‹ Les pêcheries du Canada [microforme]Chapitre 11 sur 18 · PÊCHE AU HOMARD · texte numérisé non relu

PÊCHE AU HOMARD

Encombrer tout genre d’affaires, tout commerce qe semblent devoir être rémunérateurs, telle est la tendance générale dans ce siècle de concurrence. La mise du homard en boîtes n’a pas échappé à cette règle.

“ 11 y a à peine dix ans, nous dit M. Hunter Duvar, inspecteur des pêcheries de l'Ile du Prince-Edouard, dans son rapport de 1879, lorsque nous pouvions avoir, deux ou trois homards pour un sou, un homme vint du Nouveau-Brunswick à l'Île du Prince-Edouard et y fonda une fabrique de conserves de homard. Attirés par ses succès, d’autres personnes mirent des capitaux dans cette industrie qui augmenta graduellement jusqu’à il y a trois ou quatre ans, époque à laquelle, prenant un essor plus rapide elle se développa en d’immenses proportions.”

L'Ile du Prince-Edouard prépara pour les marchés :

En 1871... 6,711 boîtes de conserves de homard. 4 1875.... 151,248 ve & #° 1876.... 352,676 +, à 4 1877.... 663,900 se fe ‘ 1878.... 1,649,800 < R

Cette même Province qui ne comptait qu'une fabrique en 1871, en possédait, dix ans après, en 1881, cent vingt en pleine opération.

La même progression ascendante s'est manifesté au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Ecosse.

En 1870, au Nouveau-Brunswick, le propriétaire de la seule fabrique alors en opération en cette Province, mit sur le marché, environ vingt mille boîtes de homard. Douze ans après, en 1882, au delà de six millions de boîtes partaient du Nouveau- Brunswick pour les Etats-Unis et l’Europe. .

La Nouvelle-Ecosse qui ne pouvait offrir en 1870 que trente mille boîtes en expédiait cinq millions en 1883.

Québec est loin derrière les Provinces-Sœurs dans l’exploitation de la pêche au homard. Elle n’a livré au commerce que huit cent mille boîtes en 1888.

En additionnant les chiffres ci-dessus, nous trouvons que la pêche au homard presqu’entièrement inconnue au Canada en 1870, fait aujourd’hui prospérer au delà de six cents fabriques qui, l’année dernière, ont fourni à nos exportations un contingent de dix-huit millions de boîtes, valant trois millions de piastres: presqu’autant que les produits de la pêche au hareng et de la pêche au maquereau mis ensemble,

. Ces dix-huit millions de boîtes, à trois homards pour chaque boîte, représentent cinquante-quatre millions de homards capturés dans les eaux canadiennes en 1883. Le

nombre total de ces crustacés pris chaque année en Angleterre n'est que de trois .

millions.

.Cette énorme progression dans la prise annuelle, tout en faisant voir l’étendue et la richesse de nos pêcheries à homard, nous signale en même temps le danger d’une

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