Pérégrinations du sieur Léon Palerne. Lyon, 1606, p
sur ceux qu'elles se destinaient ou qui les consolaient »*.
Le salon du ministre de Hollande, M. de Dedem de Gelder, était parmi les plus fréquentés. De très bonne heure, le jeune de Dedem y avait été admis, et longtemps après, devenu général au service de la France, il aimait à se souvenir du tableau amusant qu'avait présenté pour lui la société de Péra. Il était chez l'ambassadeur de France, comme chez l'ambassadeur d'Angleterre « traité en enfant de la maison. En politique, les deux Excellences n'étaient pas de la meilleure entente, les intérêts de leurs deux cours y mettant obstacle, et ils étaient enchantés de contrecarrer leurs démarches respectives. Tout cela n'empêchait pas les relations de société. Sir Robert n'était pas homme à se faire écarter facilement, M. de Choiseul n'osait pas en venir à une brouille ouverte, et ces deux messieurs vivaient ostensiblement dans une belle harmonie, se faisant
1. Mémoires historiques, politiques et géographiques des voyages du comte de Ferrières-Sauvebœuf, faits en Turquie, en Perse et en Arabie depuis 1782 jusqu'en 1789, avec des observations sur la religion, les mœurs, le caractère et le commerce de ces trois nations. Paris, 1790, 2 voL in-8, t. I, p. 51.
en gens du grand monde, les plus gracieux compliments. » Ainslie comme Choiseul aimait conter, mais quand « il s'emparait de la conversation, de citation en citation, d'histoire en histoire », il était rare qu'il n'en arrivât pas à endormir ses auditeurs. On se livrait cependant dans ces salons à des-entretiens plus sérieux; après l'un d'eux, Choiseul-Gouffier, le cavalier Juliani et quelques-uns de leurs amis décidaient d'aller vérifier sur les Jieux mêmes les diverses hypothèses émises sur l'emplacement de la ville de Troie. Une autre fois, sur cette même question, on invitait les officiers du génie en mission à Constantinople à donner leur avis, et en présence du colonel Laffite-Glavé et du capitaine Monnier de Courtois, les instructions les plus précises étaient dressées pour l'exploration archéologique qu'allaient faire dans la plaine dllion l'abbé Le Chevalier^ et le peintre Cassas .
Après quatorze mois d'absence. Cassas était en effet rentré à Constantinople ^ « On m'a
1. Voyage de la Troade fait dans les années 1785 et 1786 par J.-B. Le Chevalier. Paris, 1802, 3 vol. in-8, 3« édition.