LBS FATSANS ILLITSTEXS
t!dn8, dans la eramte denerètotoh* aueus secoure, et pat la connabsatioe qu'il àràxt de resjilrH; du Directoire jdotkt il
igùorah encore la chute ; mais comme il s'occupait à faire écëcuter ce traité, il reçut du commodoré anglais Sidney- Stmth, ministre pléitipotentiaire anglais près la Por^tf, mie lettre qui lui annonçait «que lè gouternemisnt anglais avait refusé d'approuver le traité dlS-Arish^ eti que le commandant de la flotte anglaise sùi' la M^ter- ' raaféé avait ordre de s'oppoter à son^exécntion. »
A cet insigne manque de foi du gouvernement btîtannlque, Kfëber fit réarmer les forts, arrêter le départ des mu-^ iHtions, et aisposà tout pour une bataille, en excitant Findîgnation deses soldats par la publication d'une lettré de' Faïmral Keith du 8 janvier 1800^ dans laquelle èet offifSër anglais hd confirmait les dispositions nouvelles prises par le cabinet de Londres. « Ce n*est que pat une vic'îtx^e ^u^on répond à une aussi indigne lâcheté^ dlt-if à ses troupes ;' préparez-vous à oombattrè. V»' Et eaf èSet, il fttauisi^6t assendikr son conseil dé guerre, et âks là nuit Aiivtstilè, il éè rendit dans la pMite dé Konléë, oï tbtxs ks soldats se réunirent successivement. Qttoi^% n^forassent pas le nombre prod%ieux de leuri.'éBfnémi^, ûtf seul cû defuôrear se fa^it entendre paimi tntif, et tous bràlaie^ d'en v^it" au3t mains. Dèsles'^ôiëhètires'du matin, letillagè de Melstarrids, défendct par tÉir retk*aà« Àemèiit etséise pièces de canon, lut etnpovtë à i^béitiù*^ Béttèj^ar quelques eoknpagnies degrénadi^àn^soils teë éi^ diesdu générât Régnier . L'^àrmée tmiqke^-éiPrifié éi W
us PAT8AK9 ILLVSTm»^ 175
mpmeat, enveloppa d'afaord l'armée française ; «kaisçiH^ titaqu^' n'ayant p^ rëiiasi; lés trotipea enn6inie9 )se rc^iitewl rèa . ibw^ Mu k El-S'Jalika, où Kléber )e9 pp^rsoî^ vit et les «U^odérpute : lejonrauiyant,,!! partit ponr SalaUéyOtlHcoiAp^it trouver toute l'ariuëe tMr^^ réur tLie^; fkm$ il n'y reocontra qu'un. butin prodigieux, et apprit qUe le i^idr sVnfujaU à trave: s les dés^itS| '^seqrlé au phif «k cinq ç^nta hommes.
Gqtte bataiUe, ^i.ent lieu le 21 mars 1800^ est eonntte •dus t)e uoflLdt bataille d'IAéliopolib.vlUébe]' ylnt. aussitôt au Caire; mfiis il avait écUté dans cette viUe UAéiàsuiv rection terrilile, sur le bmit faussement répandu queieB •Fraofçais a^aknt èii mis en dërontç. La ville fut|>)osfeiif« feissomhfiée de^ée rendre, et après plusieurs attaques, eDe signa le 17 a^ill une capitttlati(^ par surt0 de laquelle Kl^e^ y entra en vainqueur*
Tant de succès avaient fait repentir le gouvernenient britanniqtfédesa perffdie, et le général français s'occupait ft rétablir par une sage administration le délabrement dés provinces qu'il- venait de conquérir, quand la main d'ùà fanatique Miisnlmah l'arracba à là gloire et & ses t^iôm» i^es. Il venént'de faire un voyage à Giflëh, ^t élait de rih tour au Caire le 14 juii^ 1801 , jour auquel il fut inl^ité^ k aéjèuner chei le général Damas, qui occupait dne maison ■atteniaataa quartier générah U étail près dedeux beuresali -flÉomentoà Kléber sortit dé In ëalle du festin,' embfeenutt ate<i'liii M. Protan^ architecte, etengâgvantles cuuims ft l'aâendré pbur le café. Gomme ib se pn^nsnàjent
176 USB PATSAirS ILLDStRES.
traûquillement tous deux sur une longue terrasse qui jotguadt la maison du général Damas à celle du quartier général, un li<nnmc caché dans une citerne qui était à l'extrémité dexrette terrasse en sortit sans être tu, s'a» ▼ança de même Vers Kléber, occupé tout entier à la conversation qu'il avait avec M. Protain, et porta au général, dans l'aine gauche, un coup de poignasd qui le blessa mortellement. Kléber, se sentant frappé, s*appuya aussitôt sur le parapet de la terrasse, et n'eut que le temps de crier, à moi! Je suis blessé. Au même instant, il tombe noyé dans son sang. M. Protain, qui n'avait pas encore re« marqué l'assassin^ étonné des mouvements du général, regarda autour de lui, et aperçut un homme furieux qui s'avançait contre lui*méme le poignard à la main. Quoique l'architecte ne fut armé que d'une légère canne, il en frappa plusieurs fou l'assaillant, et il s'engagea entre eux un combat dans lequel ils se prirent corps à corps ; M. Protain reçut six coups de poignard qui le firent tomber sans connaissance auprès de l'infortuné général. L'assassin revint aussitôt sur Kléber, ignorant si le premier coup était mortel, et lui en donna trois autres; nuiis le premier ayait pénétré jusque dans l'oreillette droite du cœur. ' -
Pendant ce t^nps, l'alarme se répandait autour de la terrasse ; un soldat de la compagnie des guides avait entendu les derniers mots de Kléber, et aécourait avec plulienrs autres par les jardins de l'étal^ major. Ils ap^rçur^t un lumime qui s'enfuyait, et l'airêtèrent à l'instant : V^
1^ PAYSANS ILLUSTIBS. 1T7
tût Fassassin» Les mfminaliona qu^<m en dra apprirent qu'il était d'AIep et cpll se nommait Soleyinan; qa'il avait été envoyé par Achmed-Aga, favori disgracié du visir, qui avait {nromis à ce dernier le retour de sa Cuvettr sous la GondUion expresse qull ferait assassiner Kléber. Le meurtrier, jeune homme exalté par le fanatisme religieux, se disposait à être reçu lecteur du Coran dans une mosquée, et avait déjà fait plusieurs pèlerinages à Ja Mecque, à Médine, etc. Il appelait combats sacrés les guerres actuelles des Musulmans contre leurs ennemis, et croyait que rextermination de» infidèles était le gage le plus assuré qu'on put donner de son attachement à l'islamisme. Achmed-Aga, pour recouvrer la faveur du visir, avait ha^ hilement profité des dispositions de Soleymân, qui avait reçu de lui les instructions nécessidres pour l'exécution de son exécrable forlsit. Soleyman était d^bord arrivé «H Caire vers le 5 mai 1801, et s'était logé à la grande flMiaquée. Après avoir attendu trente et un jours Kléber, qui était alors» à Gizeh^ il avait formé le dessein d'aller trouver le général dans cette ville ; mais à peine y étaitil arrivé, que Kléber en était parti. Soleyman revint au Caire, presque sur ses pas, et parvint le 14 juin à se cacher dans la citerne. Ce misérable, condamné à mort par Un conseil de guerre, périt du supplice du pal, après trois jours d'horribles souffrances. Son corps a été apporté en France, où il est dépose au Muséum d'histoire naturelle.
Le général Menou prit le commandement de Tannée
«pièft fe mxirt de KUher, ^loflt foraisotl àmèint }ïié pH^- :iî0océ« flolmiàéUetnentà Pari^j soy la pbce des Yîètoire^ p9LtM. Garât Ce généW était d'uttci taiHe fcë^^îie^ et 4ff!AÎI (JftQi^fla oondifite e« dansées mieiifs plm iVii» traît 4« :r0$ieaibl«iM)e avec les bé^s d'Homèw* Son eipfrît HMk ■ f^wHt^ééïkx^raBdeêtamieftàùm, et répondait àat pr4?p<>rtlPQS d6 ta statiure atUéa^^; son l^rractère «à a^ ^ussi toute la Teneur. Sléber ne reeontiaissaît qttè A^w 3p0uvoii», celui de VêàsÂûé et cefaû du gëme 5 a^M n'étw4-il faeile qu'avec. c<»iX€ta'il aimait, et nefttt-ilsèti^ jws.qa'à Bonaparte. Apeès la leV^^u siège die Saint-leati' à'Àffu^ il dit au général en chef : ^ Généml^ me ;pèt)i« tMbe ne gâte pal >w l^hubit* i^U était conj^ et redifai^ 4îbé dans l'armée pnujf sesMiUiea heureuses, et. l'ëtohU A^te facilité qu'il levait pour lès jeux ïes pluséijbtib de resprit pouvait i^oppel^r l'adresse singulière de i'aniimA colossal, ii^telligent, brave et foi>ù8te qui, dens l'JJskv an^use so^ maître quand il i'asme, et court triorB^àMv pour lui dans les con^bau. Un hornme dont lèjugamcn|> fiir Eléber ne saurait étfiB suspect» Napoléon, <|ii.l'«fel| pmmpspq. successeur en Egypte, disait souventJ^Saîttt^ U^iifûip «que si Kléber n'^t pas élé assassiné^ l'aii^ée ân^ g^^if^eAt it4 détruife^etlllgifpteserait i^stéeà>laFiaiiee;>
tBS PATSâKS ILLOBTBES» 179
Labbre (le Ténërabk BenoAt-Jotfeph), perionsuig&ijer npiabledans le XTià*!éiicle par sepauTretë ToloiiteîreÉI ëvângéliquey naquit le 9ft ma^ l74Sy au Tillage. d'Ametla^ prèaB^ulogne^aur^Mer, d'une fanilled'hofluèteft^cultiyar tenra; Butait l'ainé de quiiiEe euCuits ; et au lîeii*d'ètre destiné de bonne lieure à embrasser Tëtat de son père» î) reçut d'un oncle, cnrë d^Brin, une éducation reli|;îeu8e qui'éoiiipia son àme aidente.
L'emptessement avec lequel il càerehait dès lors la w^r litude pour se lirrer à l'étude et à la prière, annonçait qu'ifl »6iita(it le besoin de. combattre, par une occupation «etivé, la TÎraché de son tempérament* On ▼erra que^lef •ccùpations religieuses ne purent suffire à l*actifké^in« ^(u2ètedtt jeune Labbre. Il s'éuit formé un petit oratoire^ DM pdur jouer comme letai^tres enfants, mais peur s'exer^ éer par des acteede piété à vainoie ou à bsodérav ses àà^ sirsu Déjà il se pri?ak du nécessaire poiir porter en secnfl à «ne pauvre femme, ou passée à un malheureux, par les kgnepux de.ia fenètfre^ une portion desa nourriture; Lès tfUTres' du Père Le Jeune^ qu'il troujra parmi les lîfres doiSonoDcle, et surtout le sermon sur le petit nombre ^kè élus rayant jfrappé, le décidèrent à embrasser une yîA pénîtenle et retirée. Cependant sa pîété active lei til eienev son; iiUe dane une épidémie «à il parugea m
ISU pBê PAT8AKS ILLUSTBBS;
•oins avec son ondey qui mourut yictime de ce fléau.
