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dans le démotique de la seconde :
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et dans le grec :
APFAHCIC AMMUNIOV . . .. EMOIHCEN EVXAPICTIAC XAPIN En AFAG8U Il est d'abord clair que IS£S correspond à EMOIHCEN et que le mot MPOCKVNHMA, qu'on
rencontre après EMOIHCEN ou EMOIHCA ou METIOIHKA dans une multitude d'inscriptions grecques de Philée (n” de LxPsrus 211, 212, 226, 236, 248, 259, 263, 276, 286, 287, etc. etc.), est ici sous-entendu dans le
grec. Mais en démotique il n’en est pas de même, et le substantif MPOCKVNHMA est rendu par <.} qui sert dans les autres bilingues de fait à rendre MPOCKVNEU, Quant à 5j 2 = nai, c’est le pronom
démonstratif bien connu. A qui maintenant s’adressaient ces prières et ces proscynèmes? Évidemment au nom des dieux adorës dans ce temple, comme le dit notre seconde inscription démotique, ou au nom du principal dieu de ce temple, comme semble l'indiquer la première, malgré l’état déplorable du texte copié par Lepsius (Denkm., VI, pl. 71). Les autres documents cités par nous plus loin dans cet article remplacent, après
heb : 2 [| 2-15 0— par <5frliZ ur. «dans le sanctuaire. des dieux». Prier (ar heb) dans le sanctuaire du grand dieu ou prier, invoquer (arti aru nai heb) le nom éternel de ce grand dieu ou des
S 1046, Proc., avril 1888, pl. VII, 1. 9 : «Ce que le roi m'a mandé ainsi (ispurâni mû), applique ton cœur» (conf. WAI. V, 54, 1. 21).
Transactions, t. IV, p. 222 : « Assur risua m'a envoyé (isapranu) aussi des nouvelles du pays d'Accad et m'a prié que je lui mande (que je lui envoie des ordres) (izallu sa aspurani). Et mon mandement (l'ordre) (eupar) a été celui-ci savoir : qu'une expédition considérable soit expédiée au milieu d'eux et que le pays soit ainsi mis en paix.»
Quand, au contraire, c'était un inférieur qui mandait à son supérieur, le verbe saparu prenait très facilement le sens du verbe français demander.
Ainsi dans K 54 (Smith, Proc., avril 1888) : «J'ai demandé (al{apar aëtapar) au roi, mon maître, que le roi vienne.»
À la suite du passage reproduit plus haut et concernant un bâtiment où ne se trouvait pas d'inscription (K 504, 1. 22, Proc., janv. 1888). L'auteur de la lettre dit au roi : «Ainsi je demande (asapra) au roi, mon maître, qu'une inscription soit écrite et qu'elle soit envoyée etc. »
Duns K 95, L. 6 Smith, ÆA. II, le roi s'adressant à son ministre Belibni, dont il est question longuement dans la proclamation générale d'Assurbanipal publiée par M. Smith deux planches plus loin, le roi, dis-je, averti par Belibni des menées qui étaient ourdies contre lui et de la surveillance à exercer particulièrement sur uu fieuve, lui répond : « Pour l'intendance (ina eli bugudu) sur le fleuve Harri que tu m'as demundée (sa {aspura), j'ai préposé (æabqiddi) un homme qui aime la maison de ses maîtres, qui voit, qui entend et qui ouvre les oreilles de ses maîtres. Avec ce que tu m'as demandé (faspura), tu as ouvert mes oreilles. »
Ce sens de demander est entré si bien dans la langue qu'on le retrouve employé encore alors qu'il s'agit d'un supérieur écrivant à son inférieur.
