‹ Les pêcheries du Canada [microforme]Chapitre 9 sur 18 · PR CDS EE ET · texte numérisé non relu

PR CDS EE ET

La Norvège, la France, l’Irlande, l’Ecosse, les Etats-Unis font cette pêcl grande échelle et la Hollande lui doit sa richesse. NOR EEE

Dans tous ces pays, un bâteau muni de tous les engins nécessaires pour la pêche au hareng, coûte jusqu’à cinq et sept mille piastres. 11 faut que les produits de cette pêche, convenablement faite soient donc bien abondants puisqu'ils suffisent non seulement à couvrir tous ces frais d'exploitation, mais encore rapportent des profits considérables aux exploitateurs.

. Et cependant les pêcheries au hareng en Europe, ne valent pas mieux, ne sont pas même aussi productives que les nôtres. Les américains viennent à grands frais cueillir dans nos eaux une moisson abondante, tandis que sans nous déranger beaucoup, avec bien moins de dépenses, nous pourrions faire ce qu’ils font.

Je ne crains donc pas d'avancer que si des capitalistes canadiens ou étrangers exploitaient cette industrie sur une échelle en rapport avec son importance et avec l'abondance de la matière première que les eaux canadiennes fournissent; si des compagnies se formaient, pourvoyant nos pêcheurs de bâteacx et d'appareils de pêche améliorés tels que ceux en usage en Europe, je n'hésite pas, dis-je, à avancer que la pans au hareng en Canada, au lieu de deux millions, en rapporterait six ou huit tous es ans.

Et les marchés pour ce poisson qui est à la portée de toutes les bourses, qui est surtout la nourriture du pauvre, ne manquent pas. Outre nos villes principales, Manitoba, l'Ouest, les besoins de notre commerce intérieur enfin, nous avons les Etats-Unis l'Angleterre, l'Allemagne, les Antilles, etc., qui offrent des marchés illimités pour toutes sortes de poissons saumurés.

La population Européenne et celle du Sud de l'Amérique augmente ravidement et les produits de pêcheries dans ces pays sont loin d’être assez abondant: pour suffire à la consommation et à la demande. Des spéculateurs y trouveront, donc toujours un débouché excellent pour leurs poissons salés, pourvu qu’ils soient préparés avec soin et caqués dans les barils solides et étanches.

Aussitôt que les glaces ont laissé nos rivages le printemps, le hareng fait son apparition. Du mois d'avril au mois de décembre, on le rencontre, en bancs immences et serrés, partout dans le Golfe St. Laurent, le long des côtes Atlantiques de la Nouvelle-Ecosse dans le Détroit de Canso, etc. Même dans les mois d’hiver il reste chez nous, et une quantité considérable en est prise en janvier, février et mars par les pêcheurs de la côte Sud du Nouveau-Brunswick.

Le hareng du printemps n’est pas d'aussi bonne qualité, n’a pas autant de saveur que celui qui est capturé du mois d'août au mois de décembre. Le premier, dont la préparation exige peu de frais, est caqué rond dans les barils de deux cents livres et ainsi expédié aux Etats-Unis et aux Antilles ; tandis que le second, pris à la fin de saison de pêche, étant plus gras demande plus d’attention et de soins dans sa salaison. Soigneusement vidé et mis en rangs, divisés chacun par une couche de sel, dans des barils solides et bien faits on l’expédie en Europe et aux Etats-Unis et dans les principaux centres de la Confédération.

Notre meilleur hareng est celui du Labrador bien connu sur les marchés du monde entier.

Dans les Provinces maritimes, depuis quelques années, l’on prépare en boîtes, comme la sardine un petit hareng ressemblant au produit français tant par le goût que par la forme. Ce nouveau commerce réussit bien et progresse rapidement,

Une autre espèce de hareng, aussi bien connu des gourmets d'Europe que de ceux d’amérique, est le célèbre “ Diasy Cnicken,” petit hareng fumé, aux couleurs brillantes et dorées, dont grand nombre font leurs délices au repas du matin et qui est pris et préparé à Digby dans la Nouvclle-Ecosse Cent soixante-et-dix mille boîtes de ce poisson ont été expédiées aux Etats-Unis et en Europe en 1883,

Les pêcheurs canadiens ont fourni aux marchés étrangers l’année dernière :

500,000 barils de hareng saumuré. 1,000,000 boites de hareng fumé. 17,000,000 livres de hareng frais.

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Tout le hareng frais et fumé compris dans l’état ci-dessus est expédié de la Nouvelle-Ecosse, dû Nouveau-Brnswick et de l’Ile du Prince-Edouard, aux Etats-Unis. La plus grande partie du même poisson, saumuré, part aussi des mêmes Provinces pour les marchés anglais, américains et des Antilles.

Mais, je le répète, nos exportations de hareng pourraient être doubles, triples et quadruples, si nous pouvions donner à cette pêche toute l’attention que mérite son importance.

Espérons dans un avenir prochain, que quelques-uns des eapitalistes canadiens, ou, à leur défaut, des spéculateurs étangers, viendront développer puissamment cette industrie, que seul le manque de,moyens suffisants à jusqu'ici empêcher d’être plus productive.

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