‹ Les Pastorales de LongusChapitre 63 sur 91 · IL — MORPHOLOGIE FORMES DE L'ARTICLE · texte numérisé non relu

IL — MORPHOLOGIE FORMES DE L'ARTICLE

Ës, vieille forme contractée de en les, se trouve dans la version de Courier : IV. 623. ès lacs et ès rivières.

A part cette exception, l'auteur ne se sépare pas de l’usage moderne pour l'emploi de l'article.

Adjectif et substantif. — Les anciens adjectifs épicènes disparaissent. Vert fait au féminin verte. D'ailleurs, Courier laisse subsister verd à côté de vert. Grand fait grande, sauf dans les cas où la forme épicène est restée dans l’usage moderne.

IIT. 609. en grande dévotion d’ouir ; IV. 680. des lits de verde ramée.

Nous n'avons à signaler aucune particularité intéressante en ce qui concerne les substantifs. Toutefois nous noterons la forme capitainesse féminin de capitaine : II. 525. la galère capitainesse. Godefroy la cite comme substantif.

Pluriel des mots terminés par une dentale — Au pluriel de ces mots, Courier conserve la dentale avant l’s : IT. 284. les regardants; IV. 514, les rustauts. Jamais il ne remplace s par z, même dans les mots dont la consonne finale est f ou /, comme le voulait Maupas. Il écrit bœufs, éternels à l'encontre d’Amyot qui, dans ces mots, substitue z à s final.

Degrés des adjectifs ou adverbes. — On ne peut noter qu'un seul emploi curieux : IT. 592. un qui vaut trop mieux que nous.

Le superlatif relatif se rencontre aussi plusieurs fois sans l’article : IT. 266. passages qu'ils trouvèrent plus à propos.

Pronoms indéfinis. — L'emploi de Ame comme pronom, déjà ‘rare au xvi* siècle, se retrouve sous la plume de notre auteur : IV. 122. âme? ne l’aperçut. Dans cette phrase, il n’est pas douteux qu'il s'agisse du pronom.

1. Cette forme a été. il est vrai, copiée d'Amyot et se trouve dans la partie du IV: livre qui trahit la lassitude ou la précipitation de l'auteur. 2. Ici. C porte âmé ; partout ailleurs Courier écrit ame.

Chacun. Au xvi siècle s’est développé l'adjectif chaque formé de chacun par la suppression de un. Mais, au début du siècle, on ne connaissait que chacun usité tant comme adjectif que comme pronom. Nous le trouvons en tant qu’adjectif dans ce passage : I 380. par chacun an un veau.

Un est encore regardé comme pronom : II. 257. un qui cultivoit son propre héritage ; II. 663. les mines d’un qui foule la vendange.., et d’un qui hume.

Pas un, pas une tient la place d’un pronom, équivalent de aucun aucune, avec le sens positif ou négatif : IV. 64. n’en ayant le loup ravi pas une ; IL. 317. n’y a personne... qui se soit jamais plaint que pas une d'elles ait rien brouté dans son jardin.

Le monde est pris dans le sens de on, les personnes : IL. 82. et n'est pas possible au monde de le prendre.

Verbe. — Les désinences des verbes sont, en général, les mêmes que celles d'aujourd'hui, sauf à l’imparfait et au conditionnel où jamais le traducteur n’omet de maintenir les formes en ots : Je faisois, Je riois, Je connoitrois, qui avaient détrôné au xvi° siècle les formes en oye et en oy.

Remarque : Dans le verbe aller, grande est l'indécision au sujet de la forme de la 2° personne du singulier. Elle est je vas, ou je vay, ou je voy, où je vois. Courier adopte je vas : [. 574, je m'en vas tout-à-l'heure mourir.

Au subjonctif, la forme est ene ; cependant on trouve, à la troisième personne, la forme de l’ancien subjonctif dans la formule de souhait: Dieu te gard! (III. 122.) On sait d’ailleurs qu’elle s’est conservée jusqu’au xvn° siècle et se trouve dans Molière ‘. A part cette graphie, les formes des verbes sont, à tous les modes, celles que suit l'usage moderne.

