‹ Les peintres de portraitsChapitre 3 sur 18 · QUELQUES PORTRAITISTES EN RENOM AVANT · texte numérisé non relu

QUELQUES PORTRAITISTES EN RENOM AVANT

François Sïmonau. — C'est une carrière probablement fertile en déceptions et crueilement douloureuse que celle réalisée par François Simonau dont deux œuvres, conservées au Musée de Bruxelles, résument, pour nous, le fugitif éclat.

Simonau — ou Simoneau — né à Bornhem en Î783, décédé à Londres en 1859, semblait, à ses débuts, promettre un grand Maître à l'Ecole belge. Elève de l'Académie de Bruges il s'était perfectionné dans son art, à Paris, sous la direction de Gros, puis, rentré temporairement en Belgique, il y avait ressenti vivement l'influence des portraitistes anglais, tout spécialement de Sir Thomas Lawrence.

Après avoir produit, ici, quelques morceaux remarqués, il se fixait bientôt à Londres (1815) et, pendant quelques années, participait, non sans succès, aux expositions anglaises. Les catalogues de la Royal Academy, de la British Institution, de la Society of British Artists en font foi. Mais ces m.êmes catalogues, en mentionnant des adresses d'ateliers sans cesse changées, en avouant des résidences situées dans des quartiers de moins en moins élégants, habités principalement par des étrangers pauvres, en révélant une production

François Simonau

Portrait de M. Claeys

(Appartient à Mme Brunin née Claeys)

décroissante à mesure que l'artiste vieillissait, révèlent une sorte d'avortement inexpliqué des espérances légitimement conçues d'abord.

Au moment de son décès aucune notice biographique ne parut dans les journaux ou les revues d'art. Sans aucun doute le peintre était obscur et oublié. A cette heure encore aucun musée officiel britannique, aucune collection anglaise importante ne renferme de peinture de François Simonau. On peut se demander ce que sont devenus ces portraits, ces études de figures caractéristiques qui parurent aux expositions de Londres (1). La vogue des peintures de Lawrence et de ses émules a-t-elle absorbé jusqu'aux ouvrages contemporains qui pouvaient s'apparenter avec elles ?

Au moyen de ces démarquages dont le commerce des œuvres d'art n'est que trop coutumier, la production posthume de Lawrence n'a-t-elle pas fini par englober, à l'intention d'amateurs superficiels, des toiles de notre compatriote en même temps que d'autres, dues à de nombreux artistes pour lesquels cette extension de la fécondité du Maître n'est que trop manifeste ?

La Belgique ne conserve que trois œuvres connues de François Simonau, le portrait d'homme et le jeune joueur d'orgue — signé et daté 1828 — qui sont au Musée Moderne et le beau portrait d'homme tenant une guitare (M, Clays,

(1) Voir à l'Appendice la liste de ces ouvrages et les détails recueillis à leur sujet. Je dois ceux-ci à l'obligeance de M. Marion Spielmann, l'éminent critique d'art, auquel je suis heureux de confirmer ici l'expression de ma vive et sincère gratitude pour le concours obligeant qu'il a bien voulu me prêter dans mes recherches.

père du peintre de marines bien connu) appartenant à Mme Brunin, née Clays. Ce portrait a figuré, avec éclat, à l'Exposition Rétrospective de l'Art Belge en 1905, à Bruxelles.

Ces pages reflètent un talent sain, un bel équilibre grave dans la forme et dans la couleur, des qualités bien locales dans l'assimilation des influences étrangères, le tempérament d'un Flamand résistant à l'enseignement du Baron Gros et à l'imitation de Sir Thomas Lawrence, avec de la bonhomie, une facture hardie et savoureuse, une pâte généreuse, solidifiée en un précieux émail par la patine du temps, un coloris souple et nuancé et, par-dessus tout, ce don d'observation qui confère de la vie expressive aux yeux, aux lèvres, aux narines, aux mains du modèle immobile.

Tel était l'artiste qui, âgé de 32 ans, partait pour l'Angleterre — comme un moderne Van Dyck — à la conquête de la gloire et de la fortune.

Hélas ! le roman de sa vie manquée et de sa désillusion ne nous est pas connu. Ce que nous pouvons en deviner est suffisamment pitoyable.

