‹ Les pensées de J.J. Rousseau: citoyen de GenèveChapitre 27 sur 71 · GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT

\J N»E des règles faciles et simples pour juger de la bonté relative des gouverne- Biens, est la population. Dans tout pays t|ui se dépeuple , PEtat tend à sa ruine', et le pays qui peuple îe plus , fût-il le plus pauvre, est infailliblement le mieux gouverné. Mais il faut pour cela , que cette population soit un effet naturel duY Gouvernement et des mœurs ; car si elle se faisoit par les colonies ou par d'autres vqtiét accidentelles et passagères , alors eiles prouveroient le mal par le' temede. Quand Auguste porta des Lois tontre le célibat , ces Lois montroienr

*t , Les PeK5ées u déjà le déclin de l'Empire Romain, m faut que la bonté du Gouvernement porte les Citoyens à se marier , et non -pas que la Loi les y contraigne ; il ne faut pas examiner ce ftui se fait par force , car la Loi qui combat la constitution» s'élude et devient vaine, mais ce - 'qui se fait par l'influence des moeurs et par la pente naturelle du Gouvernement* ça* ces moyens ont seuls *m effet constant, C'étoit la politique du bon Abbé de Saint-Pierre , de chercher^tqujours un petit remède à chaque mal particulier, au lieu de remonter à leur source commune , et de voir qu'on de les pour voit guérir que tous à la fois. H ne s'a- ' gîr pas de traiter séparément chaque ulcère qui vient sur le corps d'un malade, rpais d'épurer la masse du sang qui les produit tous. On dit qu'il y a des prix en Angleterre pour l'agriculture , je n'en»

veux pas davantage ; cela seul me prouve qu'elle n'y brillera pas long-tems.

Ce n'est rien de voir la forme apparente d'un Gouvernement, fardée par l'appareil de l'administration et par le jargon des Acjministrateurs * si Ton n'en étudie aussi la nature par les effets qu'il produit sut le Peuple , et dans tous les,.

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degrés de l'administration. La différence de la forme au fond , se trouvant partagée entre tous ces degrés , ce n'est qu'en les embrassant tous, qu'on connoît cette différence. Dans tel pays , c'est par les manœuvres des Subdélégués , qu'on commence â sentir l'esprit du ministère:

dans tel autre r iï faut voir élire les membres du Parlement , pour juger sil est vrai que la Nation soit libre : dans quelque pays que ce soit , il est impossible que, qui n'a^vu que les Villes, connoisse le Gouvernement , attendu que l'esprit n'en est jamais le même , pour la ville et pour la campagne. Or, c'est la cam* pagne qui fait le pays , et c'est le Peuple de fa campagne qui fait la Nation.

Il y a des Peuples sans physionomie auxquels il ne faut point de Peintre : il y a des Gouvernemens sans caractère auxquels il ne faut pas d'Historiens , et bu sitôt qu'on sait quelle place un homme occupe, on sait d'avance tout te qui! y fera.

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