‹ Les Pays-Bas sous le règne de Marie-ThérèseChapitre 10 sur 60 · LA SOUVERAINE · texte numérisé non relu

LA SOUVERAINE

* Marie-Thérèse, nous dit lo président Neny (1), n’avait point eu de part au gouvernement sous le régne do son pôro (2). Elle dut se former elle-même, dans les temps les plus difficiles et par les seules ressources de son génie, au grand art do régner. Elle trouva son salut dans son courage d’esprit héroïque et incomparable et dans la supériorité de ses talents soutonus d’une application infatigable, quo ni les qualités de son soxo, ni les dissipations attachées ordinairement h, la jeunesse n’ont point altérées... »

Courage, talents, application : ce sont bien lîi les traits saillants de cette grande figure.

(1) Neny : Mémoires historiques et politiques sur les Pays-Bas autrichiens (cliap. I* r , art. XXVIII).

(2) Un envoyé vénitien, Pietro Andrea Cappello, écrivait au Sénat, en 1744, qu’elle n’avait aucune notion, aucune idée des affaires publiques en montant sur le trône. Un autre envoyé, Contarini, était du même avis. (Bulletin de l'Académie, 1664, p. 510. — Notice de M. Gachard.)

Nous avons admire son courage dans la guerre de la succession d’Autriche, alors qu’à elle seule elle devait tenir tête U une coalition formidable. Nous l’avons vue, h la veille de la guerro de Sept Ans, arriver, par des prodiges d'habileté, h augmenter en quelques années les ressources financières de l’Autriche et h doubler presque ses forces militaires. Son activité nous est attestée par tous ceux qui ont vécu près d’elle (1). Le comte de Podewils, ministre plénipotentiaire do Frédéric II h la cour de Vienne, lui a rendu justice sous ce rapport, dans les relations, peu suspectes d’enthousiasme, qu’il envoyait îi son maître (2). L’impératrice, dit-il, levée en hiver h six heures, en été h cinq ou îi quatre, consacre toute la matinée aux affaires, lit des rapports, signe des dépêches, assiste aux conférences avec les ministres et fait généralement de môme après le dîner. File a du reste, ajoute-t-il, un esprit vif, pénétrant, capable de s’appliquer aux affaires et de les démêler.

Nous avons signalé dans notre introduction le mouvement philosophique et social qui, au sortir de ht guerre de Sept Ans, semble pousser tous les États dans la voie des réformes. Il y avait incontestablement alors un besoin universel de lumière. L’Europe avait soif do vérité et de progrès dans tous les ordres d’idées. On voulait rompre avec un passé de misères morales, politiques et physiques; on voulait en finir avec des erreurs et des préjugés trop longtemps victorieux; on voulait, en un mot, marcher en avant. Ce sera l'étemel honneur de la France d’avoir organisé en quelque sorte ce mouvement social ; ce sera sa gloire la plus pure d’avoir donné un corps îi des théories qui se heurtaient confuses et diverses dans tant de cerveaux, et que le génie des Voltaire, des Diderot, des d’Alemberta précisées et revêtues d’une forme impérissable. La contagion du progrès gagna la cour, les palais des rois et les cabinets des premiers ministres. Catherine lien Ttussio, comme Frédéric II en Prusse, subit rinlîuence des encydo-

(1) Le Vénitien Cappello parle de son application incessante.

(2) Relations diplomatique» du comte de Podew 1» (1710, 1747, 1748). M. Gachard a inséré au Bulletin de la Commission royale d'/Iistoirc (1851, II, 2 e série) le manuscrit de Podewils que le docteur Wolf avait communiqué à l’Académie de Vienne en octobre 1850. Les Relations sont fort curieuses. Il est bon de mettre eu regard «les appréciations de l’ambassadeur prussien celles des ambassadeurs vénitiens.

pédistes. Chuiseulen France les protégea, malgré les arrêts du conseil. C’étaient leurs levons que suivaient Poiubal eu Portugal et d’Aranda en Espagne, lorsqu'ils initiaient leur pays aux idées nouvelles et se faisaient réformateurs.

