‹ Les Pays-Bas sous le règne de Marie-ThérèseChapitre 47 sur 60 · C. i/ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

C. i/ARCHITECTURE

Do toutes les branches de Part du dessin, l’architecture laissait le plus h désirer. Il n’y avait ni goût ni cachet dans les constructions particulières; il n’y en avait pas davantage dans les édifices publics. On ne peut citer, au début du règne, qu’un architecte d’origine limbourgeoiso, Laurent-Benoît Dewez, de Rechain (1731-177.), et un Anversois, J.-B. Van Bourseheit (1699-1768), auteur de quelques constructions assez importantes il Anvers.

Mais c’est ici que l'influence du gouvernement se fit heureusement sentir. Bruxelles particulièrement n'oubliera jamais que c'est au princo Charles de Lorraine qu’elle doit deux de ses plus beaux quartiers : la place Royale (1776), dont le plan est de Guymard, et le quartier du Parc auquel travaillèrent Zinner et Guymard. C’est encore Guymard qui, avec P.-J. Sandrié, construisit en 1778 le palais actuel de la Nation (3). La construction de l’hOtol du ministère des finances fut dirigée par L.-J. Baudour.

d. ORAVCRE.

La gravure ne compte guère d’autre représentant que Cardon (1739-1S22), mort professeur il l’académie de Bruxelles ; il avait fait

(1) Couvez : Inventaire des objets d'art , etc., de la Flandre occidentale.

(2) Baert.

(3) Henne et Wauters : Histoire de Bruxelles, t. III.

les planches des Antiquités étrusques, grecques et romaines du chevalier Hamilton, et gravé plusieurs tableaux de grands maîtres. — Le graveur en médailles Jean Duvivier, né h Liège en 1687, mort en 1761, résida à, Paris.

e, LA MUSIQUE. — LE THÉÂTRE.

Nous n’avons pas trouvé dans les diverses branches de l’art du dessin un nom vraiment saillant, un artiste hors ligne. Nous en avons un dans la musique : Grétry, né k Liège en 1 <41. Ses opéras : le Enron, le Tableau parlant, Z émir e et Azor et Y Amant jaloux datent du règne do Marie-Thérèse (1).

Assez loin de Grétry, quoi qu’on en ait dit de son temps, se place Gossec, né dans leHainaut, h. Yergnies, en 1733. Sa Messe des morts, qui est peut-être ce qu’il a fait de mieux, a été composéo en 1762 ; ses opéras : les Pêcheurs et la Fête du village ont été représentés pour la première fois en 1778.

Voici quelques autres noms de compositeurs, beaucoup moins importants (2) :

Henri-Jacques De Croes, maître de musique de la chapelle royale de Charles de Lorraine, a fait un grand nombre de messes (3). Il avait, en 1753, remplacé h, la chapelle royale son père, Vict. De Croes, qui n’avait pas son talent.

Ch.-Jos. Van Helmont, né k Bruxelles (1715-1790), maître do musique de l’église cathédrale des SS. Michel et Gudule, est l’auteur d'un divertissement, le Retour désiré , qui se rattache probablement k la rentrée de Charles de Lorraine k Bruxelles en 1749. Il a fait beaucoup de musique religieuse.

Ch. -Félix De Hollandre, compositeur de musique d’église, est mort en 1750.

Citons enfin, avec M. Vanderstraeten, les facteurs de clavecins Albert Delin (qui vivait k Tournai de 1750 k 1770) et Jean Dulckon,

(1) Le Tableau parlant est. de 17G9; Zcmire et /izor, de 1771 ; l’Amant jaloux , de 1778.

(2) Vanderstraeten : La musique avx Pays-Bas avant le xix* t'ècle, t. I er .

(3) Le catalogue thématiquo de scs messes, etc., est aux archives du royaume (Ofiice fiscal du Brabant : Mortuaire de Charles de Lorraine, 1736).

qui vint s’établir à Bruxelles en 1763 ; le graveur de musique Benoît Andrez, de Liège, qui édita, un des premiers aux Pays-Bas, un recueil périodique de chant, et le célèbre joueur d’archi-luth, Ursillo Fabio, Romain de naissance, qu’un long séjour a naturalisé en Belgique (1).

Le gouvernement ne fut pas plus avare d’encouragements pour la musique que pour les autres branches des beaux-arts. Les subsides, les secours, les cadeaux (les tabatières surtout!) récompensèrent nos artistes-musiciens. Le duc de Lorraine ne faisait pas moins de cas d’eux que des sculpteurs et des peintres.

Charles de Lorraine aimait le théâtre. Il veillait à maintenir le théâtre de Bruxelles â la hauteur de sa vieille réputation, qui lui avait valu d'étre cité comme le meilleur de l’Europe après ceux de Paris. Im Archives de la chancellerie des Pays-Bas contiennent à ce sujet do nombreuses demandes de faveurs et de subsides (2).

(1) Il fut nommé, en 1725, musicien particulier do l’évêque do Tournai ; il mourut en 1750.

(2) Archive* de la chancellerie de* Pays-Bas , D. 85, S.; P. 86, B.; D. 82, B. Sur le théâtre de Bruxelles, voir Dérivai, 1. 1 et II, et les Nouvelle s lettre * sur Pétât de « Pays- Ban autrichien * f p. 50.

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