S2S LB8 PAYSANS ILZ.CST&ES
dans une sorte d'aisance^ en leur euTo^^nt le fruU de ses économies.
Aux jouissances tes plus douées pour un cœur honnête, il youlut joindre l'ëclat de la gloire littéraire ; il adressa donc A TAcadémie des Jeux floraux une ode sur rùwemion dç la poudre à coiuiny mais elle n'obtint pas même rhonneor d'un accessit: « Je fus outré, dit41y et dans mon intli^nation, j'écrivis à Voltaire et lui criai vengeance... Il me fit une de ces réponses qu'il tournait avec tsjit de grice, et dont il était si libéral... Ce qui me flatta beaucoup plus encore que sa lettre, ce fut Tenvoi d*un exemplaire de ses ceuvres, corrigé de sa mttn, dont il me fit présent. i Ainsi commença ma correspondance avec cet hamine illustre, et cette liaison d^amitié qui, durant trentecinq anS| s'est soutenue jusqu'à sa mort sans aucune altération. » "
Dans la suite, Marmontel concourut plus heureusement pour les Jeux floraux ; il y remporta même trois prix la dernière année de son séjour à Toulouse. Les préventions que Ton avait inspirées contre lui irarchevêqueLaroche- Aymon le dégoûtèrent de Tétat ecclésiastique , pour lequel Wi liaisons avec Voltaire n'avaient pas dû fortifier sa vocation. Voltaire l'appelait sur un plus grand théâtre. « Tenes, lui écrivaté-il, venei sans inquiétude; M. O'ri (canûrôleur général), à qui j'ai parlé, se charge de votre sort. » Aussitôt sa résolution fut prise* Ses. amis l'aoeent- 'pagnèrent jusqu'à Montauban* ou il reçut un prix que l'Académie 4e ce^e vîUeJui avait décerné, et qui consistait
LES PATSANS IIXVSTakl. iî9
.en une lyre d'atgent'de la valeur de ceat écus. Pendant le voyage, il traduiiit en vers la Boude de Cheveux enleifée^ poëme de Popé ; amusement dont le produit fut bientôt pour le tradueteur d^une grande utilité.
Arrive à Paris, ses illusions de fortune ne tardèrent pas à s*évanouir. Voltaire lui apprit la disgrâce de M. Orri, lui fit des offres généreuses, et rengagea à composer une comédie. « Hélas ! repondit sérieusement le jeune provin* oal, comment feraisr-je des portraits ? je ne connais pas les visages. » Sans se laisser abattre par l'adversité, il puisa toutes ses ressourcés dans les privations et un travail assidu. En 1746, l'Académie française lui décerna le prix de poésie. L'année suivante, pareil honneur fut accordé à une ode de sa composition.
' Ces triomphes affermirent Marmontel dans sa noble constance. Yers le même temps, il achevait l'éducation du fils d'un directeur de la Compagnie des Indes, et il écrivait la tragédie de DwfsieTfran, jouée le ô février 1748. SUe eut tout le succès que peut obtenir le début d'un jeune homme, dont le public se platt à exciter Fémulation. Lé poëte fut demandé par le parterre : c'était le second exemple d'une semblable fiiveur ; le premier avait é%é donné à la représentation de Mérope. Marmontel dédia son coup d'essai à Voltaire, son maître et son appui*, Dans l'épttre qu'il lui adresse, il exhale ses regrets sur la perte récente de l'intéressant Yauvenargues, « l'homme du monde, dit- il, qui a eu pour moi le plus d'attrait. » La tragédie à^Arittomène ne fut pas moins applaudie que'
i'SO tXf ^AtâiN» ittVSfÉît*.
telle de Ùerty^s; CUopdtre eii% en 1750, onxe rcpréieiitfr^ tmns. Hurde trente asflapfès» qvûkfUBretoitchëeeu pour iDteiii âite.n£BUte d^ini boni à Vautre, eUe. hit mtà accueillie. Un ban mût attribué à diveraes peraoïmee fie pcutrédre dianger k ptenier dén<MlBM»t, dans kqudi cm toTaii mi a^f^ic «utotnft^, fiibiiiqtté p^ VaHeangoii, qui eiCfliUi €ft piquant Via^érolna» On dealandat I à Tua des spectateuf9 oeqa'îlpennit éelapièûs : « .fe suia, répondit-il, de Vvm de Faapic. »' Les HérMUie$i si^fifi traiti par Em^ pide, dorent en grande partie leur ehiiie à Tétat d'itreeae dans lequel se tioutait ntademoiaelle ûuanéml,. en jaiianf le r61e de Dé^anire^ ÊgfpiùSf joué en l75â, ne fut pas imprimé ; la pièce tomba. Numiiùr n'a pas subi Tépreu^ de la représentation. Aucune de^ pièces de Sfarlndnliel n'est testée «i réperfùire t il rejette l'oubli dans lequel on les a laissées, snv Fanîmosité de Le&ain, qui relasait d'y pren^ dm un rôle. D'après ce qu'il dit dans sa pi;é{afie^ce!grand atteur ne lui pardonna jamais Faitiele Dégiem^ihfir dan^ l'EoisydQpédie^
Dans le tourbillon du monde,, H armi^ntel n^évita pas tou|oiiiS; Véoueil du plaisir et de la dissipation : il s'engar eea dans de» liaisann amoureuMs^aYeo daux maîtisesses^du maréchal de Saxe^ ttiesdemoîseUea ^avaore et Y wikre. Quoique b^ béros les eût délaiasée% iLsou&it ùpapatiem-» ment quuAfieUi iné»kat dâ poëiê le remplB^taMfBè84'eU49r. Pour se soustraire a» reasentimant du* vaînqiaeur deToor tenoi, le poëte accepta l'aaila que le fàsii^tm^ lassossali^ nière lui offirit dans sa maison de campagne àPasijf. Gc
«ECS PATSiMrS ILI,C8TRK6. SSi
'financia* roulait le fixer auprès de lui, et le rassurer contre Tincerthude de Tavenir, Marmontel aima mieux con^ sserrer son îxidépendi^&ce, et devoir sa fortune à lui-même. 'En célébrant le re^ne de Louis XV par un petit poëme sSur C Etablissement de fécule milkflire^ il acquit là bicnyeit^ lance d'une femme alors toute-puissante: madame de îPcmipadour lui promit de s'occuper de son sort, et, pour ;le consoler de la (^ute d^Egjrptus^ lui fit donner la .place de secrétaire des bâtiments, sous M. de Marigny so^ ; frère, qui en ayAÎt la surintendance. Get^eniiplpi, que Marmontel exerça pendant cinq ans à Yersailloff, l'occu* paît deux jours de la semaine; quand ila^it rempli ses fonctions, $pn loisir était consacré à fitire un cc^rs d'étu* , des méthodique, en parcpm'.ant^lespriiicîpdes branches de littérature oneienneet moderne. Ses re^erches dans .ce genreayaieiitpour:but de fournir des articles à TEn- . çydopédie, dont ses amis .Oiderot et d'Alembert étaient îles éditeurs.
Pour concourir iiu succès du 'Mercure de 'France, sur le-
,quel il Jouissait d'une pension, il y fit insérer le premier
..4e ses contes moraux^ intitulé : Alcibiadey ou le Moi* Cet
.opuscule parut d'autant plus, piquant, qu^il ne s'y était pail
,.fiomraé : à un diner d^Relvétiûs, les plus fins connaî^eurs
.crurent pouvoir Fattribuer à Toltaire ou à Montesquieu.'
