‹ Les PaysBas sous le regne de MarieTherese 17401780Chapitre 7 sur 35 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

LA SOrVERAINE.

“ Maric-Thôr('>so, nous dit lo président Neny (1), n’avait point eu do part au goiivernoinent sous lo rf'gne do son pôro (2). Elle dut so fonnor ellc-iuAiuo, dans los temps les plus difficiles et par les seules ressources do son gdnie, au grand art do régner. Elle trouva son salut dans son courage d'esprit héroïque et incomparable et dans la supériorité do ses talents soutenus d'une application infatigable, iiuo ni les qualités do son soxe, ni les dissipations attachées ordinairement il la jeunesse n’ont point altérées... »

Courage, talents, application : ce sont bien lîi les traits saillants de cette grande figure.

(1) Xony : ^^vmoil'es hiatarique» H potUiqwi $ur lea Pays-Bas auirichiena (cbap. l*’’,

art.XXVni).

(2) Un envoyé vénitien, Pictro Andrea Cappcîlîo, écri\*ait au Sénat, en 174 1, qu’ello n'avait aueuno notion, aucune idée des affaires publiques en montant sur lo trône. Tu autre envoyé, Contnrini, était du même avis*. {Bnficiin 'i/e VAcatUmir, l.sfil, p. 510. — Notice de M. Gaeliard.l

Nuus avons admin; Sou courage dans la guorro do la succession d’Autriche, alors (|u'îi elle seule elle devait tenir tdte îi une coalition fonnidalde. Nous l’avons vue, îi la veille do la guerre do Sept Ans, arriver, par des prodiges d'habileté, îi augmenter en quelques années les ressources financières de l'Autriche et h. doubler presque ses forces militaires. Son activité nous est attestée par tous ceux qui ont vécu près d’elle (1). Le comte do Podoivils, ministre plénipotentiaire do Frédéric II îi la cour de Vienne, lui a rendu justice sous ce rajiport, dans les relations, peu suspectes d’enthousiasme, qu’il envoyait h son maître (2). L’impératrice, dit-il, levée eu hiver à six heures, en été 11 cinq ou h quatre, consacre toute la matinée aux affaires, lit des rapports, signe des dépêches, assiste aux conférences avec les ministres et fait généralement de mémo après le dîner. Elle a du reste, ajoute-t-il, un esjirit vif, pénétrant, capable do s’appliquer aux affaires et do les démêler.

Nous avons signalé dans notre introduction le mouvement philosophique et social qui, au sortir de la guerre de Sept Ans, semble pousser tous les États dans la voie dos réformes. Il y avait incontestablement alors un besoin universel de lumière. L’Europe avait soif do vérité et de progrès dans tous les ordres d’idées. On voulait rompre avec un passé do misères morales, politiques et physiques; on voulait eu finir avec des erreurs et des préjugés trop longtemps victorieux; on voulait , en un mot, marcher eu avant. Ce sera l’étemel honneur de la Franco d’avoir organisé en quelque sorte ce mouvement social ; ce sera sa gloire la plus pure d’avoir donmi un corps îi des théories (jui se heurtaient confuses et diverses dans tant de cerveaux, et que le génie des Voltaire, des Diderot, des d’Alcmberta précisées et revêtues d’une forme impérissable. La contagion du progrès gagna la cour, les jialais des rois et les cabinets des premiers ministres. Catherine II on Dussie, comme Frédéric II en Prusse, subit finfluence des encyclo-

(1) Ijc Vénitien Cappcllo parle tic «on application ince«^antc.

(2) Hrlationê diplomatiqun (tu romte rfr (1746, 1747, 1748). M. Gaclianl a inséré au BnUetin tic la Commi*»ion royale d'Hi»loire (1851, II, 2* série) lo manuscrit do INhIowiIs (|U 0 le docteur Wolf avait communiqué à rAeadéniio do Vienne en octobre lHTi(K Los Hclatiuiu «ont fort curieuses. Il est lM>n do mettre on re;^ard des apprt:ciutiona tle l’amliassadeur prussien celles des aml»as&adeu!‘8 vénitiens..

l)i5(list(îs. Clioiseul en France les ])rotégea, malgré les arrêts du conseil. Cotaient leurs leçons que suivaient Pombal en Portugal et d’Aranda en Espagne, lorsqu’ils initiaient leur pays aux idées nouvelles et so faisaient réfonnatours.