Proc., janvier 1887, pl. 5 : «Sur le serment de Babylone, ce que le roi m'a demandé (isbura) : « Est-ce que le cachet royal n'est pas avec toi? etc.» | |
Nous ne pousserons pas plus loin aujourd'hui et par des exemples plus nombreux cette compuraison entre le verbe assyrien saparu êt le verbe égyptien heb. Leur histoire est tout à fait la même puisque, partis d'an même sens primitif, ils en sont venus graduellement et en quelque sorte par la même roate aux mêmes sons dérivés qui, à première vue, pourraient paraître déjà distants de ce sens primitif et fondament:l. Nous n'examinerons pas non plus, bien qu'elle soit fort intéressante, la question des acceptions multiples qu'ont prises les différents substantifs formés sur cette racine saparu. Nous en avons déjà rencontré quelques-uns dans les exemples précédents. Maïs le plus important de tous, au point de vue juridique, c'est certainement ce mot naspartum ou naspirfum, auquel M. Pinches a reconnu, le premier, la valeur de mandat, de procuration. Nous avons eu l'occasion de relever une muititude d'exemples de cette valeur dans notre volume sur les obligations. Mais il ne faut pas oublier que dans les textes historiques naspartum doit être traduit plutôt encore par cordre» que par «mandat». Par exemple, quand Assurbanipal (col. V, 1. 7 de ses Annales) dit avoir frappé du glaive la tête du roi d'Élam : ina nasparti eli assur. Il faut dire ici «par l'ordre», par le mandat, par la procuration «du dieu Assur».
ces mêmes inscriptions grecques et démotiques de Philée, que nous venons de citer à l'instant,
dieux du temple, cela revient exactement au même. Seulement on ne donne pas ici la formule même de la prière, du proscynème ou de l'interrogation faite aux dieux, comme cela est fait très expressément dans les autres inscriptions citées par nous. Nous savons seulement, par le grec, que cet acte d'adoration et de prière, ce proscynème a été gravé dans un esprit de reconnaissance EVXAPICTIAC XAPIN, comme le célèbre poëme bilingue de Moschion précédemment publié par moi dans la Revue. Les Grecs nous ont dit que toutes les chapelles d'Osiris, tous les Serapées étaient des lieux d'oracle. Les malades venaient y dormir pour obtenir des songes. Ces songes étaient recueillis avec soin et écrits : nous en possédons un grand nombre sur les papyrus grecs ou démotiques du Sérapéum de Memphis. MM. Lexuaxs, Bruner DE PResce et moi-même, nous en avons publié quelques-uns. Dans l'inscription poétique bilingue de Berlin nous voyons ainsi que le dieu Osiris avait, dans un songe de cette sorte, prescrit à Moschion de mettre de la myrrhe sur son pied malade, ce qui l'avait guéri. (Comparez à ce sujet dans Rxernacu, Manuel d'épigraphie grecque, p. 73 et suiv., la curieuse inscription grecque contenant le catalogue de guérisons opérées ainsi dans l'Asclépéium d'Épidaure, à la suite de révélations du dieu dans des rêves.) Moschion rédigea donc sa très intéressante composition EVXAPICTIAC XAPIN, comme beaucoup d’autres Grecs ou Égyptiens de notre connaissance. Mais ce n'étaient pas seulement les malades qui avaient à manifester leur reconnaissance. Les documents hiéroglyphiques, surtout lors de la XXI° dynastie, nous apprennent qu'on consultait Amon sur toutes sortes de choses, même sur la politique, comme dans la stèle de l'exil, ou sur les procès résultant d'accusations contre des fonctionnaires. Nos inscriptions démotiques ne sont pas moins claires. L'inscription de Siaritu, par exemple, a été rédigée EVXAPICTIAC XAPIN parce que le dieu Thot, consulté officiellement par lui, avait daigné approuver et protéger son voyage à Philée, et la panégyrie solennelle qu'il était chargé de diriger pour faire sortir Isis de son temple et l'2mener visiter l'Éthiopie. Dans d'autres cas, ce sont de simples pélerins qui viennent prier le dieu ou la déesse pour eux et leur famille et qui rédigent les proscynèmes EVXAPICTIAC XAPIN (conf. n° 289, etc. etc.). En effet, entre la consultation de l’oracle et la simple prière il n’y a pas de différence bien fondamentale et le même mot heb sert à exprimer l’une et l’autre.