Des éloges si flatteurs, auxquels se joignirent \ek înstaticcs
du rédacteur du journal, engagèrent Marmontel à conip<h*
ser Soliman //, ensuite le Scrupule, les Quatre flacons, etçi
Tellefut l'origine de ces contes dontle recueil, lài-ptxmé^^
232 X.ES PAYSANS ILLUSTBEI.
4e fois depuis 1 761, est traduit dans toutes les langues de r^urope. Après la mort de Boissy, en 1758, madame de Pompadour demanda le Mercure pour Marmontel. « Sire, dit-elle au roi, ne le donnerez-yous pas à celui qui Ta soutenu ?» Le brevet fut expédié sans délai.
Le protégé de la favorite, 70f ant que ses nouvelles occupations étaient incompatibles avec le secrétariat des bâtiments, se démit de ce dernier anploi, auquel il préféra des ressources moins solides et plus assujettissantes. L'espoir d'obtenir le fauteuil académique, le désijr de se rap* procher des gens de lettres, influèrent sur sa détermition. Lorsqu'il eut abandonné le âjéjour de Yersailles, madame GeoiFrin lui offrit chez elle, à Paris, jon loge* ment, qu'il accepta, toutefois en le payant.
Gury, intendant des menus plaisirs, imputait l^a perte de sa place au duc d'Aut}iont ; et, pour se venger, il flt une siitire contre hii, en parodiant la fameuse scène d'Auguste avec Ginna et Maxime. Marmontel, à qui plusieurs fois il l'av^ récitée, la répéta che* madame Geoffirin dans un petit cercle d'amjs dont elle garantissait la discrétion. Ce fait dès le lendemain fut dénoncé au duc, qui s^en plaignit a]u roi. Marmontel, convaincu d'une simple imprudence, ftvait lui-^mème à se plaindre ,de b personne offensée. On crut que la parodie était son ouvrage, et sur son refus de nommer l'auteur, il fut emprisonné onze jours à la Bastille, et privé d'un br,eyet auquel étaient attachés quinze à dix-liuit mille livres de rentes: il^i'en fvdt joui que deux aus. Ce revers inattendu ne l'empé*
tES PAYSANS ILLUSTRES. 233
cha point de continuer à ses tantes et à ses soeurs les pensions qu'il leur faisait. Son ardeur à poursuivre ses projets littéraires lAen fut qae plus grande. L'Académie française lui décerna pour la troisième fois le. prix de poésie en couronaant VEpÛre aux poêler sur les charmes de V élude. A peu près à cette époque, parut la traduction en prose du poëiue de la Pharsale^ avec un supplément qui termine le livre x. Sa Poétique française fut publiée en .1763. Dédier cette poétique i Louis XY était une précaution adroite pour démontrer que le monarque approuvait son admission à l'Académie française. En effet, le 22 décembre 1763, il prit séance dans ce corps, où son élection avait été contrariée par le comte de Choiseul-Pi^aâlin, qui figurait dans la parodie dont nous avons parlé.
Se croyant atteint d'une maladie de poitrine funeste à toute sa famille^ le nouvel académicien avait résolu de consacrer ses derniers jours à une fiction d'un genre élevé. j?e>lisaire fut son héros. Lequinzième chapitre sur la tolérance lui suscita la censure de la Sorbonne et de l'archevêque de Beaumont. Cependant l'ouvrage continua de paraître avec l'approbation du roi. Marmontèl fut complimenté au nom des cours d'Autriche, de Russie, de Suède, etc. ; Catherine II traduisit elle-même en langue russe ce même quinzième chapitre.
Sans aucune sollicitation, et sur la seule demande du duc d^Aiguillon, Marmontèl obtint la place d'historiographe de France, vacante par la mort de Duclos. Six ans après il doAna les Incas.
^14^ ikS PATSANS^ ILLUStkES-.
De son areu, Tambîtion de marcher sur les traces dis' Quinault le séduisit de bonne heure. Dans le temps ou' elle le dominait le plus, 1751, M. de Bemage^ prëtôt des marchanda, lui avait proposé de trarailler arec Aameau^ à un diTertissementpcur la naissance du duc de Bonr- (jogne, frère atué de Louis XTI. Il fit avec le même artiste d'autres actes détachéi. Dans la suite, roulant adoucir la triste position de Grétry, il eomposa' pour lui plusieurs opérBS*comiques qui eurent du succès^
n fit plus takl plusieurs auti^es publications en prose, parmi lesquelles se distinguent le discours intitulé : De F Autorité de V tisane sur la langueyet un Cours' de littérature:
A la mort de d'Alembert, secrétaire perpétuel de l'A^ eadémie française, Marmontel lui succéda; il obtint aussi h place d'historiographe des bâtiments et la chaire d'histoire au Lycée; mais les leçons y furent données par il. DM. Garot, son adjoint.
Marié, depuis 1777, avec utoe jeune nièce dé TâbBéMo*reHet, ses jours s'écoulaient au milieu des douceurs die rhymcn et de l'amitié, quand la révolution française arriva. Il se présenta pour la députation aux états-généraux, mais le fameux Sieyes, son compétiteur, l'emporta sur lui. Aux approches de la' journée du 10 août, Marmontel s'éloigna de la capitale ; il vécut quelque temps aux environs d'Evreux, puis auprès de Gaillon, au village d'Abbeville,' où il aequit une humble habitation. Là, pour instniire ses enfants, il composait un cours élémentaire; pour las pécréer,.. il leur raoontait les événements
USS PAYSAHS ILLUSTRES^ 23$
àe sa jetiDesse. Tel fut rem^aloi de son temps jusqu'au, mois d'avrU 1797, époqae eu ses concitoyens le nommèrent député au conseil des Cinq-Cents. Le le fructidor termina sa carrière politique. De retour dans son asi^ champêtre, il çhercLA comme autrefois, dans la vi|;ueujr de sa jeunesse, à iaire par le travail une diversion à ses ■peixkes. Le 31 dÀaetnbre 1799, il mourut d'apoplexie, efi ivLteaterré dans son jar^n. Aux dons de f esprit, il joignait les agrémenta esitérieurs : sa taille était élerée, su physionomie belle et d'ime expression imposante; mais x>n assure que sa eoi^:ii!ersation n'arait rijsn du charnue d^ ^es écrits.
Massieu (Jean), sourd-muet^ élè?e de l'abbé Sicard, suc« fCassaur .de l'abbé de l'Espée, esit né en 1772, à Semens^ près de Gardillac, dans le département de la <3riroDde, de parents très-pauVreSi qui,parune fatalité singvlière^ compiatefiJt six sourds-muets dans leur famiUe. Le jeuse Maa«sîeu, ^employé aux travaux de la campagne, eut le boah^fWff par revUromise d'un citoyen bien&isant de la contrée, de faire la conaaissaflce de l'immortel abbé .Sicard.
Cet habile maître, alors attaché à l'inatitntion de Bor^ deauXj s'iatéresie i san sort^ l'emmèoe ayec lyi daps xc^p
236 LES PATSAIfS ILLUSTHES.
ytUe, et lui trouve des dispositions assez heureuses pour mériter qu'il lui consacre tous ses soins. H a composé pour Massieu son Cours ^instruciùm pour un jsourd^
mneL •
Appelé à Paris pour remplacer l'abbé de TEspée, Sicard yit les soins qu'il avait donnés à son élève récompensés par un décret de l'Assemblée constituantei qui conférait à Massieu le titre de premier répétiteur des sourds «muet* de Paris. C'est dans l'ouvrage que nous avons cité qu'on pourra prendre connaissance des longues et patientes leçons du maître, des progrès lents, mais assurés, deVélève. On y verf a que les idées les plus abstraites ne lui ont pas été étiangères.