Laissé à lui-même, sans aucune disposition pour pren* dre un état dans le mondei mais au contraire porté à préférer tout ce qui pouvait Ten éloigner, il demande et ar* imche â ses pai'ents leur consentement pour entrer à la Trappe; mais sa jeunesse et sa faiblesse s'opposant à son admissioBy il passa à «ne première Chartreuse, dont il trouva la règle trop doUce ; puis dans une maison plus sévère, d'où, après les premiers exercices, il sort de même pour entrer à Sept «Fonts.
Dans cette nouvelle Thébaide, ses austérités TaSkibli^^ rent sans diminuer ses inquiétudes, dont il ne pouvait^ conrnie saint Jérôme, se distraire par des occupation» studieuses.
Labbre est encore forcé de quitter ce monastère, saiM pourtant renoncer à l'espoir de vivre dans le clollrei comme l'avance Marcom , mais en conservant le désir d'entrer dans un monastère de Trappistes en Italie. Ge^ pendant il parcourut TltaUe çt ne rentra pas dans le cloître. S'étant rendu à Notre*Dame-de*Lorreae, et de U à Assise, la patrie de saint François^ une dévotion vive le sabit : il conçoit l'idée de vûi^ter les lieux consacrés par éeà jieax souvenirs. Dans ces longs et périlleux voyages, U marchait le plus souvent nu -pieds, en hiver comme en ëléy vêtu d'un manteau presque en liunbeaux, sans oom» pagnon de voyage pour n'être pas distrait, et sans provi* sien pour le lendemain^ Il vivait d'aumtoes, mais ne men* àmi pas. Son air 4e douceur et sa piété, malgré un exti-^
LES PiTSAKS ILLUSTRES. Igt
lieur rebutant, excitaient l'intérêt ; mais s'il s'apercevait qa'il étût remarqué, il se dérobait aux regards et chan* l^eait de route onéa séjour. Après six ornées de pèlerinage, il rentra dans la retraite à Rome, en 1776, et n'en sortit plus que pour visiteries églises, les hospices, les eou- Tents et les bibliothèques. A l'instar de celui qui n'avait pas même de quoi reposer sa tête, il n'eut pendant plusieurs années d'autre gîte qu'un enfoncement pratiqué dans les ruines du Colysée.
Dévoré par le saint xèle de la charité, souvent Liabbre, au chevet du lit du pauvre agonisant, s'occupait de lui adoucir le dernier passage par ses discours consolateurs.
A peine cet humble serviteur de Dieu eut-il rendu le dernier soupir, qu'on entendit tout à coup retentir dans les plates publiques de Rome ce cri : le saint est mort! Le peuple accourt et se partage ses haillons comme des re« liques. Son corps est exposé dans l'église de Notre-Dame. On vient prier non pour lui, mais pour soi-même. Enfin il est béatifié par le saint Père.
L'auteur de cette notice a vu à Rome la chambre où mourut le vénérable, et sur son tombeau là canne avec la* quelle un jeune seigneur, ayant vu Labbre remettre à un autre pauvre l'aumAne qu'il venait de lui faire, le frappa violemment à la tête sans que le saint homme, dont le caractère était la résignation et la patience, eût donné aucun signe de ressentiment.
LalK>uriotte (Claude), rim des plus braweB capitainet de fon temps, était ui dans un yillage du comté de Bour^ gagne, d'une famille très-pauvre et très-obscure. Il ayait appris un peu de chirurgie, et il entra comme barbier au service du comte de Blauifield, qui se chargea de ^ foctune.
On a dit, mais sans aucune preuyç, que ce fut pv un crime qu'il gsgna ]fis bonnes grâces du comte s suivant quelque auteur, Labourlotte l'aurait débarrassé de sa f^mme, dont la jalousie et la mauvaise humeur le fatiguaient beaucoup, ^e savjant et célèbre Qrotius n'en parle que comme d'un bruit populaire, et il nous semble qu'il eih mieux fait de ne pas le rq>éter.
Labourlotte embrassa l'état militaire, et parvint au grmle de colonel des gardes Wallones. Il poussait la biawpre îusqu'à la témérité, et ne semblait se plaire que diH^les oitreprises périlleuses* Après la bataille de Nieupoct, il fit çotrer dans la place un secours iqui en ei^pédid la reddition.
Il fut tué quelques mois après d'un coup de mousquet, le 24 juillet 1600, dans un retranchement entre Brpges et le fort Isabelle. On l'enterra dans l'église de Lapogne, avec une épitaphe digne d(B son courage. Le roi d'Es-
pagne rivait <?iuiobli pour le réQomf mstt de aea lef?* vices. ;
LAPLACE (le marquis PiBRBE-SiMOfN).
Cesavant^qui.parrimmenâitéde ses travaux, contribua 81 puissamment à reculer les bornes d'une, science sur laquelle tant d'hommes de g(énie s'étaient d(^i exferoéà( cet homme, qui devint l'un des plus célèbres géoo»itr«i de notre époque, était le. fib d'un simple, cultivat^wr de fiejsiumontren-Auge, département du Calvados, où il. naquit le 28 mars 1749. Les obstacles d'une éd.uoalion.di4proportiennée avec les vastes connajBsam^es que «on génie embrassa depuis furent surmontés par le goût ardeiit qu'il fit paraître dès sa jeufiesse.pour les sciences,, et pair sa ccoistante persév^rfinpe dans une carrière aride pour beaucoup d'esprits, mais^ qui eut toujours pour lui un charme irrésistible.
Aprè$ avoir professé pendant quelque tBmps les mathématiques à l'école militaire établie dans son pays natal, il se rendit à Paris, où les progrès qu'il avait déj4 fûts ^t ses heureuses dispositions lui procurèrent de puissants protecteurs* Ajfint dédié le premier de^ ses ouvrages au président Saron, celui-H:i.le fit imprima  se» Irais, at cette publication commença avantageusement la répulàk tion de Laplaccy que ses connaissance» dans la géométrir
1S4 m >AtSA:fS ILLUSTAfô.
Iranflcendânte et Tanalyse ne tardèrent pas d'achever. Il obtint la place d'examinateur du corps royal de Tartilleriei occupée ayant lui par Bezout, devint membre de TAcadëmie des sciences, et, par suite, du Bureau des Ion* gitudes.
Il fit hommage, en 1796, de son Exposition du système du monde j au conseil des Cinq-Cents, et vint, à la tête d'une dëputation, le 26 septembre de la même année, présenter à ce conseil un exposé des travaux de l'Institut depuis sa création. Dans le discours qu'il prononça à cette occasion, en rappelant le nom des hommes dont le savoir avait honoré la France, il s'empressa de payer un juste trî« but d'hommage à la mémoire du président Saron, son bienfaiteur. *
I^place a partagé les principes de la révolution, mais les royalistes eux-mêmes ont rendu justice à son caractère honorable. Nommé ministre de l'intérieur au 18 bmmaire, il occupa cette place jusqu'à ce que Lucien Bonaparte y fût appelé. Napoléon a caractérisé ainsi les talents de Laplace comme administrateur : « Géomètre du premier rangi il ne tarda pas à se montrer administrateur plus que médiocre. Dès son premier travail, les consuls s'aperçurent qu'ils s'étaient trompés. Laplace ne saisissait aucune question sous son vrai point de vue ; il cherchait des subtilités partout, n'avait que des idées problématiques ) et portait enfin l'esprit des infiniment petits dans l'administration. » Aussi il occupa plutôt cette place qu^il ne la remplit. Au bout de six semaines il fut remplacé;
mÛ8 Napoléon, se plaisant à honorer les sciences dans sa personne, l'appela au sénat conserrateur en décembre 1709. Yice*président de ce corps en joillet 1803, il en fut nommé chancelier le mois suivant, puis grand cordon de la Légion-d'Honneur. Ce fut lui qui, en septembre 1805, fut chargé de faire au sénat un rapport sur la ni* cessité d'abandonner le calendrier de la République pour reprendre le grégorien. Il devint président de la Société maternelle en ISll; et reçut, en avril 1813, le grand cor<* don de Tordre de la Réunion ^ antérieurement il avait été créé comte de l'Empire.
En 1814, Laplace crut faire acte d'indépendance en votant la déchéance de Napoléon et rétablissement d*un gouvernement provisoire. C'est aip^ qu'il se rattacha à la Restauration. Louis XYUI lui témoigna sa reconnaissance en le nommant pair de France et en lui donnant le titre de marquis. En 1816 ce géomètre fut nommé membre de l'Académie française*
Il est un des fondateur de la Société d^Areueilj compo^
sée de plusieurs ^savantr, qui consacrent au progrès des
sciences physiques leuiv travauj: et même une partie de
leur fortune.
A l'âge de soizante-dix-huit ans Laplace mourut à Paris ^ le 6 mars tôâ7.
lié EËtf ^ATSAIfS ÎUA5$tKtS.^
hAMLJEf (DoMUUftf^4iKA|i, baron). .
'■ Il naqait à Beftude&tiy près Bagnfères-sur^rAdoUi^, dé^«
{Anement des Haates-Pyrénëes, en juillet 1766. Son nom, auquel d'immenses services rendcM-â l'humanité <mt donné une illustration presque «iniTerselle, fut d'abord jD0nnu en France par plusieurs publio^tons littéraires. Sa ▼ie se rattache tout entière à la gloire de nos armées, dont il a su mériter la reconnaissance. Les champs de bataille et les b6pitaux furent, pendant toutes nos guerres, Iç thëàtre de son infatigable activité, et l'école d'un àeê plus grauds talents dans Tart chirurgical dont la Ff «aee puisse s'hcmorer. Sn 1787, il pairtit de Brest, sur la frégate la F'igiiantei pour rAmérit[ue du Nord, en qualité de chirurgien major: c'était sa première can^Mgne* Il avait alors vingt et un ans. Après une navigation pénible et dangereuse, il fut assez heureux pour ramener sain et sauf tout l'équipage à Brest. Bappeiédinir cette ville, après avoit eoneduru, à Pms, potnr «me place vacasite à l'ii^pital des Invalides, il obtint la permission de revenir 4laiift la. capin taie pour un nouveau coneotirs. Cette circonstance l'attacha exclusivement au service de terre. Il fut nommé se* cond chirurgien interne de l'hôpital des Invairdes, et sous les auspices du célèbre SabaUer^ chirurgien en chef, il se livra avec succès à l'étude de toutes les branches de la médecine.
