuescx a fort bien parlé (Dict., p. 660),
AAAARA comme Ke 1 ) NA Fi À, ete. (Voir sbid. et ma réponse à la critique.) © .
3 Papyri grœæci Mus. Lugd. Bat., publiés par M. Leruans, t. Il, p. 12 et 13. Notons que dans la conjuration démotique on décrit longuement le scarabée dont on devait se servir, et qu'il est aussi question du scarabée en lapis lazuli (sans cesse mentionné dans le Rituel funéraire).
‘ Qui, res, negotium, représente le sens arabe de la racine Le. negolium, res, condilio, status (CasTeL LI, Lex. hept. I, 1151). C’est un fait très fréquent à cette époque de la langue égyptienne que cette adaptation
à l’égyptien de mots et de sens sémitiques (conf. [| LA &s devenu wmuwe — W2® «servir», sesennu devenu waorn — "202 octo, et les innombrables exemples recueillis par Rossr, tels que : gum acetum — PO" acetum se substituant à Êa wbup = 27 «compagnon» au lieu de smer; wemxp, fermentum = 2"; gfor —
020 <bâton»; wapéor — 22; wapha = K3W; copn = V1; œnÀ amicire = Ro, br; œmepær, scabies = NU; œepæep = VU; De A ne 0 À — babs, bb3; œaÀ, œorA: deponere = ps, id.; amor = Je; QHOË = us crescere; QUIPI, Qaipe, KM, séercus; Qeneere = MN ; Qaù — Je. decipere; 20\8eù — Dnbn vulnerare; fepsep <éternuer» — jy Qué pellis = Lux pellis, etc, tous mots ou formes qui n'existaient pas dans la langue antique égyptienne. La liste complète en remplirait des volumes). En copte Qo8 se rattache à une racine travailler à la lerre, travailler (epocw), colere lerram, labori vacare (PEyRox,
Lex. 314, 345), hiérogl. e| . (Lévi VI, 179), et pas du tout, par aucun de ses sens, à O1 |A (conf. KI —0 EpomB ennaQ © ) €PQHB egenone © S- ctailler» (Lévr VI, 177 : sens dérivés QOË næixe
labor manuum, opus manufactum ; eETePQwÉ operarius, arlifex; æinepOWÉ labor; manepowi opificium, locus in quo quis labori vacat). L'idée, encore discrète, de Bruesca (Dict. 895) cherchant parmi les sens attribués à
alors que, je l'ai longuement démontré dans le précédent numéro, p. 132! et dans un grand nombre de mes dissertations antérieures, ce mot, transcription pure et simple de m | A
ogof8 par les lexicographes un unique dérivé de C1 |A <envoyer un messager », est complétement à re-
pousser d'après Perron lui-même (Dict., p. 844, col. 1, 1. 31, 32), bien que Brucscu, tenu dans la réserve par la présence des maîtres, n'ait pas osé à cette époque, comme cette année, en arriver à l'insanité d’une
identification entre C1 |A et çw$ <chose»(!!!)} Il va sans dire qu'il ne faut pas penser non plus un prétendu hebs 6 ET rêvé en même temps par Brucscx (Dict. 949) comme origine de Qi. nomme ’ 1 Voici ce que je disais alors :
«Quant à ses propres découvertes, elles sont faites, nous l'avons dit, d'après ses procédés habituels, à coups de dictionnaire copte et par les rapprochements les plus bizarres, sans aucun souci du sens vrai
et constant des mots dans la langue dont il croit parler. C’est ainsi, par exemple, que le mot heb & 1"
dont j'avais cité bon nombre d'exemples, en prouvant absolument le sens, est assimilé par lui, à propos du vers 33, à 98 <chose, affaire» (dont nous montrerons l’origine). «Nous offrons une forte récompense
à celui qui trouvera une seule preuve de cette énormité. Le mot en question vient de m | A «envoyer en
message», et veut toujours dire en démotique mander et demander dans les diverses acceptions de ce mot français. Il faut n'avoir jamais ouvert un texte démotique» (j’ajouterai même un texte hiératique) < pour ne pas connaître ce mot dont on a des milliers d'exemples. Nous en donnerons seulement quelques-uns en note.»*
