III. — La Division des sujets
Les Chinois partagent les sujets de la peinture en quatre classes principales. .Ce sont : 1° les paysages; 2° les hommes et les objets; 3° les fleurs et les oiseaux; 4° les plantes et les insectes. Nulle part nous ne voyons attribuer au dessin ou à la peinture de la figure humaine une place prépondérante. Cela seul suffirait à différencier profondément la peinture chinoise de la peinture européenne.
Le nom exact du paysage se traduirait par les mots : les montagnes et les eaux. Ils évoquent de vieilles idées cosmogoniques sur lesquelles est fondé le système oriental du monde. La montagne exprime la vie profonde de la terre; elle est traversée par des veines dans lesquelles circulent les eaux. Les cascades, les ruisseaux, les torrents, sont l'apparence évidente de ce travail intérieur. Elle enfante les nuages et se revêt de brumes par l'effet de sa propre vie ; elle est une manifestation des principes qui dirigent la vie de l'Univers.
La seconde section, les hommes et les objets, doit s'en-
KOUAN-YIN. PEINTURE PROVEXANT DE TuUEN-HOUANG
(vin e -\ e siècles).
(Mission Belliot.- Musée du Louvre.)
tendre surtout comme concernant les hommes, bs fabriques, les meubles et, d'une façon générale, tous les objets créés de main d'homme, mêlés au paysage. 11 en était ainsi autrefois lorsque les premiers peintres dont l'œuvre puisse être reconstituée d'une façon certaine, représentaient l'histoire des êtres légendaires du Taoïsme, des génies et des fées vivant dans une nature irréelle. Les textes nous racontent bien que les anciens maîtres peignaient des portraits; mais c'est à une période tardive que « les hommes et les objets » ont compris une section indépendante du paysage; elle a absorbé ces portraits funéraires presque toujours dus à de simples artisans. C'est à ce moment qu'on s'est préoccupé d'étendre à la peinture de figure des procédés, des techniques et des lois établis pour un ensemble où la préoccupation de la nature était prédominante. Les règles particulières qui y sont relatives sont parfois de date assez reculée ; mais elle paraissent avoir été assemblées en un système défini vers la fin du xvn e siècle seulement et nous n'en connaissons jusqu'à présent les formules que par un petit traité publié au début du xix° siècle .
La troisième section, les fleurs et les oiseaux^ correspond à ces peintures où les Chinois se sont complus à peindre l'oiseau parmi les plantes caractéristiques de son habitat et de ses mœurs. L'oiseau y est traité avec un sens profond de la vie; quant aux fleurs, malgré les simplifications qu'un artiste impose toujours à la complexité des formes, elles sont étudiées avec une telJe conception do
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ieur structure essentielle qu'un botaniste pourrait y retrouver les caractères particuliers à l'espèce.
Cette section générale se subdivise en une série de chapitres particuliers. L'épidendrum, l'iris, Torchis, Je chrysanthème, ont donné lieu à des spécialités qui ont eu leurs maîtres au double- point de vue de la peinture et des règles esthétiques qui la dirigent. Ihfaut y rattacher aussi la peinture de bambous et de pruniers. Sous l'influence d'idéqs philosophiques et symboliques, ces plantes ont fourni une catégorie spéciale de sujets à l'imagination du peintre. Elles constituent une classé à part, qui a ses lois et ses méthodes, sur >> lesquelles les traités chinois d'esthétique nous renseigne^ aBondammen t.
Enfin, la, quatrième classe; les insectes et tes plantes, est établie suivant une conception identique à celle des " oiseaux et des fleurs. L'insecte est représenté lié à la plante qur formé son habitat coutumier lorsqu'il est à l'état de chenille ou dé larve, volant au-deasus des fleurs et des plantes dont il vit lorsqu'il; est à l'état de papillon ou d'insecte parfaite Certains livres ajoutent à cette quatrième classe une subdivision comprenant les poissons. Enfin, iJ faut noter qu'en Extrême-Orient comme en Europe, nous devons tenir compte d'une classe spéciale de peinture : la peinture religieuse. En Chine, cette considération s'applique à peu près exclusivement à la peinture boudhique.
(CLché ilj la B.lV.o hô [U3 d"A-t el d'Archéol )gie PALAIS LE KlEOU-TCIIE.NG-iONG, PAR LI TCIIAO-ÏAO.
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