LU rAT^KS IXXU8TU9. tfl7
En 1798, ils furent tous deux appelés aux armées* bi maître fot attaché àcelle du général R oeliambeau ,etle disd" ple^comihe chirurgien de première classera eeUe dugénéntl LndBQer^LeternUesyeclacleducfaamp de bataille frappa in- ▼enaeDirâmè ardente du jeune Làrréy,«t selt imagination s'empnratout à ceupde la déplorable fittaUtéqui priyaftla patrie de tant de mittiera d'hommes mourant de leiits blessures ou même des opérations qu'elles nécessitaient, faute d'être'pansés aises promptement* A la prise de Spdre, à celle de May^nce» cette yérité se présenta à lui daps toute son horreur. Ce fut alors que le génie de l'humamlé lui ins(>int la créatiob des ^mbulatues w}lantesj qui furent approuvées par le gàiéral en chef Custine et le commissaire général Villèmàilrii II fut récompensé par le titre .de elûnirgitti ptiàcipal. Celait gagni^r bien noblement son avancement sur le dhamp de balaitte. Les ambulances restèrent constamment attadiéès auxavant^gardes de l'aimée, qui étaient commandées ^ar l'illustre général Desaix. Be cette époque date l'étroite amitié qui unit ces deux •braves ; car c'était à la tète de ces ambulances que le chirurgien Liarrey courait enlever les blessés sous le feu df s batteries ennemies. Ces actions si courageuses étaient appréciées par Tarm^, et faisaient partie de sa gloire. L'humanité les avait inspirées, l'héroïsme les exécutait; ' Le général en chef Beauharnais^ qui remplaça le malheureux général Custine, dans le rapport de la bataille du 22 juillet 1793, rendit compte à la Convention des im-. portants services que le chirurgien Larrey avftit rendus
188 LES PATgANS ILLUSTftXS.
^Aans cette journée. Fendant cette campagne, M. Larreyse fiTra à des recherches rigoureuse pour reconnaitre la ▼ëritable cause de la naort qui £rappe souvent les soldats, sans laisser à la sur&ce de leur corps aiieune trace de y» non. Il éclaira aussi plusieurs points de chirurgie mili'» taire sur lesquek Texpéiience n'ayait pas encore proB<mcé. Il reçut, à cesujet, del'Académie dé cfakurgie, un flfîfftfk au grand prix.
En 1794, Larrey, âgé seulement de vingt-huit ans, fut nommé chirurgien en chef de la quatorÂème armée de la tépnhlique, destinée à l'expédition de ta Corse. H se rendit à Toulon. Ce fut là qu'il s'attacha à la plus glorieuse carrière militaire dont l'histoire fasse mention, à celle du général de brigade qui commandait l'artillerie de cette armée. L'expédition de Corse échoua. M. Larrey fut appelé à l'armée des Pyrénée9-0rientales, où il dirigea le service chirurgical aux sièges de Figuièrea et de Roses. Après la paix d*£spagDe, il fut rappelé à Toulon pour la même expédition de Corse, qui échoua une seconde fois. Il fut chargé alors de l'inspection et de la direction des hôpitaux militaires de Toulon, d'AntilMs et de Nice. U profita de ce moment de repos pour établir à Toulon une école de chirurgie et d'anatomie, où se formèrent us grand nombre d'élèves.^
En 1796, il fut nommé professeur à V école mUiUtiré de Santé du Yal-de-Grâce. Cette école était détenue la navale de celle de la Faculté de médecine, et ses premiers professeurs, MM. Desgenettes, Gilbert, Larrey, et€.|
^ LES PATSAKS HXUSTRES. iftO
étaient encore enyoy^s aul armées, pour contribuer, par denouyelles observations et dé nouvelles expériences, à porter la chirurgie de la France au premier rang de cette science en Europe.
Le général Bonaparte se souyint de M. Larrey ; il l'appela à son armée d'Italie, pour y organiser des ambulances légères; mais à peine y arrirait^l, que la paix fut proclamée. Néanmoins sa présence ne fut pas inutile ; car, in* dépendamment de l'organisation de ces ambulances, il fut chargé de l'inspection des camps et des hôpitaux, (lans la plupart desquels U établit des écoles de chirurgie, telles que celles de Padoue, de Milan, d'Udine. A la même époque; il rendit au pays un service local, dont il fut récompensé ]Ju8 tard par l'ordre de la Couronne de Fer : il arrêta les progrès d'une épizootie qui ravageait le Frioul vénitien.
En 1798, les docteurs Desgenettes et Larrey furent at« tachés, comme officiers de santé en chef, à l'armée d'An^ gleterre, et bientôt après reçurent l'ordre de Se fendre à Toulon pour la mystérieuse expédition en Egypte et en Syrie; que les soldats et les savants français ont immortalisée. La relation chirurgicale publiée par M. Larrey à son retour, les mentions honorables qu'ont faites de ses services les trois généraux qui ont commandé TEgypte, le général Berthier, chef de l'état-major général, les nom-* breux témoignages du commissaire-ordonnateur en chef, M. Daure, dès généraux, des soldats de cette brave armée, celui de M, Fourier dans sa belle préface de rEgypte^as<>
ItK^ LES PMJSAJXS ILLUSTRES.
silKçntiM. Lairrej une gloire qui durera autant que celte de l'armécà iaqueUe U a si utilement prodigué les secoui^ de son. art et rio£3itigable activité de ses services^ et tant d«. fois au péril de sa vie. A Sain t-Jean-d' Acre, par combieiB d'eâbrts presque surnaturels ne sauya*t-il pas les malacles de Tannée ! Le général en chef Bonaparte et le cliirui;gîjen en cherLarrey ae partagèrent ce^oin gén^ren^ 1 1^ gêné-, rai en chef donna tous ses chevaux, sans en excepter un asul, pour le transport des. blessési et marcha à|>ii*d à k. tête^de l'armée ; M. Lari:ey donna tous ses smns, exposa sa vie, car il fut blessé. Le général en chef lui donna une gratification de 2^000 fr. A la bataille ^'Abou^ir, an 7, le général Fugière fut opéré, sous le canon de Tennemi» d'une blessure dangereuse à l'épaule, par M« Larrey» et se croyait au moment de mourir, offrit son épée au général Bonaparte, en lui disant : « Général, un jour peut-être vous envierez nJon sort. »• Le gâterai en chef fit présent 'de cette épée k M. Larrey, après y avoir fait g^^ver le nom de ce dernier et celui de la bataille. Cepeiidant lu général Fugière ne mourut point; il fut sauvé par Thabile opération qu'il avait subie, et pendant MCuf ans il a commandé les invalides à. Avignon. Au siège d' Alexandrie, Larrey trouva le moyen de iaixe de la chair du elieval unu nourriture saine po:nr les blessés; il donna lui^m^e gé-» néreusement l'cxem;de en faisant tuer ses chevaux. Aana l'Mpital de Jaffa, seulement dasa l'espace de deux moîtf, moururent de la contagion quatorse chirur<df aâ onz# I^armaciens, trois médecins, ainsi que tous les empkrfës
CtS PATSAlfS ILttJSTRKsJ T9Î
éttcms-eMploTës. ASrisi le péril, ^ur'câttâ ferre metirtï'ière, ne s'arrétftît pas kii champ de Bataille pour les^ officiers de santé,' et leur prafesston était un âéronementperpétaët. Honnetrr aui brayes des hôpitaux !
De retour en France, en 1802, M/Larrcy fat nommé chtrargien en chef de la garde des consuls et de l'hôpital de cette garde.
En 1804^ tl reçut un des premiers la croix d'officier' de la Légtdn-d'Honneur, à l'hôtel des Inralides^ de la mSia
du premier consul, qui lui dit : Oesl une récompense Bien
* ■ méritée.
En 1805, Larrey fut nommé inspecteur général du ser-
vice de santé des armées, n remplit ces fonctions, avec
celles de chirurgien en chcff de la garde impériale, pendant
les campagnes d'Allemagne, delVusse, de Pologne et
d^Espagne. A la bataille d*Esli'ngen, isolé de l'armée avec tous les blesses dans rtledeLolMra, il ée souvint d'Alexan-*
drie^ et fit faire, .pour là cuisine dcs'scidirts, du bovilkm
arec do I» chair dft- cheral àssabôsnée der poudre à eaniw
àjidùmt de seL Le m^réehalMaiiéna vint matf^erdè cette
soupe d'h4pital «vee le chirurgien en' chef. H était im*-
]pos94bl« de fâin» un repas plus mîthatre. A k bataille
d'AufMrtits, M. Làrrey pansa lesMess^ au milieu m^ihé
dtê 4îombattanis. Jamais so»^ activité. et son courage ire fit
moiltrèrent aveb plus d'ënet-gi'e et 'd'abnégation de' lui-*'
même qli'à la faiheusè journée d'Èylau, ou. l'intensité du
£roi<l rendait son service si pénible et la condition des
blessés si déplorable. Une attaque inattendue rendit bien
102 IMâ PAnAHi XLLUfTUkI.*
péiilleuBe la mission du chirurgien en chef et la positioii des blessés : il pourvut à leur salut, et fut récompoisé pur la croix de comm^dant de la Lëgion-d'Honn^ur . A Tikit, M. Larrey eut l'honneur de montrer à l'empereur Alexandre ses ambulances Tolantef, et reçut des marques de la satisfaction de ce souverain. En Esp^^ne, après avoir assuré les secours de ses blessés, sous le feu de l'ennemi, aux batailles de la Somma-Sierra, Benevent, etc., il partagea ses soins entre eux et les prisonniers anglais, au milieu desquels il contracta le tiphus nosoroi^ial. Ses services à la bataille de Wagram lui valurent le titre de baron et une dotation de 5^000 fr;
De retour à Paris en 1 &11 , il publia trois volumes de ses campagnes, où il a consigné un juste éloge de son maître, le docteur Sabatier .Cette même année,à la séance publique d« la rentrée de TEcole de médecine^ M. le baron Perci rendit en sa présence un homimage éclatant à sa noble conduite aux armées, ainsi qu'à la iteoonnaissa&ce particulière qu'il professait pour M* Sabatier. « Tous aussi, lui dit M. Perei tbargi du discours de.i^^ée, vous que je n'ai pas besoin de nommer^ .l'honneur et l'exemple desjchirurgiens mili* tairMt qui, dans toutes les régions où Napoléon povU sea armes triomphantes, joignîtes à l'utilité du talenl'le zèle de la philanthropie, vous acqukes, enowe adolescent, dans cette Uce désormais fermée à l'émulation, le titre éternellement glorieux de disciple de Sabatier, et l'inappréciable avantage d'être compté parmi ses plus chera enfants* »
LES PAYS.«fS ILLUSTRES. td3
En 1814, M. Larrey fut namiuë par décret ptemier chirurgien de la grande armée, qu'il ne quitta qu'à Fontainebleau, en 1814^ lors de l'abdication de Napoléon. La relation qu^il a faite des campagnes de cette armée fait connaître sa conduite euT^rs nos blessés, nos malades» et envers ceux de toutes les nations qui, à cette époque tris* tement mémorable^ ont combattu successivement pour et contre la France. La bataille à jamais célèbre de la Moscova vit se multiplier ses efforts en proportion des pertes excessives qu'il avait faites chaque jour de ses collaborateurs. Le succès de ses opérations pendant cette campagne fut d'autant plus merveilleux q'uelies étaiem, pratiquées en plein air sous le froid le plus rigoureux. Le général Zayouscheck, vice-roi de Pologne, vieillard de quatre-vingt-cinq ans, opéré au passage de la Bérésina, en est un exemple bien frappant.
M. Larrey n'était pas seulement à l'armée le dieu de la santé pour le soldat, il était aussi son protecteur. Il y en eut im mémorable exemple après les batailles de Luizeu, de Bantzen et de Wmrschen, où la calomnie la plus atroce trouva le moyen de se fsdre jour auprès de l'empereur, et d'accuser d'une mutilation volontaire les jeunes conscrits blessés, qui venaient à ces mémorables journées, suivant l'expression du Bulletin, de relever la noblesse du sang français, AI. Larrey assembla un jury de chirurgiens supérieurs^ et il fut prouvé que ces jeunes gens avaient été blessés au ckamp dUionaeur. ]Af>rès avoir lu le «apport du jury^ Napoléon dit à Laocy : « U serah à d^irer que je
(t^4 iXS TATSAlfS IIXDSXAES.