(a) «Le mot (66) heb est certainement un de ceux qu'on rencontre le plus souvent dans les textes démotiques, et Brugsch lui-même (Dict., p. 894) l'avait autrefois reconnu dans le Roman, quand il savait encore un peu de démotique. Ce n'est pas autre
chose que la transcription signe à signe de [1 |} A, car le déterminatif (67) est la forme très habituelle du déterminatif des jambes, ainsi que M. Maspero et moi nous l'avons remarqué depuis longtemps : il se rencontre dans presque tous les verbes relatifs à la marche. Or, tel est le sens de [51 |} A qui, d'après Brugsch (Dict.. 895), veut dire : ecourir, parcourir un chemin, être un courrier, messager,
envoyer un messager, un message, etc.» et plus exactement encore d'après Levy (V. 102, 108), mandare. Ainsi que je l'ai dit depuis bien longtemps et que nous allons le voir plus loin, c'est dans tous les sens dos mots français mander et demander que s'emploie surtout heb en démotique. Mais cependant on le trouve aussi dans le sens hiéroglyphique primitif de «marcher, faire marcher (Pierret),
envoyer en message», s'appliquant aux personnes comme ‘dans | NS n | S N (Rit. 81, 2), mk J AP
| K=3 (Anastasi 9, 8), etc., etc. , (= e citerai par exemple, en. démotique, ce passage du Roman de Setna (68) :
arkabsu tuiarusu nak ntekheb-i epma nie paittama mmof. T'e pueb nptahneaferka : efyep arkab keb-k epma nie pf'ama mmof arketi nai hat uten de
«Ce que tu désires je le ferai pour que tu me fasses arriver au lieu dans lequel se trouve le livre. — Le prêtre répondit : si tu veux arriver au lieu où est ce livre, tu me donneras 100 argenteus. »
De même dans la requête d'un taricheute d‘Ibis, publiée dans ma Revue égyptologique (11° année, p. 73 et suiv.), il est dit (pl. 5) (69) :
eiank eariheb cthik etisunk netyep enai
«Je t'adjure pour que j'arrive (comparaisse) devant toi pour te faire connaître ce qui est arrivé pour ces choses. » .
Mais, je le répète, le sens le plus fréquent en démotique est le sens dérivé mander, demander, s'appliquant soit aux personnes, soit aux choses. S'appliquant à des personnes mandées en présence d'autres personnes, nous le trouvons très souvent dans les rapports officiels du Sérapéum.
Ainsi, par exemple, dans le papyrus Philipps 40, publié dans mon Corpus papyrorum Aegypti (2° volume pl. Il), un accusé dit au juge à propos de ses accusateurs (70) : heb nai pouho « Mande-moi en leur présence (en leur face)», et plus loin, à ]1a fin de la lettre (70vis) : ouhoow tat'e aa heb nai « Mande-moi au jour de la grande affaire».
Mais c'est surtout dans le sens de mander une chose qu'on le rencontre sans cesse.
Ce sens, je dois l'ajouter, est du reste bien connu de tous les égyptologues en hiératique même. M. Pleyte, entre autres, en a cité beaucoup d'exemples dans son édition des papyrus hiératiques de Turin.
Ainsi p. 144 on lit : « Ma lettre est arrivée à toi : tu ne te sépares pas de ce que je t'ai mandé (habna nak).»
P. 145 : «Ne t'écartes pas de ce que je t'ai mandé (habna rk).»
P. 165 : «(L'ordre) que tu m'as mande (habk na)» etc.
Il est donc tout naturel que nous ayons en démotique une foule d'exemples du même genre.
Ainsi, disais-je, immédiatement après le premier passage que nous venons de reproduire il est dit dans le même document (71):
citobh mmes l'e efyep eoun Sepntot uah t'e cirey yep ub-u hi la euab mmos mai heb nai mmos. yopf ben ei tenien cyet £a tounnu-t tui lebh smmos efjep un êep not uah l'e nib ntuirey ub-u pa afut npetchons pyem 6 enu/ ebol nt'ofh. Mai heb nai mmos ari pasobti anti enten exel . . ..