Mario-Thérôso s’associa à cette espèce de ligue qui s’était constituée dans les régions supérieures do la société contre les traditions du moyen Sge, contre l’immobilisme dans l’administration, dans les sciences et dans les arts. Et pourtant elle n’était rien moins qu’un esprit fort. Tout un monde la séparait des encyclopédistes. Catholique sinc<>re et convaincue, entendant jusqu’à doux messes par jour et parfois intolérante, elle avait cependant compris que l’intérêt de scs États lui commandait de ne point les retenir dans les ténèbres, tandis que le progrès inondait do ses rayons bienfaisants les antres monarchies.

Ayant d’ailleurs à un haut degré le sentiment de ses droits et de l’autorité impériale, elle entendait que le principe de l’indépendance du pouvoir civil no fût pas dans ses États une lettre morte. “ Je ne reuT, écrivait-elle à Charles do Lorraine, régner que qxir les lois, mais elles doiveni protéger mes droits. (1) » Si le clergé fut maintes fois rappelé à son devoir envers l’autorité civile, si ses empiétements furent punis et ses velléités dominatrices déjouées, c’est que Marie- Thérèse, reprenant le mot fameux des Vénitiens du douzième siècle “ Yeneziani siarao, poi Christian!, » disait nettement : « impératrice d’abord, catholique après ! n La fière impératrice apparaissait chaque fois que l’autorité spirituelle faisait raine de s’arroger des prérogatives incompatibles , avec les droits du souverain et les lois du pays. En 1769 le nonce s’était cru autorisé à dispenser do la publication dos bans un certain Groppi, fils d’un fermier-général do la Lombardie, qui, contre le gré do sa famille, était venu épouser à Louvain une Hollandaise. Il y avait là, comme le conseil privé l’avait jugé, un « excès de la part du nonce, une entreprise » qui ne pouvait so tolérer. L’impératrice eut bien soin de le lui faire sentir (2). Le 30 juillet 1767

(1) Lettre du 9 janvier 17C(». (Archives du Hoyaume, dépôt de lu chancellerie do» Pays-Bas à Vienne, liasse I), 88, S.)

(2) AtKhiv<$ df la chnnetUerie de» Payi-Bat, lias.se D, B,

elle taisait tomoiiiiior tout sou « iiuHîontciit«uueut « U rarchevOque de Matines, qui « avait porté atteinte aux constitutions du pays (et h ses droitvS) en faveur do Rome (1).

Elle est aussi très-sévère il l'ég-ard de tous les corps, do tous les magistrats qui outrepassent leur mandat et qui ne se tiennent pas dans les limites de leurs attributions. Un jour les états de Brabant veulent se séparer, bien qu’elle ait prorogé leur assemblée. Elle leur ftiit signifier, par Charles de Lorraine que leur système est « aussi visiblement opposé aux droits de sa souveraineté que contraire au vrai bien do l’État et mémo ii l’ordre et au but de toute assemblée d’états, » et par cons(*quent inadmissible (2). Joseph II étant devenu co-régent, ces états prétendaient qu’il devait leur prêter serment et recevoir le leur. Marie-Thérèse trouve que leur imHcntUm est fort déplacée (13 janvier 17G6), que ce nest ni dA, ni conrenahk, (Itr avril 1706) (3). En 1700 le conseil do la même province « s’émancipe de faire enlever, sans aucune autorisation du gouvernement, les papiers fiscaux qui se sont trouvés dans la mortuaire d’un conseiller privé n (4). Sa “ démarche téméraire » est vite réprimée. Ce mémo conseil « affecte de ne pliis prononcer conformément il la jurisprudence do son ressort la confiscation des biens contre ceux qu’il condamne Il un bannissement perpétuel.» Î1 lui est sévèrement demandé compte d’une telle conduite. Un rappel îi l’ordre très-énergique est infligé (5) par lettres closes au conseil privé et au conseil des finances, convaincus, d’après le rapport de Kënigsegg, « do penser souvent plus au maintien de leur autorité particulière qu’îi ce qui convient au tems et aux circonstances » (1713-1744). Marie-Thérèse no ménage pas à, l’occasion le duc do Lorraine, quelque affection qu’elle ait d’ailleurs pour lui (0). Le duc avait révo(jué un étlil « émané, après mûre délibération, sur scs ordres exprès. » Le

