‹ Les pauvres d'esprit comedie en trois actes, en proseChapitre 73 sur 79 · DELAI] RE · texte numérisé non relu

DELAI] RE

Oui, oui... c’est bien cela... Tâchez de vous convaincre vousmême qu’il s’agit ici d’un devoir et de quelques jours de loisir à donner aux affaires, et appelez à vous le premier myope qui viendra à passer, pour qu'il vous proclame ici, en effet, fort à plaindre... sinon même, fort à louer!... Mais je vous dis, moi, que votre départ demain, c’est votre amour qui fléchit devant votre orgueil; c’est le sentiment de la famille qui s’efface devant la pensée de votre œuvre; c'est l’époux, c’est l’ami , c’est le fils... qui cèdent le pas à l’écrivain et au poète !... et tout cela, c’est le contraire du devoir, le contraire du sentiment , le contraire de la poésie; c’est la fièvre de l’esprit... mal, que je connais à merveille, d’autant plus dangereux qu’on l’honore... qui s’empare d’un homme supérieur, prend ses heures, ses pensées, ses tendresses; et, absorbant bientôt le bonheur du foyer, aux applaudissements même de la famille... ose, souvent, de la pensée, gagner le cœur... veillez-y !

Vous osez!...

DBLAURE.

Tout! vous l’avez dit : c’est une... consultation; et j'opère, habitué aux cris; et les vôtres ne me troubleront pas, quand il s’agit de vous sauver !

MONFORT

J’ai pour me sauver. Monsieur, mon âme que vous oubliez!

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