‹ Les pasteurs en Egypte (volume 2)Chapitre 81 sur 88 · MENO)YC EZ A(YT)UN T(UN · texte numérisé non relu

MENO)YC EZ A(YT)UN T(UN

Il me semble que le discours devait se terminer à la colonne suivante. C'était donc — si on le - compare aux grands discours de Démosthène : sur la couronne, sur l'ambassade, etc. — un petit discours, un ÀAoylôwv suivant l'expression de Longin. Mais ce Aoylôtov était considéré par les anciens comme un admi-

rable chef-d'œuvre, et il méritait cette réputation.

accordant le droit de cité aux Métèques qui, dans Athènes, venaient en aide aux citoyens les Trézénois du parti d'Athènes, chassés de leur ville par un Athénien, aient été bien dans Athènes, cela se comprend aisément.! Qu'on ait fait pour eux ce qu’on faisait pour we la masse des Métèques, cela devait être. Mais on sent, rien qu’en y pensant, la colére & les Athéniens devaient éprouver devant l’Athénien qui était devenu lagent du parti mm} donien au lendemain de Chéronéc.

L'espace de plus de cent cinquante ans écoulé alors depuis le temps des guerre = diques, depuis l’époque où les Trézénois s'étaient conduits en frères envers les Athéniens ds la lutte contre le Barbare, nous indique que, lors du procès d'Athénogène, on n’était pas ti loin du soulèvement superbe d’où résultèrent les derniers triomphes de la guerre Lamige malheureusement bientôt suivis de lécrasement final d'Athènes et du supplice d'Hypéné C'est le même sentiment patriotique? qui préside à cette partie du discours contre Athénog=

1 Cela se comprend d'autant mieux que, suivant le témoignage de Cicéron (De officiie, liv. IL 4X les Athéniens, quittant leur ville devant l'invasion de Xercès, avaient confié en dépôt leurs femmes et ke enfants aux citoyens de Trézène avant de s'engager dans la lutte héroïque où ils écraséèrent les forces is Perses et qu'à Platée ils les avaient eus pour compagnons d'armes (voir plus haut col. 14, p. 53 note) Cs à ces souvenirs qu'Hypéride se référait quand il rappelait les services rendus par les Trézénois aux Aë niens en face du Barbare, il y avait plus de cent cinquante ans. Cette date nous amène plus près de la ges Lamiaque que de la bataille de Chéronée pour le moment où fut prononcé le discours contre Atbémgis

L'auteur de la vie des dix orateurs nous raconte qu'après son exil, avant sa réconciliation # Hypéride, Démosthène, pour se rapprocher le plus possible de cette chère patrie dont il était chassé pr tageait sa vie entre l'île d'Egine et Trézène. Si ce détail biographique est exact, il nous fait bien voræ la ville de Trézène, malgré les expulsions opérées par Athénogène, était redevenue une amie d’Atss à la veille de la guerre Lamiaque comme au lendemain de la bataille de Chéronée: car autremiti patriotisme en eût éloigné Démosthène.

? J'aurais beaucoup à dire sur le genre oratoire d'Hypéride, genre très personnel et qui 1# possible qu'à un homme tel que lui, le patriote toujours impeccable. Mais cela prendrait trop de plats retarderait trop, sans doute, l'apparition, déjä tardive, de ce mémoire. Je me bornerai donc à repré ici les quelques mots que, dès les premières impressions, — confirmées, complétées toujours dans le sù sens par une étude plus approfondie — j'avais écrits à ce sujet dans la Revue des études grecques :

«Quand j'eus reconstruit l'ensemble du contexte, je fus frappé de voir combien l'antiquité avatt »raison d'admirer l'extrême habileté d'Hypéride — habileté dont nous étions loin de pouvoir nous ## » une idée d’après les morceaux retrouvés dans les papyrus égyptiens actuellement à Londres.

«En effet, le discours pour Euxénippe n'est pas un plaidoyer proprement dit, mis par l'avocat à »la bouche de la partie. C’est l'intervention officieuse d’un homme grave qui, dans l'intérêt d'un sacs »expose son avis sur le fond du procès. Hypéride s'adresse aux juges en son propre nom. Ii leur æ »mente en jurisconsulte la loi qu'ils doivent appliquer. Il entre donc pour ainsi dire en délibération »eux : et la cause a été plaidée de part et d'autre par les avocats quand il apporte à l'accusé son a » moral.

« Aussi prend-il soin de rappeler que, cet appui, il l'a prêté autrefois à l'accusateur dans de à »constances analogues. Quand il oppose sa manière d'agir dans les procès intentés par lui à celle qi » reproche à cet accusateur, ce n'est plus Euxénippe, c’est lui-même, Hypéride, qui occupe le premier ps » C'est là un genre tout différent du genre habituel des plaidoyers grecs : et le talent de l'avocat n# »laisse entrevoir qu'à peine dans les paroles mesurées du personnage politique, dictant aux juges ls » sentence.