(1) Archive» dtt In chancellerie de» Payn-Rn». (^fariage du marquis de Ch. avee une

l»rotestAnte.) ■

(2) Dépêche citée dans les Avalede» do M. Gaclianl, 1, 22.S.

(H) Archive» (le la chancellcr'ie de» Pays-Bas, D, 87, C.

(I) n 71 y> dcccinhre 1700.

((î) Voir une notice de M, Gachard dans le Rullelin de V Academie de 181.5, II, 270.

î) janvier 1766, elle se plaint (iiic cette affaire ait été traitée “ d'une façon préjudiciable îi ses intérêts et b, raiitorité dont elle a confié l’exercice îi son gouvernement. » Elle engage le duc !i *• s’occuper très-sérieusement de rétablir la subordination et l’obéissance dans les magistrats. » Et comme le duc avait allégué, pour motiver sa conduite, les réclamations des états, elle lui répond avec hauteur : ‘ L’opiniâtreté et l’ entêtement (1rs états fait donc pour mon gourcr- » iirment un molij' pmir se relâcher sur le soutien de mes droits. Et r, l’exercice que je lui ai confié dépendrait ainsi de leur bonne ou » ma uraise humeur!... (1). »

Mais si elle no transige pas sur les questions de principe, si elle veut être obéie, elle sait aussi tenir compte du zèle que les fonctionnaires et les cori)S constitués déploient à son service; elle récompense le mérite, elle honore la vertu ; elle rond justice il tous les talents, îi tous les dévouements, aujourd’hui jirodigiiant des .souvenirs, des encouragements pécuniaires aux artistes, aux lettrés, demain envoyant des médailles h des hommes qui ont fait preuve de désintéressement ou do charité (2) ; un jour môme envoyant, sous forme d’apostille, aux bourgeois de Luxembourg, l’expression do la gratitude qu’elle éprouvait pour leur conduite “ pleine de zèle, do fidélité et de soumission » (4 mars 1747) (3), Le nombre est considérable de ceux qui ont été l’objet de sa généreuse bienveillance. Le répertoire des archives de la chancellerie des Pays-Bas h Vienne (4) nous la fait voir répandant chaque année ses bienfaits et ses faveurs sur les personnes qui lui rendent d’éminents services ou sur les descendants d’anciens officiers, d’anciens fonctionnaires dont elle se plaisait ainsi Ji récomiicnser en quelque sorte le dévouement jusque par dclli le tombeau. » Je sais bon gré au prince c/uincelier, 6cx\\a\ielle un jour, de me suggérer à récomjienser des sercices rendus de leurs jmrnts » (apostille li un ra]>port de Kaunitz du 20 mars 1770).

(1) Archive* de la chaHcctlerie dc$ D, 88, S.

(2) n n n Kcpcrt. Année 177Î) nub vuee : Épidemio.

(3) Gachard, I, 167.

(4) Co Itcpcr/oire o»t un modèle d’ordre, de netteté et d’exactitude. Il se compose d’une quarantaine de registres qui facilitent pingulxércment la tâche de t-oux qui étudient cetlc époque.

liC ministre prussien Püdewils, dans ses T{i lotions, convient que la qualité qu’elle n’a jamais démentie, est celle de la générosité. . . qu’elle est naturellement bienfaisante... aimant 11 faire des heureux... et se piquant de reconnaissance.

On cherchait bien h abuser de la générosité do Maric-Thérôse, témoin la comtesse de Cobenzl qui bénéficia souvent dos sentiments do gratitude que l’impératrice éprouvait pour la mémoire d’un des ministres dont elle avait eu le plus h se louer (1) ; témoin môme le comte do Tarouca, son conseiller intime, auquel elle no sut jamais rien refuser, en dépit des observations do Kaunitz (2); témoin encore cette baronne do S. dont elle disait : “ Elle est connue de moi à force de demander » (3). Mais généralement l’impératrice plaçait bien ses faveurs. C’est qu’elle examinait par ollc-môme les demandes, les réclamations, les plaintes, ainsi que l’attestent les nombreuses apostilles qu’elle a mises en marge des rapports do son chancelier.