Grammaire générale, génie des langues mathématique», philosophie, il a tout étudié, et presque tout défini avec autant dç justesse que de sagacité. Son application était soutenue et sapénétration vive; il avait l'insouciance et l'abandon d'un enfiint, ses mœurs étaient simples ; on n'a- •v^t à lui reprocher qu'une légère brusquerie, qui même n'était pas dépourvue d'un certain agrément. Massieu étah bon et reconnaissant. Ses parents, ses maîtres et sa mère surtout ont été les objets les plus constants de son affecûon . Ces objets chéris lui ont inspiré une foule de pensées qui partent de l'âme, et qui sont en même temps la preuve d'un esprit juste et ia>ofond, tdles que ces deux-ci entre autres : La reconnaissance est la mémoire du cœur; DolMBa
▲ sas PAREHTS, c EST axiTDax.
Pour exprimer combien ses parents avaient été affligea
IXA PAYSANS ILLUSTRES. . 237
lorsque dans son enfance il se cassa une jambe, lU pleuraient y disait-il, comme quand il pleut à verse» A une séance publique de Tinstitution de Piiris, une dame- lui faisait entendre que la Providence est une bonne mère : Massieu lui répondit sur-Ie-cbamp : La mère se tient auprès de ses enfants i tandis que la Prot^idenee se tient auprès de tenu les
Û'XS.
Parmi un grand nombre de définitions toutes pleine^ de sens et d'esprit, nous citerons celles-ci : V espérance est la fleur du bonheur; V éternité est un jour sans hier ni lende^ main.
Interrogé, en 1815, sur le meilleur des goùyemements, il répondit sans bésiter : Cest le gouvernement paternel*
Voici comment il définit les sourds-muets : Vn sourd-\ muet est un homîne qui mtmque du sens de Votiie^ qui écoule ttpee les yeux y qui parle afee les doigts.
Cet bomme de bien est mort sans fortune, dans un âge encore peu avancé.
MâSSON (Jbah-Papibe).
Les ouvrages de Masson se trouvent aujourd'hui relégués parmi les volumes oubliés dans quelque coin poudreux de nos bibliothèques; cependant il jouit autrefois d'une grande réputation comme historien. Il naquit à Saint*Germain-
SBÊ . t£S PÀTSAlï» ILLUSTRES.
Layal^ bouïg duFore^ en ld44. Sa mère, restée v^uve de haoDehsnïXj fit donner une assez bonne éducation à^es ^nfrnts. Papire, cpnfié aux soins d'un oncle diianoine de .Saiiat-^enn^ achei^ ^s éitudas^iu collège de Pillow» dirigé parles JéiïMi^*
, Ayant {^rméM4^^9^ d^^ntrer dans cette Société, il se rendit à Rome, arec un de ses condisciples qui se sentait la mime ypcation^ et ils y prirent Thabit le même jour. Fapirç se fit bientôt coçnaitre d'une manière ayantageuse, etUlUt ch^gé de prononcer l'oraison funèbre d'un cardinal, en présence du sacré collège. Il enseigna ensuite à Itoples pei^diMBt iwn «os. De retour en France, il professa l«s {humanités et la philosophie à Toumon, puis à Paris.
U céda aoxfi^Uicitatioiis qui lui furent faites de sortir de la Société, pour occuper une chaire au ci^llége du PJessis; mais dans le discours d'ouverture de se$ leçons, loin de se livrer, comme on s'y attendait, ^ la censure de ses confrères, il en fit l'éloge le plus complet.
Il renonça en 1570 à l'enseignement, pour s^appliquer à l'étude du droit et suivre à Angers les leçons de Fr. Baudouin. A son retour, le chancelier de Chivemy lui confia la garde de sa riche bibliothèque, où il trouva toutes les ressources nécessaires pour se livrer à l'histoire. jUiasson se fit recevoir avocat au Parlement en 1^76 î il plaida une seule cause qu'il gagna, et renonça au biurreau. Il fut nommé référendaire de la chancellme, et en^uit^ substi^ du procureur gépéral, place qu'il remplit avec
L'ES' F3krgAl«« ILLÇSTftBS» 299
Honneur jusqu'à sâ mort,, ayriyée le 9 janvier 1611. U fat enterré dftnt l'ëgliae des BilleUes» où To^ voyait 8oà ^pitaphe composée par lui •loâme. - Pâpire Muson était d'un cuactère gaiy serriabtei et il se montrait pl^s géiiéteui^ que sa Jbrtiine ne le hâ pélmettait. Il «ut une disfj^te très^YÎve arec Fr. Hotmtoi au ftujet de Touvrage intitulé Ftanco'Galliayàotil les principes, lui parurent dan^eut^ '
IHéZfiRAT..
Méteray (François-Eudea), historien célèbre^ naquit en 1610, près d'Argenian, dana le village de Rye^ oà sa mémcùre s'est si bien eonseryée, qu'on y montre encore un arbre qui, selon la tradition, fut planté par luL Son père, qui avait quelque instruction, lui fit faire des études dans Funiversité de Caen. JSon inclination parut d'abord se diriger vers la poàie, à laquelle il renonça bientôt par l'avis,, alors imposant, du rimeur Des Iveteaux, qui lui fit obtenir un brevet de commissaire des guéries. Dégoûté d'un emploi auquel on peut croire qu*il n'étaft pas très-propre, il revint à Paris. C'est alorsqu'il eut la ridicule faiblesse de. se faire nommer de Métcrof^ potir relever eon nom en lui donnant une apparence de noblesse dont il n'avait que faire..
^40 IMS PAYSANS ILLUSTRES.
Le dessein d'Acquërir à la fois la célébrité d'un bel esprit et d*un honune versé dans la politique lui suggéra quelques écrits satiriques sur les affaires du temps. La critique du présent, toujours si facile, le porta heureusement à rechercher dans les siècles passés des objets de comparaison, et il prît le goût des études historiques. L'ardeur, du travail Temporu trop loin, il tomba dangereusement malade. Le cardinal de KicheHeu sut qu'au collège Sainte -Barbe demeurait un jeune homme de grande espérance, que son goût pour l'étude avait réduit presque à l'extrémité. Il lui envoya deux cents écus, avec assurance de sa protection. Cette libéralité si bien placée pouvait cependant ne faire un jour de Mézeray qu'un historiographe de France, trop attaché à ses maîtres pour rendre hommage à la vérité; mais ce titre dont il fut revêtu plus tard n'empêcha pas qu'il ne se crût appelé à être historien, en écrivant avec une indépendance qui était trop dans son caractère pour être dominée.
Le premier volume de sa grande Histoire de France ne tarda pas à paraître. L'auteur avait senti que son livre aurait plus de faveur dans le public s'il était accompagné de gravures, accessoire assez inutile, mais' qui alors, comme aujourd'hui, faisait vendre un livre sans le rendre meilleur : il tira de la France méudlique par Jacques Bie, fameux graveur, des portraits de rois; de reines, et quantité de médailles vraies ou fausses. Tous
LEJ PAYSANS ILLUSTRES. S il,
l66 portraits, doat rien ne prouTe la ressembUace, furent reças pour authentiques.
Le succès de Mëzeray surpassa son espérance, et les historiens qui Favaient précédé tombèrent presque dans l'oubli. Les sayaiits, jaloux d'une réputation nouvelle Acquise aux. dépens des anciens, d^ït Mézeray parlait fort légfèrement, prir^t le paarti de ses rivaux, qui n'é* talent que de faibles compilateurs. Leurs efforts furent vains : Méaéray Remporta. A ce grand trarail succédèrent quelques pamphlets contre Mazarin. Revenu à ses livres, et cédant aux conseils de ses amis, il commença l'abrégé de sa grande Histoire, et y travailla pendant dix ans. La première édition mit le sceau à sa répu- Udûu, Appliqué surtout à plaire par la. manière de présenter les faits et de les peindre, il se croyait assez supérieur aux autres historiens pour se dispenser de faire de laborieuses recherches. La manière dont il envisageait, dans son Histoire, rorigine des impôts et à» la gabelle, déplut fort à Golbert, qui lui fit témoigner son mécontentement par^ racadémiçien Perrault, en lui faisant entendre que sa pension de 4,000 livres pourrait bien être suspendue.