•ne fusse ^ilouré que par des hommes tels que tous, -w M. Larrey reçut à cette occasion ua présent précieux «t une pension Tiagère de 3^000 f canes, dont le priva la loi sur les finances en 1817, et qu^une loi lyécialc de la Chambra de 1818 lui rendît Pans toutes les iprandes villes •où la gloire de l'empereur eonduisit les u*mées de la France, M« Larrey laissa de jioo4)reux témoignages des séjours qull y fit, en y propageant dans des leçons pubKque» les ^écejpies de la chirurgie française. Aussi les souverains de la Kussie «t de la Saxe Tont^ls hpnoté 4Jlfi% «arques les plus flatteuses de leur gratitude et de leur •estime. C'est Waterloo qui fut témoin des derniers services ^e M, Larrey a rendus à l'armée de Napoléon. Prévoyant que cette bataille serait la dernière, il se dévoua, fut plcs^é etpris. . / ,,
Napoléon s'est souve^ dans son testament de cekû qu'il appelait le. wrtoeiM; Larrey.
Les ouvrages queM. Larrey apubliés sur sesxampiignes peuvent seub faire bien connaître la carrière qu'il a .si honorablement parcourue. C'est aussi un monument- de la gloire française.
:L'AI7K0Y (jMàM DE).
Naquit au commencement du xvii* «ècle, à Yaldenc, (petit village dU d^artement de la Manche*
LES PAYSANS ILLUSfnBJ^. 195
Après avoir terminé ses premières études au petit séminaire de son diocèse, il suiyit à Paris l^ijvèque de Got^ tanoe. Quand il cuit fait son cotirs'de philosophie et de théologie, il obtint le bonnet de docteur et Tavaintage d'être admis dans la maison de Navarre. Ordonné prêtre, \| se rendit dans la capitale du monde chrétien, et se liadV mitié arec le célèbre Léon AUetius.
Exempt de toute espèce d'ambition, il se livra tout entier aux plus profondes études ; il visita les bibliotlftqueç, fréquenta les savants, et dans le temps même qu'il acquérait de la science, il posait les fondements d'Une grande reiciommée par sa profonde sagacité 'et soîv immense érudition. Dévorant livres et manuscrits, il transcrivait par Ordre de matières tous les passages (|ui l'avaient frappé.
Nommé Un des quatre censeurs royaux' que le chancelier Séguier créa de son propre mouvement en 1643^ pour supprimer tout ce qui tendrait à propager la doctrine de lansénius et d'Arnaud, il ne tarda pa^ à renoncer à cet of&ce^ qui ne pouvait, dit-il dans voie de &es lettres que iious avons sous les yeux, se concilier avec la yérlté pour laquelle un docteur doit répandre jusqu'à la dei^nièce goutte de son sang. Sans nous arrêter à faire lliiftoife des querellés des Jansénistes et des Molintstés,- dattf lesquelles il montra des opinions singulières et discordaiifi4 tes que le grand Bossuet essaya de féAiter, noua arrit- V0€Mi la nominattoa de son protecteuti l'abbé d^Estréts, à l'évicbc de Laoi^ Ce préht lui donna deui; attonicais.
196 X£S PAYSANS ILLDSTAES.
■mais il s'en démit l>ieiitôt en disant : « Il faut qu'un cIoh noine chante et boipe à plein ventre; je ne sais pas ckanien, et je ne bois jamais que tle Peau. »
Il ajouta dans une autre occasion : Je me trouverais bien de l'église, maïs relise ne se trout^ertul pas bien de moi, )1 est assez étonnant qu'un docteur de son siècle lui ait fait un crime de son désintéressement. ^
'La haute réputation de sayoir dont jouissait L'Aunoy 'le fit «fseherêher par tous les hommes de mérite de son siècle ; Golbert même le consulta plusieurs fois. Eu 1675, la pubUcation de son célèbre traité de la Simonie tvii prohib^^e, et on lui défendit de la part de la cour de continuer certaines conférences qu'il faisait chez lui tous les lundis sur la doctrine du clergé de France, et où, dit un auteur moderne, il se portait défenseur des libertés gallic^es. «L'illustre cardinal de Beausset -n'attribue pas à k même cause la clôture des conférences qui^e tenaient chez de L'Aunoy : u Bossuet, dit-il, devenu précepteur de Mgr. le dauphin, fut informé, par M. le docteur Arnaud, que le docteur de L'Aunoy tenait des. conférences où il hasardait des maximes fsiYorables au^socinmnisme/ Sans paraître agir ouyertement, Bossuet fit dissoudre ces conférences par l'autorité du chancelier LetelUer ; mais, satisfait d'avoir arrêté la contagion d'une doctrine dangereuse, il veilla avec attention à ce qu'on n'inquiétât en aucune manière le docteur L'Aunoy, et à ce qu'il ne fût exposé à aucun désagrémeat personnel... Il paraît cependant que 1 archevêque de Paris était le véritable auteur de
IKS PAYSANS ILLUSTRES. :197
r€êt 'événement, et les amis de la science se J^laignirent ^hautement de l'ingratitude de M. de Harlay enyers le
docteur. Mais c^lui^ci, toujours résigne, toujours soumis, 'daimait leur effervescence et à'efforçalt de les ramener â
des sentiments ]^lus pacifiques. 4>
Les bornes de notre cadre ne nous permettent pas de ^faire connaître tous lés ouvrages de ce savant ; disons seulement qu'il s'attacha surtout à faire connaître l'origine des saints, et €t preuve à cette occasion d'une judi4* cieuse critique et d'un noble courage. L'ignorance du moyen âge avait assigné à la plupart des églises de France une origine tout apostolique v^t rmi.raculeuse : le judi^- ' cieux L' Aunoy en démontra la^fausseté ; il dévoila le ridicule d'une multitude de ta^aits fabuleux dont se repaissait la piété de nos ^eux, ^ue la cupidité tournait à son profit, et qui servaient de prétexte aux méchants pour . calomnier la religion. Sa critique fut quelquefois témé^ ; raire, mais plus< souvent sûre et utile à la manifestation de la vérité ; elleiui attira des adversaires redoutables. Le pape ^Alexatidf e « lui»même fut son antagoniste. Il est peu - d'ouvrsigesdeL'Aunoyqui ne soient à l'index de Rome, il • en est peu qui n'aient excité de vives réclamations. Le ■bien qu'il a fait est infini ; les préjuges qu'il n'a pu détruire entièrement, il les a ébranlés ; et depuis ils out été moins dangereux. Il raisonne peu et cite beaucoup. On l'appelait de son temps le dénicheur de saints. « Il était redoutable au ciel et à la terre, ditun auteur contemporaiii, il a plus détrôné de saints du paradis que dix papes n'en
1^9 LES PATSAMS IlLUSTRES.
ont canonisé. Tout lui faisait ombrage, et il recWrdisii tous les saints les uns après les autres, comme en France OQ recherche la noblesse. « Le curé de Saînt-Eustacbe de Paris disait : « Quand je rencontre le docteur de L'Aunoy, je le salue jusqu'à terre, et ne lui parie que le etiapeau à la main et avec bien de Tfaumilité, tant j'ai peur qu'il ne m*ôte mon saint Eustache, qui netieniàrien* »
De L'Aunoy, si sérère dans ses attaques «outreles privi-' l«{$iés, était doué d'unecharité vraiment évapgélique. Pour toute récréation, il allait s'asseoir aux. derniers foyers et y distribuer des secours et la parole de vie et d'espérance' Tandis que ses persécuteurs se plongeaient dans la débaufdie la plus honteuse, il parcourait les rues les plus sales de la Gté, prêchant et secourant de pauvres prostituées, ouvraht à tous les cœurs flétris et gémissants une retraite pour se repentir et vivre selon Dieu. Les plus endurcies riaient du' saint homme, le$ autrefli Técoutaient, .sûitaient le Christ rentrer dans leur âme, et, coupant leurs dieveux,. leur ceinture dorée, allaient chercher sur la dalle, dans la prière et la contrition, le pardon de leurs fautes passées.
Ainsi, à cette époque où la France villageoise, séduite par un Lovelace de la grande âté, était pour beaucoup un scandale, une infirmité, la filte àhiée de Sat&Ui. ii se trouvait un prêtre né dans une pauvre chaumi^e^ qui abandonnait les honneurs et les richesses pour éclairer son pays, pour convertir, pour secourir la pécheresse et Tadultère.
JJSS .PATSAlffS ILLrSTSaS. Ifi9
, ISCLERC
. leclere (Gharles-Emmanoel), néprès de Pontdise d'une tltmille pauvre et obscure, eolra fort jeune dans la cavdrière des armesy et se.ût bientôt remarquer pai^'son intdiligence, son intrëpidiié et son. exaltation réyoLutîonhaii'e. JSlevé>en 1793 au^grade d'adjudant-général, il forma avec Bonaparte^iau si^^de Toulon,* une<liaison^quldan8j{a suite fat cause de sa -fortune «rapide. . Mbmmë général ^de brigade, il passa^à Tasinée du N«ird et du ^Khin. Ea il796 il suivit Bonaparte en Italie^ où il dirigea l'attaque du Hont-Génis qui jéussit complètement, et il -se <K>uvnt .degloîre àHoverèdcu
Nommé chef de rétatHhajeir - de Tarmée d^Itorlie après le traité de .Gampe^formiô, il donna sa- démission pour suivre Bonaparteen Egypte,. où il n'eut guère occasion de :4eiaise>remarqaer. Uxontribua par son audaceau succis , vde la révolution de brumaire, et on le vit à Saint*Clôud)>à la tête d'un peloton de. grenadiers, thasser les députés de l'-opposition. Le.premiei' consul le récompensa en lui faijMuit éfK^uBer sa.sceur Pauline, et lui donna lé commandéonent de l année qui traversa en 1801 l'Espagne pour .^soumettre Je Portugal. Ce fut son armée qui rfdr^ le |>rince du Brésil à signer le traité. humiliaiit de Badajoc, .dicté par Lucien Bonafparte, en vertu duquel le-Portugsl paja vingt nûHions au .premier. consul.' Après lé trsi^
£)0 lES PAÎSAirS ILLUSTRÉE.
d'Amiens et de Lunéville, Lederc sollicita de son beaufrère le commandemeot en chef de l'armée destinée à soumettre Saint-Domingue : on voulait an*acher cette riche colonie aux Noirs, qui avaient levé l'étendard de la révolte contre Ja métropole. LoDgtemps livrés à l'anarchie, ilb s'é'-> taient enfin organisés sous la conduitedeToussaint-Louver* ture, qu'on a appelé aveeri^on le Bonaparte des Antilles.
L'armement fut immense : il se composait de quatrevingt4rois bâtiments de guerre Mt d'ime armée expéditionnaire de trente-cinq mille hommes d'âke.
