‹ Les Pastorales de LongusChapitre 44 sur 91 · très-bien. — 514 rustauts. — 517. vitesse · texte numérisé non relu

très-bien. — 514 rustauts. — 517. vitesse

4. Rustauts. Nous respectons cette orthographe voulue par Courier.

découvriroit son amour qu'à sa mère. Mais Dryas ne le permit point, ains le voulut dire lui-même au père de Daphnis, se faisant fort de lui faire bien accorder. Si prit le lendemain, aussitôt qu'il fut jour, les enseignes de reconnoissance qu'il avoit trouvées avec Chloé, et s’en alla devers Dionysophane, qu'il trouva dans le verger, assis avec Cléariste et leurs deux enfants Astyle et Daphnis : si leur commença à dire : « Même nécessité me contraint de vous « déclarer un secret tout pareil à celui de Lamon, c’est que je n'ai « engendré ni nourri le premier cette jeune fille Chloé : autre que « moi l'a engendrée ; une brebis l'a allaitée dedans la caverne des « Nymphes. Je la vis ; ébahi, je la pris, l'emportai, et depuis l'ai « nourrie et élevée. Sa beauté même le témoigne, car elle ne tient Cenrien de nous ; aussi font les marques et enseignes que je « trouvai avec elle, plus riches que ne porte l’état d’un pauvre « pâtre. Voyez-les, et puis cherchez ses vrais parents, si à l’aven- « ture elle seroit point sortable pour femme à Daphnis. »

Dryas ne jeta point sans dessein cette parole, ni Dionysophane ne la reçuten vain ; mais, prenant garde au visage de Daphnis, et le voyant changer de couleur et se détourner pour pleurer, connut bien incontinent qu’il y avoit des amourettes entre eux deux; et, étant soigneux de son fils plus que de la fille d'autrui, examina le plus diligemment qu’il put la parole de Dryas : et, quand encore il eut vu les marques de reconnoissance qui avoient été exposées avec elle, c’est à sçavoir des patins dorés, des chausses brodées, et une

530. et qu'il ne descouvriroit. — 530. mere. — 531.luy-mesme. — 532. luy. — 532. Si print. — 532. aussitost. — 533. de recognoissance. — 533. qu'il

avoir trouvées. — 534. avec Dionysophanes. — 534. dedans son verger. — 539. Cleariste. — 536. Nécessité, me contraint. — 537. un pareil secret que celuy de Lamon lequel je n’ay encore dict à personne. — 537. n’ay engen-

dré ne nourry. — 538. ceste. — 538. que moy. — 539. et l’une de mes brebis l’a allaictée dedans la caverne des Nymphes, où elle avoit esté exposée et là ou je l’ay moy-mesme trouvée, et depuis nourrie et eslevée jusques icy. — 941. Sa beauté tesmoigne assez qu’elle n’est point ma fille, car elle ne ressemble ny à moy ny a ma femme. — 542. aussi font les enseignes de recognoissance. — 542. que je trouvay. — 543. lesquelles sont plus riches. — 543. l'estat. — 544. pasteur. — 544. et cherchez ceux qui sont ses vrais parents pour voir si elle seroit point sortable pour estre femme de Daphnis. — 548. se destourner pour plorer, cogneut. — 550. estant. — 550. d’autruy.

— 951. qu'il peut. — 552. veu les marques de recognoissance qui avoyent ésté. — 553. dorez.

540. des Nymphes, où enfant elle fut exposée. — 553. à sçavoir.

coiffe d’or, adonc appela-t-il Chloé, et lui dit qu'elle fit bonne chère, : 555 pour ce que jà elle avoit trouvé un mari, et bientôt après trouveroit son père et sa mère.

Cléariste dès-lors la prit avec elle, la vêtit et accoutra comme femme de son fils. Mais Dionysophane appela Daphnis à part, et lui demanda si elle étoit encore pucelle. Daphnis lui jura qu'elle ne

560 lui avoit rien été de plus près que du baiser, et du serment par lequel ils avoient promis mariage l'un à l’autre. Dionysophane se prit à rire de ce serment, et les fit tous deux diner avec lui.