Le mécontentement du premier ministre fui un peu calmé par la promesse que donna Mézeray de retoucher le passage dont on se plaignait. Les corrections furent Sûtes avec tant de parcimonie, qu'elles ne produisirent pas de grands changements : le contrôleur général, se croyant joué, retrancha la moitié de aa pension. Mé-
i^t ttS PATSA^~9 ILLOSTftES
seray était encore tcH riche de ce qu'il avait retiré dè^ ses ouvrages, mais son caractère indépendant ne s'im* posa aucune retenue dans aes plaintes. Sa pension fut donc supprimée en entier. Méseray déclara alors de dé-» pit qu'il n'écrivait fdus. Il remplaça* à racadémie Voi«ture, dont il n'avait ni la grâce ni l'élégimae. Sa négU» gence dans ses liabilB et sur sa personne devint si' clioquante, qu'un {our des archers a'assurèreut de lui,. l'ayant pris pour un vagabond. La méprise lui plut. Une de ses manies était de travailler, en plrin uûdi, avee dés flaiubeauv. De peur que cette singularité ne rei*-^ sortit pas assés, il ne manquait pas de reconduire jus^ qui lapoKe de la me, une lumière à la mrâiy ceux qui lui rendaient vidie. On oite encore dfaiisres traits du mtese genre, qui peuvenll avoir été inventés pour £aire rixe Bvac dépens de Méteray, et qui n'ont rien au surplus' d'asses piquant pour être rapportét^
Dana lesderoièret aBuéerde sa vie, iffoma-une liaison^ fort intime avec un cabaretier de La Ghapelle, près Saint J)eniS) dont fl atvait fait lityonnaissance en se promenant autour de Paris. Une humeur enjouée», de la^ frauaLise, du bon vin, séduisirent notre bistoriea au< point qu'il préférait la société du cabaretier LcIeiu- •cbear, à eell^ des^ beau» esprits qui rechercbaî^nt Ta* cadémicien.
Du reste^ ses îoumécft se passaient â La €hapeUe,. et son testament eiris un témoignage m^écusable d'une amitié si ^étiunge t il institua Lelsufibear légataire unir*
UBS PAT1AX5 ILLUSTftBi. ^^
T^rsel de tout ce qu'il avait acquis par ses ouvrages.
Mëzeray mourut le 10 juillet 1683. On pensait, d'auprès l'opinion que lui-même avait voulu accréditer, qu'il laissait des manuscrits très-précieux ; mais il ne laissa que quelques morceaux d'une faible importance. • Sa grande réputation ue lui a pas survécu longtemps : aujourd'hui les lecteurs lui tamt défaut. Il manque en effet d'exactitude ; son style est dur et inégal, ses transitions sont rarement heureuses et refroidissent les narrations. « Mais on sent, dit l'immortel d'Aguesseau, de » la force, du nerf dans sa manière. Si sa diction n'e>t » pas pure, il sait du moins penser noblement ; ses ré- » flexions sont courtes et sensées; ses expressions quel- » quefois ^ossières^ mais énergiques, et son Histoire » est semée de traits qui pourraient faire honneur aux « meilleurs Instoriens de l'antiquité. »
Mézeray sm toujouir» c^is^ver Une grande indépendance. Ce n^est pus sexàsïSkejxt ^ep traitant des impôts et de leur origine qu'il s'exposait à dé}daire au pouvoir, il est, selon Bayle, celui de tous les historiens qui flatte le pins le peuple •oonAce labour. Il se fait un plaisir de fléirtr tous les caurtisans, «[ufil appelle les eangsues des jnslheureux. On peut croive qu'il :(HaU de cea esprits que ks troulks de la Fceinde âvatent amenés à espérer de grai\ds changèn^eaÉs 4aa8 la consd'fMilîsn de la France ; naàa tâen des amiéet dotaient s'écouier -encore avant Taceoinplissetnent de ses vobox.
LES rATum iL>(jSTaB.
Ia Dtimnoe de Moaibtff egt eaooie coimre d'ui^ TOile que les bittoiieiu ne Mot pis pureniu k lever en-lièmnent. Oa >nt cepeadml qu'il naqût en IBifi. Lea nnt diienc qu'il étiit filt d'us ralet-de-cl|ambre, lea ui» ue« d'un pâtinier. Quoi qu'il en «oit, ' il plot à Pierre k Grand per sa [diyiimsinie ouverte, par la macité de «ea repartiel et par quelquoa bouffeoneriei. Ce prince lui fit donner dea mattretf il m forma «« afliûre* et te rendit
LES PAYSANS ILLUSTRrS. 245
bientôt nécessaire à l'empereur. Goname Pierre/ il fut cruel, surtout dans le massacre des Strëlitz. « Rien ne peut » être comparé, dit un historien moderne, à ce qui se » passa alors dans la capitale de l'empire russe» Chez les » peuples civilisés ou chez les nations sauvages, dans les » annales de l'antiquité ou dans celles des temps moder- » nés, jamais on ne vit un souverain ordonner, préparer » et exécuter lui-même, ou par ses séides, les plus cruel» » les tortures, être présent à tous les supplices, et obliger n sa cour à y assister comme lui ; faire tomber lui-même
cinq lêtes le premier jour, en inimoler un plus grand » nombre le lendemain, et continuer pendant plus d'un » mois avec cette progression de barbarie et de cruauté. » Mènzikoff se fit remarquer dans ces exécutions, et il se glorifiait d'avoir abattu plus adroitement que les autres un plus grand nombre de têtes rebelles.
Menzikolf vit alors augmenter rapidement sa fortune ; et après s'être couvert de gloire au siège de Schlncst ■ bourg, il en fut établi gouverneur en 1702. L'année suivante il assista au siège de Nieuzehauts, petite ville sur les ruines de laquelle est élevé Saint-^Pétèrsbourg. De nouveaux services et une fidélité éprouvée lui méritèrent de nouvelles faveurs. En 1704 il fut élevé au rang de gtfnéral-major, décoré dii titre de prince et gouverneur de llngrie. Il commandait en 1706 â Posen, et il défit les Suédois en bataille rangée près de Kalisch. Toute l'artil» lerie et les munitions devinrent la proie des Russes vietorijeux. Menzikoff contribua au succès que le tzar obtint
246 X«Vi PAYSANS IXUEJMftWU
r«inée jumale«ttr le JBorisfhène, et fut détacbé easuite «fccna c0i|M de CAftlme dans l'Ukraioe, où il eut encore dffféfients .av^iil»g<si* Il commanda Taile gauche à Pal<7 tava, et il «lit ixfm cbérajix tués apus lui 'dans la mêlée. Afirèa la lictotre, «'«tant mis à la poursuite des fuyards^ il foppa vn géttéral auédois à capituler avec son corps xl'aimëe.
M«B»l»ff 9 qui a^VAk toajours vccu Avec une grande aîmplioîté^ jm tarda pas à éuler un faste inconnu en Eussie. 11 se ât construire un superbe palais, augmenta le nombre de ses clamestique^» et donna des fiètçs somptueuses. Oa prétend qu'il était deTenu si riche qu'il pouvait aller de Courlande en Perse ;3ans cesser de coucher sur tes terres. On conçoit que pour acquérir une si grande lortuaéy il ayait dû commettre un jgrand nombre d'exac»> tions i mais le tzar ks lui pardonnait^à cause de ses ser» Tioea, ou lûea il se cootenlait de lui appliquer quelques eoapadexanne, oa ^ufliqaes amendas dont il lui faisait ensaite la remise en lui demandant pardon de sa colère.