«Je t'en prie, s'il y a réception en main ou addition de parole (d'accusation criminelle), je pourrai être (là) pour m'y opposer »à l'instant. Ils veulent cela. (Eh bien!) qu'on me le mande! car je ne me hâterai pas de descendre en barque jusqu'à cette heure. » Je demande cela : s'il y a réception en main ou addition de paroles quelconques, en sorte que je puisse quelque chose contre elles — »ma voix est à Petchons, le petit, qu'on a emmené en prison! Qu'on me le mande, j'ai fait mes préparatifs pour me hâter de venir'>
mandare, a pris en hiératique et en démotique les sens d'envoyer, mander (mandare) une chose ou une personne, ordonner, et en démotique surtout les sens parallèles de demander, interroger (copte 9101 interrogare), invoquer ou prier.
De même dans le rapport de police, publié dans ma Revue égyptologique (II, p. 269), et dont j'ai fait nne seconde révision, il est dit : (72)
Pbok ehebk nai eunek hi tan(t) aaft)
« L'esclave au sujet duquel tu m'interroges on l'a violenté sur la grande place. »
Et plus plus loin (78) :
prka ntakab earf heb nai mmof
«La chose que tn voudras faire, mande-la moi!»
De même dans un papyrus de Leide contenant une déposition envoyée à Paret, le scribe du sanctuaire, relativement à un nommé Hibtireypto, il est dit comme conclusion de la citation (T4) :
mai tes-u-su hit'o phipurmer eheb-i efhi peay neterhat mmoou
«Qu'on ordonne au hipurmer de me mander en présence du scribe du sanctuaire pour ces choses. »
De même dans l'accusation de Nechmont, fils de Pari, contre un maçon accusé de vol dans la catacombe, on en appelle en ces termes au témoignage d'un tarichente (75) ;
ntek heb chef pyerheb nt ef kesau ya ptime nt efl'e nak ranf
«Que ta mandes devant lui le taricheute qui ensevelit pour la ville qui te dira son nom.»
De même dans le rapport d'Hor neyt au vicaire du Sérapéum, relativement au grand procès de concussion des scribes, il est dit (Corpus papyrorum, tome II, pl. III, Revue égyptologique, V, p. 47) :
«ll arriva que le 18 Tybi je me présentai devant le stratège, en disant : Pour l'affaire de la concussion je suis venu te voir, »car les officiers ne m'ont pas donné l'instruction qui est en ta main. Je m'en viens ici pour cela.»
Puis le texte continue (76) :
arheb-u t'e benutinai phra nameru nhotep het
« Fais les mander; car ils ne m'ont pas répondu, les officiers, de manière à satisfaire mon cœur.»
De même dans uu second rapport du même Horneyt sur la même affaire (Corpus papyrorum, pl. IV, Revue égyptologique, p. 48 à 49) il est dit :
«Quant à l'autre affaire d'Horpata et des autres, jo les ferai appeler (ces gens) pour qu'ils se présentent au vicaire et rendent »leurs comptes.»
Pois l'agent ajoute (77) :
heb nai ntouyxep ub-nu nen! nian
«Mande-moi pour qu'ils soient devant nous ceux qui nous appartiennent.»
Ici mander a pris tout à fait le sens de mandement, c'est-à-dire d'ordre qui ressort avec évidence des papyrus hiératiques de Turin publiés par Pleyte. C'est ainsi qu'à la page 165 de son édition on lit un texte se traduisant : «Le mandement (phab, Pleyte, ignorant les finesses du français, dit «la charge») que tu m'as fait ordonnant : envoyez-moi les livres pour juger de leur esprit.» Et plus loin : «Le mandement (hab, Pleyte «la charge») que tu as fait, c'est, quand la lettre t'arrivera réunis toi avec Penta hatrt et le scribe etc.» De même, p. 90, il est question du mandement (phab) du roi dont il veut voir l'exécution et le roi ajoute : «Ce mandement (hab pen) te fait connaître que c'est le roi qui l'a écrit en l'an 17 etc.»
