‹ Les peintres du Bosphore au dix-huitième siècleChapitre 62 sur 76 · CHOISEUL-GOUFFIER ET PRÉAULX · texte numérisé non relu

CHOISEUL-GOUFFIER ET PRÉAULX

tésilas. Je joins ici une petite carte qui pourrait vous guider, vous, ou tout autre voyageur qui voudrait se rendre sur les lieux. Il y en a bien peu qui ne veuillent voir les Dardanelles et qui ne s'y arrêtent; c'est l'affaire de prendre un bateau où il n'y a ni fatigue, ni danger à éprouver pour aller faire cette reconnaissance.

Dites-moi franchement, mon cher Préaulx, si vous seriez capable de me donner une grande marque de dévouement et dont je vous saurais un gré infini : consentiriez-vous à faire une course de dix à douze jours dans les Dardanelles et les environs, si je réalisais l'idée que j'ai d'envoyer à Constantinople un jeune grec fort intelligent, qui m'est en ce moment attaché comme secrétaire.

Toutes les lettres ainsi que les paquets que vous voudrez m'adresser doivent être remis pour plus de sûreté sous une enveloppe extérieure à l'adresse de monseigneur le Prince de Bénévent, vice-grand électeur. Je passe ma vie chez lui et alors il n'y a ni relard, ni lettres égarées. Croyez, mon cher Préaulx, que je serai très reconnaisant de ce que tous ferez pour moi et que je chercherai toutes les occasions de vous prouver l'intérêt et l'affection que je vous ai montrées, il y a déjà bien des années dans des temps plus heureux sans doute pour moi, mais dont le souvenir doit me donner quelques droits sur voire cœur.

Et quelques jours après, le 18 mars, Choiul-Gouffier ajoutait :

Depuis que cette lettre est écrite, mon cher Préaulx, il est arrivé plusieurs courriers de Constantinople qui ne m'ont rien apporté ; j'en suis très peiné, mais je ne vous prie qu'avec plus d'instance de m'envoyer des calques de vos dessins de la Troade ; je ne manquerai

pas de dire qu'ils sont de vous et de vous faire connaître sous l'aspect le plus favorable. Je saisirai cette occasion d'annoncer en public votre voyage en Perse, les beaux dessins que vous y avez faits et le projet que vous avez de les publier. Mon ouvrage étant répandu, cette annonce peut vous donner des grandes facilités quel que soit le parti que vous prendrez...

Il ne semble pas que Préanix ait répondu au désir de Ghoiseiil-Gouffier ; ses travaux à l'ambassade Tabsorbaicnt alors entièrement. Nommé en 1811 parle Général Andréossy, dessinateur de l'Ambassade, Préaulx était devenu en quelque sorte le collaborateur de l'Ambassadeur dans ses recherches sur Co7istantinople et le Bosphore, et s'il le quittait un instant, ce n'était que pour aller retrouver l'aide de camp du général, le capitaine d'artillerie Charles Pertusier qu'il accompagnait dans ses Promenades pittoresques. Hôte familier de la maison de France, vivant tantôt auprès de M. de Rivière avec qui il fit en 1816 une traversée dont un charmant album de croquis nous a conservé le souvenir \ tantôt auprès du général Guilleminot à qui en 1827, il offrait un dessin représentant le Palais de ïhérapia^, Préaulx

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