U parut à la vue du cap Semana le 1*' février 180^. Une vive altercation s'étant élevée entre l'amiral Yillaret- Joyeuse et le général en chef sur le mode et l'à-propos du débarquement, l'amiral l'emporta. La temporisation de Lederc, les fausses dispositions maritimes, la dislocation de la.flotte favorisèrent la résistance des Noirs, et donnèrent lieu au second incendie du Oftp«
Une gu^re atroce s'allama dans toutes les parties de nie, qui devint de nouveau im champ ée carnage et de
Déconcertés pourtant par les manœuvres des Fran^ûs, les diefs noirs finirent par &ire leur soumission, et furent incorporés dans l'armée deLedevc. Mais UentÀt l'enlèvement de ToussainttLottverture par perfidie, plus encore que les extorâous et les exécutions militaires, exaspéra les Noirs et les poussa à un soulèvement g^éral. Forcé dans ses princâpales positions, Lederc se retîfra, dévoré de chagrin, dans Hle de la Tortue.
LES PATSAlTS ILLUSTRAS. 1(3$.
Les revers de Tarmée française hâtèrent ses derniers moments : il mourut d'une maladie de lanceur le 2 no<rembre 1802, encore dans la force de Tàge. Leclerc fut peu regretté, l'opinion générale l'ayant classé au-dessous du rang ou l'avait porté le hasard plutôt que son mériie* Quoi qu'il en soit, on peut dire à 33 louange que sa moti fut pleuréc par son ancien compagnon d'armes>
LB MniNS iLLtrmu.
LE SAGE (AjiAik-ResCJ'.
Le Sage naquit en t668àYaneaa,daaabpretqu'tlefeitliuys, à <]uatr« lieues de Yanues. Ayant perdu son pèr» ei u mère dans u première jeunesse, il resta aous la tuti.'lle d'un oncle gui laissa dépërir la fortune peu considërable de son pupille. Place au collège des Jésuites de Vannes, il y fit de bonnes études. Il fut ensuite employé pendant cinq ou six ans dans les fermes de Bretagne. On ig.n«re par ^el motif et i quelle époque il perdit une
lES PATSANS HXUSTASS. ^06
place qui conTenait si peu à son caractère et à ses goûts. S'il eut à se plaindre d'une injustice, comme on le pense généralement, la haine qu'il en conçut contré les traitants jeta dans son cœur de profondes racines, et dicta l'éditante vengeance cpt^il en tira quinze ans plus tar\}. . ^ Le Sage yint à Paris en 1692^* dans la double intention d'y (aire sa philosophie et soa droit, et d'y pp^t^W uu emploi. Ayecune figure agréab^, une taille avantageuse^ beaucoup d'esprit natur£l et un goût exquis, il fu^b^cnir tAt répandu et redberché dans les ,meUleui:es sdciétés. H eut, dit-on, une intrigue avec une femiiaà^ :de qualiié qui lui offrit i9L main et sa f ortunf ; mais cette ayenture n'eut pi éclat ni suite, et Ton ignore jusqu'au nom. de la per- Jonne qui en fut l'héroïne. Il est certaiu d'ailleurs que vers le niâme temps Le Sage devint amoureux d'une trèfr jolie femme, plus aimable que riche, nommée Marie-Eliaabetb Uugard^ fille, non d*un niaitre metMiiaier, comtn«
on l'a prétendu, nuiis d'un bourjgeois de. Paris, et qu'il l'épousa le 28 septembre 1694. »
L*amour et l'hymen ne purent détourner he Sage de son penchant pour les lettres. Danchet, avec lequel il s'étak intimement li^ à l'université de Paris, lui conseilla de traduire les LeUres galantes (TAr/slodèsy et |^ charge de les faire imprimer & jGhartres^^où il était profosteur de rhétorique. Cet ouvrage, Xait d'après une version latine, parut en 1695, et fut aussi froidement accueilli des sa-* evants que des gens du monde. «
Fixé désormais dans la capitalei Le Sage s'était iait re^.
964 VÉ8 pknxjfs ïLLVSTtces.
ceToir avocat au parlement ; mais il n'en prenait déjà pliig« le titre à la naissance de son second fils, en 1698, et ne se qtntlifiait que de botrrgeoir de Paris. Quoiqu^il eût beau« coup d'amis, comme ri n'était ni intrigant ni pressant dans ses soliicîtations^il redit quelque temps dans un état au-dessoiis de la médiocrité; puis il obtint un emploi peu lucratif, auquel il renonça bientôt pour se livrer entièrement aux moser. Le maréchal de Yillars, qui connaissait son mérite, voulut inutilement se l'attacher : Le Sage résista aux propositions les plus flatteuses^ et préféra toujours son indépendance. Privé des f&veurs de la fortune, il eti fut dé-dommage par la sincère et constante amitié d'un homme puissant : l'abbé de Lyonne ne se borna pas à le combler de présents et à lui assurer une rente de 000 livres. Pas^ siokiné pour la langue espagnole, il l'apprît à son ami, et lui fit goûter les beautés de la littérature castillane. Troî» comédies en cinq actes : le Traître punij de Don Francesco de Roxas ; Don Félix de Menelace, de lopez de Vega ; et le Point d'honneury du même Roxas, furent les premiers ouvrages que Le Sage traduisit ou plutôt imita de l'espapÈbi. Les deux premières pièces, non représentées, furent imprimées en 1700, et la troinème, jouée avec peu de succès au Théàti*e-Français en 1703, réduite depuis en- «it>is aetes par l'auteur, et donnée en 1725 au théâtre Italien, sous le tk^è èèAiitùre des différends^ avec un pro* kigue, n'y obtint que deux représentations, et fut imprimée sous son premier titre. Le Sage publia ensuite les Jl^ufoiles af^entures de Don QuichotlCy traduites d'Avella-
IXS FàTSAKS ILLUSTRES;. SOS»
yeàk, qui ne réussirent pas mieux que l'original espagnol du froid imitateur de Cervantes..
En 1707 Le Sage donna sa comédie dQ Dpn César tfrsin^ imitée de Gàldéron. €ette piècCi applaudie à la cour; tomba auHiéâtre-Srançais, tandis que celle de Crispin ripcd de son maùrcy qui n'àyait paru aux courtisans qu'une misérable faree, était jouée à Paris^^ le même jour avec un brillant succès. L'auteur, qui connaissait l'esprit et les moeurs de» deux, aréopages, ne ^étohn» point de la eon-^ tradiction de leurs arrêts; et la postérité a confirmé celui, de la ville. Kegnard, suivant Pidissot, n'a rien produit de plus gai que la jolie pièoe de Crispin rical^ AonX La Ilarpii semblf avoipfaittroppeude cas. Elle ne roule véritablement que sur nae fourberie de valets ;.mais la vérité du dialogue, qualité qui distingue éminèmmait Le Sagé.le sel des plaisan» teries toujours amenées par le sujet,rbeureux enchaînement et la rapidité des scènes provoquent le rire et entraînent le spectateur. Peu de temps après il donna le Diahh Bêiteux^ knprimé en 1707, dont Le Sage a pria le nom et l'idée dant El Diabtû Cùpielo de Louis Yelex de Guevera. fl eut une vogue prodigieuse, etoccasiooina un duel entre deux jeu*" nés seigneurs qui se disputaient le dernier exemplaire de la seconde édition. Le Sage en donna une troisième aug* mentëe d'un volume, pow lequel il dit avoir emprunté des> vers et qpelqjaciB images à Francisco Santoe^ "^
U avait présenté aux.comédiena une pièce et^ un acte, intitulée les Etrennes : sur leur refus de la jouer, il la refit en cinqaeles aous le titre de Turcarei :. mais il eut mmns.
i06 LB8 PATsiiis iLLtranss;
de peine à ià faire recevoir qu'à la faire rieprà^nter. Ce^ pendant c'est un de ses plus beaux titres à la gloire. EU^ parut à une époque ou les malheurs et les besoins de la France aTaient mtiltiplié les traitants et les^ maltotiers; dont les noms, abolis par l'usage et détenus p^çsque injurieux, ont été remplacés par ceux de fournisseur et d'agioteuri qui ne sont guère pluiB honorables. Le Sage avait lu sa pièce dans plilsieurs sociétés. Le bruit des ap« plaudi^semeiïts qu'elle J avait obtenus alarmèrent les fi-^ nanciers : ils cabalèrent parmi les actrices pour empêcher la représentation de la satire la plus amère à la fois et la plus gaie qui ait été dirigée contre eux. La duchesse de| Bouillon, qui tenait chez elle un bureau d'esprit, promit sa protection à l'auteur, et lui fit demander une lecture de sa pièce. Au jour convenu. Le Sage, retenu au Palais ptfr le jugeihent d'un procès important, qu'il eut le mal* heur de perdre, nie put être exact au rendez-vous. En«n«* trant chez la princesse, il raconte sa disgrâce et se confond en excuses. On le reçoit avec hauteur; on lui- reproche aigretfneiÀ' devoir (ait perdre deux heures à la compagnie. « Madame, dit Le Sage, avec autant de sàng-froid que de dignité, je vous ai fait perdre deux heures, il est juste que je vous les fasse regagner; je n'aurai point l'honneur, de vous lire ma pièce. » On s'è£fbrça de le re* temr, on courut après lai ; mais il ne voulut ni rentrer: ni remettre les pieds dans cet hdtel. Le Sage avait une Ame fière et désintéressée. Les financiers lui offrirent cent miHe francs pour qu'il retirât du tliéâtre un'e comédie q«l
tnrPiirtANs ii.Li»!rEisr. 2VT-
devait DHsifctre au grand jour les secrets elle» turpitudes de leur mékkr; mais^ iaidgr^ #a pàuTreté, fl rejeta le«fs offfjca, et sao'ifia sa fortune' au p^isir d'unis T^ogeâmce légttim^. Furieui de son réfos, ik redoublèrent leurs intri- • gués, et il ne fallut rien moins qu'un ordte 8upérieur> consigné éva le registre de la Gomédie-Françaisey pour forcer les cpinëdiens d'apprendre et de jouer Turcaret. Gefte piice fut enfin iwprësentée k 14 février 1709, et malgré les efforts de la cabale, malgré les murmures des gensqui a?aienti:m s'y reconnaître, noalgré le froid excessif qui .Tint en interrMnpré les rep^éscbuttkrus en obli^ géant à leriner momentanéoient les spectades, elle obtint les plus brillants sifceès. ,^
,£n.l70S, il fit recevoir la Tontine, petite comédie ait cireanstaâce asaex gaie, qui, grâce à des intrigues de cour ou decoiulisse, lie put être jouée qu'en 1732, et qui ne fui. pas alOTs aussi applaudie qu'eUé l'aumt élé. dans le temps; j
Ge retard le dqgoâta d'une cairière si épineuse. Dédaignant la faveur des grands, il n'^iitpashommeà men< diar celle des comédiens. Les railleries qu'il s'était perimses èontre eux dans tous ses écrits autorisent à croire qttUl eut à s'en plaindre. Il disait à cette occaMto^n : « Je . diercbe à satis£B4re le puUic, qu'il petinetls «issi que je me satisfasse. >. . .i ; . .
Ters le même temps, Le Sage travailla plus pour Pami-
tié que pouFla gloire . François JPetit de I^a Groix, inteqa^ète de^l^ngues <»ien.tdes^ se mSfiant de son talent pour éctit^e
SOS LES PATftAKS ILLtTSniES*
en f rançaby pria: ion ami de conriger le «tyk de sa tfaduciioa dea JUilU éi m Jtmr^^ qui parut en 17J0 et les aimées sui^astes. Le Sage profita des richesses <pk lui fu«^ reat confiéesi et transporta bientôt sur la soèM plusieurs cçnCes persans*
GUhlas de S^ouUloMj qui parut en 1715, uôt eufia le sceau à sa réputation. Il publia ensuite son Théâtre de U Foire^ plusieurs opéras comiques^ et le Bmchelier de SaUt^ wmnqtie. Plus tard il donna la FaUee treupéey et enfin son Mélange a/muant de smllies d'esprit et de trmks kùiorùptee les plus frappants. La plupart de ces anecdotes, alors nouvelles ou peu cdnnues^ n'ont riende piqjnant anjovferd'hui.
