‹ Les pèlerins russes à JérusalemChapitre 5 sur 13 · LES PÈLERINS. 9S · texte numérisé non relu

LES PÈLERINS. 9S

à la route facile, doal avait joui Teuiiuque de TÉvangile.

Les collines, lea rochers, les pierres succèdent, et ton* jours encore rien. Quelques ruines du temps des croisa* des, quelques débris de tours dont Tarehitecture contraste avec la nature biblique qui vous environne; les ruines du village , où Abou-Gosh , ce brigand imprenable , fut enfin pris et pendu; quelques noms de FAncien Testament, répétés comme une leçon à votre oreille et dont Tintérét disparait, absorbé que vous êtes par la fiévreuse impatience qui s'empare de vous. Et toujours rien. Enfin quand vous avez pris votre parti , quand vous vous êtes résigné à passer encore une longue nuit d'attente à la belle étoile, tous les dragomans de la caravane ttent simultanément de leurs pistolets; votre attention enoormie se réveille en sursaut et voilà Jérusalem qui se déroule devant vous.

Entourée de ses murailles, elle vous rappelle l'expression du psalmiste : Une cité compacte où le peuple d Israël se rend pour porter son tribut au Seigneur '.Un seul minaret surgit de toute cette masse de bâtiments à coupoles basses et arrondies. L'église du Saint-Sépulcre est cachée par le mont Sion, qui lui-même est défiguré par une mosquée, le couvent des Arméniens et mille autres édifices. Trouvez dans tout cela la cité de David et le temple de Salomon. Hélas 1 il ne reste plus que quelques pierres de ses murailles , et encore n'appartiennent-elles probablement qu'à l'époque du retour de la captivité. C'est sur ces pierres que, tous les vendredis, le peu de Juifs qui se trouvent dans la ville sainte viennent pleurer et faire leurs lamentations.

Singulière nation que ces enfants d'Israël 1 Infidèles, ingrats et prévaricateurs aux jours de leur prospérité ; négligents, dédaigneux et transgresseurs de leur loi lorsqu'elle était la voie de leur salut et la seule pure et la seule vraie de toutes celles qui l'entouraient, maintenant que cette loi

• « Psaume CXXXI. 8, 4.

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