Après la mortik Pierre letGrand, Menaikoff se hâta de faire ireconaaitreiaipératrioeCalberine^ et, sous le nom de ^ette princesse, 3 eut tout le pouvoirv
L'àMoreux fisTort ^tait trop enivré de «a puissance pour ae pas en ahias^er} mais ses eanemis étaient forcés^ de décorer en secret leur colère et d*atteiidce dM temps la xenr geance.
Gatherine, ea mourant, désigna pour lui succéder le 6Jb 4* Alexis, qui prit le nom de Piecce 1I| ^t par un article de
LES rATÔASTS IlLt7SnLS$. Î4>
son testament, elle hii ordonna d'ëpott^isr la fîlk de Mehzikeff. Ce prtnce> tit)^ jeune pour gôu'f ernef Idi-^mcme, était confié à' un eoiiBefl^e régence qui hé Rassembla que pour ratifier la rolotité dernière de Catherine. Le tzar fat remis entre les mains de Afenzikoff, qui le logea dans son propre palais et lui €an$a sa fille ; mais ce tut I!^ le terine de sa prospérité* L'empereur ne se sentait que de la répu^ gnance pour la fiiie du favori, et il commençait à s'impatienter de son insolente tutelle; Dolgorouski sut prendre sur un souverain de son âge un ascendant auquel Meniiko£f ne put résister. Au> retour de sa maison de plaisanee, où il était allé faire béntr une chapfeUe^ il fat mis aux arrêts^ puis exilé à Rknboutg. Persuadé que s'il est privé de ses emplois, il' conservera du moins ses richesses et ses honneurs,' il part avec sa femille, insultant encore ses en-^ nemis par mr feste £gne d'un souverain; mais à peine est-il arrivé à quelques lieues de Saint-Pétersbourg, que des émissaires^ de l'empereur lui demandent le cordon de ses otdres ; on le Êdt descendre de sa voiture et montei^ sur une misérable charrette, en lui annoni;ant que tous^ ses biens sont confisqués; quelques jours après il est condamné à passer sa vie dans les- neiges de la Sibérie. Toute sa famille le suivit sur cette terre de douleurs. Sa femme devint aveugle à force de verser desiarmes, et mourut avant d'arriver. Sa fille alnée^ attaquée de la petite vérole, expira dans ses bras au bout de six mois. Elle fut in* humée dans un oratoire qu'il avait fait construire; il marqua la place où il voulait être enterré auprès d'elle, et il n%
tarda pu à Toceuper. La grande ame de Mennkoff , dît Lévesqae, se montra dans sa disgrâce : étranger au monde entier après en avoir gouyerné une partie, il se suffit à lui-même parce qu'il devint sage. On lui avait laissé 10 roubles ou 50 francs par jour pour sa suMstance. Des épaignes qu'il faisait sur cette sonum, il bâtit une église k laquelle il travailla lui-même comme charpentier.
Il fut frappé d'apoplexie le S novembre 1729, après avoir donfué au monde une nouvelle preuve de cette vérité, qu'il est plus aisé de supporter lès disgrâces de la fortune que ses &yeurs. « Il mourut, dit Dudos, de la maladie des ministre^ disgraciés, laissant à ses pareils une leçon inutile, parce qu*ib ne la suivent que quand ils ne peuvent plus en faire usage. » Les cruelles épreuves aux* quelles il était soumis lui avaient inspiré de la piété, et cet heureux changement lui fut d'un grand fljecours pour les supporter.
Les deux enfants qui lui restaient eurent un peu plus de liberté après sa mort, et on leur permit quelquefois d'aller à l'église le dimanche pour assister â l'office. Un jour que sa fille en revenait, elle s'entendit appeler par Dolgorouski, qui avait causé le malheur de sa famille, et qui était lui-même exilé par suite d'une intrigue de cour. Cette révolution fit bientôt revenir à Moscou les enfants de Menzikoff. Son fils y fut capitaine des gardes, et sa fille dame d^honneur de l'in^pératrice Anne. Elle fut mariée avantageusement, ayant pour -dot les sommes que sou
père avait placées sur les )>anqae8 de Yenise et d'Amsier-. dam.
Les ennemis de Menzikoff n'ayaieiit pu retirer ces sont*» mes ; les directeurs de ces banques répondirent qu'ils nt les donneraient pas tant que le propriétaire serait 4viïè les fers.
MOREAU DE La RoCBETTE (FfiAKÇMS-THOKAt).
Moreau est un exemple de ce que peut le génie accompagné d'une tolonté forte et persévérante. U était né en
20, à Rigni«^le*Feron, département de TAid^e. Devtnu directeur des fermes du roi à Melun, il acheta un domaine d'un revenu presque nul^ quoique assez étendu, à cause de sa stérilité^ qui lui avait fait donner le nom de la &>ekêUe. Il s'y trouvait une espèce de cabane, qui fut transformée en un petit oorps de ferme. Dès que ses occupations ne le retenaient plus à Melun, SJEoreau courait à la Bx>efaette, il y passait la nuit, méditant ses plans d'amélioration, et donnant ses ordres pour les travaux du lendàinain. La plupart des terres n'étaient que des friches arides ; il conunença par iaire valoir ce qui était enculture. Des laboars mieux dirigés, des ei{giais distribués à propos lui damèrent de meilleures récoltes. Insensiblement la culture s'augmenta, et des essais de pépinières réunirent
252 us PATSAHS liXCSTAES.
qu*ib ont venéf et tant de savants dont les théories spé- 4:ulati¥es sont restées sans résultat| mourut à sa terre le 20 juillet 1791.
LKi ptTsuia lusnnu.
MDKAT [Jmcmn, roi de Iftples.'.
Murât ëtait fils d'un aubergiste de la Bastide, près Cahors, d^partetneat du Lot Son père l'enToja à Toulouse pour faire ses études, qu'il abandonna bientdt par dissipation. De retour dans la maison paternelle, il 7 fit le serrice de domestique, jusqu'à ce qu'il s'enrôlât dans les passeurs des Antennes. Ayant déseité par suite de son io-
S5i LU PArSANS ILLirSTBES.
conduite, peu de temps après, il vint à Paris, où il eut ^ souffrir toute espèce de privations, et il entra chez un restaurateur 6)a qfuatitë de garçoii de salîe'. lia, 11 se fit remarquer par sa bonne tenue et son activité. Enfin, son père lui envoya quelques secours, qui le mirent à même d'être reçu dans la f^ràe constitutionnelle de Louis XYI. Lorsque ce corps fut liceliciê, Murât fut nommé souslieutenant dans le 11* régiment de chasseurs à cheval. 11 montra des opini6iâ tirés-exaltées, et obtint un avancoment rapide ; il devint en peu de temps lieutenaBtf-cok>n.eL Il était grand partisan de Marat, dont il voulut pi*eûdre le nom à la mort de ce tribun du peuple. Après le 9 thermidor, il fut destitué comme terroriste, et se trouva à peu près sans ressource dans Paris. Peu après, une révolution vint changer sa position ; il fut réintégré le 13 vendémiaire» et défendit, sous les ordres de Buonaparte,^la Convention contre les Parisiens. Murât s'attacha à^on nouveau gêné* rat; il' montra beaucoup d'intelligence et de braVoure à la campagne d'Italie, au commencement de laquelle il devint aide de camp. De retour à l'armée, après avoir rempli avec succès quelques missions diplomatiques, il se fit distinguer, et aspira dès lors aux plus hautes dignités. Au mois de mars 1798, il réunit la Yaltoline à la république , Gisjrifjiae.' Après la paix de Gampo-Formio, il se rendit à Râfltadt un^peu- avant Buonap^rte. Envoyé à Berne avec Bertkior, il-ma^cha contre les insurgés de Marino, Albona , el CastalIo.,.en tuarun grand* nombre, et fit arrêter plu* sieurs prélats soupçonnés d'être, ennenûs des Français.