Pour en revenir à nos inscriptions bilingues, elles sont datées, nous l'avons dit, tant en grec qu'en
démotique du règne de Sévère et Antonin, les rois d'Éthiopie. Ce mot «rois» | J 1125? est rendu, nous
l'avons dit aussi, en grec par TUN KVPIUON, En effet, jamais les empereurs jusqu’à Constantin n'ont pris en Égypte le titre de roi (rex, Baorkeus). Les inscriptions, les ostraca et les textes de tout genre, en multitude énorme, sont là pour le prouver. Dans les ostraca et les inscriptions démotiques de provenance égyp-
tienne, on ne se sert même pas en égyptien du titre correspondant de 711 24; mais seulement de
celui d’autocrator et de César Auguste. Cependant à partir d'Adrien, les empereurs agréèrent le titre de «seigneur», xuptoç. Nous possédons encore le rescrit où Adrien répond qu'il accepte d’être appelé ainsi, parce qu’en réalité il est bien le maître du monde entier.
Mais en Ethiopie il en était différemment. César, autocrator partout ailleurs, dominait là comme roi d'Éthiopie, absolument comme l'empereur d'Autriche n'est en Hongrie ou en Bohème que le roi. C’est pour
cela qu'on a dans le texte démotique Jess ( 24H52 et dans le texte grec TUN KVPIWN, A la basse époque au contraire les empereurs acceptérent très bien en Égypte même le titre de BACILEVC ou de . 4 > (voir les inscriptions de Terermen et une multitude de documents grecs).
Encore un mot. Après le nom d’'Ammonius le texte fort mauvais de Lepsrus porte un groupe se rapprochant beaucoup par sa forme du verbe l'e «parler», tel qu'il est écrit dans une multitude d’inserip-
tions démotiques de cette époque. Je veux parler de la forme vel (Terermen 1. 4 et 6, Siaritu passim), etc. | J'ai donc, dans mon mémoire sur les Blemmyes, p. 29, reproduit d’après Lepsrus la forme sSS Ve 15
et traduit «il a parlé». Cela était d'autant plus naturel que, nous le voyons dans les inscriptions de ce genre, le mot heb était presque toujours en connexion avec le mot t’e. Comme après cela se trouvait le nom d'une femme, j'avais pensé que la consultation ou la prière avait eu pour objet une femme. Cela était d'autant plus naturel également qu'un grand nombre de nos inscriptions démotiques ou grecques de Philée renferment des proscynèmes faits au nom de personnes absentes et particulièrement de plusieurs femmes, mères ou parentes du dédicateur qui, d’ailleurs, parle presque toujours au nom de toute sa famille (conf. Lersius, Inscriptions grecques, n° 183, 226, 228, 237, 266, 275, 276, 2179, 281, 285, 286, 288, 293, 299, 317, 318, etc. de Philée, inscriptions démotiques de même provenance, n° 9, 10, 15, 20, 21, 37, 59, 69, 73, 85, etc., etc.).
— ——————— em = me de eme es ne nt
pour rendre le substantif NPOCKVNHMA.! Or, il faut le remarquer, «/} J- P est toujours alors donné comme synonyme de ‘1 no t'e (| 4) «parler». Ordinairement il l’accompagne et l'explique, comme une espèce explique le genre, et, après cela, on trouve la formule de la prière ou de la consultation contenant un discours direct à la divinité interpellée, discours direct précédé souvent de — ze «à savoir». C’est ainsi que dans la grande inscription de Siaritu que nous allons publier dans notre leçon d'ouverture, on lit :
2 ?22/0y2 pr UNS... poele fs Sci 2 En PTS Et ya Teipp (ss 129322 SELS SIA Su 50 < rs <Îf2 az arns Em 6 -nSmrb met
eNous avons parlé (te) au Dieu, l'interrogeant (ou le priant heb) ce dieu grand — »sur la tête de 500 victimes? — le 21 Athyr, pour l’action de faire sortirs Isis, la grande > déesse, (en lui disant) : Grande Majesté! Tu nous donneras la force pour que nous fassions »ladoration (d’Isis) convenablement. — Il fit, Thot, de Pnebs, depuis son temple, une ré- »ponse à moi, Siaritu, en ma qualité de grand prêtre. J'allai (donc) à Philée», etc.
