‹ Les Pastorales de LongusChapitre 65 sur 91 · DEGRÉS DE SIGNIFICATION · texte numérisé non relu

DEGRÉS DE SIGNIFICATION

Superlatif. — Nous avons vu à la Morphologie que Courier donne au superlatif relatif la forme du comparatif, c'est-à-dire qu'illui refuse l’article ; il écrit plus pour le plus, meilleur pour le meilleur. Ces emplois, quoique condamnés à disparaître, étaient encore très fréquents au temps d’Amyot. L'auteur a pu les rechercher à la fois comme archaïsmes et comme italianismes. Notons aussi la construction qui consiste à traiter le mot malin comme une sorte d’adjectif et à le faire précéder du signe du superlatüif relatif. IV. 69. dès le plus matin. |

Adjectif. — Ilest à noter que Courier accole parfois deux adjectifs s'accordant ensemble, et qui, au point de vue du sens, se complètent l’un l’autre ou se renforcent : IIL. 280. contrefaisant la marrie troublée ; II. 684. Daphnis donna la sienne petite [flûte].

Pronoms. Pronoms personnels. — Par imitation du style marotique, le pronom personnel sujet est souvent supprimé. Mais cette suppression n'est jamais aussi fréquente que lorsqu'il s'agit du pronom neutre il : II. 476. Bref, y avoit tout tel tumulte comme en un combat de nuit ; et si, n’y avoit point d’ennemis ;

IT. 540. et y avoit un dauphin qui les conduisoit sautant hors de l’eau ; IT. 441. nonguères auparavant leur étoit né un petit garçon ; IV. 41. y avoit un temple dédié à Bacchus ; II. 639. et n'étoit demeuré qu’une seule pomme.

On voit que les exemples de la suppression de il neutre sont très nombreux ; encore n’avons-nous pas choisi des phrases où se trouvent des verbes impersonnels comme semble, faut, suffi, devant lesquels la suppression du pronom est tout à fait de règle : Ex. IT. 539. Là où... nous falloit la plupart du temps mener nos chèvres.

Quand le pronom sujet je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles, a déjà été exprimé devant un premier verbe, Courier se fait, pour ainsi dire, une loi de le supprimer devant le second ; les exemples en sont multiples : IT. 107. Je ne suis point enfant..…, mais suis plus ancien que Saturne ; III. 565 ; il ne vouloit d'eux rien avoir, ains plutôt étoit prêt... III. 590. lors ils seront mari et femmeet en attendant s’aimeront comme frère et sœur ; II. 383. Chloé... se jeta. dans l’antre des Nymphes... et là prioit.

Par analogie, ce pronom personnel est supprimé devant le second verbe même lorsqu'il n’a pas été exprimé devant le premier : Il. 471. Il leur fut avis que la terre étoit toute en feu et vers la haute mer entendirent un bruissement. La locution il leur fut avis que est assimilée ici à un verbe à un mode personnel précédé de ils, comme ils croyaient voir que.

Le pronom personnel à l'impératif. — A l'impératif, le pronom régime au lieu de suivre le verbe le précède, non seulement lorsqu'on exprime une défense, mais même lorsqu’on veut formuler un ordre; en pareil cas c’est la forme légère du pronom que l’on emploie, c’est-à-dire me, te, se. Ex : IL. 439. Pourtant ne t'afflige point, mais te lève ett’en va consoler Lamon et Myrtale ; IL. 123. et te répute bien heureux...

Emploi du pronom à la forme du régime. — D'ailleurs, lorsque le pronom est détaché de son verbe, Courier a soin, selon l'usage moderne, de lui donner la forme du régime moi, toi, lui, qui remplace, dès le xvr® siècle, la forme du sujet : II. 53, Le bonhomme Philétas, enfants, c'est moi; IV.147. Et toi, sire Bacchus ; IV. 297. Mais toi, mon maître, tu le peux... ; II. 100. Quant à moi, Philétas ; IL. 58. Un jardin est à moi... que j'ai planté moi-même.

Rémarques.— On voit, par ce dernier exemple, que notre auteur fait accompagner certains verbes du pronom sous sa forme lourde, précédé de la préposition. Il écrit de même : I. 90. Je

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n'ai plus su me courroucer à lui. Suivant un usage qui étaitencore général au xvir* siècle, il construit le verbe parler avec le pronom précédé de la préposition. Ex. : HIL. 141. sans la voir ni parler à elle. On disait de même : Je parle à vous. Mais, devant l'infinitif ou le participe, la forme du pronom personnel est généralement la forme légère : IV.298. te souvenant qu'Amour n'a point de loi ; IL. 516. là, se promenant sur le sable.

