‹ Les péchés mignons (volume 2)Chapitre 29 sur 78 · CHAPITRE Vlir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlir

— Pourquoi, je vous prie?

— Parce que la nuit est bien noire et oaclie à merveille ce qu'on ne cherche pas.

En ce raoniont, Orrochordoqui fit rouler d'un coup de pied la gaixle d"une cpée, et le fer, frappant le tronc d'un arbre, rendit un son mat qui arrêta court la phrase du vicomte.

— Maintenant, tirons à gauche, du côté de la Seine , dit Perez ; le réverbère que nous voyons là-bas est rarement visité... M. le vicomte, une dernière fois écoutez-moi, en marchant.

— Vous avez cru que je bouderais devant votre épée et vous avez eu tort... Tenez-vous pour averti que je n'ai peur de personne, et que je ne connais aucun danger capable de me faire sourciller.

— Tant mieux pour vous, et cela vous servira, monsieur. Hier, vous avez conclu un pacte d'amitié à la vie à la mort, et voilà que vous voulez le rompre aujourd'hui pour une vétille.

— Hier, jai mis ma main dans celle d'un contrebandier dont la vie aventureuse et le caractère m'avaient séduit ; aujourd'hui , je fais l'honneur au complice d'un fripon et de l'homme le plus abject qui soit au monde de me mesurer avec lui... tout l'avantage est pour vous. Nous voici rendus; en garde, s'il vous plait.

— J'admire combien les hommes du monde

14(> I.F.S l'ÉCHÉS MIC^îO^S.

sont h'gcrs et superficiels. Hier, vous vous prenez pour moi d'une belle amitié, sur un mot, sur un geste; aujourd'liui, vous faites le grand seigneur, et me jugez sur une pauvre apparence. Permettez-moi de vous dire qu'hier vous me connaissiez un peu , et qu'aujourd'hui vous ne me connaissez pas du tout.

— Ah çà ! monsieur, pourquoi sommes-nous venus ici? demanda le vicomte en crispant ses doigts à la poignée de son épée.

— 3Iais, pour y faire ce que bon nous semble, à ce que je présume.

— Défendez-vous.

M. de Fontac tomba en garde, Ferez se couvrit, para quelques passes avec une adresse merveilleuse, puis, enveloppant l'épée de son adversaire, il la fit voler jusqu'aux premiers branchages de l'un des arbres qui couvraient les combattants.

Orrochordoqui ramassa larme du vicomte, la lui présenta poliment et se remit à l'écart, sans proférer un seul mot.

— Mon ami que voilà , dit Ferez pendant que son adversaire, un peu confus, se remettait en place, vous dira que depuis le i juillet 1855 je ne me suis pas battu en duel, et que depuis ce jour j'avais juré de ne plus m'aligner. Dame ! je m'étais battu trois fois de midi à minuit, et j'avais

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