Grelot, Relation nouvelle d'un voyage de Gonstantinople
4. La traduction française de l'ouvrage de Corneille de Bruyn, Voyage au Levant, ne parut qu'en 1714.
5. Les quatre premiers livres des navigations et pérégrinorlions de H. de Nicolay, Dauphinois, seigneur d'Arfeuille. Lyon, 1567. L'ouvrage de Nicolay eut un grand nombre d'éditions en France, en Allemagne et en Hollande.
toire des Turcs de Chalcondyle^ Pour des yeux qui s'étaient accoutumés aux Turcs de Molière, ces dessins devaient paraître bien archaïques.
Aussi lorsqu'en 1712 fut publié le Recueil de cent estampes représentant différentes nations du Levant, le succès en fut si grand « à la cour, à la ville, dans le royaume et dans les pays étrangers », qu'en peu de temps trois éditions en furent faites ^ Ce prodigieux succès enre-
1. Ghalcondyle, \J Histoire de la décadence de l'empire grec et établissement de celui des Turcs. Traduction de B. de Vigenère. Paris, 1620, in-folio.
2. Les estampes gravées d'après les tableaux de Van Mour furent publiées d'abord en 1712 et 1713 par les soins de « Le Hay, ingénieur et époux de la célèbre mademoiselle Ghéron ». Ces plancbes devinrent ensuite la possession de Laurent Gars, qui en donna en 1714 une nouvelle édition, précédée d'un titre et d'une préface gravés par Baisiez. Gette seconde édition avait pour titre : Recueil de cent estampes représentant différentes nations du Levant, gravées sur les tableaux peints d'après nature, en 1707 et 1708, par les ordres de M. de Ferriol, ambassadeur du Roi à la Porte, et mis au jour en 1712 et 1713 par les soins de M. Le Hay, à Paris, chez L, Gars, rue Saint-Jacques, vis-à-vis le collège du Plessis, avec privilège du Roi, 1714. — La troisième édition, précédée d'une préface et d'un texte imprimé donnant pour chaque planche un commentaire quelquefois assez étendu, parut en 1715, sous le titre: Explication de cent estampes qui représentent différentes nations du Levant avec nouvelles estampes de cérémonies turques qui ont aussi leurs explications, à Paris, des caractères et de l'imprimerie de Jacques Gollombat, imprimeur ordi-
gistré par le Journal de Trévoux^ fut consacré par l'apparition de contrefaçons en Allemagne, en Espagne, en Italie ^ et la vogue resta aux estampes de Van Mour jusqu'au moment où parurent les illustrations qui accompagnaient les ouvrages de Choiseul-Gouffier et de Mou-
naire des Bâtiments, Arts et Manufactures du Roy, rue Saint- Jacques, au Pélican, mdccxv avec privilège du Roi. Cette troisième édition était accompagnée d'un Avertissement : « Gomme il s'est trouvé plusieurs personnes qui, non contentes de connaître par les estampes de ce recueil la véritable forme des habits du Levant, ont souhaité aussi d'en connaître la couleur, on a fait enluminer avec soin et avec le plus d'intelligence qu'il a été possible plusieurs recueils de ces estampes d'après les tableaux originaux. » Les planches de cet ouvrage portent, dans le coin à gauche, le monogramme J,-B., initiales du prénom de Van Mour.
i. Journal de Trévoux, avril 1715, p. 655-684.
2. En Allemagne : Wahreste and neueste Abbildung des Tuerkischen Hofes welche nach denen Gemàhlden so der Kôfiigliche Franzosische Ambassadeur, Mans, de Ferriol, zeit seiner Gesandtschaft in Constantinopel im Jahr 1707 und 1708 durch einen gesehickten Mahler nach dem Leben hat verfertigen lassen. Nurnberg, Gh. Weigel, 2 vol. in-8, 121 planches. Deux éditions de 1719 à 1723. — En Italie : Viero (Th.), Raccolta di 120 stampe che rappresantano Figure ed abiti di varie Nazioni.... Venetiis, in-fol., 17'83. — En Espagne : Trages turcos yleva. Coleccion de trages de Turquia. Un exemplaire à la Bibliothèque de l'Opéra, n° 655.
Ges publications ont fourni les modèles des statuettes turques des fabriques allemandes de porcelaine : E.-W. Braun, Die Vorbilder einiger « Turkischen » Darstellungen im deutschen Kunstgewerbe des XVIII Jahrhunderts. Jahrbuch der K, Preussisclien Kuntsammlungen. Berlin, 1908.
JEAN-BAPTISTE VAN MOUR dl
radja d'Ohsson*, et les recueils de costumes publiés en Angleterre au début du xix* siècle ^
Tandis que la publication des Estampes orientales établissait en Europe la réputation de Van Mour, son talent s'était développé. L'ancien enlumineur d'images était devenu un véritable peintre. « Il s'était beaucoup fortifié », disait un de ceux qui l'ont le mieux connu'. « Il réussissait également, disait un autre*, dans la portraiture, les tableaux d'histoire, la perspective, l'architecture. »
Un peintre ne pouvait manquer de jouer un rôle au milieu de la société élégante qui s'agitait alors sur le Bosphore. Van Mour connut successivement cinq ambassadeurs de France, et il suffira de citer les noms de Ferriol, de
1. Ghoiseul Gouffier, Voyage pittoresque de la Grèce (1782). — Mouradja d'Ohsson, Tableau général de l'empire Ottoman (1787).
2. Voir notamment : The costume of Turkees, London, William Miller, 1802.
3. Lettre du marquis de Bonnac à M. de Morville, 25 septembre 1723 (archives des Affaires étrangères).