Marie-Thérèse s’associa à cette espèce de ligue qui s’était constituée dans les régions supérieures de la société contre les traditions du moyen itge, contre l’immobilisme dans l’administration , dans les sciences et dans les arts. Et pourtant elle n’était rien moins qu’un esprit fort. Tout un monde la séparait des encyclopédistes. Catholique sincère et convaincue, entendant jusqu’à deux messes par jour et parfois intolérante, elle avait cependant compris que l'intérêt do ses États lui commandait de ne point les retenir dans les ténèbres, tandis que le progrès inondait de ses rayons bienfaisants les autres monarchies.

Ayant d’ailleurs à un haut degré le sentiment de ses droits et de l'autorité impériale, elle entendait que le principe de l’indépendance du pouvoir civil ne fût pas dans ses États une lettre morte. « Je ne veux, écrivait-elle à Charles de Lorraine, régner que pm- les lois, mais elles doivent proléger mes droits. (1) » Si le clergé fut maintes fois rappelé à son devoir envors l’autorité civile, si ses empiétements furent punis et ses velléités dominatrices déjouées, c’est que Marie- Thérèse, reprenant le mot fameux des Vénitiens du douzième siècle « Yeneziani siamo, poi Christiani, » disait nettement : « impératrice d’abord, catholique après ! » La Hère impératrice apparaissait chaque fois que l'autorité spirituelle faisait mine de s’arroger des prérogatives incompatibles avec les droits du souverain ot les lois du pays. En 1 769 le nonce s’était cru autorisé à dispenser do la publication des bans un certain Greppi, fils d’un fermier-général de la Lombardie, qui, contre le gré de sa famille, était venu épouser à Louvain une Hollandaise. 11 y avait là, comme lo conseil privé l’avait jugé, un « excès de la part du nonce, une entreprise » qui no pouvait se tolérer. L’impératrice eut bien soin do le lui fairo sentir (2). Lo 30 juillet 1767

(1) Lettre du O janvier 17G6. (Archives du Royaume, dépôt de la chancellerie des Pays-Bas à Vienne, liasse D, 88, S.)

(2) Archiivs de la chancellerie des Pays-Bas, liasse D, 90, B.

elle luisait témoigner tout son • mécontentement » îi l'archevêque de Malines, qui « avait porté atteinte aux constitutions du pays (et h ses droits) en faveur de Rome » (1).

Elle est aussi très-sévère ïi l’égard de tous les corps, do tous les magistrats qui outrepassent leur mandat et qui ne se tiennent pas dans les limites de leurs attributions. Un jour les états de Brabant veulent se séparer, bien quelle ait prorogé leur assemblée. Elle leur fait signifier, par Charles de Lorraine que leur système est « aussi visiblement opposé aux droits de sa souveraineté que contraire au vrai bien do l’Etat et môme h l’ordre et au but do toute assemblée d’états, » et par conséquent inadmissible (2). Joseph II étant devenu co-régent, ces états prétendaient qu'il devait leur prêter serment et recevoir le leur. Marie-Thérèse trouve que leur prétention, est fort déplacée (13 janvier 1766), que ce n'est ni dû, ni convenable (1 er avril 1766) (3). En 1766 le conseil de la môme province « s’émancipe de faire enlever, sans aucune autorisation du gouvernement, les papiers fiscaux qui se sont trouvés dans la mortuaire d’un conseiller privé » (4). Sa « démarche téméraire ■> est vite réprimée. Ce môme conseil « affecte do ne plus prononcer conformément <i la jurisprudence de son ressort la confiscation des biens contre ceux qu’il condamne h un bannissement perpétuel.» Il lui est sévèrement demandé compte d’une telle conduite. Un rappel il l’ordre très-énergique est infligé (5) par lettres closes au conseil privé et au conseil des finances, convaincus, d’après le rapport de Kônigsegg, « de penser souvent plus au maintien de leur autorité particulière qu’îi ce qui convient au tems et aux circonstances » (1743-1744). Marie-Thérèse ne ménage pas îi l’occasion le duc de Lorraine, quelque affection qu’elle ait d’ailleurs pour lui (6). Le duc avait révoqué un édit « émané, après mûre délibération, sur scs ordres exprès. » Le

(1) A rchinrs de la chancellerie de a Paye- Bas, (Mariage du marquis do Ch. avec uno protestante.)