Du sens de mander on passe tout naturellement au sens de demander, interroger, qu'a gardé en copte QIOH interrogare, venant de hibi, hioui. Ce sens n'est pas, du reste, tont à fait inconnu à la langue antique; car dans le papyrus Prisse (XIV, 9 et suiv.) se trouve un passage (relatif aux conversations) qui semble dans cette direction : «Ï1 (ton interlocuteur) t'a donné occasion de mépris, soutiens-le plutôt. Ne le prends pas à la rigueur, ne lui rétorque pas la parole. ne lui réponds pas de façon à le renverser; ne t'écarte pas de lui, ne l'interroge pas (m hab su)» etc. etc. Évidemment hab est ici dans le même ordre d'idées que OTHUÉ «répondre» etc. et il semble le contraire de ce dernier verbe, c'est-à-dire inferroger. Quoi qu’il en soit, ce sens est évident en démotique. J'ajoutais :
«Rien de plus fréquent d'ailleurs que la nuance de sens, demander, interroger et même parfois invoquer, dans les divers documents.
C'est ainsi que dans un papyrus de maximes morales appartenant au Louvre, il est dit (78) :
an(?)heb rem as pekhir
«N'interroges pas l'homme vénérable, ton supérieur. »
Et plus loin :
an(?)tihebuk ntek tihebu uah neak
«Ne te fais pas interroger en sorte qu'on fasse aussi interroger à l'encontre de toi.»
Dans une des deux inscriptions bilingues publiées dans ma Revue égyptologique, t. V, p, 75 il est question d'Harpaesis, fils d'Ammonius, qui consulte l'oracle et le texte continue dans la première (79) :
pmer neterhat arti aru nai heb (pneter) nran a l'eta, etc.
«Le chef du sanctuaire a fait interroger le dien à nom éternel, etc.»
Et dans l'autre (80) :
(pmer) neter hat arti aru hibu pran nneeru
«Le chef du sanctuaire a fait interroger le nom des dieux, etc.»
De même dans une inscription de Dakké, signalée par moi dans mon article sur les oracles nubiens et dont je vuis. bientôt publier l'étude complète, Siaretu dit (81) :
ent'e en neler en hebtuf naa neter d'o 500 ka
«Nous avons parlé au dieu, interrogeant ce grand dieu sur 500 victimes, etc. »
De même dans le papyrus gnostique de Londres, col. 6, ligne 38 (82) :
l'ei-su encse mail'es n osor etbe net'eu nt eiub xaroow eti foote eneter nie phiut ntotf ntefl'e nai hi l'e nib nteiub yaroou tai nphoou. Esc l'e : maiaëu nai eouneter hebieu etisakf enet'eu ntefepeh mmoou
<Je parlai à Isis pour qu'elle parle à Osiris au sujet des paroles, au sujet desquelles j'interrogerai pour faire amener nn dieu »qui a réponse en main, sfin qu'il me dise réponse sur toutes les paroles sur lesquelles j'interrogerai chaque jour. — Isis dit : » Qu'on appelle à moi un dieu que j'interrogerai pour qu'il creuse les paroles auxquelles il parviendra. »
Et ailleurs (4° col.) (83)
Ajoutons-le, heb est traduit toujours ainsi dans de très nombreux bilingues. Je citerai d’abord la conjuration du scarabée pour amatorium dont je viens de parler et dans laquelle << < 121 est traduit par ENIKANOVMAI CE. Cette formule
xan arf sat'i ubk rof nrok e'et ma ya heb nib ek ab
« Alors il fait parole en ta présence, bouche à bouche, en vérité, pour toutes les interrogations que tu veux.»
La même nuance de sens se retrouve dans une telle multitude de passages qu'il serait absolument impossible de les donner tous. C'est un véritable océan.
Citons seulement (84) :
heb nib nteif‘iro erof l'ainphoou maiarf yep
« Toute demande que je prendrai langue (bouche) pour elle continuellement, qu'il la fasse!» (Leide par. gn. IX, 22.)
erk sat'i ntuk ub naf xab heb nib t'e nib nteiubtuf eroou tainphoou (85)
«Tu parleras pour l'interroger sur toute demande, toute parole sur lesquelles je l'interrogerai à tous les moments du jour»
(ibid. X, 9).