«Quant au plaidoyer pour Lycophron, on n'en a qu’un fragment, d'après lequel on ne sait pas mis | » quel était le sujet du procès.

«C'est là, avec quelques débris du discours contre Démosthène (débris dont le Musée du Loum > possède une partie), tout ce que les papyrus acquis par l'Angleterre nous avaient rendu des plaidoyer. » vrais ou supposés, d'Hypéride.a ——

(a) Le fragment que M. Kenyon a publié dans son nouveau livre sur les textes classiques des papyrus du British Muse livre que nous venons de recevoir à l'instant — sous l'attribution très hypothétique à Hypéride (avec un point d'interrogation care

get, plus tard, au discours funèbre du même orateur sur le général Leosthène et sur ses glorieux . a Compagnons de la guerre Lamiaque. Mais ici ce sentiment est encore comprimé. Alexandre

ai = «Je dis : vrais ou supposés. En effet, les anciens nous apprennent que — pour Hypéride, comme ,» pour Démosthène, pour Lysias et pour la plupart des orateurs grecs, à côté des discours authentiques, — »légitimes, yvétx, on avait fait figurer sous leur nom et on vendait comme étant d'eux les œuvres de »contemporains moins célèbres ou même de faussaires. « Aucun doute de ce genre ne pourrait se produire relativement au plaidoyer d'Hypéride contre » Athénogène découvert par nous; car c’est un des deux que Longin cite dans son Traité du sublime comme » donnant les meilleurs exemples de grandes qualités propres à Hypéride et étrangères à Démosthène. 4! «C'étaient ces grandes qualités qui, suivant le témoignage de l’auteur de la Vie des dix orateurs, »faisaiont préférer Hypéride à Démosthène par quelques critiques.

«La différence entre les deux genres est considérable,

« Démosthène est violent par nature et souvent il se laisse aller pleinement à cette violence. Dans »8es plaidoyers d'avocat, comme dans ses discours politiques, les démentis les plus énergiques se ren- »contrent à chaque pas. «Cela n’est pas! Par Jupiter! Cela n’est pas!» Voilà une phrase qu'il affectionne, » pour aborder la réfutation de ses adversaires.

«Pauvres adversaires! il les traite comme les derniers des criminels, et cela non point vers la fin, » mais souvent dès le début même de ses discours. Il prend le taureau par les cornes, comptant sur sa »vigueur extrême pour le terrasser et l'étouffer.

«Hypéride procède autrement. Mesuré dans ses expressions et dans ses gestes, plein de grâce dans »8e8 mouvements et dans ses récits, gardant la démarche la plus naturelle dans les manœuvres de la »tactique la plus savante, sans attitude théâtrale, ävev üxoxploux, avant de frapper les grands coups il est » maître de son adversaire, qu’il enlace et qu'il enveloppe dans les mailles de ses arguments.

«Une note qui vibre toujours avec énergie dès qu'il la touche, c’est la note du patriotisme. Il est »patriote jusqu’au fond du cœur. Toute son âme est là, on le sait : et il lui suffit de quelques mots dits »>à voix basse, quand il se contient, pour évoquer aux yeux de ses auditeurs l’image sacrée de la patrie, » dont ils croient entendre la voix.

«Ici encore la personnalité de l'orateur est pour beaucoup dans la portée de son éloquence. Si l'on » veut éprouver les émotions profondes et l’admiration que les anciens nous ont exprimées à propos du l »discours funèbre pour les morts de la guerre Lamiaque, (dont Strobée nous a conservé la péroraison et ! »dont on possède quelques fragments sur papyrus,) il faut se rappeler que c'est Hypéride qui parle. Il ‘ »faut revoir devant soi cet homme : tel qu'il s'était montré déjà dans la lutte contre Philippe, quand il ! s»faisait voter des couronnes à Démosthène, quand il le secondait en tout, quand, au lendemain de la dé- |! »faite de Chéronée, il portait une loi d’après laquelle les métèques et les esclaves, recevant le droit de | »cité, s'armaient avec les Athéniens pour la résistance et une guerre à mort; tel qu’il fut, plus tard, après

»les victoires d'Alexandre et la conquête de l’Asie, quand il mit en cause Démosthène lui-même pour »n’avoir pas su résister aux avances et peut-être aux dons de ce conquérant invincible; tel qu'il fut enfin | »quand, après la mort d'Alexandre, il jeta le gant à la face d'Antipater et, plus heureux que Démosthène,

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