A. WiERTZ (1806-1867). — Contemporain de François Navez, Antoine Wiertz, dans un but de lucre avoué et sans préoccupation d'art, trafiquait des portraits qu'une clientèle bourgeoise, éblouie par ses compositions emphatiques et par tout le bruit mené autour de son nom, se laissait entraîner à lui commander. Comme l'a finement déterminé Camille Lemonnier, « Wiertz eût le cerveau d'un poète et d'un philo- » sophe ; il ne paraît pas avoir eu toujours la sensibilité d'un

Antoine Wiertz

Auguste Orts, Président de la Chambre, Ministre d'État

(Appartient à Mme Orts)

» peintre. Le portrait, qui l'eut rapproché de la nature, lui > semblait une diminution de l'art. 11 en faisait pour vivre, * avec dédain ».

Wiertz ne signait pas ses portraits. Prétextant ses conventions avec le Gouvernement belge, à qui il devait réserver toutes ses œuvres en échange des avantages qu'il en avait obtenus, il ne fournissait aux particuliers que des ouvrages anonym.es. Si le client insistait, le nom de la maîtresse de l'artiste, au bas de la toile, servait de pseudonyme transparent et attestait l'authenticité d'une peinture chèrement payée. Une sorte de complicité s'établissait ainsi entre les modèles et Wiertz pour éluder les obligations du peintre envers le Gouvernement qui, fort indifférent à ces combinaisons, feignait de les ignorer.

Evidemment Wiertz n'avait pas lieu de tirer vanité de ses portraits. Mais il était si peu doué, au point de vue de la peinture, il avait si peu le sens de la couleur et le goût du morceau savoureux, qu'il ne devait guère se rendre compte de tout ce qui manque à ces superficielles effigies, dénuées à la fois de psychologie et de métier. Ce n'est pas même de l'ouvrage bien fait !

Assurément Wiertz était fermement convaincu que l'application à scruter une physionomie humaine, à pénétrer dans l'intimité d'un esprit, à mettre en relief une individualité, en même temps qu'à réaliser, par un maniement soigneux de pâtes et de glacis, un ouvrage qui fut vraiment de la peinture, constituait une besogne fort indigne de son génie. Un Rubens, un Vinci, un Titien avaient pu se résoudre

à ces tâches et y révéler toute leur conscience et tout leur savoir, mais l'auteur du Triomphe du Christ avait mieux à faire pour sa gloire.

Même peignant son propre portrait, celui de sa mère, ou ceux de ses proches, Wiertz demeure incapable d'une émotion ou d'un effort.

Fourvoyé dans la peinture sans posséder le sens de la plasticité, de la forme et de la couleur, il ne s'anime que pour exprimer ses, idées phiîosophico-humanitaires au moyen des compositions grandiloquentes que l'on sait. Ces illustrations démesurées intéressent encore les bandes d'Anglais qu'un guide Cook arrête devant les trompe-l'œil et les amusettes du trop célèbre atelier.

Au rebours de François Navez qui ne se survit pas ses probes portraits, Wiertz se démode de plus en plus et, déjà indifférent à la plupart des artistes et des esprits cultivés, il paraît voué à un oubli prochain, définitif et total.

Henri de Caisne. — Gustave Wappers. — Louis Gallait.

NiCAlSE DE KeYZER. — ALEXANDRE ROBERT.

Sans imiter la nonchalance dédaigneuse de Wiertz, plusieurs chers Maîtres, établis peintres d'histoire à Bruxelles, se délassaient volontiers de leurs toiles gigantesques en peignant des portraits officiels ou bourgeois.

Wappers, mis en vedette par son épisode de la Révolution de 1830; Edmond de Biefve, auteur acclamé du « Compromis des Nobles » ; De Caisne, dont le Gouvernement avait

Baron Qustave Wappers

Portrait de Sylvain Van de Weyer

(Appartient à M. Van de Weyer, à Londres)

PUBLIC

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acquis l'immense Belgique couronnant ses enfants illustres; Nicaise de Keyzer, absorbé moins qu'on ne le supposerait par sa Bataille des Éperons d'or, sa Bataille de Woeringen, ou sa décoration du grand escalier du Musée d'Anvers ; Slingeneyer, qui s'était révélé par sa Victoire de Lépante ; Louis Gallait, enfin, le maître des Têtes coupées et de V Abdication de Charles-Quint, multipliaient les effigies de leurs contemporains.

H est singulier de constater que ces peintres, opposés systématiquement par la critique de leur temps au classicisme académique de Navez et de ses élèves, proclamés novateurs, réalistes, ultra- modernes nous ont laissé des portraits compassés et minces, des images vides, dont la plupart ne supportent plus, à cette heure, la comparaison avec certains portraits vivants, savoureux et solides signés par Navez.