(2) Dépêche citée dans les Ana/rctes de M. Gachard, 1, 223.

(H) Archives de la chancellerie des Paya- Bas, D, 87, C.

(4) » » n décembre 170t>.

(<>) Voir une notice de M, Gacburd dans le Bulletin de C Académie de 1845, II, 272,

9 janvier 1766, elle se plaint «pie cette affaire ait été traitée « d'une façon préjudiciable il ses intérêts et b l’autorité dont elle a confié l'exercice il son gouvernement. » Elle engage le duc h, « s’occuper très-sérieusement de rétablir la subordination et l’obéissance dans les magistrats. » Et comme le duc avait allégué, pour motiver sa conduite, les réclamations des états, elle lui répond avec hauteur : “ L'opiniâtreté et 1‘ entêtement des états fait donc pour mon gourcr- » ncmciit un motif pour se relâcher sur le soutien de mes droits. Et » l’exercice que je lui ai confié dépendrait ainsi de leur bonne ou » mauvaise humeur!... (1). »

Mais si elle ne transige pas sur les questions de principe, si elle veut être obéie, elle sait aussi tenir compte du zèle que les fonctionnaires et les corps constitués déploient il son service; elle récompense le mérite, elle honore la vertu ; elle rend justice h tous les talents, >1 tous les dévouements, aujourd’hui prodiguant des souvenirs, des encouragements pécuniaires aux artistes, aux lettrés, demain envoyant des médailles il des hommes qui ont fait preuve de désintéressement ou do charité (2) ; un jour mémo envoyant, sous forme d’apostille, aux bourgeois de Luxembourg, l’expression de la gratitude qu’elle éprouvait pour leur conduite “ pleine do zèle, de fidélité et de soumission » (4 mars 1747) (3), Le nombre est considérable de ceux qui ont été l’objet de sa généreuse bienveillance. Le répertoire des archives de la chancellerie des Pays-Bas ït Vienne (4) nous la fait voir répandant chaque année ses bienfaits et ses faveurs sur les personnes qui lui rendent d’éminents services ou sur les descendants d’anciens officiers, d’anciens fonctionnaires dont elle se plaisait ainsi îi récompenser en quelque sorte le dévouement jusque par delà le tombeau. “ Je sais bon grc au prince chancelier, écrivaitelle un jour, de me suggérer a récomjienser des services roulas de leurs parents r (apostille il un rapport de Kaunitz du 20 mars 1 779).

(1) Archive* de la chancellerie de* Pays- lias, D, 88, S.

(2) « n ?» Képert. Année 1779 «»<6 vote : épidémie.

(3) Analreles de M. Gachard, T, 157.

(4) Ce Répertoire est un modèle d’ordre, de netteté et d’exact itude. lise compose d’une quarantaine de registres qui faciliteut singulièrement la tâche de « eux qui étudient cette époque.

Le ministre prussien Fodewils, clans ses Eclations, convient (pie la <]ualit<5 qu'elle n’a jamais démentie, est celle de la générosité. . . qu’elle est naturellement bienfaisante... aimant îi faire des heureux... et se piquant de reconnaissance.

On cherchait bien îi abuser de la générosité de Marie-Thérèse, témoin la comtesse do Cobenzl qui bénéficia souvent des sentiments de gratitude que l’impératrice éprouvait pour la mémoire d’un des ministres dont elle avait ou le plus îi se louer (1) ; témoin môme le comte do Tarouca, son conseiller intime, auquel elle ne sut jamais rien refuser, en dépit des observations do Kaunitz (2); témoin encore cette baronne do S. dont elle disait : u Elle est connue de moi à force de demander » (3). Mais généralement l’impératrice plaçait bien ses faveurs. C’est qu’elle examinait par elle-môme les demandes, les réclamations, les plaintes, ainsi que l’attestent les nombreuses apostilles qu’elle a mises en marge des rapports do son chancelier.