Conf. pap. gnost. de Londres IV® col., 1"® col., 1. 10, VI® col., 1. 81, etc. etc. Pap. gnost. de Leide (VII, 4, XIV, 21, %4, XVIII 4, etc. etc.).
Je terminais cette note en citant quelques-uns des innombrables exemples que j'ai du sens «invoquer» ou «prier», sens très voisin de celui de wish que Birch attribuait déjà au mot heb dans son dictionnaire, p. 599 (avec un renvoi malheureusement déformé pendant l'impression) et qui a été conservé en copte dans le mot QOI désirer (Pistis Sophia, 219) se rattachant à Aibi, hioui, Q101 interrogare, inquirere (Peyron, Lex., 389, Tattam, Lex., 684) dont j'ai parlé plus haut. Notons en passant que c'est dans un sens très voisin de celui que proposait Birch qu'on lit dans le papyrus Prisse (p. XV, L 2 et suiv.) : «Connais tes amis quand tes affaires sont en baisse. Tes trésors (vont) à tes flatteurs. C'est le heb de quelqu'un qui le remplit pleinement, bien plus que ses honneurs. Les biens vont de l'un à l'autre. (Certes) la fortune du fils de qnelqu'un lui est bonne. (Mais) une bonne nature est meilleure pour le souvenir.»
Revenons eu maintenant au sens d'« invoquer » qu'a heb si souvent en démotique et pour lequel je citais particulièrement l'amaforium qui se trouve à la planche XIV du papyrus de Leide, et que j'avais publié dans la Revue égyptologique, I, p. 169 et suiv. (86).
ei hib mmok eyri ephet n men se men ntukar set nhes
«Je t'invoque contre le cœur d'une telle fille, d'un tel pour que tu mettes le feu dans son flanc» (Leide XIV, 37).
(Conf. ibid. 36, 2%, 21, etc.)
Je concluais ensuite :
«Je m'en tiens là pour le moment; car je crois suffisamment démontré qu'il est impossible de pousser plus loin que Brugsch l'ignorance des mots les mieux connus et les plus fréquemment employés du démotique. Il faut qu'on sache bien qu'il ne compte plus comme philologue, et qu'il devrait avoir depuis longtemps abandonné l'égyptien, comme il promet formellement de le faire si je l'emporte dans la lutte actuelle. »
Cette conclusion, je suis prôt à la prouver en détails.
Du reste mon frère me fait remarquer que ce qui est arrivé à heb en égyptien est arrivé aussi à saparu en assyrien.
Le sens primitif de saparu est «envoyer ». C'est avec cette acception qu'on le rencontre sans cesse dans les textes historiques, ainsi que dans les correspondances. Nous citerons, par exemple, la lettre qui porte le n° K 506 au British Museum ot qui a été publiée par Smith dans les Proceedings (janvier 1886) : «J'ai envoyé (aspara) Andanai au pays des Supurai . .... J'ai envoyé (asapra) mou messager auprès d'Andanai. »
Dans le n° K 54 (Proc., avril 1888) : «J'ai fait envoyer (astapra) à droite et à gauche.»
Dans le n° K 1198 (ibid.) : «J'ai fait envoyer (alapra = astapra) au palais les tributs, etc.»
Dans le n° K 508 (Smith, XA. Il) : «Je les ai fait envoyer (alfapra sunutu) en présence du roi.»
Dans Assurbanibal, col. LIT, 1. 83 : « ll les avait envoyés (tepuraseinuti) à Ninive devant moi en mission (apa sipir) d'apparence pour demander de moi la paix.»