Singulier retour des choses d'ici-bas, c'est à ces derniers que s'appliquent aujourd'hui les épithètes et les qualificatifs décernés aux ouvrages de Wappers et de De Biefve par les critiques de l'époque.

H. De CAiSNE (1799-1852). — De Caisne faisait sa carrière à Paris.

II envoyait, de là, aux salons belges, des portraits « peints dans le goût des anciens maîtres flamands » (1).

Cette appréciation d'un contemporain ne se trouve guère confirmée par l'aspect des peintures de De Caisne

(1) Salon de Bruxelles, 1833.

conservées en Belgique, lisses et minces, conventionnelles et froides, où la tradition des grands ancêtres de la Flandre et d'Anvers n'est pas très perceptible.

Gustave Wappers (1803-1874). — Wappers eut plus de puissance et de brio. Sa propre image (Musée des Académiciens à Anvers) et le portrait de « Sylvain van de Weyer », notamment, révèlent des qualités plastiques intéressantes. Sans doute une facilité déplorable atténue la signification de ces effigies et paraît démontrer que l'habitude de consacrer sa brosse à des toiles énormes n'est pas favorable à la production de morceaux de format réduit pour lesquels on serait en droit d'exiger une matière plus précieusement ouvrée.

Louis Gallait (1810-1882). — Louis Galîait fut, peutêtre, trop loué de son vivant. Au zénith de sa carrière son prestige était te! qu'une réaction devenait inévitable. 1! trouva des détracteurs au déclin de sa vieillesse. Ses œuvres, un moment si prisées, furent abandonnées par la mode dès le lendemain de son décès. C'est là une loi commune qui réserve souvent des compensations à la mémoire des artistes. Il est probable que les qualités caractéristiques de Gallait, son entente de la composition, sa science du dessin, sa distinction de coloris retrouveront un Jour leur faveur, perdue au moment où le public se désintéressait de la peinture d'histoire.

Sans doute Les Têtes Coupées, U Abdication de Charles- Quint, La prise d'Antloche, Les derniers moments du Comte

N. De Keyzer

Portrait de Madame Mois Brialmont

(Appartient à Mme Osterrieth, Anvers)

(VEgmont, Art et Liberté, Jeanne la folle ou d'autres épisodes de cet ordre sont loin des préoccupations actuelles des peintres et de la critique. Néanmoins ces ouvrages continuent à attirer l'attention des visiteurs des musées ; pourquoi ne pas escompter l'époque où il leur sera de nouveau rendu pleine justice ?

Gallait a peint beaucoup de portraits. Il s'en trouve d'excellents dans le nombre, malgré la minceur de la technique qui alla s'aggravant au cours des années. Ce défaut de saveur dans l'exécution est assurément plus perceptible et plus gênant dans les portraits que dans les grandes compositions agencées à la façon de scènes d'opéras.

Le portrait de Barthélémy Dumortier (Musée Moderne de Bruxelles) compte à bon droit parmi les morceaux les plus significatifs de l'artiste. Remarquons l'incohérence du costume, cet habit de soirée ouvert sur un gilet noir montant, déboutonné au col, et ce pantalon gris fauve. Le souci de la tenue était, sans doute, une des moindres préoccupations du modèle, et sa négligence ainsi marquée constitue, probablement, un trait de ressemblance caractéristique. Gallait, qui avait des façons de diplomate et une situation mondaine enviée, n'a pas réuni à la légère ces pièces d'habillement disparates.

Le visage du vieux parlementaire est singulièrement expressif. Le peintre, procédant par petites touches tapotées et comme tavelées, sans étalage de virtuosité, a su rendre sensibles la mentalité, la vie intérieure de son modèle. Par cette œuvre et par quelques autres il annonce presque Lenbach et le précède, un peu timidement, dans la voie de

l'observation psychologique et des révélations intimes où le maître bavarois a osé pousser jusqu'à l'indiscrétion, voire parfois jusqu'à la médisance.

Dans le portrait de Mme pick, vieille dame au visage fané, fermé sur les secrets de sa vie, Gallait témoigne de qualités analogues, avec plus de recherche pittoresque, encore que le morceau, en tant que matière plastique et bel ouvrage, ne soit pas extrêmement décisif.

Les grands portraits en pied du Comte et de la Comtesse Louis de Mérode, d'allure quasi officielle, moins ressentis, plus en surface que le portrait de Dumortier, frappent par leur élégance et leur effort vers le style.

Gallait a exprimé avec distinction le charme délicat de quelques fins visages amenuisés par la ciselure des années. Les portraits de M^e des Cressonnières (1), de M^e Allard (2), de Mme Borel de Meuron (3) reflètent l'agrément et la grâce des modèles, alors même que la technique de ces œuvres nous semble aujourd'hui un peu froide et impersonnelle.