Toutes les sollicitations, deinandos de croix, de promotions, de secours pécuniaires, étaient soumises il un examen minutieux. Marie- Thérèse s’efforçait d’ôtre juste, de ne point commettre de passe-droit, de no pas favoriser des intrigants sans valeur ni titres : « Qu'on fasse, écrit-elle le 26 mai 1773, une bonne leçon on jeune Van Sic. (solliciteur de la cour des comptes) parée qu’il est moins avancé dans le travail de la Chambre et qu’il a de la fortune » (4). En 1774 : « M. ayant devant lui plus de six dans l’almanach, doit encore attendre. » A une demande qui n’était fondée sur rien, elle répond : u Je trouve la demande sinon impertinente, du moins à n’y pas répondre cl tâcher l’oublier. » Un colonel S., qui s’était distingué à. son service, demande en 1770 « pour son futur gendre » un titre de conseiller des finances ou de conseiller de la chambre des

(1) Après co quo j’ai fais pour le maris, il m’est impossible de me charger des dettes de la femmes. Lettre à Charles de Lorraine. (Nous en respectons l’orthographe).

(2) n Le chancelier observe que de droit le suppliant n’a plus rien à prétendre ; mais il soumet l’affaire au bon plaisir do S. M. n ( Archive s de la chancellerie de.* Pays-Bas, D. 91, T.)

(3) Archives de la chancellerie des Pays-Bas, I), 100, S.

comptes. Elle refuse en disant : * Cela fait trop (le //cine que des ÿnus non emploi i es paissent jouir de ces titres vis-à-vis de ceux qui travaillent pour y venir,.. » (1).

Si elle encourage les travailleurs, les hommes de mérite en leur réservant les meilleurs emplois et les distinctions les plus enviées, elle les soutient également contre leurs détracteurs ; elle n’est pas prompte îi écouter la médisance et la calomnie. Un certain Roquet, capitaine d’origine namuroise, avait écrit h Stahremberg une lettre contenant des insinuations perfides de tout goure h l'adresse des frères Neny, du président du conseil de Namur, Stassart, et d’autres fonctionnaires des plus méritants qu’il voulait rendre suspects au gouvernement. Non-seulement Marie-Thérèse méprisa les insinuations, mais elle força Roquet h aller faire ailleurs son infâme métier (2).

Marie-Thérèse avait beaucoup de jugement et une mémoire fort heureuse : deux qualités précieuses quand on occupe le pouvoir. Elle en avait une autre, moins estimable, mais non moins utile aux gouvernants : elle savait dissimuler. Elle était un peu de l’école de ce inaitre-roi Louis XI qui aimait à répéter : * Qui nescit dissimulais, nescit regnare »... h preuve l’affaire do l’alliance avec la France et les incidents relatifs au partage delà Pologne. Nulle souveraine n’a possédé h un si haut degré le talent de plaire. Conservant, alors mémo qu’elle était le moins disposée h l’enjouemont, une physionomie riante et graciouse, ayant toujours, de l’aveu même de son critique Podewils, des manières aisées et prévenantes, écoutant avec patience et bonté tous ces solliciteurs qui, à certains, moments, formaient presque légion (3), Marie-Thérèse devait être et a été excessivement sympathique à ses sujets.