Là eût-on pu voir ce que c’est qu'ornement à naturelle beauté ; car Chloé vêtue et coiffée, bien que de sa simple chevelure, et ayant

565 lavé son visage, sembla à chacun si belle par-dessus le passé, que Daphnis même à peine la reconnoissoit ; et quiconque l’'eût vue en tel état, n’eût point fait doute d'affirmer par serment qu’elle n'étoit point fille de Dryas, lequel toutefois étoit à table comme les autres avec sa femme Napé, et Lamonet Myrtale aussi, tous quatre sur

570 un même lit.

Quelques jours après on fit derechef des sacrifices aux dieux pour l’amour de Chloé, comme l'on avoit fait pour Daphnis, et fit-on semblablement le festin de sa reconnoissance ; et elle de son côté distribua ses meubles de bergerie aux dieux, sa panetière, sa flûte,

975 et les tirouers où elle tiroit les brebis, et épandit dedans la fontaine qui étoit en la caverne des Nymphes, du vin, à cause qu’elle avoit été trouvée et nourrie auprès d’icelle fontaine ; etsema de chapelets et bouquets de fleurs la sépulture de la brebis que Dryas lui enseigna, et joua encore de sa flûte pour réjouir ses brebis, faisant

580 prière aux Nymphes que ceux qui seroient trouvés ses naturels parents fussent dignes d'être alliés de Daphnis.

F 554. appella-t-il. — 554. luy. — 554. qu’elle feist bonne chere pource que. 555. mary. — 555. bientost. — 556. son vray père et sa mère. — 557. Cleariste. — 557. la print. — 557. la vestit et accoustra. — 558. Dionysophanes. — 559. luy. — 559. estoit. — 559. luy. — 559. ne luy. — 560. esté. — 561. ils avoyent. — 561. Dionysophanes se print. — 562. les feit tous deux disner avec luy. — 563. ceque. — 566. mesme. — 566. recognoissoit. a 566. l’eust veue en tel estat, n’eust point faict de doubte. — 567. n'estoit. — 568. toute-fois estoit à la table. — 571. on feit. — 572 faict. — 572 et feiton. — 573. recognoissance. — 573. costé. — 574. aux Dieux, sa pennetière, safluste, — 575. espandit. — 576. estoit. — 577. esté. — 577. fonteine. — 578. sepulture. — 578. luy. — 579. fluste. — 579. resjouyr. — 580. prieres. — 580. seroyent trouvez. — 581. d’estre alliez.

FRS : RAR ha B 555. pource que — 556. son vrai père et sa mère. — 566. a peine. — 571. aux Dieux. — 580. prières.

Après qu’ils eurent fait assez de fêtes et de bonne chère aux champs, ils délibérèrent de s'en retourner à la ville, afin de chercher les parents de Chloé, pour ne différer plus les noces : par quoi, dès le matin, firent trousser tout leur bagage, et donnèrent à Dryas encore autres trois cents écus, et à Lamon la moitié des fruits de toutes les terres et vignes qu'il tenoit, les chèvres avec leurs chevriers, quatre paires de bœufs, des robes fourrées pour l'hiver, et, par-dessus tout cela la liberté à lui et sa femme Myrtale, puis cheminèrent vers Mitylène, avec grand train de chevaux et de chariots.

Or, ce jour-là, pource qu'ils arrivèrent le soir bien tard, les autres citoyens de la ville n’en sçurent rien: mais, le lendemain au plus matin, le bruit en étant couru partout, il s’'assembla au logis de Dionysophane grande multitude d'hommes et de femmes ; les hommes pour s'éjouir avec le père de ce qu'il avoit retrouvé son fils, mêmement après qu’ils eurent vu comme il étoit beau et gentil ; et les femmes, pour s’éjouir aussi avec Cléariste de ce que non seulement elle avoit recouvré son fils, mais aussi trouvé une fille digne d’être sa femme; car Chloé les étonna toutes, quand elles virent en elle une si parfaite beauté, qu'il n’étoit possible d'en voir une plus belle. Brief, toute la ville ne parloit d'autre chose que de ce jeune fils et de cette jeune fille, et disoit chacun que l'on n'eût sçu choisir une plus belle couple : si prioient tous aux dieux que la parenté de la fille fût trouvée correspondante à sa beauté. Il y eut plusieurs femmes de riches maisons qui souhaitèrent en ellesmêmes, et dirent: Plût aux dieux que l’on pensât assurément qu'elle fût ma fille!