• ISS . PAT&JtSUS ÎI.LU$TRCS . %oa
:L<»r$ de Ud^péditioQ d'El|[ypte» il voulut suivre Buonap^r te» ^'il ue quittai plu&. Il se distii)gua< dan» cette expéditiosa noiiAi9meni au Mout^Tliabor, où, par des charges briU lantes, il aehei^a de disperser l'ai^n^ turque, et g^gua le
. li^re de général de ditision.
'Jde retour en. France avec rSuoiMi|harte, iji lui fut d'ur^
,gfa^c| secours» lorsqù'^â SaialrCloud celui-ci cjbaugea la iW9K% du gwivmement et a'e^ipara du pouvotir. Ce fut lUbiret, qui, à b tête de ^okuiite grenadiers, diepersa le
« co^a^L des Ciuq-Ceuts. Il fut alors noipmé ^ commandant de. hk garde consukire, et il. jouit d'une iSfinreux saia hornea auprès du preq[ljiercQ^sul, dont il épousa la scsuv Caro^
i Une. Il fut employé comme lieutenant de JhianApacte A l'anuéf; de réserve; il euti«i le premier i Milaui «kceopa
çPlaisauc^f jet oonimaPfla la cavalerie i la baiaiU&.4e Ab"-
r«Pg9-
L'année suiyante^l$0:|j, iV<i<HPN|iai¥k l'armée d'oi)»er-i ^vatîi»n. Ensuite^ il gquv^ma laré^UiqueCoailiHO^^aveq 4e titre de général* .11 .se rendit k la û9Bsuim èù-hfukj i^ la -suite de ku^eUeilinstalia<ieàmni^lèSABtodtdB; Nomnaii gouvcacneur de Paria en IBOi^mét^h titr^iieLgéa^nÉl ea chef» il dirîgea-UfôrcQmUileixo quand Bu(»aparl«vicw ■m (sire proclamer empereur. Peu ds. temps.^ipQàatilffiiiaa^ .fut élevé au nang.de maréchal d'empke^ .et: l'année sui^;
«ante à la digoité de prince et de. f^and amiirat . ' Etf 1806, il conduisit la cavalerie deréserv^ ea Souabe, et^lors de la prise d'Ulm» et de.la capîtttktioQ de Mack, /«Irpoûrsiâvit vilement liM|A«iUiAi«^ chÇBchaiei^A
256 LES PAYSANS ILLUStaCS.
•e retirer en Bohème^ sous les ordres de l'arcLîduc Ferdinand. Il força le corps du général Wemech, et fit son entrée à Vienne le 1 1 novembre : il marcha contre les Russes en Moravie, et Contribua à la victoire d*Au8terlitz.
Nommé grand duc de Berg, il se donna un extérieur de souverain. Il fit les deux campagnes suivantes i il prit part à la bataille dléna, et commanda la cavalerie à Eylau et à Friedland. Toujours prêt à seconder les entreprises de Buonaparte, il fondit avec une armée sur rfispagne, au mots d'avril 1803, et ajoutant aux divisions qui existaient déjà dans la famille royale, à force de ruses et de violences, il la força de partir pour Bayonne, et la livra à Buonaparle, qui Ty Attendait.
Le peujde de Madrid se soulève, et Murât ordonne un massacre qui dure plusieurs jours. Il voulait pourtant être roi de ce pays, et son ambition donna de Tombrage à Napoléon, qui fit monter son frère Joseph sur le trône d'Espagne. Cependant, yainoi par les sollidtatîoQs de sa sœur GaroUne, cpii brûlait d^étus reine, Fempereur investit Muntde la royauté de Naples, le l*' août 1808. Il sut iSnsinmr dans ks esprits, et frappa les habitants par •on grand iiitte et son air martial. Il «ornait la pompe, les eavricadeset les cérémomes briHantes. Il affiseta une^grttndb modération et unegrande bieuTeiUance, travaillant à 6*attacher la noblasieet le peupleparunacondescendance égale pour les ]»éjugés de ces deux classes. U montra même de U partialité en faveur desnatioim^x au préjudice des Franfais. Enfin, il ne n^j^îgea rien paur se eoncilier l'esprit
public ; cependant ses tentatives sur la Sicile échouèrent
oi^mplétement*
Joachim Napoléon (c'était le nom qu'il portait) régnait paisiblement depuia quatre ans, quand la gî|;antesque in-' yasion de la Russie le ràinena sous les drapeaux du maitreJ Commandant en chef de la' cavalerie, il eut part à toutes les aCBûres qui précédèrent la prise de Moscou. Il com-* manda uni corps séparé vers Kak)uga,ioù il obtint quelques succès; mais ensuite il essuya de grands désastres, et se' sentit accablé de tout le poids du commandement, lor^qu'en partant l'empereur le chargea du soin de la désastreuse retraite depuis Smolensk jusqu'à Wilna. Tout à coup il abandonna Im-même l'armée pour courir à Naptes soutenir un trône qui allait s'écrouler sous les débris de l'empire français. A cette époque il fit des démarches pour se réunir à l'Autriche; cependant les commencements de la campagne de 1813 ayant été favorables à Napoléon, Murât parut de nouveau à l'armée , mais avec moins d'éclat et conune forcé de s'y montrer. Après la défaite de Leipsig, il retourna dans ses états avec l'intention de se soustraire à la domination de la France et d'em-' brasser le parti de ses ennemis. Cette détermination lui fut suggérée par Foùché, alors éloigné du ministère et relégué en Italie. Il ouvrit ses ports aux Anglais et renoua les négociations qui avaient été interrompues. On consentit à lui laisser son royaume à condition qu'il marcherait contre son bienfaiteur. Il s'engagea à fourifir aux confédé« réa un corps de trente miHe hommes, et à donner des io^
^ - .V.' — I ■ii"l»"if».-i-,-3ie.-*^' --^-J ï.,^
SS6 LBt FATSAirS ILLCSZIBS.
demnitéi au roi de Sicile. Il se mit eu marche k 6 férnar pour Regjf&Oy et arriva sous les murs de Pla^puce. A son approche, Tarmëe française fut forc& de se replier sur FAdige et de se tenir sur la défensive* Mais sia conduite parait douteuse ; les alliés le soiq>çonnent, et iM^ntôc leur défiance se tourne en certitude» Jamais position ne fut plus critique : il avait à craindre le ressentiment des coa* fédérés et la colère de l'empereur. Mapolé^i, qai venait d'obtenirdes succès inattendus en Champagne, le traitait d'un ton de maître et le menaçait de son ressenUmeat ; «Je suppose, lui écrivait-il, que vous n'êtes paa dai:eux » qui pensent que le lion est mort; si vous (aisies ce cat-
» cul, il serait faux Tous m'avea fait tout le mal que
• vous pouviez me faire depuis votre départ de Wilna. Le M titre de roi vous a tourné la tête; si vous désires le con- » server, conduisez-vous bien. » Muiat avpua que h né» cessité seule l'avait forcé de se joindre aux alliés, mais jura que jamais son armée ne comt>aUrait les Français» Sa duplicité n'échappa pas aux généraux alliés ; i)s virent qu'il voulait s'emparer de l'Italie jusqu'au ipd, et se ranger du côté du plus fort.
