‹ Les Pays-Bas sous le règne de Marie-ThérèseChapitre 54 sur 60 · RÉSULTAT · texte numérisé non relu

RÉSULTAT

« Tel ost le sistême actuel du gouvernement général des Païs-bas ; il n’y en a peut être pas dans l’Europe, fondé sur des loix plus sag09 ni plus solides ; plusieurs nations se sont fait honneur de les copier ; les François mêmes si prévenus des leurs propres institutions en ont introduit avec empressement une bonno partie chez eux. Les édits de Charles Quint et de Philippe II leur ont servi de hase pour tout ce qu’il y a de meilleur dans leur gouvernement. Il resuite de notre sistême une liaison et un enchainement intime de toutes les parties, qui agissent sous un maître-ressort qui est le Gouverneur Général, ou le Ministre ; c’est sur celui ci que roule la principale direction du détail sous les ordres du Serénissime Duc Gouverneur Général ; c’est au Ministre à suivre toutes les branches sans interruption, à les manier avec dextérité, et à soutenir tout l’édifice du gouvernement par une combinaison continuelle.

» L’on concevra aisément quelle prudence, quels travaux et quelles connoissances étendues une telle charge exige, combien elle a besoin d’expérience pour être bien remplie et à quel point il est intéressant do la rendre stable dans un ministre qui puisse donner l’attente d’une telle réussite ; ce ministre peut trouver à la vérité de grands secours dans les conseils et autres corps du gouvernement dont les opérations sont l’effet solide de l’esprit de consultation sur des principes suivis, et l’on y a do plus pour l’examen et la discussion ultérieure des affaires de quoique conséquence, la convocation des jointes de cabinet.

*> Ces jointes sont pour les affaires du gouvernement ce qu’est ici pour celles des plus intéressantes de la monarchie la conférence ministeriale : elles se tiennent [ou devroient se tenir] (1) en presence du Serenissime Duc Gouverneur Général, ce qui produit un très bon effet, ou chez le Ministre pendant les absences du prince, ou lorsque Son Altesse Roïale pour d’autres empechemens n’y preside pas en personne ; l’on y

(1) Dans le manuscrit ces quatre mots sont au-dessus de la ligne.

appelle d’ordinaire le chef et président ou quclqu’autre membre du conseil privé, le trésorier général et quelque conseiller du conseil des finances; quelquefois le général commandant des armes, le chancelier de Brahant et autres ; le secrétaire d’État y assiste toujours. 11 seroit bien essentiel que l’on n’y fit jamais opiner de haute lutte sur les matières que l’on y met en deliberation, mais qu’avant la tenue des jointes, l’on fit rouler entre ceux qui doivent y assister, les papiers qui en font l’objet, pour que l’on pût réfléchir avec quelque maturité sur leur contenu comme cela se pratiquoit autrefois.

» Enfin, il convient que le Gouverneur Général ou Ministre, donnent de grands soins à une continuité de concert et de bonne harmonie avec le département établi auprès de la personne do l’auguste souveraine pour les affaires des Païs-bas, à ne laisser rien ignorer à Sa Majesté de ce qui se présente d’essentiel dans le gouvernement, et à la mettre en état par des informations exactes et impartiales, de prendre les resolutions que le roïal service et le bien-être des provinces belgiques peuvent rendre necessaires; il y a sur tout cela dos instructions que l’on pourroit perfectionner beaucoup; c'est l’affaire du Ministère collatéral de Sa Majesté pour les mêmes provinces ; l’objet capital des devoirs de ce Ministère porte sur leur observation, sur celle de toutes les maximes d’un bon gouvernement, et sur tout ce qui peut contribuer à la gloire du règne bienfaisant de Sa Majesté, et à lui concilier la continuation de l’amour extrême que les peuples belgiques lui ont constamment voûé à si juste titre ; l’on s’en est bien trouvé en nombre d’occupations importantes, et l’on ne sauroit s’en relâcher, sans exposer notre auguste Souveraine, à se trouver pour ainsi dire dans la dépendance du gouvernement, tandis que le gouvernement ne doit jamais cesser d’agir sous celle de Sa Majesté. »

(Archiva du royaume. — Secrétairerie à' État .)

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