De même dans linscription 149 de Lepsius on lit :
Ten. Mn AZU TL, SE pI£< 20 Em p/Va 0 dérereres ess 62 A2 To Su pl
fa Sn Bin VS mm. . 22m vs it vs /pne in 2hren...................fen 3
Aædec/, 12 lom2evrC SNL 754151 55 VJ Des 3 den
Mais il ne serait pas impossible que dans ce passage, comme à la première ligne (très effacée également en cet endroit) de l’inscription de T'erermen, il faille restituer, après le nom du dédicateur et de son père, le nom de sa mère, avec l'indication mautf «sa mère», telle qu’elle est écrite dans de nombreuses stèles démotiques de cette région traduites par moi dans mon second mémoire sur les Blemmyes, c'est-à-dire sous 1a
forme JY 4 93 (voir ibid., pl. 16 et passim). Cette correction, encore douteuse pour moi, ne change-
rait rien du reste à l'ensemble de notre inscription, si mal reproduite dans LxPsrus qu'on ne peut absolument rien affirmer pour ce mot comme pour plusieurs autres, criblés par LxPsrus même de marques du doute, de points noirs, d'effacements et de traits un peu tracés au hasard. C'est tout naturel d'ailleurs pour une inscription en mauvais état et écrite à l’encre.
1 Pour cet incipit POCKVNHMA de certaines inscriptions grecques de Philée voir dans Lepsrus les n° 205, 206, 292, 293, 297, 317, 318, 319, 320, etc. et pour les inscriptions démotiques commençant par
AZnZNS? les numéros démotiques 7, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 18, 19, 20, 21, 26, 37, 38, 39, 42, 43, 49, 54, 57, 68, 59, 60, 61, 62, 66, 68, 69, 71, 72, 74, 79, 81, 85,. etc., etc. On rencontre sans cesse comme substantif ce mot uät (owwwT) dans les inscriptions de Philée, mais jamais comme verbe. C'est heb qu'on
emploie verbalement à sa place. Au contraire, on trouve parfois u#t comme verbe dans les papyrus gnostiques (voir Papyrus de Londres, X, 4) et dans d’autres documents.
? C'est le mot ka PCy] — SEA tel qu'il se trouve dans le papyrus bilingue Rhind (n° 406 du lexique annexe de Bruesca), comme dans les contrats, dans le roman de Setna, etc. Notons que Beucsc, qui a complétement oublié tout ce qu'il a pu savoir autrefois, ne connaît plus ce mot.
3 Voir pour ce mot mon second mémoire sur les Blemmyes, p. 8, 9, 32, pl. 12 et passim. Il s'agit
du voyage que, d'après les textes grecs et démotiques, Isis faisait chaque année en Ethiopie. Le mot blemmye qui désignait ce voyage était emafep.
<Le Kerni d’Isis, l'agent d'Isis, pria (heb) dans le sanctuaire du dieu grand,' sr » deux victimes (offertes par lui). Il le pria (heb), ce dieu grand, par ses paroles . .. D... au moment où l’on faisait la fête et où l’on faisait le service . . . . . de cette » Majesté grande encore, en disant (2e) : Majesté Grande! Thot de Pnebs! (Écoute les » prières d’un tel) de sa femme et de ses enfants à jamais, parce que (etbe yep — ete xe: »il ta prié dans ce sanctuaire sur ces deux victimes. »
Semblablement dans l'inscription 37 nous trouvons d’abord à la 3° personne? :
MAN nbLb5 in 92
«Adoration de Téos, fils de . . . .»
Puis Téos prend la parole et dit :