Le Sage travaillait beaucoup, et soignah tous ses ou- ^«ages« Des mœurs pures^ le go&t de l'étude^ de vMis amis, une femme qui, reBiq>lie d^attentions pour lui etde tendresse pour ses enlants, le secondait dans leur éducation ; en6a toutes les jouissances que procurent la littérature et la paix d'un bon ménage : telles furent les sources du bonheur doot jouît longtemps cet auteur; mais sa yieUlesse ne fut pas exempte de chagrins. Il avait eu trois fils et Une fille z quand il fallut songer à les étaUir, raiaé,qu!il destinait aubairesu, et qui avait mena» plaidé quelques causes avec succès, se fit comédien^ ei se rendit célèbre dans la suite, sous le nom de MtmtmMl. Le troisième choisit la même profession; c'était celk poor laquelle Le Sage avait le plus d'aversion. U fut déd<»bBiagé de ces contrariétés par la tendresse constante de sa. fiUe, «t par la conduite esLcmplaire du second' dr ses fib qui^
LES PATSAN3 ILLUSTRES. S09
ayant embnss^ l'état ecd^iastîqae, ohAnt tut canonicat à Boulogne-snr-Mer. Le S^e avait cessé de voir Montménil ; mais lorsque cet acteur eut «cqttîa de la répota- ' lion, il le reçut en grice. Des amis communs ayant entraiaé le vieillard auThéitre-Fran;ais, il y vit son fils dans Torcarat, l'applaudit en pleurant de joie, l'embrassa, et lui rendit toute «on affection. Ce qu'il y a de sdr, c'est que Moatniéml devint le pins intime ami de son pire. Lorsque cet acteur était BU thëâue, Le Sage allûtpasser la eoirée dans un café de la rue Saint-Jacques, voisin de sa ' demeure. On y faisait cercle autour de lui, on mentait •dr les «faaises, sttr les tables pour l'écouter, M potv applaudit [a justesse, la darté, la variété de son élacntton.
Lanaort de ce ftls chéri, le soutien et l'espoir de sa vieillesse, fut pour lui un coup de fsudre. Sur la fin de 1743, il se retira à Boulngne-sur-Mer, avec sa femme et aa fille, auprès de son fils le chanoine, dont les soins délicats ad«ucirent l'amertume d'une perte si cruelle. It y passa ses dernières années dans un état d'affaissement asses triste. Le cours du soleil influait singulièrement suc les organes de ce vieillard i il s'animait par degrés à
vahal beaux déclin Diiait dne s< mou ri
^10 LVS Pif SANS lLI4MTAEi.
Le comte de Tressan, qui commandait alors dans le
ulonnais, se fit un deToir d'assister avec tout son état» iMtjor aux obsèques de Le Sage ; et, par l'édat de cete pompe f onèl^re, il rendit un hommage public à la mémoire d*un des meilleurs écrivains dont la France s'bonçre» Sa veuresuryécut peu, et mourut au même Age i|ue' lip, le 7 arril 1752.
. Le Si^e avait eu dis sa jeunesse dea symptômes de anf» ^té; on voit dans le prologvœ de Tujxareij qu'à cette épo* que il entendait déjà très-difficilement. Il devint bientte tellement soiird, qu'il faisait usage d'un cornet acoustique. Cette ipfirniité fut, dit-on, la principale cause qui l'empêcha d'être reçu à l'Académie firançwe, quoiqu'il y eût plus de titres que la plupart de ceux qui en fainôent alors partie.
Naquit près de Chaulnes, dans le département de I» Somm^^ en 1727. Son grand-père ayant reconnu des dispo^ sitions précoces dans le jeune Lhomond,.fut assez-heureux pour lui obtenir une bourse dans le collège dlnville, où il fit ses études , et dont il devint ensuite le principal. NoDuné professeur au collège du cardinal Lemoiney il s'attacha de préférence à instruire les jeunes enfimts, et mal«
t&S PAT8AK8 UXOSnUBS. Si 1
gré les instances les plas rëitërées, il dédara toujours qa'il n'abandonnerait jamais ses ùxièmesy et il remplit pendant plus de ringt ans cette honorable carrière.
lladoptaarec plaisir et modération les principes de notre rëyolution, dont il faillit bientôt devenir la victime. IL fut arrêté vers les premiers jours d'août 1702, et enfermé \ Saint-Firmin. Tallien, qui avait eu l'avantage d'être son élève, s'intéressa vivement en sa faveur, et le fit mettre en liberté presque aussitôt. Plusieurs mois après il fut as^ sailli, sur le boulevard de la Salpétrière, par deux mal&i* teurs qui lé volèrent après l'avoir laissé poiu: mort. Néanmoins, il n'était pas dangereusement blessé. Cet homme estimable et laborieux, dont tous les goûts étaient simples, a toute sa vie cultivé la botanique, et il y était devenu fort savant. L'illustre Haûyfut son élève: c'est un titre de plus à la reconnaissance publique. On croit assez généralement que Lhomond, qui mourut le 31 décembre 1794, âgé de 67 ans, fat redevable de sa bonne santé à la promenade qu'il était dans l'uMge de faire tous les jours jusqu'à Sceaux, exercice qu'il n'a jamais interrompu, quelque temps qu'il fît.
Lhomond a fait plusieurs ouvrage pour fadKter à tes nombreux élèves l'étude des langues anciennes; il a composé une granuBaire latine api est encore dana les mains de tou^ les enfimts.
Ses ouvrages ont *été souvent réimprimés, mais on a fait à plusieurs des additions qui, pour la plupart, n'ont point eu l'approbation d«rgens de goût.
MABILLON (Jean)..
Mabillon (Jean), Bëuédictin de la congrégatioa de Saint^Maur^et Vun d^s homn^^s Iqs plus^ayants qu'elle ait produits, était né i^Saint PUrremont, village à trois lieues de Reims, le 23 décembre 163^. Un de ses oncles, cqxé dans le roisinage, se chai^ea de son éducation, ^t l'envoya ensuiee au collège de Reims, où il se distingua Ui^nr t6t par la vivacité de son esprit, sa modestie et Fapplica*tion qu'il apportait à s^s devoirs. Ses cour» terntinés, w lui fit obtenir une place au séminaire, où il demeura troi5> ans, partageant son temps eaUfe la< lecture et la méditation, n n'ott aortit qu'«vec la résolution d'embrasser hvie monastique, et il pronon^ ses vceuic à l'abbaye de Saisit-<Réiiii, au mois de septembre 1&54. Alabillon ùxt presque aussitotF cliargé de k direction et de Ji'i^iiseigneiii^nt: des novices; mais l'ardeur avec laquelle il remplit s snouvelles fonctions altéra sa santé et Vobligea de lès discontia«er; et i^elui qui était né pQur faire d'importaptes découvertes àa»9 tous les genres de liUératu^e,, se trouva presque réduit à n'oser penser. S^s supérieurs l'envoyèrent successivement dans différentes maisons, errant que lès voyages et la dia^ipation oon^J^uerai^nt plus que les^ remèdes à son ^K>mptrétabUssement> I^^ prieur de Corble lui confia l'emplai die déposîUure et ensuite de celle-
139 PAYSANS ILLUSTREE. 213
rler de Tabbaye, et Mabillbn trouva dans l'exercice de c€U€ donble charge une distraction utile as» santé.
Cependant son goût pour la* retraita lui j&dsait désirer avec impatience de rentrer dans la vie monastique, et il fut envoyé à Tabbaye de Sàint^Dénis, où on l'occupa pendant un an à montrer auxeuiâeux les trésors et les tc»n* beaux- der rois de France.
Luc d'Achery continuait alors à Saint*Germain-des*- JPrés son grand recueil si connu sous le nom de Spicilége. 14 demanda quelqu'un pour l'aider dans ses recherches^ et l'on jeta les yeux sup MâbiUon,.qui,.peu connu encore dans ce genre d'érudition, devait bientôt surpasser ses premiers maîtres. MabiUon fut ensuite chargé de publier une édition des osuvrés desaintBernard, revue sur les anciens manuscrits, et là manière dont il s'acquitta de ce travail' important fit pressentir tout ce qu'on pouvait espérer de son zèle. Un autre ouvrage, qui l'intéressait plus particulièrement, réclama bientôt ses soins : o'eatt te recueil des actes des saints de l'ordre de Saint-Benott, rangés de manière à composer une histoire de cet ordre célèbre. L'examen attentif des chartes, des diplômes et des autres pièces historiques renfermées dans les archives de la congrégation, l'obligation de les déchiffrer, de ks comparer, de les analyser, lui inspirèrent l'idée d'un travail réellement neuf, et dont l'importance ne peut être appréciée que par ceux qui ont besoin db recaorir aux manuscrits originaux et d'en discuter Fâge et l'authenticité : il s'agit du grand traité de diplomatique de Mabil-
214 vu PÀfumB ituosmEà.
Ion, dont k publication fit époque dans l'histoire liu«nire, et qui suffiMit ieul pour assurer à son auteur une réputation, inimortette.
Colberty à qui on parla de cet ouvrage, fit offrir à Wxt^ (cor une pension de deux mille liyres ; mais Flmmble religieux répondit qu'il n'avait aucun besoin et refusa, avec une fermeté qu'on ne put vainçi^^ la récompense due à «es utiles travaux. . ^
X^uelque temps apiis, il bit envoyé en Allemagne par ordre du roi, pour rechercher dans les archives et les bibliotbèquef les pièces les plus pi^pres à enrichir Thistoire de France et ceUe de( l'Eglise. Il n'y resta qu'environ cinq mois, et l'on ne samrait s'imaginer tout ce qu'il rassembla de pièces util^ et curieuses dans un si petit espace de 4emps.'
n ne berna pas là ses soins ; il indiqua aux savants plu- Âeiirs morceaux intéressants restés inconnus jusqu'alors, mè«ie à ceux qui les gardaient, et parmi lesquels on ne peut s'empêcher de citer la Chronique de Trithème, pu^ Utiée depuis par les. moines de Saint^GaU.
Il s'était acquitté avec trop de succès de la commission que l'on venait.de lui confier, pour qu'on ne souhaitât . pas qu'il fit de semblables recherches dans les bibliothèque de ritalieu U s'y rendit et revint, au bout de quinze nmois^ changé de nouvelles richesses. Mabillon av^t été accneiHi à Rome avec une distinction particulière, et ce .lîit la seule chose dont il oublia de parler dans la relation de «on voyage. Il avait amassé plus de trQÎs ipiUa ri^uipi^
IBS PAT&àlva IU.USXRJBS. 2 15
rayes et carîenx, imprmiës ou mamiscriti) qu'il «lépoaa eiiftuîte:à la bibUqthèipie du roi.