Toutes les sollicitations, demandes do croix, de promotions, do secours pécuniaires, étaient soumises îi un examen minutieux. Marie- Thérèse s’efforçait d’Ctro juste, do no point commettre de passe-droit, do ne pas favoriser des intrigants sans valeur ni titres : « Qu'on fasse, écrit-elle le 26 mai 1773, une bonne leçon au jeune Van Sw. (solliciteur de la cour des comptes) jmree (jn il est moins arancé dans le travail de la CUamhre et quil a de la fevrtunc » (4). Kn 1774 : “ M. ayant devant lui plus de six dans l’almanach, doit eneare attendre. » A une demande qui n’était fondée sur rien, ello répond : “ Je trouve la demande sinon imjterlincnte, du moins à n y pas n'jMtulre et tâcher l’oublier. » Tn colonel S., qui s’était distingué îi son service, denuande en 1770 <* pour son futur gendre » un titre do conseiller des finances ou do conseiller do la chambre des

(1) Après CO quo j’ai fais pour le maris, il in’cst impossible do me chaîner des deUoa do la femme?. Lettre h Charles do Lorraine. (Nousen rcaixtctons l’orthoffraphc).

(2) n Ixî chancelier observe que de tlroit le suppliant n’a plus rien ù prétendre ; mais il soumet ralfairc au bon plaisir de S. M. n (ArrA/rcj tic la rfmnreUerk des

D. ni, T.)

(3) Archives de in rhauccHerie des Vntjs-BaSy D, RK), S.

(I) n « -7 J), UK», C,2.

comptes. Elle refuse en disant : ‘ Cda fait trop tle jicine (pic des gens non emploHés pmissent jouir de ces titres ris-à-tis de ceux qui traraillcnt jMur y tenir... » (1).

Si elle encourage les travailleurs, les hommes de mérite en leur réservant les meilleurs emplois et les distinctions les plus enviées, elle les soutient également contre leurs détracteurs; elle n’est pas prompte h écouter la médisance et la calomnie. Un certain Ro(juet, capitaine d’origine namuroise, avait écrit h, Stahremberg une lettre contenant des insinuations perfides de tout genre îi l’adresse des frères Neny, du président du conseil do Eamur, Slassart, et d’autres fonctionnaires des plus méritants qu’il voulait rendre suspects au gouvernement. Non-seulement Mario-Thérèse méprisa les insinuations, mais elle força Eoquot b, aller faire ailleurs sou infâme métier (2).

Marie-Thérèse avait beaucoup do jugement et une mémoire fort heureuse : deux qualités précieuses quand on occupe le pouvoir. Elle en avait une autre, moins estimable, mais non moins utile aux gouvernants : elle savait dissimuler. Elle était un peu de l’école de ce maltre-roi Louis XI qui aimait b répéter : “ Qui nescit dissimulare, nescit regnaro »... b prouve l’affaire do l’alliance avec la France et les incidents relatifs au partage delà Pologne. Nulle souveraine n’a possédé b un si haut degré le talent de plaire. Conservant, alors mémo qu’elle était le moins disposée b l’enjouement, une physionomie riante et gracieuse, ayant toujours, do l’aveu môme do son critique Podewils, des manières aisées et prévenantes, écoutant avec patient et bonté tous ces solliciteurs qui, b certains moments, formaient presque légion (3), Marie-Thérèse devait être et a été excessivement sympathique b scs sujets.

