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la guerre à la France, malgré la pression exercée sur le gouvernement Ottoman par l'Ambassade extraordinaire de Koutousoff, dont le faste mortifia si cruellement les Français \ les Turcs restaient nos amis.
On s'efforçait à Paris de ménager leur susceptibilité. Une société populaire s'était fondée à Constantinople. CarafTe connaissait quelquesuns de ses membres, il voulut obtenir pour eux l'affiliation à la société des Jacobins. Il s'était en effet, dès son retour d'Orient, jeté avec ardeur dans le mouvement politique et il était devenu l'un des membres les plus remuants de la Société des Jacobins ; sur sa proposition, le club de Péra fut admis à correspondre avec la société mère ; mais à l'une des séances suivantes, on jugea nécessaire de reprendre la question ; les Jacobins « ayant juré d'exterminer les despotes, ce serait, faisait remarquer l'un d'eux, provoquer une rupture avec la Porte Ottomane que de former une société à
1. Koutoussoff avait avec lui un peintre, Serguiew, dont plusieurs des dessins faits à Constantinople sont gravés dans la relation de Reimers, Reise der russich Kaiserlichen ausserordentlichen Gesandtschaft an die othomanische Pforte im Jàhr i 7.95 (Saint-Pétersbourg, 1803, in-4).
Constantinople ». En dépit de l'insistance de Caraffe Taffiliation fut refusée ; « les Turcs, disait Taschereau, étant bien disposés en notre faveur, il faut savoir en profiter et ne pas nous priver de cette ressource qui peut devenir importante » *. La Porte nous demandait alors des officiers et des ingénieurs, et elle se décidait enfin à reconnaître officiellement l'envoyé français. Aussitôt la maison de Descorches « où l'on entrait sans s'annoncer, aux heures que l'on voulait, oii maîtres et valets étaient parfaitement confondus, changeait d'aspect » ; il y avait « maintenant une distribution de chambres, d'heures, d'office et tout reprenait la physionomie d'une légation imposante^ ». Mais ce ne fut que pour le successeur de Descorches, pour M. de Verninac, que l'ambassade fut rouverte.
1. Aulard, La société des Jacobins. Paris, 1895, t. V. Voir au Moniteur universel, n» 180 (supplément à la Gazette nationale du 30 ventôse, an II, 20 mars 1794), la lettre adressée à la société des Jacobins par les citoyens composant la société populaire de Péra lez Constantinople pour annoncer la dissolution de leur Club.
2. J. Lair et E. Legrand, Documents inédits sur l'histoire de la Révolution française. Correspondances de Paris-Gonstantinople. Paris, 1872, in-8, p. 131.
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En entrant dans le Palais de la République, le ministre le trouva « plein encore des images et des emblèmes de la royauté » ; ces « effigies de rois étaient de mauvais dieux lares pour un républicain», Verninacles fit aussitôt détruire; « Au reste, écrivait-il, au Comité du Salut public, nul ouvrage de l'art n'a souffert. Tout était en plâtre et faible »*. Quant aux portraits des Ambassadeurs, ils n'étaient, pour le moment, que décrochés et roulés ; ils devaient être quelques mois plus tard brûlés au pied du grand escalier du Palais.
Peu à peu cependant la vie de la colonie avait repris son cours normal. A leur grande satisfaction Olivier et Bruguière s'apercevaient que « la contrainte des femmes » à l'égard des Français ne durait plus. « Nos succès en Europe, en démentant les impostures grossières qu'on se plaisait à répandre sur le compte de tous les Français, nous avait présentés sous un jour plus favorable et plus vrai. » Aussi le séjour de Constantinople paraissait-il aux deux
1. Lettre du 26 messidor an IIL Aff. étr. Turquie, 192, f«238.