Cette indifférence du portraitiste envers ce qui, aux yeux d'un Flamand, paraît un élément essentiel de la peinture est un trait du tempérament de l'artiste tournaisien. Dans l'École belge sa sensibilité visuelle ne s'apparente pas à celle d'un Alfred Stevens, d'un Louis Dubois, d'un Henri de Braekeleer d'un Alfred Verwée. Il a d'autres spécialités et sans doute il dut dédaigner ou méconnaître l'effort novateur de Louis

(1) Collection de M. des Cressonnières.

(2) Collection de M. Paul de Mot (Bruxelles).

(3) Collection de M™" Vianelli (Paris).

Louis Gallait

Portrait de Barthélémy Dumortier

(Musée de Bruxelles)

Dubois et de ses émules. Les confrontations actuelles de certaines toiles avec les siennes au Musée Moderne de Bruxelles lui paraîtraient, sans doute, légèrement irrespectueuses.

Plusieurs portraits encore au Musée Moderne mettent en lumière la manière de Gallait. Voici Mme Gallait et sa fille, délicieux bébé peint con amore, Champion de Villeneuve, une jeune fille anglaise, et aussi, hélas, ces deux terribles portraits du Roi Léopold H et de la Reine Marie-Henriette, ouvrages de vieillesse, officiels et convenus, exécutés d'ailleurs dans les conditions les plus défavorables au jaillissement d'une peinture franche, libre et spontanée.

Gallait avait été plus heureux dans le portrait — officiel aussi — de S. S. Pie IX (Palais du Roi à Bruxelles); dans son groupe, officiel encore, et c'est dommage, du Duc de Brabant et du Comte de Flandre enfants (Palais de S. A. R. M^e la Comtesse de Flandre) ; dans les effigies de Frère-Orban, de Prévinaire, d'Emile de Laveleye, etc., etc.

Sans atteindre la netteté de Navez ou la profondeur de De Winne, Gallait, dans une formule analogue, a su fixer, comme eux, les traits de personnalités intéressantes. Il pèche par l'indifférence du métier, la minceur de la matière et, vers la fin de sa vie, par une anémie de coloris, parfois par un manque de caractère dans la forme. D'autre part, il confère à tous ses portraits une allure de bonne compagnie, un vernis mondain qui sont caractéristiques et furent hautement goûtés de ses modèles.

NiCAiSE DE Keyzer (1813-1837). — Nicaise de Keyzer, contemporain de Gallait, lui ressemble comme un frère. Peutêtre est-il un peu plus peintre et sait-il juxtaposer des valeurs avec un instinct de coloriste plus sensible ; mais il perd en belle tenue ce qu'il peut gagner, par comparaison, dans un parallèle qui n'est pas à poursuivre.

On a revu à la Rétrospective de l'Art Belge, en 1905, le portrait-groupe des trois princesses de Croy, joli comme une gravure de modes démesurée, avec des fraîcheurs sucrées et fondantes. Le portrait d'une très jolie femme en robe noire rehaussée de fleurs rouges (Musée de Bruxelles), celui de Mme Mols-Brialmont (à Mme Osterrieth à Anvers) le montrent sous un aspect plus heureux.

Très officiel, achalandé dans le monde international des petites cours et des ambassades, répandu dans la haute société, de Keyzer, Anversois considérable, put se prendre sincèrement pour un nouveau Rubens.

Le cruel recul des années s'est chargé de remettre les choses au point et de rétablir les proportions un instant altérées par l'optique trop proche des contemporains.

Alexandre Robert (1817-18Q0). — Alexandre Robert — encore un peintre d'histoire — a peint des portraits avec correction. Un caprice du Duc de Morny le mit un instant à la mode. On peut voir d'après les tableaux de Robert au Musée Moderne : Luca Slgno relit faisant le portrait de son fils mort et Sac d'un Couvent à Anvers à la fin du XVh Siècle, comment l'artiste comprenait la physionomie humaine et ce

Louis Gallait Portrait de Madame Allard (Appartient à Mme Paul De Mot)

que, dans son parti pris de simplification lisse, il pouvait conserver de l'aspect caractéristique de ses modèles. Cela est observé comme les têtes d'expression qui sont un sujet de concours pour les élèves des Académies.

Robert n'en connut pas moins de grands succès, tant à Paris qu'en Belgique. Il eût une carrière heureuse.