Il est à remarquer ici que le mot sipir «mission» est un dérivé de saparu dans le sens d'eenvoyer». Il en est de même d'uilleurs du mot siparale, siparete, sipirti « dépêches» que nous rencontrons à côté de sapars dans les exemples suivants :
K 479, Proceedings, janv. 1888 : «Comme j'ai envoyé (asparu) au roi, mon maître, des dépêches (sipirti) sur cela etc. »
8 1046 (Proc., avril 1888) : « Los dépêches (sipirate) que le roi m'avait envoyées (ispuranni). »
Conf. Assurbanipal 1, 129; K 518, 1. 25 dans Smith, KA. Il; BM. 17; Proceedings, avril 1888; WAI. V, 64, n° 8: WW AI, IX, 53. n° 85, 1. 40, 1. 77, WAI, V, 58, n° 8, 1. 18 et 1. 36, n° 4, 1.9; K. 91, L. 7. Proceedings, nov. 1887: K 81, 1. 7, ibidem: Transactions of bibl. Soc. arch., t. VI, p. 222, lignes 22, 85, 38, 54, etc. Dans plusieurs de ces derniers exemples il s'agit de nouvelles envoyées.
Nous arrivons tout naturellement au sens de mander.
Par exemple dans la lettre de Saosdukin (Smith, Froc., avril 1888) on lit à la ligne 14, au sujet d'accusations portées contre un favori du roi : ana ahia allaparanni (— astaparanni) «Je (les) ferai mander à mon frère.»
X 522, Smith, Proc., nov. 1887 : «Ce que le roi, mon maître, m'a mandé (ispuranni) est mangé. Ce qui s'y trouvait écrit n‘y est plus. C'est mangé. Ce n'est plus écrit.»
WAI, IV, 64, 2, et Pinches, Trans. VI : « Je mande au roi, mon maître. Que le roi, mon maître, agisse selon etc. »
WAI. V, 53, n°2 et Talbot, Transactions VI, p. 296, 1. 24 : «Si j'écris au roi, mon maître, je manderai ainsi (alfapar wmma).»
Ibid., p. 899 (1. 38) : « Au roi, mon maître, j'ai mandé le délit (hitu altapar).»
K 14, Pinches, Trans. VI, 241 : «Ce que j'ai mandé (aspuranni) au roi, le roi, mon maître.»
Saparu veut donc dire mander, donner des renseignements sur quelque chose et même désigner quelque chose, comme nous le voyons dans l'exemple suivant.
K 504, Smith, Proc., janv. 1888 : «La maison que le roi, mon maître, m'avait mandée (désignée) (isapar sanunni) Samas bel uzur, de la ville de Diri, m'a mandé ainsi (à son sujet) (isapra ma) : il n‘y a pas là d'inscription, . . .. ..»
De même, K 482 (Proc., janvier 1888) : «Quant au jour que le roi m'a mandé (désigné) (ispuranni) qu'il soit heureux à jamais!»
Da sens de « mander » saparu passa tout naturellement à celui d'aordre», quand c'était le roi ou un supérieur hiérarchique qui mandait quelque chose.
Per exemple, WAI, IV, 548 et Pinches, Trans., t. VI, p. 228 : «Ce que le roi, mon maître, m'a mandé (ordonné) ainsi (ispure uwumma) : les hilanu tu les prendras et tu les enverras ({asappar) à la ville de Gambusu. »
K 174, Proc., janv. 1887, pl. LIT, 1. 24 : «Sur ce que le roi m'a mandé ainsi (ispuranni mâ) toi demande otc.»
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g= <1 Lil — ENIKAAOVMAI CE 8e retrouve du reste sans cesse dans les papyrus gnostiques et magiques. Non moins claire est la conjuration pour demander le sommeil qui en démotique (pap. gnost. de Leide, Rev. XVIIT') est intitulée af SR < | A et en grec (Pap. græci Mus. Bat., tome II, p. 18—19) ONEIPOV AÏTHCIC «somni postulatio». Dans les inscriptions démotiques et grecques de Philée le même mot Z }-" est sans cesse traduit par NPOCKVNEL); c’est donc un synonyme de 102 y 2 S, ? nt employé dans
1 Le même titre se retrouve pour une conjuration du même but dans le papyrus bilingue du Louvre publié par M. Masrzno.
2 C'est aussi dans ce sens qu'il faut comprendre les inscriptions bilingues publiées p. 29 et 30 de mon mémoire sur les Blemmyes, car on lit avec certitude dans le démotique de la première :