Avait-elle tous les défauts que Podewils étale si complaisamment dans sa relation du 18 janvier 1717, et que, d’après lui, elle aurait eu l'adresse de dérober îi toiuj les regards dans les six premières années de son règne ? Était-elle si vindicative, si ambitieuse, si ennemie de la contradiction qu’il s’est plu â le dire? — Il faut faire

( 1) Archives de la chancellerie des r,aj*-/>ns, I), 07, N, 1 . (*J) « » p l), 00, 1t.

sans doute la part de la passion, qui est visible, dans le portrait qu’a tracé de l’impératrice l’ambassadeur prussien. Il y a certainement de l’exagération dans certains traits : le récit des ambassadeurs vénitiens, dont le caractère personnel nous garantit l’impartialité, en fait foi. Il n’est pas vrai, par exemple, que l'impératrice n’aurait été bienveillante et généreuse que par ostentation ; il n’est pas vrai non plus qu’elle n’aurait jamais éprouvé aucune répugnance pour la guerre. Sa correspondance avec son fils Joseph est faite avec trop do bon sens et dénoto trop do cœur pour que nous ajoutions foi aux assertions de Podowils (1). La souveraine qui, dans le secret de l’intimité et alors que personne n’est là pour l’entendre, écrit à son fils: “Il faut faire le bien et convaincre le inonde par là, mais jamais le dire » (2), cette femme-là n’est pas aussi hypocrite que veut bien le dire le ministre prussien.

Mais la part faite à l’exagération, il faut convenir que Podewils a parfois vu juste. La vengeance, ce plaisir des dieux... et des femmes couronnées, n’a pas été assez étrangère à lapolitique de Marie-Thérèse. Qu’il nous suffise de rappeler l’humiliation qu’elle s’est imposée auprès de la Pompadour pour se venger de Frédéric II. L’ambition aussi a fait taire en elle la voix de la conscience et l’a rondue sourde aux cris de la Pologne mutilée.

Ce qui est vrai aussi, c’est qu’olle n’a pas pratiqué la vraie tolér rance religieuse et qu’elle n’a pas aimé la liberté de conscience. Sans scs ministres, elle eût plus d’une fois fait en cette matière do graves fautes. On le verra.

Marie-Thérèse a eu cette bonne fortune de trouver en ses ministres et en ses principaux fonctionnaires des hommes de cœur et de tact toujours prêts à l’arrêter respectueusement lorsqu’ils la voyaient s’engager dans une voie périlleuse, toujours prêts aussi à lui conseiller les mesures que l’intérêt du pays leur suggérait. Elle méritait d’être bien servie, puisqu’elle savait récompenser le mérite. Elle doit uno partie de sa popularité et de sa gloire de réformatrice, comme nos pères durent une partie de leur bonheur, à ses éminents colla-

(1) Von Arneth : Correspond., I, janviei\1772 ; II, pp. 190-255.

(2) Von Arnclh : « I, p. 261 .

borateurs, au gouverneur Charles do Lorraine, aux ministres Kaunitz, Cobenzl et Stahremberg, et, dans une sphère plus modeste, aux magistrats Neny, Stassart, Crompipen, Vilain XIIII.

Ceux qui regrettent — il y en a — que Marie-Thérèse, quoique fervente catholique, ait suivi l’impulsion des esprits progressifs do l’époque et fait résolûmcnt triompher, entro autres principes, celui de l’indépendance du pouvoir civil, s’en prennent volontiers h ses ministres et îi ses inspirateurs. « Si on pouvait, dit le jésuite Feller (1), désirer quelques traits pour compléter son éloge, ce serait un caractère plus ferme, des vues plus soutenues et une opposition plus vigoureuso à des projets qui combattaient ses véritables intentions.» De là, à dire que l’impératrice a été un instrument passif ou, bien plutôt, uno victime entre les mains de ses ministres, il n’y a qu’un pas. Les Feller ne comprennent pas qu’on exprimant de semblables regrets, ils risquent d’enlever à Marie- Thérèse tout son prestige, toute la popularité que n’ont pu lui faire perdre ni ses fautes, ni ses erreurs, toutes les sympathies de ceux qui, tenant compte des temps et des lieux, savent rendre justice aux princes commo aux simples particuliers, aux catholiques comme aux libres-penseurs, à Mario-Thérèse comme à Joseph II,

(I) I)c Feller : Dictionnaire historique.

Page 1