‹ Les pastorales de Longus, ou Daphnis et ChloéChapitre 35 sur 74 · LIVRE II. S · texte numérisé non relu

LIVRE II. S

firent en son honneur les libations accoutumées. Chloé chanta, Daphhis joua de la flûte, et chacun pnt place à table.

Ainsi qu'ils faisoient chère lie, survint de cas d'aventure le bon homme Philétas, apportant à Pan quelques chapelets de fleurs, et des moissines avec les grappes et la pampre encore au sarment ; et quant et lui amenoit son plus jeune fils Tityre, jeune petit gars ayant cheveux blonds et couleur vermeille, air vif et malin, et qui en courant sautoit ne plus ne moins qu'un chevreau.

Dès qu'ils aperçurent Philétas, ils se levèrent tous, allèrent avec lui couronner l'image de Pan, et suspendirent les moissine*s du bon Philétas aux branches du pin; puis, lui faisant place parmi eux, le convièrent à leur repas. Or, quand ces vieillards eurent un peu bu, adonc conmiencèrent-ils à conter de leurs jeunes ans, comme ils gardoient leurs bêtes aux champs, comme ils étoient échappés de plusieurs dangers et surprises d'écumeurs de mer et de larrons. L'un se vantoit qu'il avoit une fois tué un loup, l'autre qu'après Pan il n'y avoit homme qui sût si bien jouer de la flûte que lui. G'étoit Philétas qui se donnoit cette louange. Daphnis et Chloé le prièrent qu'il leur voulût de glace montrer un petit de sa sciesoe, et

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qu'en ce sacrifice faitàPan^ il honorât avec sa fiûte k Dieu amateur de tels sons. Philétas y consentit, encore que pour sa vieillesse il se plaignit de n'avoir plus guère d'haleine, et prit la flûte de Daphnis. Mais elle se trouva trop petite pour y pouvoir montrer beaucoup de savoir et d'artifice, comme celle de quoi jouoit un jeune garçon seulement ; par quoi il envoya Tityre en son logis, distant d'environ demi-lieue, pour lui apporter la sienne. L*enfant jette là son hocqueton, et s'en court comme un faon de biche ; et cependant Lamon se mit à leur conter la fable de Syringe, pour laquelle apprencfre il avoit donné à un chevrier de Sicile, qui en savoit la chanson, un bouc et une flûte.

a Cette Syringe, leur dit-il, aujourd'hui « flûte pastorale, jadis étoit une belle fille « ayant voi x mélodieuse et grande science de « musique. Elle gardôit les chèvres, chan- « toit et se jouoit avec les Nymphes. Pan, « qui la voyoit aux champs garder ses bêtes, a jouer, chanter, un jour vient à elle et la « prie de ce qu'il vouloit, lui promettant « faire que ses chèvres porteroient toutes tt deux chevr'èaux à chaque portée. Elle se « moqua de son amour, et dit que jamais t elle n'auroit ami, non seulement tel

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