Cependant la puissance de Napoléon s'écroula, et 1^ Bourbons furent ramenés en France. Au congrès da Tienne^ toutes les branches de la4naison de Bourbon sa prononcèrent contre la reconnaissance du roi Joachim. Le roi de Sicile refusait toute espèce . d'indemnité pour le royaume de Ni^ples. Menacé àta mêmes revers que son beau-frère relégué à Tile d'£lbe. Joachim vit que laut
forcé et leur salut à tous deux dépendaient de leur union; Il renouases liaisons secrètes avec Napoléon, et se déclara le chef des Carhonarii II cherchait à obtenir l'autorisation de liire passer une année de quatre-TÎDf(t mille hommes à travers Tltalie : elle lui fut refusée; mais tout à coup il apprend lé retour de Tile d'Ëlbe.- Murât se déclare hau» tement pour Napoléon : il ordonne Forganisation des gar^des nationales, déclare sa femme régente, diminue les im* pots d'un tiers, et part avec son armée qu'il veut conduire à de grandes desdnéei. Il se dirige sur Bologne, Keggio, Modène, où il fait son entrée, tandis qu'une de ses divisions s'empare de Florence. Les monarques effrayés lui promettent la conservation de son trône s'il veut se réunir à eux. // est trop tardj dit-il j l*Ila!ie veut ère libre y et elle k sera,
' Les Autrichiens reçoivent des renforts ; Parme, Modène, ^^ël^o sont repris, ainsi que Florence ; le moral des troupes de Murât est ébranlé ; son armée n'a bientôt plus ni ressert, ni consifl^tance. If croit néanmoins faire face au danger : il a^elle les'Italiens au secours de la patrie en danger j et convoque à Rome, pour le 8 mai, les députés de toutes les villes à une assemblée nationale. Mais, an lieu de secours. Napoléon lui envoie un ministre plénipoten* tiaire pour lui donner des leçons de tactique.
Joachim demande aux alliés un armistice qui lui est refusé. Poussé par les Autrichiens, il continue sa retraite vers Naples. Enfin, le 2 mai, les deux armées se mesuré'rent devant Yalentino. Murât fut repoussé avec l'élite 4ie
260 VÊB PAT8ANS ILLUêttiXê.
se» troupes. Le lendemain sa d^laite fut complète à Mace« rata : caisse militaire, bagagesi artillerie, tout devint la proie du vainqueur.
' Sans cesse liarceië sur ses flancs et attaqué sur ses derrières, Murât vit son armée se dissoudr» entièrement à son entrée dans la Fouille. Suivi de quelques Français, de Lombards et de Corses, il marcha le long des côtes de l'Abbruzze. Le 18 mai on apprit à Naples toute l'étendue de ce revers par Tarrivée de quinze mille fuyards et d*ua grand nombre de blessés. Le lendemain, à la diute du jour. Murât entra dans sa capitale, à cheval, au galop, suivi de quatre lanciers seulement. Il se présenta ainsi, pâle et^éfaity devant sa femme s « Madame^ lui dit*il, je n'ai pu mourir ! »
Le lendemain il fuit seul, à cheval, vêtu d*un frac gris, sans aucune décoration; arrive sur la plage, se jette dans une barque et se dirige vers Tile d'Ischia. Il rencontre sur une autre barque quelques officiers de son état-» major, avec lesquels il débarque le 25 mai, à dix heures du soir, sur le rivage de Cannes. Aulsitôt il expédie un courrier à Paris, où la nouvelle de son détrônement fit .une vive sensation; Frappé d'un si funeste présage, Napoléon interdit à Murât l'accès de PariS| et l'exile entre Sisteron et Grenoble.
Murât vivait incognito et presque ignoré à Plaisances, maison de campagne 'près de Toulon, lorsqu'il apprit le désastre de Waterloo. Ce fut pour lui un coup de foudre; •a fortune éuit brisée pans retour. I(e voyant plus de
JX8 PATSAKd ILLUSTRES. 261
sAreté pour sa personne, il envoie un de ses officiers à l'amiral anglais Exmoudi, pour lui demander à passer en Angleterre. L'amiral consent à le recevoir, mais sans lui faire aucune promesse quant à sa destination ultérieure. Murât redoute le sort de son beau-frère, prisonnier sur le Bellérophon, Après avoir erré dans les cantons montueu^^ des environs de Toulon, obligé de changer de gîte à chaque instant, et de se nourrir d'un pain grossier, il se jette furtivement, le 22 août, sur une frêle embarcation, avec trois compagnons fidèles, pour gagner l'île de Corse, ou l'appelaient un grand nombre de ses partisans. Il allait être submergé par une affreuse tempête, lorsqu'il rencontra laBalanceiUy qui sert de messager entre la France et la Corse. Il y est reçu, et à peine a-t-il quitté son bateau/ qu'il le voit s'engloutir
Débarqué à Bastia, il se rend au bourg de Yiscovato, dans la maison de Colona-Cecaldi, qui devient en peu de jours la résidence d'une cour et le quartier général d'une armée. Cependant les complots des royalistes le forcent de se retirer à Ajaccio, qui tenait encore pour Napoléon. II fut reçu aux acclamations du peuple et aux cris de vwt: h roi Joachim / On le presse de se faire proclamer roi de Corse 'y mais espérant le rétablissement de son trône de- Naples , il dédaigna la souveraineté précaire d'une pe* tite île.
On faisait épier toutes ses démarches. Il était sur le. point de mettre à la voile, lorsqu'un aide de camp vint lai communiquer la décision de l'Autriche, qui lui àé^
262 LSS PATSAirS iu^dstavs.
fendait de se donner le titre de roi, lui ordonnant de preU" dre celui de comte Lipanoy que sa femme s'était cboiei, Tautorisànià résider en Morayie, en Bohême ou en Autriche, à condition de se, soumettre aux lois, et de ne paa quitter sa résidence sansleconsentenaentderempereur. <c Ainsiy s'écrie^^t'-il, on m'ofire une prison pour asile ! De la prison à la tombe il n'y a qu'un pas ! C'est trop tard» le dé en est jeté !..••• Le même jour il s'embarqua avec |deux cent cinquante des plus bra?es de Tile. Il se pro* posait de débarquer aux environs de SaUrne, de réunir sous ses drapeaux les soldats et les officiers de son armée, et de marcher vers Naplcs par Avelliao ; mais une tempête dispersa ses compagnons, il fut jeté dans le golfe de Sainte- Euphémici où une seule barque, vint le rejoindre, et il débarqua arec trente hommes sur la plage de Pizn).
Il lait de vains e£Forts pour soulever le pays. Les habitants prennent les armes et font feu sur la troupe. Les deux bâtiments s'éloignent. Murât court à un bateau pêcheur, mais tandis qu'il s'efforce de le mettre à flot^ il est entouré, pris, maltraité par le peujdQ, et traîné prisonnier au château de Pizzo.
Les ministres de Ferdinand, roi de Naples, le livrèrent à une commission militaire qui prononça la peine de inort* • . : Lorsqu'il connut son arrêt, sa fermeté I'aban« donna. On dit qu'il versa des pleurs en s'éctiant : « Je suis Joachim Napoléon, roi des Deux-Siciles l» Le 13 octobre, après avoir écrit à sa femme, il est conduit dans une salle du château de Pizzo, devant douze soldats dit«
LES PATiAHS ILLU6TBIS. 263
potés sur deux rangs. Là, il ne veut pas qu'on lui bande les yeux, Toit charger les armes, se place conune pour mieux recevoir les coups, et dit aux soldats : « SaUfyex le Tisane,. TÎsez au cttur! » et iltoadie mort, tenant dans ses mains les poctcaits de sa femme et de ses enfants. Son corps fut enterré sans pompe dans l'élise de Bixso. Il était âgé de quarante - huit ans, étant né le ^5 mars 1771,
NBY.
Le maréchal Ney marcke à la t^te de ces hommes étonnants que font surgir Les grandes commotions sociales, tds que les armées républicaines et impériales nous en ont tant montré. Aucun n*est plus que lui le fila de ses ceuyreSi II naquit à Sarre-Louis, la même année que Napoléon, dont il devait être un jour un des premiers lieutenants, c'est-i-dire en 1769, le 10 janvier. Son père, pauvre tonnelier, ne put lui faire donner que fort peu d'éduçaUon ; Il avait été soldat, il avait assisté à la bataille de Rosbacb, et il en parlait sans cesse devant son fils, dont ces récits enflammaient l'imagiiiation.
