ACTE DEUXIEME
HORTEXSE, se contenant.
Pardon, j'ai tort...
MONFORT
Si ça te contrarie...
nORTKNSE.
Oh I mon Dieu! c'est une impression, une idée fausse, sans doute!
M 0 > F 0 R T, légèrement.
Tu n'es pas jalouse, je pense, de mademoiselle Deresnes?
HOKTENSE, avec hauteur.
Oh ! non !
MONFORT
Encore moins de mon héroïne?
HORTENSE, réûéchie.
Eh mais, peut-être!...
MONFORT
Enfant!
IIORTEXSE.
Oh! pas si enfant!.. Pour que leur souvenir vienne si souvent se placer entre nous... il faut qu'elles vous absorbent bien, vos héroïnes!
M 0 N F 0 R T , un p°u raiUeur.
Il est vrai qu'on ne les quitte pas, comme un dossier de notaire.
HORTENSE
Alors, le dossier a du bon !
M ON FORT
Surtout les honoraires!.. — Mais sais-tu ce que répondait Newton à quelqu'un qui lui demandait comment il avait fait ses découvertes?.. « En y pensant toujours! »
no RTENSE.
J'avais entendu rappeler ce mot (d'ailleurs fort agréable pour les siens) dans une notice, lue autrefois par mon père à
l'Académie des sciences; et il y disait aussi que ce grand homme était devenu fou, en apprenant l'incendie d'une partie de ses papiers!..
M ON FOU T
Cela t'étonne?
IIORTENSE. .
Je l'aurais trouvé plus grand, étant plus calme devant un pareil fait!... On devient fou pour la perte d'un enfant, d'une femme, d'un être aimé !... mais pour un manuscrit!...
M'ONFOR T.
Dis: un coup porté à son génie!...
HORTENSE
... A son orgueil!
M ON FOR T
... A sa science et à sa gloire!... Un manuscrit? mais tu ne sais pas ce qu'il nous coûte, ce que nous lui donnons! tu ne sais pas que notre œuvre... c'est notre sang, notre vie, notre âme!...
IIO UTKNSE.
0 mon Dieu, mon ami... Tant que cela?...
MONFORT
Tu en parles à ton aise!...
II ORTENSE.
J'en parle... sous l'impression d'un grand souvenir.
MONFORT
Que veux-tu dire?
no RT EN SE.
Tu reconnais, je crois, quelque valeur à mon père?
MONFORT
Quelque valeur?... Tu n'es pas fière!...
IIORTENSE, nvec feu.
01) ! si! — J'avais quatre ans, alors; il travaillait à ce grand ouvrage des Races humaines, qui a fait tant de bruit, et devint