Avec moins de dons, moins d'ouverture d'esprit et de curiosité inquiète, il réussit beaucoup mieux dans la vie que le pauvre François Simonau, et cela est un peu décevant...

Le souci d'être complet m'oblige à rappeler, en cette fin de chapitre, quelques autres portraitistes occasionnels :

Le bon François Verhevden (1800-1889), humoriste à la manière douce, dont la gaîté bourgeoise n'eut rien de l'âpreté d'un Hogarth, d'un Daumier ou d'un Forain, n'a laissé que quelques portraits. C'est tout accessoirement qu'il convient, comme pour beaucoup d'artistes voués au « genre » et sachant donc peindre la figure, de mentionner leurs rares excursions dans cette spécialité.

Le portrait de la femme de l'artiste (Collection de M. van den Eeckhoudt) reflète justement cette bonhomie d'un talent appliqué et cordial, avec une entente de l'exécution un peu délayée dans le format inhabituel de la grandeur naturelle.

Eugène de Block (1812-1893), qui fut successivement comique et humanitaire, exécuta aussi des portraits. Les grands révolutionnaires italiens l'avaient enthousiasmé. II

nous a laissé des effigies emphatiques de Garibaldi et de Mazzini (Collection de M"ie Colard à Bruxelles).

Mentionnons en passant LucKX, peintre malinois, qui peignit, vers 1838, les portraits de M. et M^^ Couteaux (Collection A. Vauthier à Bruxelles) et venons-en à des spécialistes bien différents.

Les DE Latour, Alexandre de Latour (1780-1858) et Edouard de Latour (1816-1863), fils et élève du précédent, dont les ouvrages abondent dans les vieilles maisons bruxelloises.

Les deux de Latour se firent une spécialité de portraits en miniature. On conserve dans les familles bon nombre d'œuvrettes de ces artistes, et notamment beaucoup de leurs dessins d'un crayon spirituel et joli.

Le Musée de Bruxelles possède d'eux des miniatures caractéristiques.

On vit, avec intérêt, à l'Exposition Rétrospective de l'Art Belge, un petit portrait en pied d'un capitaine de cavalerie portant l'ancien uniforme des Guides, peint à l'huile par Ed. de Latour sur un panneautin de 30 sur 18 centimètres (1).

Cet ouvrage est d'une exécution large et précise, très adéquate à son format. Il indique une réelle virtuosité de brosse chez ce spécialiste adonné aux minuties de la miniature sur ivoire.

(1) App. à M. Paul Lambctte.

Alexandre Robert -?-T:>^,-<a,

Portrait de M. van Soust de Borckenfeldt, Directeur des Beaux-Arts (Appartient à Mme van Soust de Borckenfeldt)

Les portraits peints par Ernest Slingeneyer (1820-1894) offrent un violent contraste avec ces babioles précieuses. Le décorateur du Palais des Académies, l'auteur de nombreuses batailles agençant, en des compositions immenses, des combattants plus grands que nature, nous a laissé quelques portraits d'une couleur âpre et bilieuse, d'une observation sans flatterie encore que superficielle.

Les portraits du général Capiaumont (Collection de Mme Sacqueleu), ceux de Vilain XIIII, ancien Président de la Chambre des Représentants, du paysagiste François Bossuet (Musée de Bruxelles) et quelques autres sont caractéristiques de sa manière.

Enumérons encore Victor van Hove (1821-1891), peintre et sculpteur, élève de Gallait et de Rude, auteur, notamment, d'un sérieux portrait de M^e y, van Hove née Baronne de Heusch (Collection de Mme Abbeloos à Bruxelles) ;

Joseph Stallaert (1825-1893), élève de Navez, dont le chef-d'œuvre demeure le « plafond des Saisons » dans la cage de l'escalier d'Hercule au Palais de l'Ancienne Cour (Musée Moderne), portraitiste à ses heures ;

Antoine Goyers (1826-1869), élève de Léon Cogniet à Paris ;

Antoine Bourlard (1826-1899), Directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Mons ;

Hippolyte de la Charlerie (1827-1867) qui fit à Paris la plus grande partie de sa carrière ;

Gustave De Jonche (1829-1883), encore un Parisien d'option, joli peintre à la technique souple, aux colorations raffinées,

qui tous s'évertuèrent à fixer sur la toile les traits de quelques-uns de leurs contemporains ou les leurs propres et nous ont laissé d'assez nombreux portraits, de ces portraits que le hasard seul fait découvrir chez les descendants des modèles et qu'une signature déchiffrée tire de l'oubli.

Fernand Cormon Portrait de Jean Portaels (Appartient à Mme Meurice)

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