582. faict. — 582. festes. — 582. de bonne chere. — 583. delibererent. — 584. differer plus les nopces. — 584. parquoy, des le matin, feirent. — 565. et donner. — 586. escus. — 587. fruicts. — 587. chevres. — 589. l'hyver. — 589. tout ce. — 589. Myrtale manque dans F. — 590. cheminerent vers Mitylene. — 591. charriots. — 592. arriverent. — 593. sceurent. — 594. le bruict en estant couru par-tout. — 595. Dionysophanes. — 596. s’esjouir avec le pere. -— 597. mesmement. — 597. veu. — 597. estoit. — 597. s’esjonir (sic). — 598. Cleariste. — 598. non-seulement. — 600. d’estre. — 600. estonna. — 601. veirent. — 601. parfaicte. — 601. n’estoit. — 601. veoir. — 603. n’eust sceu. — 604. prioyent tous aux Dieux. — 605. fust. — 605. Y eut. — 606. souhaitterent en elles-mesmes. — 607. Pleust aux Dieux. — 607. pensast asseurement qu'elle fust.

585. et donner à Dryas. — 593. scurent. — 598. non-seulement. — 604. sçu. — 604. aux Dieux. — 607. aux Dieux.

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Mais Dionysophane, après avoir quelque temps pensé à cette affaire, s’endormit sur le matin profondément: et en dormant lui vint un songe : il lui fut avis que les Nymphes prioient Amour de parfaire et accomplir à la fin le mariage qu'il leur avoit promis; et qu'Amour, détendant son petit arc, et le jetant en arrière auprès de son carquois, commanda à Dionysophane qu'il envoyäât le lendemain semondre tous les premiers personnages de la ville pour venir souper en son logis ; et qu’au dernier cratère, il fit apporter sur table les enseignes de reconnoissance qui avoient été trouvées avec Chloé, et qu'il les montrât à tous les conviés : puis, cela fait, qu'ils chantassent la chanson nuptiale d'hyménée.

Dionysophane, ayant eu cette vision en dormant, se leva de bon matin, et commanda à ses gens que l’on préparât un beau festin, où il y eût de toutes les plus délicates viandes que l’on trouve, tant en terre qu’en mer, ès lacs et ès rivières, envoya quant et quantprier de souper chez lui tous les plus apparents de la ville.

Quand la nuit fut venue; et le cratère empli pourles libations à Mercure, lors un serviteur de la maison apporta dedans un bassin d’argent ces enseignes, et les montra de rang à chacun des conviés. Il n'y eut personne des autres qui les reconnût, fors un nommé Mégaclès, qui, pour sa vieillesse, étoit au bout de la table, lequel sitôt qu’il les aperçut, les reconnut incontinent, et s'écria tout haut : & O Dieux! que vois-je là! Ma pauvre fille, qu’es-tu devenue ? es-tu en vie? ou si quelque pasteur a enlevé ces enseignes qu'il aura par fortune trouvées en son chemin ? Je te prie, Dionysophane, de me dire dont tu les as recouvrées : n’aye point d'envie que je retrouve ma fille comme tu as recouvré Daphnis. »

609. Dionysophanes. — 609. quelque-temps. — 610. profondement. — 610. luy. — 611. il luy fut advis. —- 611. prioyent. — 613. debandant, — 613. jettant. — 614. Dionysophanes. — 614. envoyast. — 616. soupper. — 616. et quand on seroit au dessert qu’il feist apporter sur la table. — 617. recognoissance qui avoyent esté. — 618 monstrast. — 618. conviez. —618. faict. — 619. de Hymenée. — 620. Dionysophanes. — 622. eust. — 622. delicates. — 623. rivieres. — 623. quand et quand. — 624. luy. — 625. nuict fut venue, que le banquet fut achevé, on remplit la cruche de laquelle on a accoustumé, à la fin du festin, de boire en l'honneur de Mercure. — 626. et lors. — 627. monstra. — 627. conviez. — 628. recogneust — 629. Megaclès. — 629. estoit. — 630. sitost. — 630. apperceut, les recogneut. — 630. et s’escria tout hault. — 633. qu’il a. — 633. Dionysophanes.

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