hiver
1. Amyot et toutes les éditions de Courier donnent trois jours. C’est une inadvertance trop évidente. Le texte porte : 44 nv Y0Ès xxi rownv étobynouc ce qui signifie plutôt : 1l y a peu de temps.
Quand ils se virent l’un l'autre, à peine qu'ils ne tombérent tous deux, de grande aise qu’ils eurent. Ils se forcèrent toutefois de se tenir sur leurs pieds, s’entr'appelèrent, se donnèrent le bon jour, et se baisèrent, ce qui leur fut comme un étai et appui qui leur vint à point pour les engarder de tomber.
Ayant ainsi Daphnis contre son espérance vu, et davantage ayant baisé sa Chloé, s’assit auprès du feu et déchargea sur la table ses grives et ses ramiers, contant à la compagnie comment, ennuyé de tant demeurer à la maison, il s’en étoit venu chasser aux oiseaux. et comment il en avoit pris aucuns avec des collets, d'autres avec des gluaux, ainsi qu'ils venoient aux grains de lierre et de myrte. Ceux de la maison le louèrent grandement de son bon esprit, et le priérent de manger à bonne chère de ce quele mâtin leur avoit laissé, commandant à Chloé qu'elle leur versât à boire, ce qu’elle fit bien volontiers, à {ous les autres premièrement; et puis à Daphnis le dernier ; car elle faisoit semblant d’être fâchée contre lui, de ce qu'étant venu si près, il s’en étoit voulu aller sans la voir ni parler à elle ; et néanmoins avant que lui présenter à boire, elle but un trait en la tasse, puis lui baïlla le demeurant, et lui, encore qu'il eût grand soif, but lentement et à longue haleine, pour en avoirtant plus de plaisir.
Si fut tantôt la tabie vide de pain et chair, et lors assis, ils lui demandèrent nouvelles de Myrtale et Lamon, disant qu'ils étoient bien heureux d'avoir untel bâton de leur vieillesse ; desquelles louanges Daphnis n’étoit pas marri, mêmement qu'on les lui donnoit en présence de sa Chloé. Mais quandils lui dirent qu'ils le retenoient ce jour et celui d'après, à cause qu’ils devoient le lendemain faire un sacrifice à Bacchus, peu s’en fallut qu’il ne les adorât au lieu de Bacchus. Si tira de son bissac force gâteaux et des oiseaux qu'ils habillèrent pour le souper. Ainsi fut derechef le feu allumé, le vintiré, la table dressée, et sitôt qu'il fut nuit close se mirent à manger, après quoi ils passèrent le temps, partie à faire de plaisants contes, et partie à chanter, jusqu'à ce que sommeil leur vint; et lors ils s’en allèrent coucher, Chloé avec sa mère, Daphnis
125 tomberent. — 126. se forcerent. — 127. s’entrappellerent, se donnerent. — 128. baiserent, — 130. Ainsi Daphnis ayant contre son espérance et vu et baisé Chloé, s’assit, — 136. louerent. — 136. prierent. — 142. et néantmoins. — 144. grand soif. — 146. Si fut tantôt la table vuide ; toutefois restant encore assis, ils lui demanderent des nouvelles de Myrtale et de Lamon. — 154. qu'ils préparerent. — 154 de rechef. — 156. passerent, —