ACTE DEUXIEME
CECCO
Oh ! Nella, pardonne-moi. Pendant cette journée, où tu viens de te montrer si bonne, si reconnaissante, où ma vieille mère te couvrait de caresses en t’appelant sa üUe, sa chère etiTant, moi je me rappelais les paroles que j’avais entendues, et c’était comme si l’on m’eût jeté un sort.
ROMANCE
Un feu nouveau brûlait mon cœur!
Ce n'C-tait plus le paisible bonheur
Que je goûuis dans notre humble chaumière.
En reposanl jadis à tes genoux...
Ce n’était plus la tendresse d'un frère!
C’était l’amour!... J’étais jaloux !
Pour toi, Nella, je puis mourir !
Je puis passer ma vie à te servir,
Et, s’il le faut, l’adorer et me taire!
Mais te savoir aux bras d'un autre époux ,
J’aimerais mieux te voir coucliée eu terre!...
Pardonne-moi... je suis jaloux!
(XelU le regarde avec une sorte d’elTioi, relire sa main que Ceeco pressait dans les sienues, et involoutairement s'éloigae de lui.)
NELLA, à part, comme atterrée.
Oli! mon Dieu! »
CECCO, se rapprochant d’elle.
Nella , je t’ai effrayée, n’est-ce pas ? Oh ! je suis un sauvage, indigne île toucher seulement tes jiieds par l.i pensée. Aussi, je ne te demande pas de m’aimer comme je t’aime. Je ne te le demanderai jamais... (.xctla lui tend la main.) Si pourtant Dieu faisait nu miracle ! Si tu pouvais consentir 1... Ne'tne réponds pas maintenant !... consulte ton cœur... Demain, à l'heure où la cloche du couvent sonnera pour rappeler les élues du Seigneur, tu me diras si je dois rester ton frère ou si tu veux de moi pour ton mari. Quoique tu décides, Nella, je m’y soumets d’avauce avec résignaliou, avec joie, pourvu que tu nous restes ! (ii a’éioigiie.) •