‹ Les péchés mignons (volume 2)Chapitre 12 sur 78 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

— Une nuil sur trois, communément.

— Et vous pensez devenir riche en peu de temps?

— Comme un nabab, et en moins de quatre ans.

— Antoine est donc votre compagnon ?

— C'est mon domestique.

31. de Fontac regarda Ferez en face, avec surprise ; le visage du Basque était immobile et calme.

— Vous voulez dire Tun de vos volontaires?

— Je veux dire mon laquais.

— Comment se fait-il que, sur les renseignements d'un laquais, vous vous soyez senti disposé à m'être utile ?

— Parce que, en revanche, vous me serez nécessaire et me servirez bien.

— En quelle qualité ? demanda le vicomte avec hauteur.

— Eu ami... avec part égale de fortune, de combats, de corde ou de galères...

— Où habitez-vous? interrompit vivement M. de Fontac.

— Une maison charmante, dans le vallon dUrdach... Vous aurez la moitié de cette maison...

— Votre main, dit le vicomte en avançant la sienne, vous êtes Ihomme que je cherchais.

— Et VOUS celui que je ne cherchais plus, répondit le Basque à demi-voix.

Puis il ajouta tout haut sans retirer sa main :

— Ainsi, c'est convenu?

— Convenu, répéta M. de Fontac.

— Je vous vends la paire cent pistoles... et si j'ai un conseil à vous donner, c'est de me fourrer ça au labour... Vous verrez comme ça tire, la petite surtout... Bah! mon cher monsieur, je ne me vanterai pas de cette affaire, ce n'est ni beau ni laid, et... amis jusqu'à la corde! M, le vicomte.

— Foi de gentilhomme! dit M. de Fontac de plus en plus dérouté.

— • Foi d'Aamendabura !

— Quel diable de conte m'avez-vous fait à propos de labour et de cent pistoles?

— N'avez-vous pas vu un homme en moustaches s'arrêter devant ce quinquet pour lire un journal?

— Oui.

— Il lisait peu et nous écoutait beaucoup... c'est l'un des hommes (|ui, en France, peuvent jn'envoyer et pourraient bientôt vous faire fder aux galères... Comprenez-vous?

— Un mouchard ?

— Non... un officier de police.

— Et maintenant que nous sonnnes amis,

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