A pône ayait-il publié hiMusaam ItaUcum, qu'il ^tpa* Ti^tre une nouTeHe édition; des cuivres de saint Bî^roard. Ses 8i]q»énèufB rengagèrent alors à donner son ayis sur une question de la plu»haute importanee, et qui dmsak les esprits : il s'agissait de savoir si les moines peuvent s'appliquer aux études. Le célèbre abbé de Biincé soutenait la négative; Mabiilon prouva^ par Texemple et l'autorité des Pères, et par la pratique constante des plus anciens monastères, la nécessité et l'obligation de l'étude pour les religieux. L'abbé de la Trappe répondit, et le pubbc s'aperçut que les deux iUustres adversaires n'étaient pas éloignés daimé^ie sentiment, puisque Fubp œ condamnait que lés connaissance» frivoles^ ei l'autre ne> conseillait que lea études sérieuses. Cette contestation apakée, Mabiilon fut iiitité' à reprendre la jjdusné et à s'occuper delà rédaction de» ànuales générales de l'ordre de Snnt-Benok. Son âge avance et sa santé affiirblie poi de loiigB travaux ne puifeni l'engager à refuser cette nouyeHe tâcbe : il'avaii déjà publié les premiers volumes de cet important ou- Tr^^ lorsqu'il fut attaqué d'une rétention d'urine, fin^'a^ TOUS cette incommodité que lorsqu'il n'y avait plua de remède ; il souffrit pendant trois semaines^ avec une patience in^térable, tes douleurs les plus aiguës, et mourut le %( décembre 1707, à l'abbaye de Saînt-Geixnaîikrde»- Prés, à l'âge de soixante-quinze ansv
Le pape Clément XI, en ^pprtoant sa mort, écrivit
216 LES PATSAMS ILLOSXRES*
qvL'd detait être lahumé dans le Uea lie plue distingué^ parce que les savants ne manquesaient pas dt demander où reposaient ses cendres.
Les ouvrages de Mabillon sont dW grand, prix pour les savants^ et si la connaissance des manuscrits a faijt quelques |»ogcès dans ces derniers temps^ jc'est unique«mentà lui que Ton en est redevable.
JUALOUET (PiBRaB-YicTCtt).
issu d*UBe fiimiUe pauvre, mais honnête, d'Auvergne^ Màlouet devint ministre de la marine et ami df Louis XT L Ses parents, ne pouvant lui donner par eux-mêmes une éducation au-gré de leurs déskrs, le mirent dans un collège dirigé par les Oratoriens. Au sortir de l'e«fance, Malouet €ut un moment la pensée d'-entrer dans cette congréga^ tion. Cependant ses goûts Tarant bientôt détourné de cette carrière, il suivit un «ours de d^it. La poésie était alors sa passion dominante i à seise ans il débuta par une 4>dé sur la prise de Mabon ; elle fut suivii d'une autve^ adressée au prinee de Coudé, sur ses victoires en Allema* gne. Toutes deux furent imprimées dans lé temps. Bien» i.àt apràs il composa une tragédie «t deux- comé&esj qu'il oe craignit pas de présenter aux comédiens française mais sur les observatiotis de Lekain, il abandonna tf
XJft PATSAHB 1LL0STR1I8. 217
genre de Utténiture et parût à dii-iliuit ans pour le Portugal, avec le titre de chancelier du eonsulat de Lisbonne ; il était en même temps attaché A Pambassade du comte de Merle, qui fut bientôt wprès rappelé. Malonet rerint a^ec lui, et peu après il fut em^doyé dans radministration de Tarmée du maréchal de Broglie. Il courut quelque danger à la bataille de Fillinf^usen.
Lors de la paix de 1763, il entsa an senrke de la marine. Quand eut lieu le maUieureuxenaidSine colonisation danslaGttiane, il fut ^lYoyé à Rochefort oommekispecteur desmagasinsdescolonies, pcnirdîriger Icsembarquanents. Nommé sous-commissaire en 1767,il {ni en^^loyé à Saint- Domingue, et en 1768, il détint oidoonateur au Gap. Ge fut pendant ce broyage qu'il composa les ivoire parues du jour à la mer, morceau de poésie qui aiappeUe son premier penciMmt. Nommé commissaire en 17€9,ilséîottrttaencore cinq ans dans cette Ile, et commença dès lors à prépaver les matériaux des mémoires qu'il a publié» plus tard sur l'adihinistration des oofonies.
A son retour, madame Adéhûde le ik nommer secrétaire de ses commandements. Peu de temps apiès, M. de Sartine l'envoya à Gay^ine, peur reconnaître le» moyens d'accroître cette colonie, où il n'eut pas le temps de réaliser tout le bien qu'il avait conçu. Nommé ordonnateur, il repassa en France ezi 1779. La guerre 8*étant déclarée dans l'intervalle, il fut pris par un corsaire, conduit en Angleterre et bientôt après rendu à la liberté. En arrivant à Paris, il reçut du roi les témoignages les plus flatteurs
218 ISS PlfaAMI ILLCSnOB.
de tatit&ction. En 1780, il fat eaToyé à MarseiUe en qua- Uié de commissaire pour la vente fle Uar^enal, et remaniât de six millîons fait auoL ^Génois. Aspifhs cette epëratioOy.il fut nommé intendant de la maiineàTpuloa. Ce port, qu^il administra pendant huit années et aux trajîairx duqudi il eut une partsi active, l'endxa longtemps témoigni^e de ses lumières et de <son ztiie.
•Le bailliage de Aiom l'ékit d^uté aux éCkltf^géM^aux -en 1780; ^et <une «canâère. nouvelle s'ouvrit pour lui. Le discours qu'il.prononça lorsqu'il fut chargé par cette ville de porter ses «cahiers à l'assemiilée du ti»s-.éut de la •énécbaussied'Atiivargney cahiers dont il avait été le prititipal rédacteur, annonçait la ligne dé conduile qu'il tiendrait Dévoué tout ensemble à la cause ^u tcône eti ceUe «de la liberté, ne les s^arant pas danfi son esprit l'une de l'autre) et désirant voir s'établir en France un.gouveniement & «peu près semblaMe à ^elùi de l'^gleterre» il se montra dès le commcâicement -de la révolution comme un «des chefs du parti auquel on donna le nom de monar^ ^iens. A l'ouverture des états-rgéoeFaux, il appuya les dé- «aarches tentées pour obtenir la réunion des trob ordres ; jnais lorsque le tiers-état voulut se fonner en. Assemblée nationale, il rejeta cette dénomination, et présenta celle de majorité des représentants, 0ans la discussion de la constitution il se déclara pour le ^^éto suspensif. Il s'opposa fortement à la déclaration des droits de Flumme. Ap>^ 1^^ événements des. 5 et 6 octobre,, il se jilaignit de ce quele ileupk était excité contre plusieurs députés, et partîçuUè-
U» PAT8AK9 nMSrtLBS, ftH^
renient contre iui^méme^ qui avait été robfet «ilayecti- Ves et de menaces, et il demanda une loi contre les écrit» séditieux; mais Mirabeau fit rejeter sa proposUion, Gt* pendant il soutint Malouet peu deteimps après contre le» imputations du comité des recherches. Les 7 et 15 décembre Malouet défendît et fit acquitter le. chef d^escadron d^ Albert de Rioms. Il déposa dans le procès commfiicé au Châtelet sur les érénements des 5 et 6 octobre/ dont il avait tracé publiquement le plus douloureux tableau. Il attaqua virement Marat et ses feuilles, et fil rendre un décret qui traduisait Camille DesmouUns au Ghitekt, comme auteur de pamphlets sédideux ; mais DeamouUaa fit annuler ce décret. Effrayé des troubles qui avaient lieu sur tous les- points de la Fnmce, Mahmet, appujé par Gazalès, demanda, le 20 février 1790^ que le roi Iftt
temporairement investi du pouvoir dictatorial. Cette motion, après de vifs débats^ fut repoussée à une forte ma|io* rite. Au mois de novembre 1789, il avait reconnu que la iiation était propriétaire des biens du clergé» mais sous k condition qu'ils s€»'aient employés à Tentretiien du culte et au soulagement des pauvres, sans qu'il fût jamais permis d'assigner à ces biens une autre destination. Il combattit ensuite le synème des assignats. Pour balancer le pouvoir qu'acquérait chaque jour la société àe^ Jacobins ^ Maloftet et les députés de son parti formèfclit un club sous.le titre de Ctub des impartiaus, que le public nomma dub monof ehfifuettam le peuple força bientôt cette assemblée à se dissoudre. A l'époque du voyage de YarenneSi Bx|s90t ft
220 LES tjsïsâks iclusthes.
Thomas Pagoe ayant demiadé publiquement la répuBliqfte, Malouet arracha une deleu/s affiches pour la dénoncer à rAssemblec^ qui passa à l'ordre du jour. Lorsqu*aprèsie retour du roi, le comité de constitution proposa de «ospendre provisoirement le pouvoir rojal, , Malouet attaqua* ce projet.
Etroitemeot lié avec l'abbé Raynâl, qù^ilaraitrecueiiU à Toulon À son retour de «Prusse, il avait proposé à l'Assemblée et <dytenu, le 15 août .1790, la.Tévx>catîon de l'arrêt protioncé contre cet écrivain. Malouet comptait sur son influence pour rattadier à la monarchie ^les partisans de la liberté, dont son ami avait été l'un des.plus.ardents apôtres. Aussi lui a*t-on attribué une grande partie de la lettre adressée par Raynàl à l'Assemblée. Le prpjet en fut arrêté dans une réunion dont Malouet faisait partie, mais la lettre fut rédigéepar Clormont-Tonnerre, et Raynal en modîfra seulement les premières expressions pour leur . donner plua d'énergie. ^
Lorsque les événements prirent un caractère plus grave et que la chute de la monarchie parut imminente, Malouet fut appelé par Louis XYI dans un conseil intime, sans autre titre que celui du dévouem^it et de la sincérité de son caractère, lusqii'à Tévénement du 10 août 1793, Malouet continua de donner des conseils et démultiplier ses efforts pour le prévenir. Echappé aunt massacres de septembre, il se réfugia en Angleterre, où il publia un écrit pour la défense de Louis XVL Le 8 novràibre 1792, l adressa an ministre de -Erancev en Angleterre iine.de-
■IkES PAYSMiS ILLUSTRES. 2^1
mande pour venir défendra ce prince au péril de sa vie* Sa note fut transmise par le ministre des affaires étrangièrea, le 20 du même mois, à la Convention, qui, passant à l'ordre du jour, renvoya les pièces au comité tTaliénatwn pour que le pétitionziaire fût inscrit sur la liste des ' émigrés. . .
Rerenu en Francç vers IBOl^ il fut arrête comme émi- ■ gré^ et reconduit à la frontière; mais rendu presque im- •médîatemeiit à la liberté, il vit rechercher ^es ccmseils pour la restauration de la marine française. ^D'immenses travaux éiaieiit projetés à Anvers.: Malonet fut chargé de les diriger. Mommé commissaire général de la marine» avec le-pouvoir de préfet maritime dans ce port, le 3 octobre 1803, il y créa les plus vastes établissements au mi* >lieu de nombreuses difficultés. La responsabilité de cette grande opération, les fatigues qu'il essuya pendant l'expédition des Anglais dans l'Escaut (circonstance où il déploya toute la fermeté de son caractère, et qui fit dire au chef du gouvernement que M* Malouet avait éminemment le courage (T esprit); enfin l'influence du climat de la Belgique qui lui était contraire^' commencèrent à altérer sa santé. Il avait reçu en 1808 le titre de maître des requêtes; au - commencement de 1810, il fut nonuné con* ^seiller d'Etat et appelé au conseil, où il siégea jusqu'à la fin de 1812. A cette époque, soit que l'empereur fût iixiportuné de la franchise et de la persévérance de son • 9Ppositiondans la discussion de plusieurs affaires, soit qu*il
2t2 LBS PATSANS IIXCSTaE9.
eétreçu des rapports contre lai, ii rébigfUfëa cobmU tl V<xila à quarante lieues de Paris.