Avait-elle tous les défauts que Podewils étale si complaisamment dans sa relation du 18 janvier 1747, et que, d’après lui, elle aurait eu l’adresse de dérober b tous les regards dans les six premières années do son règne ? Était-elle si vindicative, si ambitieuse, si ennemie do la contradiction qu’il s’est plu b le dire? — Il faut faire

(!) Archive» fie ta chancellerie îles Paÿt-lltu, 1), 07, N, 1.

sans (lüutela part de la passion, (|ui est visible, dans le portrait qu'a tracé de l’impératrice l'aiubassadeiir prussien. Il y a certainement de l’exagération dans certains traits : le récit des ambassadeurs vénitiens, dont le caractère personnel nous garantit l’impartialité, en fait foi. Il n’est pas vrai, par exemple, que rimpératricc n’aurait été bienveillante et généreuse que par ostentation ; il n’est pas vrai non plus qu’elle n’aurait jamais éprouvé aucune répugnance pour la guerre. Sa correspondance avec son fils Joseph est faite avec trop de bon sens et dénote trop de cœur pour que nous ajoutions foi aux assertions do Podewils (1). La souveraine qui, dans le secret de l’intimité et alors que personne n’est Ih pour l’entendre, écrit îi son fils : “ Il faut faire le bien et convaincre le monde ]tar là, mais jamais le dire » (2), cette femme-là n’est pas aussi hypocrite que veut bien le dire le ministre prussien.

Mais la part faite à l’exagération, il faut convenir que Podewils a parfois vu juste. La vengeance, ce plaisir des dieux... et des femmes couronnées, n’apas été assez étrangère h lapolitique de Marie-Thérèse. Qu’il nous suffise de rappeler l’humiliation qu'elle s’est imposée aiqirès do la Pompadour pour se venger do Frédéric II. L’ambition aussi a fait taire en elle la voix do la conscience et l’a rendue sourde aux cris do la Pologne mutilée.

Ce qui est vrai aussi, c’est qu’elle n’a pas pratiqué la vraie tolérance religieuse et qu’elle n’a pas aimé la liberté de conscience. Mans scs ministres, elle eût plus d’une fois fait en cette matière do graves fautes. On le verra.

Marie-Thérèse a ou cette bonne fortune do trouver en ses ministres et en ses principaux fonctionnaires des hommes de cœur et do tact toujours prêts à l’arrêter respectueusement lorsqu’ils la voyaient s’engager dans une voie périlleuse, toujours prêts aussi à lui conseiller les mesures que l’intérêt du pays leur suggérait. Elle mérilait d’être bien servie, puisqu’elle savait récompenser le mérite. Elle doit une partie do sa popularité et de sa gloire do réformatrice, comme nos pères durent une partie do leur bonheur, ii ses éminents colla-

(1) Von Arnûth ; Copr«;Ki»id., 1, janvier^l772 ; II, |»p. 11)0-255.

(2) VonAnieth : r I. p 201.

bonvtcurs, au gouveriipur Cliarles de Lorraine, aux iniiiistrcsKaunitz, Cübeiizl et Staliremberg, et, dans une sidi(>ro plus modeste, aux magistrats Neny, Stas.sart, Crompiiieu, Vilain XIlIl.

Ceux qui regnittmit — il y en a — (|ue Marie-Thdrî'so, quoûiuo fervente catlioli(iue, ait suivi rimpulsioii des esprits progressifs de l'époque et fait résolûment triompher, entre autres principes, celui de l’indépendance du jiouvoir civil, s’en prennent volontiers à ses ministres et 11 ses inspirateurs. “ Si on pouvait, dit le jésuite Feller (1), désirer quelques traits pour compléter son éloge, ce serait un caractère plus ferme, des vues plus soutenues et une opposition ])lus vigoureuse îi des projets qui combattaient ses véritables intentions.» De Ih îi dire que l’impératrice a été un instrument passif ou, bien plutôt, une victime entre les mains do ses ministres, il n’y a qu’un pas. Les Feller ne comprennent pas i|u’en exprimant de semblables regrets, ils risquent d’enlever il Jlarie- Thérèse tout son prestige, toute la jiopularité que n’ont pu lui faire ])crdre ni ses fautes, ni ses erreurs, toutes les sympathies do ceux qui, tenant compte des temps et des lieux, savent rendre justice aux princes comme aux simples particuliers, aux catholi(iues comme aux libres-penseurs, h Marie-Thérèse comme à Jo.seph II.

(I) I)c Feller ; ihclionnnirc

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