Pronoms réfléchis. — La forme du pronom réfléchi se a supplanté partout la forme soi et son substitut archaïque, elle, eux : I. 151. Et toujours se tenoient ensemble.

Conformément à l’usage qui s'était généralisé dès le xvi° siècle, la forme légère se s'emploie aussi devant l’infinitif et le participe : I. 53. sans autrement se soucier de l’enfant.

Pronoms démonstratifs. — Ceux. Noter l'emploi de ceux dans des expressions comme celle-ci : II. 297. entre ceux de son village.

Ce pour cela. Le démonstratif ce remplace habituellement cela. Mais il est à noter qu’il doit toujours précéder le verbe dont il est le complément : Il. 338. les paysans de ce mutinés ; III. 438. ce disoit Napé ; III. 482. Nous sommes, ce lui dit-elle.

On voit que cette construction est toute naturelle dans les incises.

Remarque.— Le pronom neutre ce,au sens de cela, est régulièrement sous-entendu lorsqu'il est l’antécédent d’un relatif. Courier copie cette tournure dans les phrases suivantes : IV. 288. Astyle lui demandant... que c’étoit qu'il vouloit dire. IIT. 376. Daphnis qui savoit que c'étoit de ce retentissement...; III. 113. Voici qu'il avint. Mais il écrit : [. 245. elle n’eût su dire ce que c’étoit.

Déterminatifs. — Celui, celle qui, présentent un emploi disparu aujourd'hui de la langue. En les faisant précéder de comme, l'auteur leur donne la valeur d’un pronom indéfini. Ils répondent alors au latin utpote qui : I. 368. comme celui qui lors premier expérimentoit ;II. 530. les chèvres... comme celles qui savoient jà gravir.….Il. 615. comme celle de quoi jouoit un jeune garçon.

De cet emploi, on peut rapprocher cette tournure : IL. 497. Or n'étoit celui parmi eux conservant tant soit peu de sens, qui ne connût, c'est-à-dire il n'y avoit personne qui ne connût.

Kelatifs. — Dont était souvent confondu avec d’où. Courier copiant Amyot offre un exemple de cette confusion : IV. 633. Je te prie de me dire... dont tu les a recouvrées. Il est difficile parfois, dans des exemples de ce genre, de démêler s’il s’agit de dont

pronom relatif ou de dont interrogatif, qui se trouve dans cette phrase de Jodelle :

dont vient l’'étonnement Que vous monstrez ! ?

On rencontre assez fréquemment une ligature par dont, dans laquelle on démêle un sens conjonctionnel : I. 532. Elle chantoit Panet Pitys : dont ses vaches étoient si aises. I. 518. (une arondelle toucha) de l'aile le visage de Chloé, dont elle s’éveilla en sursaut, II. 23. le baisa, dont il fut bien aise.

Que. Courier a eu recours également à un emploi de que où l’on démêle un sens conjonctionnel analogue à alors que, attendu que. Mais il faut noter que cette liaison par que est plus faible et se rapproche du lien relatif; en voici des exemples : I. 415. (les chiens) l’environnent qu'il n'osoit encore se dresser sur ses pieds ; I. 512. (l’arondelle... me put retenir son vol) qu’elle ne s’abattit.…. Enfin, dans toutes les éditions antérieures à C, Courier a respecté cette phrase d’Amyot : I. 568. entendant sa voix qu'il l'appeloit toujours...

Constructions relatives latines. — Certaines constructions imitées du latin sont introduites au moyen d’un relatif.

Lequel, laquelle, servent fréquemment à cet usage : par exemple on retrouve le moule de la phrase latine dans cette proposition : II. 665. Toutes lesquelles choses il fit de si bonne grâce... Cf. quæ omnia fecit, etc.

On doit remarquer deux types de propositions toutes latines employés par Courier :

1° Le relatif dépend d’un participe ou d’un gérondif : HIT. 450. ce que Chloé entendant en étoit fort déplaisante.

20 Le relatif est régime direct ou indirect d’un infinitif dépendant lui-même d’une préposition : II. 619. la fable de Syringe, pour laquelle apprendre... ; Il. 39. de quoi faire ils n'avoient jamais été paresseux ; IL. 176. à quoi faire nous entre-cherchonsnous ?

Pronoms possessifs. — La seule observation intéressante que nous puissions faire sur les pronoms possessifs consiste à signaler un emploi du possessif tonique joint à l’article et suivi de l'adjectif : IL. 684. Daphnis donna la sienne petite à Pan.

Pronoms indéfinis. — Aucun a le sens positif comme il le con-

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