Malouet se retira dans une petite propriété qu'il avait «n Touraine ; il y tivait dans le repos le jplus absolu, lorsque Louis XYIII revint en France. Màloii^ se rendit auwtôt à Paris, et dès le 2 avril 1814, il fut nommé, par le doavernement provisoire, commissaire au di^iairtement de la marine. Le 13 nud, il prêta serinent comme mtnis- (re secrétaire d'État du même déi>artement> elf fot nommé peu après die^lier de Saint-Louis. Depuis 1811,9 était cooniiandant de la Légito-dHônneur. Il se livra dès lors avec, son zèle accoutumé aux travaux extraordinaires qu^êxigeait l'administration ; mais ces travaux achevèrent de miner sa santé : il succomba le 7 septembre 1814.
Ctàrgé pendant plus de quarante ans de différentes adliiinàltrations, Malouet mourut sans fortune, et les frais de ses obsèques furent payés sur le trésor. La modération était le trAit distànctif de son caractère. A une intégrité scrupuleuse il joignit cette probité politique qui couÉlÇip à subordonner tous les initérêts aux dev^nrs, et à demetirer invariablement attftdté aux principes, n fut lié a'vec^kai hommes les phiS iHustres de son uède, et jouit tof^ours de l'estime de ceux qui furent ses adrersaires. Locigue Fouché fut proscrit sôus Niq^oléen, on vit Ma* lowi, bravant les menaces' de l'attCorité, rendre publi-
ciuei^ent visite à cet ami dé son enfaoce, avec lequd U arak étudié à l'Oratoire. Au milieu des soins actifs d'une admÎBisipaCioa étendue, il conserva le |^At des lettres et
>U» PAYSANS lULOSTHSS. 2fô
ne cena àe las'Cttltiver. Malouet awt une figure DoUe •et une talHe trèa-ëterée , A a «été deux fois -niarié et tt'a iaiiaé qu-'uQ fils.
SANUfiL (PiBRRE-LotJU).
Issu dNine paurre famine dé Montargis^ "en i75tj Manuel reçut cejpendaot une bonne éducation ; il fut ad* mis dans la congrégadon desiloctrinaires, qu'il abandonna pour se Tendre à Paris, où il devint précepteur du fils d'un banquier. Aussitdt que Manuel se yit libre, il publia un pampblet qui le fit mettre pour trois mois à la Sestîllé.
; Membre de la Société des Amis de la constitution, H ifttt bientôt nommé procureur de la comnrane dé Paris. •La position de Manuel devint difficile : il avait un rôle à jouer à la commune> un autre aux lacobins(précédemjnent les Amis de la constîtntioli), et pour conserver la laveur qm l'avait élevé, il -£iUait «nchérir le lendemain jBur les discours de la veille. Le 17 m^i 1792, il proposa 4iux Jacobms de renfermer la reinei comme suspecte, au Yal^de-Criàce, pendant tout le temps dé la guerre. 11 provoqua €t dirigea l'insurrection du 20 juin. Le 6 juillet; •euspendude^es fonctions, ainsi quePétion,mairede 'Paris, par un arrêté du département, comme n'ayant pas pns
SS4 LSS PAYSAffS lUAJSTKXS.
de metii r es fimir {iréveiiir rinsurrection du 20 juin précédenty il fut râ&t^gré le 13 par un décret, immédifttement suivi de la déclaration laite par l'Assemblée légîtktiye que la patrie était en danger. U prit une part active à la journée du 10 août Le 13, il fut chai^gë de conduire le roi au Temple. Quelques jours après, il s'opposa arec force à ee que le roi et sa famille fussent enfermés dans la tour ; il' soutenait que, sans recourir à des rigueurs inutiles, on pouvait également veiller sur eus dans le palais du Temple.
Quelque temps apvès, il £ut porté à la Convention, et, dès la première séance, il |»oposa que le président de l'assemblée fut logé ai^x Tuileimea, afin de l'environner, disait-il, d'une grande eonsidération. Au bout de quelques jours ildemandi^que le ptv^i réuiû en assemblées primaires, se prononçât sur l'abolition de la royauté. Quand elle iut déciétée, onduurgealianuel, en qualité de proaireur delacommus^a^ d'aller VttBODcer au roi ainsi que retahlisscraent.de la répid[>Uque. JMfaauelavait jusquelà «s^iîfesté une grande ««allaticm. Pu moment ^u'il vh ktfainiUe royak-c^ptiveyîl se onmtra sensible et moobaré* On a attriboé-oe cbaiiget^enl; à diverses causes. La pUis vraîaemblaUe -est sp9 caxvictiire ardent ^ compaâssant, qui dut être émude la réaigoatfton avec laquelle les pvi*- SQBsners, confiés à «sa t^wde^ suppcdrtèrent kur infortune. Il ût ipniA ises ^ficins powr aiioiAcir If ur situation.
C'eirt à .tort qu'on l'^i actusé d^»vôir pris|iaz!t aux mas^sacref 4^ septembre ; U en ««t conaaissanèe sans doute,
mais on sait qu'il eut à ce sujet uoe* vive altercation avec Danton, alors ministre de la justice; on Ta vu encore, la veille même du 5t septem1)re^ sauver Beaumarchais, qui rasait offensé et qui le regardait comme son ennemi personnel.
Ami surtout des députés de la Gironde, il siégea avec eux jusqu'au moment où il donna sa démission, et certes ils Feussent repoussé avec horreur s'il eût été coupable de forfait? sur lesquels ils appelèrent la vengeance nationale. Enfin, le 5 septembre 1792, il prononça, à la tribune des Jacobins, un discours où il déclare « que les massacres du 2 septembre avaient été la Saint^Barthélemy du peuple, et que tout Paris était coupable pour avoir soufFert ces assassinats. » Une dernière preuve existe encore en sa fiaiveur : il proposa, malgré les menaces dé hiMonUtpie, « que tout Français sorti de France après les massacres de septembre et retiré en pays neutre, ne pût être considéré comme émigré. •
La Convention ayant décrété que Louis XTI serait jugé par die, Manuel obtint, contre Topinion de plusieurs
députés, qui voulaient procéder au jugement sans désemparer, que Louis XY I serait entendu à la barre ; et lors qu'on eut retiré du greffe du tÂlHiiial du 37 août les jMèces relatives au roi, il fit encore décréter', le 6 décembre, que ce prince serait mandé à la barf e le 10. Le 27, Manuel insista pour que la défense du roi, prononcée la veille, et les pièces d'accusation fussent imprimées et envoyées dans les départements, et proposa l'ajournement de la discussion à trois jours. Sans les appeb nominaux sur le
^S6 ' 'LE&.PArSANS ILLUSTRES.
jugementi UtoU la culpabilité, 8e prononça en EaiTeuf il^ l'appel au. peupif, de la déteutuH» provU oire et du baurnis^ement i la paix* X<e jour 4u4iii^ de k çondamPAtiop. du roi» Manuel donna sa dénÛMOHy et écrivit à Tai^em-. 'i}\é^ que» <« composée cst^m^ elle Tétait» il lui était^.impossible de sauTor laFra^s^i et g«e l'iM>ma»e 4^ bienn'aTait rplua fu'à a^'enyeloppei; de son ip;9{i^eau. >» Q^ pfsgj^ 4 V^tdre du iour après d^ yîfa débats.
11 «e retira à I\IoQtargU| où, dans le çouranl(de maMf df^ Curieux rapcabLèi:ent de coups de .pierre et d^ bâton, et le ku59èreBt ^pour mort. Il se rétablit néanmçins. Après le SI mai, il fut arrêté par ordre des co- Qiitésde salut publicet de arrêté générale, et conduit à la Conciergerie. On l'aj^la comme téiïioin dans le preces de la reine; nf^is, loin d'accusé «etti^princease^ il loua soneour^C^ et pW^it ses malheurs/ Traduit lui-même devant le tribunal révélutionnaire, il montra d^s sa dér fen#e: beaucoup de force et de* présence d'espri^ et répondit à Taccusation d'ayolr voulusau^er le roi, ^u'effectirep:ient U eût désiré qu'c^ reuvoyât en Amérique* Il x^ppela eu YM Ub «erviiees du 10 août, et ter^oA so;i discours par ces.ottoli x k Non, le pvoeureur/de larcom* luune* du 19 aoiU n'est point un^traltre ; .je deimnde .qu« l'on graye sur « ma tombe que c'est, mgn qui fis oet^ journée*. » Gondanftp à mort, il fut exécuté le 14 n** leoilm. IT^-à UAgq de quaMUte-vteiu ans.
LES PATSAKS ILLUSTRES» 227
It ni&qùH à ftôrt, f^i village du liinMttftiiiy dé parents f^eii Aiiitee«<Ffme*cô&ditio&olwc«re. Bes râUgi«iuear ft{>i- TM^fetttâ llre^ et mi prétré dôtiba gratùttenveat Its fnrcf nûÀlidir t0$otl» dé bftia i l'attlearr des Incas* Ce fut à Mau^ riai:réà â^v^rgne, dans uct coHëge tenu par les Jésuites, tfàêiî/UïHûéti^ fit set études, dej^iiâs la 'quatrirèiue jus^'à k? fhétdviqué. €omnie son pèifele destinait au coaimerce, il t0t pfo<5é cbèàf un rielie manshaiid de Qermont; mais sôif tfâic^ttr pour les luttes ne pMitak se concilier sirec l*aS8)dÉ^#qii*er]tige le comptoir. Il failot opter : leslettres ret»povtèi:%ift. En s'y Hmât, rélèvepfouryut à sasuJMλtance par des répétitions que lai payaient d'autres écatievt. Apf ^ à^oir reçii la tonsuré à Limogesy iV se rendit à T<|ftlbU]iè av^êo te projtet d'ehtrer dans k Société des Jétùitea^ i»à ses ftUdêns r%eM$ Ve£Ebrçiileàt de Fattirek M^ le^ ptiëtén eftles larmes de sa» tift»ei bil firent dnndOflher t& dèsicâii'. Tenant dé pènrdrîr son étan^ elle pLaçAt teb«ê flW ^ohfiitfAee dans les talents de ce fiisy rtmitpse Wf<àiâ&\A finnillei A^fabtrâgede di9i*Iiruit ssu^ Mv- : tn^tdt'sQppléàitr déjà le |ir«fe8seur dé pliilosoiftûedaiis U séttxinaire^ des- Berndrdftis> 'i IPouloCiseu' Le smtôsP a^ûc
le^fuM, tiifl)({«é sdr esOfânr jetiottsev S remi^it eêHft ebalre» lui ^«run si gcaiid ndmfire de dtsdpLes à répi* Uity qu'il pue dès lors camîmàcét à t$^Uk ses paieuls