Le père du jeune Michel Ney désirait que son fils suivit une autre carrière que la sienne. M. Valette, notaire, offrit de le prendre dans son étude. Cette proposition fut aËceptéci et Ton couserve encore avec respect> dans les
264 LES PATSAMS VLV0$TRXM;
archÎTes du notariat de Sarre-Loui8|deuxiiiiiintesécrita» de la main du jeune Nef.
•L*étude des lois-oonrenait peu au caractère bouillant de i^iichel; il lui fallait une carrière où il y eût des dangers, de la gloire, quelque chose enfin à donner au hasard, et il déclara â son père qu'il voulait être soldat. Celui-ci, qui avait déjà un fils au service, chercha à détourner Michel de ses projets, et pour donner le change à l'activité d'ea* prit du jeune homme, il l'envoya travailler aux mines d'Apenweiler, qui étaient alors en pleine exploitation. Le mouvement qu'entraînaient ces travaux plut d'abord à Ney ; mais bientôt ses idées dominantes revinrent l'assaillir, et il ne rêva plus que combats et champs de batailLe. Ses parents essayèrent encore d'étouffer cette vocation, et lui firent accepter la surveillance des forces de Sakch ; cet emploi parut de son goût, it s'y livra avec ardeur, et le remplit avec beaucoup de zèle et d'intelligence pendant deux ans.
Cependant sa passion pour les armes se réveilla plus vive que jamais ; il est vrai que ks lieux qu'il habitait dévalent lui donner ua nouvel aliment. Presque toutes les villes du Rhin sont des places fortes et ont des garnisons ; Ney ne pouvait donc aller nulle part sans rencontrer des soldats, des uniformes, sans être témoin de ces exerciceSy ae ces mouvements auxquels il brûlait de se mêler, et qu'il se sentait l'instinct de commander. Ney ne put irésister plus longtemps; il se démit de ses fonctions et se la^it en route pour Metz^ où se trouvait alors le régiment
•t£f PITONS ILLVSTACl. Û6&
4e colonel-général hussards. Il hésita longtemps à faille •es adieux à ses parents, que sa résolution allait viyement chagriner; cependant la tendresse filiale TenN- ^rta sur toute autre considération, il se détourna de sa -ronte^ et Tint à Sarre-Louis prendre congé des auteurs de ees jours.
Plus tard, lorsifue la fortune eut couronné son conrag^j, il rerint â Sarre-Louis : Tartillerie tonnait, les troupes se tenaient sous les armes, les habitants étaient accourus pour Toirleur cotnpatriote, dont il# étaient si fiers. Reconnaissant cette route^ que yingt ans àuparayant ilayaît faite â pied, le- maréchal racontait arec émotion les premiers temps de sa vie aux officiers qui l'entouraîentx
Arrivé à Metz le 1^ Semer 17S7, Ney, âgé de dixhuit ans, s'engagea dans le régiment de colonel-général, ^i devint plus tard le 4* hussards. Il ne tarda pas à se concilier l'estime et l'affection de ses chefs, et comme il avait une belle écriture, en le fit travailler chez le quai^ tier-maitre«
Lorsque la révolution éclata, Ney était SOus-officîer s H parvint alors au grade de capitaine, fit, en cette qualité^ les premières campagnes,, fut aide de camp du général de La Marche^ puis adjudant général sous les ordres de^Klé* her. Après avoir pris uiie part' honorable à plusieurs combats, il s'empara de Pfortzheim, le 8 août 1796, et cette action lui mérita le grade de général de btîgade. Bu .1797, au combat de Steimberg, son cheval s'étânt abattu, il tomba entre les mains de rennèmi. Hoche, qui ataA
968 &SS FATSAMt IIXOSTUS.
pour le ginéral Ney la plos profonde etUme, demaiida aém échtnge avec iiiftance^ et Ahs qu'il IVut obtenUi le fit nommer général de diTision. Ge lut en cette qualité qae Ney commandai enl798jla€aTaleriederarmée qui envahit la Suisse sons lea ordres de Sduumbonrg. nsemomtra envers les habitants aussi généreux que le peimefetaient les circonstances^^ et s'acquit, Tamiée sulTante, dans les mêmes contrées, une grande réputation sous les ordres de M ass é na. Il passa, en 1800,. à raimée de Moreau, et contribua glorieusement aux victoires de Moeskircb et de Hobenlînd^. Après la paix de Lunérîlle, lorsque Bonaparte To«dttt soumettre entièrement la Suisse à son pou- Toir, N^ fut envoyé dans celte contrée avec le titre de ministre plénipotentiaire. En 1804, il obtint le bâton de maréchal, et ce lut en cette qualité qu'il remporta, en 1 80&, dans la Souabe, la yictoire qui lui fit donner k titre de duc d'Elchingen. Chargé d'occuper le Tyrol après la d^itulatioa dlJlm, il entra, le 7 novembre 1804, à In* sprucky avec le sixième corps de la grande armée, qu'il commanda l'année suivante contre les Prussiens. Après avoir concouru très-efficacement à la victoire d*Iéna, il parut devant Magdebourg, et, par un prodige nsoul, il força, en moins de vingt-quatreheures, cette redoutable forteresse à capituler, quoiqu'elle fut défendue par une nombreuse garnison* Vainqueur à Thom, à Friedkad, et la guerre étant torminée de ce c6té, le maréchal Mey &t transporté, avec son corps d'annéei des bords du Niémen à ceux del'Ehreet du Tage ; il fut adjoint à Masséna, que
LES PATSAITS ILLUSTRES. 267
renqpereur avait chargé de la conquête du Portugal ; maif le prince d'Essling fut contraint d'abandonner le pays, et le laaréchal Ney, qui commandait l'arrière- garde, montra dans cette retraite difficile autant de talent que de courage. En 1812, l'empereur l'appela auprès de lui et lui confia un commandement dans la campagne de Russie. Le centre marchait sous ses ordres à la terrible bataille de Sfojaisk, et ce fut là qu'il mérita le titre de prince de la Moskowa. Il s'est immortalisé par le génie qu'il déploya d^ms la désastreuse retraite où son corps périt presque tout entier. Napoléon, qui l'avait surnommé le brave des hrapés^ le désigna alors, dans un de ses bulletins, comme ayant Pâme trempée if acier. Ayant perdu la bataille de Dennevitz, où Bernadotte, devenu prince royal de Suède, lui e&leva dix mille prisonniers et quatre-vingts pièces de canon, il tomba dans une sorte de disgrâce. Cependant il fut encore employé dans la belle et pénible campagne d'hiver, en 1814, et il se trouvait à Fontainebleau lorsque l'empereur apprit sa déchéance. Ney contribua beau* coup à le faire abdiquer, et fut un des premiers généraux qui se soumirent aux Bourbons. Louis XYIII lui conserva tous ses titres, toutes ses pensions, et le créa pair de France.
Lors du débarquement de l'empereur, le maréchal Ney sollicita du roi un commandement. D'abord il fut fidèle à son serment ; mais dans la nuit du 13 au 14 mars, ayant reçu des proclamations et des lettres de Napoléon, qui lui faisait de brillantes promesses et qui l'appelait encore /i0
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brai^ des braves, sa vieille affection se réveilla, et il passa SDUf les drapeaux de celui qu'il était venu combattre. Après la bataille de Waterloo, où il 6 1 des prodiges de valeur, il fut arrêté en Auvergne et traduit devant un conseil de guerre composé de maréchaux de France et de lieutenants généraux. Mai s ce conseil s'étant déclaré incompétent, la Cour des pairs fut appelée à juger l'Infortuné niaréchal, qui fut condamné à mort, le 6 décembre 1815, à la majorité de 119 voix sur 160, et exécuté le lendemain matin par un peloton de vétérans, près de la grille du Luxembourg, en face de l'Observatoire:.