‹ Les peintres du Bosphore au dix-huitième siècleChapitre 57 sur 76 · Dedem, Mémoires, p · texte numérisé non relu

Dedem, Mémoires, p

CASTELLAN ET PRÉAULX 183

objets d'art, l'avait en 1787 envoyé résider à Rome oiî il lui faisait tenir des sommes considérables pour ses achats, tout en lui assurant 1 500 francs par mois jusqu'au jour où paraîtrait l'ouvrage sur Balbek et Palmyre*.

Le départ de l'ambassadeur laissait la colonie sans direction ; elle se choisit elle-même un chef provisoire, mais celui qu'elle avait élu ayant passé sous la protection d'une puissance étrangère, la Porte dut inviter les députés du commerce à s'occuper des affaires de

leurs compatriotes ; elle se refusait à recon-

1. A Rome, Cassas avait trouvé le succès ; tout le monde « se portait en foule » chez lui pour voir ses dessins « échappés aux griffes des Arabes » ; il se plaignait d'être obligé de fermer sa porte à un grand nombre de curieux. « Je voudrais, écrivait-il à un ami, que l'on parlât moins de moi et de mes ouvrages, cela me serait plus commode » ; il est vrai que dans une autre lettre il paraissait moins regretter sa vogue : « Mes dessins se vendent 25 louis selon les circonstances, cependant j'en fais à bon marché. » Mais tous ses arrangements avec Ghoiseul-Gouflfier s'étant trouvés rompus par l'émigration de l'ambassadeur, il se rendit à Paris où il sut intéresser à son entreprise le Comité de Salut public et ce fut « au nom de la Nation » que parurent les livraisons de l'ouvrage dont Ghoiseul-Gouffier avait fait tous les frais. D'après le prospectus publié en l'an VI, Cassas s'était associé pour cet ouvrage avec Guinguéné, Legrand et Langlès. Les souscripteurs du Voyage en Syrie ne reçurent que trente livraisons sans aucun texte, Choiseul-Goufiier ayant réussi à faire interdire la continuation de la publication.

naître en sa qualité de ministre l'envoyé de la Convention. Le Palais de France était fermé, ses terrasses désertes.

La division qui régnait parmi les Français avait « éloigné d'eux lagaîté et le plaisir ». Les voyageurs Olivier et Brugnière s'en plaignaient : (( les femmes qui ne négligeaient auparavant aucun moyen de plaire aux Français et de recevoir leurs hommages, n'osaient plus se livrer à eux, parce qu'ils étaient des réprouvés dont la fréquentation devait être interdite, dont il fallait même éviter l'approche' ». Revenant de son voyage d'Egypte, après quinze mois d'absence, le jeune Dedem ne reconnaissait plus la société de Péra ; les discussions politiques dans tous les salons avaient remplacé les agréables causeries, les entretiens sur les lettres ou l'archéologie : « L'ambassadeur d'Angleterre soufflait le froid et le chaud, le ministre de Hollande restait neutre, le reste du corps diplomatique était d'une exaltation ridicule S).

Malgré les intrigues des ministres étrangers qui auraient voulu amener la Porte à déclarer

1. Clément Simon, La Révolution et le Grand Turc, 1792- 1796, Revue de Paris. — Olivier, I, p. 16.

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