PRIÈRE AUX ÉVÊQUES DE RESTREINDRE LES ORDINATIONS
« ...Le conseil aïant observé que le nombre des prêtres s’est notablement augmenté aux Païs-IIas, témoin la foule des concurrents qui se présentent à la vacance de chaque bénéfice ou canonicat, pour petit qu’il soit, il juge qu’il scroit convenable que Votre Majesté chargeât le gouvernement de faire insinuer aux évêques que, vû la grande quantité de prêtres, et la difficulté qu’il y a de pourvoir à leur décente subsistance, ils modèrent le nombre de ceux à admettre aux ordres sacrés ; le conseil étant persuadé que plusieurs évêques seront ravis de pouvoir sc servir
de cette insinuation pour se débarrasser des engagemens et recommandations qui quelquefois les obligent, contre leur gré, à multiplier les ordinations. -
Rapport- du conseil suprême des Pays-Bas à Marie-Thérèse, du 30 avril 1745.
{Archives de la chancellerie des Pays-Bas , 14, M.)
INTERVENTION DIT GOUVERNEMENT DANS ^ENSEIGNEMENT D’UN SÉMINAIRE ( 1755 ).
Au séminaire épiscopal de Tournai on soutenait, en 1755, cette thèse : que la bulle Unigenitus étant une loi de l'Église, chaque fidèle devait s’y soumettre.
On avait essayé de remédier h un état do choses qui pouvait amener « le renouvellement des anciennes difficultés heureusement assoupies. »
Rien n’avait fait.
Il se trouvait (pie les deux vicaires-généraux qui se montraient le plus récalcitrants aux recommandations faites par l’impératrice, « pour la tranquillité et le repos de ses sujets en matière de religion, » étaient précisément les membres du clergé que le gouvernement avait le plus accablés (le bienfaits.
Cobenzl écrivit une lettre très-sage et très-convenable h l’évêque, en vue do rendre les vicaires-généraux plus traitables.
Le conseil suprême donna raison à, Cobenzl sur la nécessité de « faire observer uu entier silence à cet égard, les princes les plus pieux en ayant usé ainsi en différentes occasions de dispute en matière de religion. ®
Marie-Thérèse insista « pour que le gouvernement donnât toutes les attentions possibles à tenir prudemment les choses à ce sujet dans les bornes prescrites. »
{Archives de la chancellerie des Pays-Bas , Ü. 53, W.)
INTERVENTION DU GOUVERNEMENT DANS LE MÉNAGE DES COUVENTS ( 1769 , 1763 , 1747 ).
Un rapport de Kaunitz îi l'impératrice, en date du 14 août 1759, résumait à, pou près ainsi l'histoire do l’abbaye do Yillers pondant la vio des trois deniiers abbés : Des désordres, des irrégularités, des disputes, des batailles, de l’insubordination.
11 s'agissait de pourvoir à la nomination d’un nouvel abbé. Kaunitz écrivait longuement h l’impératrice h ce sujet.
D’après lui, il fallait plus qu’un esprit de douceur pour Ctro b la tète d’une telle communauté. La vigueur et la science n’étaient pas moins requises pour empêcher le relâchement et le désordre.
Il déclarait s’en rapporter à, l’avis du conseil privé « quant aux moïcns les plus propres à remettre une bonne administration dans cetto maison. «
Le rapport se termino ainsi : « Mais il soroit, je crois, indécent d’entrer dans le détail bas ot minutieux que le chancelier de Brabant a proposé tant pour régler la quantité et la qualité que pour ce qui regarde lour pécule et autres dispositions. »
(Archiva de la chancellerie des Pays-Bas, C. 12, 33.)
En mars 1747, le conseil privé, ayant pris connaissance de la conduite « indécente et schandaleuse » des moines trinitaires de Dastogno, fait transporter les trois plus mutins dans la conciergerie de Luxembourg, et les y laisse quelque temps au pain et à, l’eau, “ pour leur propre conversion et l’exemple de leurs confrères. »
(Archives de la chancellerie des Pays-Bas, D. 12, B.)
Onze religieuses de l’abbaye do Satilchoir prétendent que l’abbesse, que le gouvernement vient de mettre h leur tûte, se trouve absolument hors d’état, principalement ît cause de ses infirmités presque conti-
nuelles, do remplir les devoirs et les fonctions de sa charge. Elles affirment que sa promotion sera le terme fatal de leur tranquillité.
L’impératrice, saisie de la réclamation par le gouverneur, lui répond: « ...Je veux bien dire à Votre Altesse Royale que l’on observe que des onze religieuses qui ont signé la requête dont il s’agit, il y en a dix françoises qui probablement auront formé ces accusations vagues et une cabale contre la nouvelle abbesse que je leur ai préposée pour bonnes considérations... Ce ne peut être que par une mauvaise équivoque que les religieuses qui s’élèvent .à présent contre elle allèguent, entre autres, qu’elle n’abandonne que rarement l’infirmerie, comme si elles vouloient faire entendre qu’elle seroit d’une santé presque toujours valétudinaire ; tandis qu’il consto par le Besoiyné que ce n’est pas cette raison, mais son emploi d’infirmière de l’abbaye qui l'y retient et qui ne se donne guère à des religieuses accablées d’infirmités... de sorte que je trouve que les instances des religieuses suppliantes ne méritent aucune attention ; et considérant que même indépendamment des circonstances ci-dessus, il seroit d’un mauvais exemple de donner les mains à leur demande, puisque ce seroit s’exposer à recevoir à la nomination de chaque abbé ou abbesse des représentations importantes dictées peutêtre par l’envie et par un esprit de cabale qui ne s’engendre que trop souvent dans les communautés religieuses, j’ai résolu que Votre Altesse Royale fasse mottro tout de suite cette nouvelle abbesse en possession de sa dignité, si elle ne l’est déjà... et vous ferez veiller à ce que les religieuses de cette communauté lui rendent tout le respect et l’obéissance qu’elles lui doivent.
« Au reste, comme il y a quelque raison de soupçonner que le directeur ou confesseur de l’abbaye, nommé Grégoire Macquinet, est françois et qu’il pourroit avoir eu quelque part au parti formé contre la nouvelle abbesse, Votre Altesse m’informera de ce qui en est, pour qu’en tout cas je puisse faire prendre les mesures convenables à l’égard de ce directeur. » — De Vienne, le 13 d’octobre 1753.
{Archives de la chancellerie des Pays-Bas^ C. 10, 32.)