Voici les seules exceptions à cette règle que l'on puisse relever: Le verbe faillir fait au futur faudrai? et au conditionnel faudrois : III. 190. tant que les grappes ne faudroient au lierre ; IV. 60, le maître ne faudroit à les vouloir voir.

Saillir donne à l’imparfait saillois, sailloit, forme qui se trouve aussi chez Marot : III. 217. les béliers..….. sailloient puis l’une, puis l’autre.

Remarques : Souloir n'est guère employé que comme verbe

1. Fem. sav. II, 2. ee. | 2. Au xvr° siècle, on hésite entre faudray et fuilliray. Mais Rabelais n'emploie

que la première forme.

défectif. On ne le rencontre qu’à l’infinitif et à l’imparfait : II. 398. elle se souloit ébattre..…….

Selon l'usage d'Amyot, Courier conjugue avec l’auxiliaire étre les verbes courir, périr et faillir : IL. 325. leur bateau est péri en mer ; IL. 470. dès que le jour fut failli... IV. 594. le bruit en étant couru.

Formes périphrastiques. — L'emploi de certaines formes périphrastiques, comme aller disant, cuider retenir, etc., caractérise trop bien la langue du xvi siècle pour que Courier ait négligé de les enchâsser dans son œuvre:Il. 382. Chloé se cuidasauver de vitesse ; III. 416. La chaleur alloit tous les jours de plus en plus augmentant ; IV. 385. sans controuver des menteries pour cuider retenir son fils ; II. 98. si osa bien penser de trouver un prétexte.

Il est d’autres verbes, tels que feindre, faillir, dont Amyot et ses contemporains se servent, en les faisant précéder de la négation, pour former des locutions périphrastiques. Ces tournures se retrouvent dans le texte de Courier: IL.553.ïl ne faillit à lui demander ; III. 616. ne feignoit de la baiser.

On peut aussi rapprocher de ces tournures périphrastiques l'emploi des verbes : pourchasser suivi d’un infinitif: IV. 113. Lampis... pourchassoit avoir Chloé en mariage ;

Voir de également suivi de l'infinitif : [. 239. pour voir d'être belle comme lui ; vouloir, qui est employé d'une manière analogue dansles phrases suivantes: II. 104. ta vieillesse ne l’exemptera point de me vouloir poursuivre. [I 285. commencèrent à le vouloir dépouiller. II. 384. elle prioit ces soldats de ne vouloir faire déplaisir...…

Formation des participes. — Certains participes passés conservent la vieille forme que, de nos jours, ils ont définitivement perdue.

Mordre, fait mors : I. 427. Dorcon, qui avoit été mors et aux cuisses et aux épaules.

Recourre ! donne au participe recous : I. 435. lui... que l'on avoit recous de la gueule non du loup ... mais des chiens,

C'est, on le voit, le participe fort que Courier a conservé

1. Ce verbe tombé en désuétude, qu'il ne aut pas confondre avec recourir

; + + . À n'a que les formes suivantes : je recous, tu recous, il recout, l'infinitif recourre et le participe passé recous. Il signifie : reprendre sur l’ennemi.

comme une véritable curiosité ; ces formes cédaient la place aux formes analogiques comme mordu.

Adverbes. — Une question se posait, c'était celle de la conservation de s finale dans les adverbes, comme d'ailleurs dans les conjonctions et prépositions. Cette s finale subsistait généralement. Conformément à cet usage. Courier conserve l's à guéres et à nonguères, ce dernier fait sur le modèle de naguéres.

Adjectifs employés comme adverbes. — On sait que la distinction entre les adjectifs et les adverbes n’est pas toujours très marquée. L'auteur reproduit cette confusion : II. 68. (un jardin) si épais planté d'arbres ; IL. 215. pour baiser plus serré ; I. 868. celui qui lors premier exp“rimentoit... ; ajoutons-y possible, employé adverbialement pour peut-être.

On peut signaler l'emploi de certaines formes adverbiales archaïques, comme hors, léans, mais au sens de plus. Nous les avons indiquées au Lexique et n’y reviendrons pas.

Il. — SYNTAXE

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